Sonic Frontiers – Edition définitive (Switch 2) : une aberration technique au prix fort – TEST

Par le 14 Juil 2026 à 16:00 - Temps de lecture : 4 minutes 30 sec

Sonic fête ses 35 ans cette année mais les célébrations semblent bien timides pour le hérisson bleu. Hormis du contenu à venir pour Sonic Racing: Crossworlds et de nouvelles informations pour SONIC NICO PARK!, le stream des 35 ans de Sonic a dévoilé la version Switch 2 de Sonic Frontiers, intitulée Sonic Frontiers – Edition définitive et disponible dès à présent en édition physique et sur le Nintendo eShop. La surprise est loin d’être totale puisque le titre a leaké dans les grandes largeurs avant sa sortie : heureusement, Sega en a réservé une de taille en ne proposant pas de mise à niveau pour les possesseurs de la version Switch. Il faut donc repasser à la caisse, et plein pot, pour profiter de cette mise à jour graphique qui est loin, très loin, d’être parfaite.

Un bon jeu entaché par des défauts techniques et structurels

Sonic Frontiers, sorti à l’origine en 2022, propose une toute nouvelle manière de parcourir l’univers de Sonic avec des zones ouvertes qu’il est possible d’explorer librement. Ce monde contient une pléthore de défis, allant des courses de vitesse jusqu’aux parcours d’obstacles en passant par la réalisation d’un maximum de combos contre les ennemis. En complément de ses vastes étendues, Sonic Frontiers propose des niveaux du Cyberespace, des stages plus courts et linéaires qui alternent entre des phases en 3D et des passages en vue latérale comme ce qui s’est régulièrement vu dans la série.

Le mélange fonctionne plutôt bien et on prend un certain plaisir à parcourir à toute vitesse le monde de Sonic Frontiers, même si certaines imprécisions de gameplay sont parfois frustrantes. En revanche, on regrette que tout cet enrobage n’ait visuellement aucune âme : tout est terne, il pleut régulièrement et les ennemis sont trop semblables bien que disposant de patterns distincts. Heureusement, les personnages sont plutôt réussis – si on exclut le doublage français aussi fade que l’univers du jeu – et les passages dans le Cyberespace apportent une bouffée de fraîcheur très appréciable avec une plus large panoplie de couleurs.

Nous n’allons pas revenir en détail sur l’ensemble du jeu, Luna l’avait très bien fait dans son test de la version Switch, mais Sonic Frontiers n’est pas un mauvais jeu en soi : il ne brille jamais particulièrement mais ne se révèle jamais catastrophique. Les amateurs de plateformes pourront même s’amuser plutôt facilement car les sensations de gameplay sont très bonnes. On sent tout de même qu’il ne s’agit que de la première version « brouillon » d’une nouvelle formule inaugurée par Sega et la Sonic Team, et qu’elle sera amenée à être peaufinée dans les années à venir avec de nouveaux jeux Sonic en 3D. Le vrai défaut de ce Sonic Frontiers réside en réalité dans son optimisation technique, catastrophique déjà sur Nintendo Switch et pas franchement plus glorieuse sur Switch 2 au vu des capacités de la console.

Un portage qui n’a de Definitive que le nom

Sonic Frontiers – Edition définitive sur Switch 2 propose bien évidemment le jeu complet mais aussi la campagne « Horizon Final ». On note également l’inclusion de divers contenus ajoutés au fil du temps comme les ensembles « Paysages, son et vitesse » et « Fête d’anniversaire de Sonic », des objets bonus en jeu liés à Monster Hunter et à Sonic Adventure 2 ou encore un artbook numérique et une mini-bande-son. Le véritable intérêt de cette Edition définitive réside toutefois dans ses améliorations techniques… du moins sur le papier.

Deux modes d’affichage sont proposés : un mode « Qualité » visant les 30 fps et un mode « Performance » qui atteint les 60 fps. Il s’agit évidemment d’une initiative bienvenue puisque qu’on se souvient tous de la catastrophe technique qu’était Sonic Frontiers sur Nintendo Switch avec sa résolution faiblarde et certaines textures rappelant les plus belles heures de la Gamecube. La Nintendo Switch 2 disposant d’une puissance suffisante pour faire tourner le jeu dans des conditions correctes, nous étions en droit d’espérer une expérience à la hauteur. Malheureusement, la réalité est toute autre.

