Après 9 ans de glorieuse vie, la Nintendo Switch tire sa révérence avec une dernière danse estivale : Rhythm Paradise Groove, un tout nouvel opus de la série la plus entraînante de Nintendo, le dernier étant jusqu'ici l'opus 3DS, Rhythm Paradise Megamix. Un jeu qui a donc su se faire attendre sur une console clairement adaptée à l'univers. Cette attente valait-elle le coup ?
Rhythm Paradise Groove, quésaco ?
Partons sur de bonnes bases : Rhythm Paradise Groove (ou Rhythm Heaven Groove, chez les américains) reprend le même concept que ses prédécesseurs. On y retrouve 110 mini-jeux de rythme, dont 80 en solo, avec des petites scènes diverses et variées qui se veulent loufoques et qu'il faut savoir manier avec le bon tempo. Au-delà de ces mini-jeux, on retrouve diverses activités annexes qui offrent elles aussi des situations improbables, en plus d'un tout nouveau mode prometteur.
Des mini-jeux à ne pas prendre à la légère
On retrouve donc 80 mini-jeux entièrement en solo, avec un gameplay assez simple : appuyer sur un maximum de 2 boutons en rythme. On retrouve notamment “Disques volants” dans lequel on incarne un chien qui doit attraper un frisbee, “Crudités découpées” qui nécessite d'attraper des légumes ou encore “Rêves de foot” dans lequel il faut frapper dans le ballon au bon moment. Ils ne seront pas tous uniques, puisque certains auront le droit à un second volet, étant généralement plus dur et utilisant une nouvelle mélodie. Parmi ces 80 mini-jeux, on retrouve 20 remix, reprenant des éléments des 4 épreuves de la ligne pour en créer un medley. La mémorisation des mouvements précédents sera donc nécessaire pour en venir à bout.
Transition parfaite, puisqu'il est important de noter à quel point Rhythm Paradise Groove peut se montrer exigeant. À la fin de chaque mini-jeu, une appréciation nous est attribuée : “Courage” signifie que nous avons échoué, “Pas Mal” et “Vraiment Pas Mal” signifient la réussite sans briller, tandis qu'Excellent nous accorde une médaille. Ces mini-jeux sont donc rejouables maintes et maintes fois, jusqu'à atteindre la note la plus haute. Mais ce n'est pas tout, puisqu'un autre défi peut apparaître de temps à autre : celui du parcours parfait, qui requiert de terminer un mini-jeu sans réaliser la moindre erreur. Un défi de taille, qui nécessite non seulement d’arriver à maîtriser le rythme à la perfection, mais aussi d'être plongé dans une concentration maximale, étant donné que nous n'aurons que 3 essais pour réussir ce « Parfait« . Imaginez échouer au déclenchement du tout dernier bouton, c'est tellement rageant…
Pas de panique, Rhythm Paradise est une série qui accompagne le joueur jusqu’à sa réussite. À chaque début de mini-jeu, les instructions nous sont correctement données, avec un entraînement qui nous indique les touches avant de plonger dans le grand bain. Si la plupart des défis n'ont pas été trop compliqué de mon côté, le fait de ne pas proposer différents modes de difficultés sonne en revanche comme un acte manqué. Le jeu aurait pu se montrer plus accessible de cette façon, surtout pour les novices du style, pour ne pas les décourager au moindre obstacle.
Rhythm Paradise Groove arrive à nous faire oublier tout ce qu'il y a autour de nous et passer pour des fous du point de vue de ceux qui nous entourent, tant on se surprend à répéter le rythme de manière effrénée. En même temps, la plupart de ces mini-jeux donnent envie d'être poncés. Chaque situation est autant originale que absurde, ponctuée de mélodies entraînantes avec un casting riche varié (il y a même une musique française !) dont on ne divulgue pas les noms dans ce test afin de vous réserver la surprise, mais que vous pouvez retrouver en cliquant juste ici. C'est donc un vrai régal de passer du temps à découvrir chaque situation, du premier entraînement à la run parfaite.
Le multi, aussi drôle qu'entraînant
La concentration à son paroxysme peut aussi se partager dans Rhythm Paradise Groove, puisque le multijoueur est loin d'être sur la réserve. On retrouve ici 30 nouveaux mini-jeux, c'est-à-dire 10 originaux qui auront chacun le droit à 3 déclinaisons, devenant de plus en plus difficiles. Après avoir poncé Mario Kart World à plusieurs, une session de Rhythm Paradise Groove sonne comme un grand bol d'air frais. En plus de ne pas voir le temps passer, on s'est bien amusés sur ces mini-jeux. Certains d'entre eux demandent aux joueurs de coopérer, comme “Quête à raquette”, dans lequel les joueurs doivent servir en rythme à tour de rôle. Les autres tendent à mettre les joueurs en concurrence, comme “L'heure du goûter”, dans lequel le meilleur joueur est celui qui s'empare de la part de gâteau en étant le plus proche des 10 secondes pile.
Là aussi, on fait face à des scènes absurdes et drôles, même si la cerise sur le gâteau reste de pouvoir justement partager ces situations. C'est aussi là qu'on réalise que l'on n’est pas tous égaux face au rythme : si certains réalisent un quasi sans-faute au premier essai, d'autres feront tomber leurs coéquipiers par leur maladresse. Soit on a la musique dans la peau, soit on ne l'a pas… Mais ce n'est pas grave, puisque le principal est de partager ce moment et de s'amuser sans prise de tête.
