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Sonic Frontiers, la bonne surprise de fin d’année – TEST

Quand les premières images de gameplay de Sonic Frontiers ont fait surface, il était dur de résister à la tentation de se moquer. Le ton ultra-sérieux et réaliste renvoyait les fans au Sonic de 2006, le point le plus bas d’une franchise qui en a connu beaucoup. Et puis, les journalistes qui ont pu y jouer durant les divers salons sont tous revenus assez positifs. Est-ce qu’enfin la Sonic Team avait trouvé une nouvelle formule gagnante pour l’attachante mascotte ? Est-ce que ce nouveau Sonic arriverait enfin à se débarrasser des tares habituelles des épisodes 3D ? Après plus de 20 heures à explorer les mondes du jeu, je peux vous répondre, tel Han Solo : “C’est vrai. Tout est vrai“.

(qu’on donne une augmentation à toutes les personnes impliquées dans la création du trailer ci-dessous)




À l’étroit sur Switch

C’est un sujet que j’aborde généralement en fin de test, mais il est inutile de tenter de camoufler ce que les captures d’écran montrent si clairement : si le premier contact avec la version Switch de Sonic Frontiers paraît plutôt agréable, puisqu’on commence dans un des niveaux du cyberespace, on ne peut que froncer les sourcils en arrivant dans l’open world. Le titre, déjà pas très bien optimisé sur PS5 (avec notamment des soucis de pop-in assez importants), a dû être sévèrement tronqué pour rentrer sur la console de Nintendo, et pas forcément de la manière la plus intelligente qui soit – il aurait peut-être été plus idéal pour économiser des ressources de supprimer totalement l’herbe et de remplacer le sol par une jolie texture, par exemple. En résulte un jeu qui est très jouable, en tenant bien ses 30fps, mais plutôt vilain, avec une résolution bloquée à 480p en portable et 720p en docké, des textures floues, une géométrie et des effets simplifiés. Heureusement, les jolis character models n’ont pas été touchés, eux ! Si vous ne pouvez jouer que sur Switch, faites donc, cela ne gâchera pas trop votre expérience, mais si vous avez sous la main une PS5, une Series X ou un PC assez puissant, préférez plutôt ces versions (et ajoutez 10% à la note en bas de page).

Cette mauvaise première impression est heureusement contrebalancée par une bonne : en effet, cela faisait longtemps que Sonic n’avait pas été aussi agréable à contrôler dans un jeu en 3D. Une course, un double saut, un dash en l’air que l’on peut annuler, le tout soutenu par une physique avec juste ce qu’il faut d’inertie pour s’adapter à un jeu de plates-formes sans alourdir la sensation de vitesse : on sent que les équipes de développement ont particulièrement bossé sur ce point. Mais si jamais la configuration de base ne vous convient pas, il vous suffit de faire un petit tour dans le menu des options pour vous rendre compte que tout est paramétrable : vitesse maximale, vitesse de virage, sensibilité de la direction, accélération… Huit options à ajuster au total pour que Sonic réponde exactement de la manière dont vous le souhaitez. Bon courage, néanmoins, pour contrôler le personnage si vous ajustez tous les potards à fond, mais cela pourra sans doute aider les speedrunners.

I’m in love with the Kocos

Après que les gens aient comparé Sonic Frontiers à Breath of the Wild lors de la diffusion des premières images de gameplay, le producteur Takashi Iizuka s’est défendu de toute ressemblance : force est de constater, manette en main, qu’il avait plutôt raison. Même si les nouvelles aventures du hérisson renvoient à celles de Link par certains aspects (le monde abandonné, le petit jingle quand on réussit des énigmes…), sa structure en “zones ouvertes” plutôt qu’en monde ouvert fait que chacune des quatres zones (plus une cinquième très vite accomplie) est pensée comme un niveau à part entière, contenant plein de petits challenges et d’objets à récolter. En cela, on rapprochera plus le jeu du foisonnement d’un Super Mario Odyssey. Vous débarquerez donc dans chaque zone avec une carte à découvrir, qui se débloquera petit à petit en résolvant des énigmes niveau Picsou Magazine. Vous devrez de plus récolter sur votre chemin des “jetons souvenirs“, petits emblèmes nécessaires pour la progression de l’histoire, tuer des ennemis pour gagner des “graines” permettant de monter votre attaque et votre défense et récolter les adorables petits Kocos afin d’améliorer votre vitesse et le nombre d’anneaux que vous pouvez transporter.