Le problème ne vient pas tant de la fluidité en elle-même malgré quelques petites chutes de framerate lors de moments plus ou moins intenses. Les 60 fps sont particulièrement agréables en mode Performance, avec une vraie sensation de vitesse même si certaines incursions dans les plaines peuvent sembler plutôt longs. Quant au mode Qualité et ses 30 fps, il est difficile de s’en contenter une fois que l’on a goûté aux 60 fps, mais il a l’avantage d’offrir une qualité visuelle supérieure avec une meilleure résolution (visant 1080p en mode TV et 720p en mode portable d’après DigitalFoundry) et des textures un peu plus détaillées.

Toutefois, soyons honnêtes, le jeu peut ressembler à une bouillie de pixels même en mode Qualité. La résolution flanche par moments, avec un effet encore plus aggravé si vous avez la Switch 2 dans vos mains. En mode Performance, Sonic Frontiers est tout simplement hideux en configuration portable avec une résolution extrêmement basse, au point de donner régulièrement l’impression de jouer à travers un filtre flou. Les textures manquent de netteté, les éléments du décor apparaissent avec des traits grossiers et l’aliasing est omniprésent. Comme si cela ne suffisait pas, le pop-in est particulièrement agressif avec tout un tas d’élements qui n’apparaissent qu’au dernier moment, lorsque Sonic arrive à leur hauteur. Cela nuit constamment à l’immersion lors des déplacements et peut empêcher de voir des points d’intérêt pertinents de loin, ce qui faisait le charme d’un The Legend of Zelda: Breath of the Wild.

Sonic Frontiers ou les frontières de ce qu’il est possible de tolérer

En réalité, c’est ce défaut précis qui fait de Sonic Frontiers un jeu agréable mais parfaitement dispensable voire oubliable. Un monde ouvert est appréciable lorsqu’il permet au joueur d’avoir une vision d’ensemble de ce qu’il propose, pour explorer librement et presque intuitivement le monde. Ici, l’optimisation technique est tellement aux fraises que cet aspect est complètement raté, avec en plus une carte peu pratique d’utilisation se dévoilant au fur et à mesure de vos explorations mais de manière étrange et peu gratifiante. L’exploration est encore complexifiée avec les temps de chargement, survenant à chaque entrée et sortie dans le Cyberespace et pas plus courts sur Switch 2.

Comme la technique du jeu est bancale sur toutes les consoles y compris next-gen, on peut se dire que la version Switch 2 n’est pas si horrible, surtout comparée à la version Switch, mais les joueurs étaient en droit d’attendre un portage bien plus qualitatif. Cerise sur le gâteau, aucune mise à niveau n’est proposée aux possesseurs de la version Switch qui devront donc racheter le jeu au prix fort pour profiter d’une simple mise à jour graphique (ils pourront néanmoins transférer leurs données de sauvegarde). Dans cette période où les éditeurs et constructeurs passent leur temps à tester les joueurs dans ce qu’ils sont capables d’accepter, ce genre de choix n’est plus surprenant. Il n’en reste pas moins condamnable pour autant.

Conclusion - Définitive est l'édition, bâclé est le portage

45%

La Nintendo Switch 2 permet à Sonic Frontiers de tourner dans des conditions à la limite du correct. Cette Edition définitive a l’avantage de se révéler fluide la plupart du temps avec l’ajout du 60 fps, ce qui s’avère un bonus non négligeable par rapport à la version Switch, mais son plus grand défaut réside dans la qualité visuelle. Qu’il s’agisse de la résolution, des textures ou de la distance d’affichage, ce portage donne l’impression de revenir aux pires moments de l’ère Switch. Il s’agit d’un des premiers gros ratés sur Switch 2, une console qui, on le rappelle, voit pourtant Cyberpunk 2077, Star Wars Outlaws et bien d’autres cadors plus ambitieux que ce Sonic Frontiers, tourner dans d’excellentes conditions. On ne peut que vous conseiller de jouer à Sonic Frontiers sur une autre console à un prix bien plus raisonnable, ou bien d’attendre une promotion dans les mois à venir car il dispose tout de même d’un certain nombre de qualités. Insuffisantes toutefois pour justifier une telle pratique commerciale de la part de Sega.

Les +
  • Du 60 fps
  • Présence des contenus ajoutés depuis la sortie
  • Jouable dans de meilleures conditions que sur Switch
Les -
  • Techniquement complètement dépassé
  • Une distance d’affichage à la ramasse
  • Des textures d’un autre temps en mode Performance
  • Une résolution qui fait le yoyo
  • Des temps de chargement trop nombreux, trop longs
  • Pourquoi pas de mise à niveau pour les possesseurs de la version Switch ?
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