Beatspell, une aventure crescendo
Les mini-jeux principaux ne sont pas le seul contenu intéressant, puisque avec ce 5e opus, Nintendo propose un tout nouveau mode de jeu : Beatspell, une sorte de mini RPG rythmé. Il faut ici protéger le royaume en affrontant une flopée de monstres par le pouvoir magique de la musique. Notre personnage est entouré d'un ovale servant de repère comme un métronome. Il faut ici lancer des sorts en rythme, en respectant le pattern de ces derniers.
Ils sont donc mis à notre disposition au fur et à mesure de notre avancée dans les chapitres. Le premier étant le feu, réalisable en appuyant sur A puis B. Le soin nécessite quant à lui de rajouter le bouton du bas entre le A et le B, et ainsi de suite. Des défis crescendo, puisque les ennemis se montrent de plus en plus coriaces, en plus de présenter des résistances élémentaires, histoire de nous faire utiliser les différents sorts.
Beatspell n'est donc pas un mode anecdotique, puisqu'il est très intéressant et propose une approche inédite de Rhythm Paradise Groove. Il peut lui aussi se montrer exigeant, puisqu'il est courant de s'emmêler les pinceaux entre les différents sorts. De plus, les ennemis sont assez résistants pour sentir nos doigts se faire chauffer par l'effort ! Il aurait pu être opportun qu'il soit encore plus développé qu'il ne l'est déjà, en proposant une plus large diversité d'étapes afin de rallonger sa durée de vie, mais avec ses 8 chapitres et ses notes (allant d'1 à 5 étoiles), il y a tout de même de quoi faire !
Le contenu annexe comme 3e refrain
Quand il n'y en a plus, il y en a encore… En plus des 110 mini-jeux et de Beatspell, Rhythm Paradise Groove propose également un contenu annexe chargé. De quoi passer encore plus de temps à bouger la tête. La majeure partie devra être débloquée par l'accumulation des médailles d'excellence.
On retrouve tout d'abord un tas de mini-jeux annexes. Il y a la catégorie des “Jouets rythmés”, représentés par des mini-jeux sans but concret et sans fin, comme des consoles de mixage ou bien un autre dans lequel il faut faire rebondir un poisson-globe sur une raquette. D'autres mini-jeux annexes auront cette fois un but, puisqu'il faudra réaliser le meilleur score possible. Faire du skateboard en rythme en fait partie. Enfin, on retrouve des cours de batterie virtuels, ainsi que le café, endroit où il sera possible de récolter régulièrement des astuces de jeu.
Les mini-jeux annexes ne sont pas les seuls éléments déblocables. En effet, on retrouve les “Archives Rythmiques” dans le menu principal. En plus de faire office de guide, il permet également de découvrir de petites BD et histoires autour des mini-jeux. Des éléments qui peuvent sembler anecdotiques, mais cela fait toujours des petits bonus pour récompenser le joueur d'avoir terminé les défis avec les médailles et les “Parfait”.
L'univers reste absurde et loufoque
Comme on a pu l'évoquer plus tôt, Rhythm Paradise Groove ne dénote pas par rapport aux 4 autres opus de la licence. On garde cette même approche si particulière, avec un univers très coloré, mais surtout un humour absurde qui fonctionne. Les micros scénarios des mini-jeux et de Beatspell participent à cette dimension, en plus des BD et des histoires. Le rictus est courant dans les défis solo, tandis que les sessions multijoueurs sont encore plus hilarantes.
Un mot sur l'interface
C'est le principal défaut du jeu et cela montre à quel point il faut creuser pour en trouver. A première vue, l'interface ne donne franchement pas envie. Le menu principal est brouillon, quasi bâclé. En ayant fait la démo, je n'imaginais pas que ce serait le menu final… Du côté de celui de la sélection des mini-jeux, c'est largement plus agréable, mais il aurait tout de même gagné à être plus vivant, plus animé, comme l'est tout le reste du jeu. Mais si ce n'est que ça, j'ai envie de dire qu'on peut largement passer outre pour profiter de tout le plaisir qu'a à nous offrir Rhythm Paradise Groove !
Conclusion - La mélodie presque parfaite
Rhythm Paradise Groove n'a rien à envier aux autres jeux de rythme et encore moins aux autres opus de la saga. Il fait passer le temps à une vitesse exceptionnelle sans même qu'on s'en rende compte grâce à la nécessité d'être concentré au maximum pour profiter à fond de son potentiel. Lorsque le seul défaut marquant du jeu ne change rien à son expérience pure, il est difficile de ne pas placer le jeu musical de la firme japonaise dans le haut du panier. C'était inattendu de mon côté, mais c'est pour l'instant, une de mes plus belles découvertes de l'année 2026. Si vous aimez les jeux de rythme, nulle doute que celui-ci saura trouver grâce à vos yeux.
- Beatspell, nouveau mode très intéréssant
- Une direction artistique toujours au poil
- Le gameplay est entraînant
- Rythmé par une bande-son magnifique
- On ne voit pas le temps passer
- Des situations loufoques
- Un multijoueur bien construit
- Un contenu large et varié
- Du défi pour ceux qui en veulent
- Le menu principal, c’est dommage…
- Des modes de difficulté auraient pu rendre le jeu plus accessible