Tout cela pourra quelque peu rappeler la surcharge d’objets à collectionner typique des open world Ubisoft, mais il n’en est en réalité rien : dans Sonic Frontiers, les objets ne sont pas une fin en soi, juste une récompense pour avoir accompli les petits challenges, et il n’y a nul besoin de tous les collecter pour atteindre le 100%. Ça ne change pas grand chose sur le papier, mais cela aide beaucoup le jeu à rester amusant et à ne jamais se transformer en laborieux travail. Et puis, les zones ouvertes de Frontiers sont tellement agréables à parcourir que l’on prend un plaisir fou à parcourir chaque recoin de la map. La Sonic Team a fait un grand effort pour rendre la traversée des niveaux aussi rapide et amusante que possible, multipliant les rails sur lesquels glisser ou les murs sur lesquels grimper. Qui plus est, résoudre des énigmes génère de nouveaux rails permettant de se déplacer encore plus facilement dans la carte, comme une sorte de fast travel diégétique (du vrai fast travel se débloque en cartographiant la zone à 100%). Il n’est pas rare de se perdre et de compléter la carte sans se soucier des objectifs de l’histoire, qui est de toute façon au second plan. Et si vous avez vraiment la flemme de courir partout, les équipes de chez SEGA ont pensé à tout grâce à l’ajout d’un sympathique mini-jeu de pêche en compagnie de Big the Cat qui vous permet de facilement farmer les objets nécessaires à votre montée en niveau.

Sonic tout sur son passage

Mais ce n’est pas tout ce qui se cache sur les cartes : celles-ci comptent aussi les niveaux du cyberespace et des ennemis plus ou moins puissants. Un véritable effort a été fait pour donner à chacun de ces derniers une spécificité, ce qui fait que vous aurez besoin d’une stratégie différente pour les vaincre. Grâce à cela et aux différentes compétences de combat que vous débloquerez dans le menu, les affrontements de Sonic Frontiers ne se résument pas, contrairement à ce qu’on aurait pu penser en lançant le jeu, à masher le bouton Y en voyant des ennemis. De plus gros adversaires sont aussi indiqués sur la map : ce sont des mini-boss, souvent imposants et ingénieux, et les vaincre nécessitera souvent un combat de longue haleine. Les Chaos Emeralds permettront enfin au hérisson de se transformer en Super Sonic afin de vaincre les Titans gardant les niveaux, dans des combats ultra-épiques et satisfaisants sur fond de musique screamo du meilleur acabit (comme d’habitude dans les jeux de la licence, l’entièreté de la bande-son est très variée et qualitative). C’est finalement – et contre toute attente – les niveaux du cyberespace, remix de niveaux mythiques de la licence, qui se révèlent être le point le plus faible du jeu : Sonic semble contraint dans ces environnements étroits, et on meurt parfois bêtement à cause d’un dash mal placé. Obtenir le score S sur chacun d’entre eux reste cependant un challenge assez motivant pour ne pas nous dégoûter.

Au delà des comparaisons évidentes que l’on pourra faire avec Breath of the Wild et Super Mario Odyssey, c’est finalement à un autre jeu Nintendo que Sonic Frontiers fait le plus penser. Une transformation d’une vieille licence pour en faire un jeu à zones ouvertes, un titre imparfait mais dont le gameplay est déjà très satisfaisant, une carte dont la traversée est autant amusante que pratique, des trailers qui ont laissé beaucoup de monde sceptique avant sa sortie… : comme si l’année était écrite en miroir, 2022 a commencé par Légendes Pokémon Arceus et se termine par Frontiers. Deux propositions surprenantes, que les studios pourront approfondir et peaufiner dans de futures itérations (du moins, on l’espère), mais aussi deux jeux qui arrivent à s’approprier les codes des AAA en monde ouvert modernes pour en faire quelque chose d’unique et d’intéressant. Et ça, c’est quand même bien plus bandant qu’un énième Far Cry.

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Sonic Frontiers, la bonne surprise de fin d'année
  • En 3D, c'est enfin super, Sonic ! - 70%
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En 3D, c'est enfin super, Sonic !

Malgré une technique branlante sur Switch, qui ne peut pas profiter des qualités de l’Hedgehog Engine, ce Sonic nouveau arrive à créer la surprise en amenant enfin la série dans une bonne direction, que l’on espère voir la Sonic Team explorer plus avant dans de futurs jeux. Rapide, amusant,  sans prise de tête, Frontiers arrive même à donner une leçon à de nombreux open world aux budgets pourtant bien plus importants. Suite aux premières inquiétudes des fans, Takashi Iizuka avait assuré que le jeu était bon et n’avait pas besoin d’être repoussé. Mea culpa, car il avait raison : le titre est effectivement bon, il était juste compliqué à marketer, et c’est pourquoi on ne peut que vous inviter à vous y essayer. Sur ce, j’y retourne, j’ai encore un 100% à aller chercher !

Les +

  • Une palette de mouvements bien réglée et personnalisable
  • Level design génialement foutraque
  • Des cartes très agréables à traverser
  • Une bande-son aussi variée qu’excellente
  • Prend de bonnes idées à droite et à gauche tout en arrivant à rester lui-même
  • Système de combat et ennemis chouettes
  • Les combats contre les boss, de grands moments

Les -

  • Le cyberespace, des niveaux classiques qui le sont un peu trop
  • Mini-jeux avec les Kocos dispensables
  • Manque un chouïa de challenge
  • Technique à la ramasse sur Switch

 

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Note des lecteurs :
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giomosby

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Présentation : Fan de consoles Nintendo et de jeux japonais depuis que je suis en âge de tenir une manette. Si je ne suis pas dispo, c'est probablement que je visite un parc Disney.

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