Il est mignon, il pond des oeufs et est toujours prêt à porter Mario sur son dos, l’histoire de Yoshi démarre aux côtés de notre plombier italien dans Super Mario World, sur SNES, en 1990, mais c’est avec « Super Mario World 2 : Yoshi’s Island« , en 1995, qu’il deviendra alors la star de son premier jeu. Depuis, il a connu de nombreuses aventures, souvent dans son style bien à lui, avec des titres marquants comme Yoshi’s Island ou Yoshi’s Crafted World. Après son apparition dans le film Super Mario Galaxy cette année sorti le 1er avril 2026 dans les salles françaises, notre dinosaure vert préféré sera de retour dans un nouveau jeu, Yoshi and the Mysterious Book, qui sort aujourd’hui, le 21 mai 2026 en exclusivité sur Nintendo Switch 2. En attendant, embarquons-nous dans un petit voyage à travers l’histoire des jeux où il est la vedette, et essayons de lui rendre hommage.
Il était une fois un dinosaure tout mignon – Super Mario World (1990)
Bien qu’il n’en soit pas la vedette (quoiqu’un petit peu quand même), c’est bien dans Super Mario World, sorti en 1990 au Japon et en 1992 en Europe, que Yoshi fait sa toute première apparition vidéoludique. C’est également dans ce jeu qu’est faite la première référence à Yoshi’s Island, puisqu’il s’agit de l’une des zones du monde principal (la première). Dans le livret du jeu, on peut y lire l’origine de la découverte de Yoshi, par Mario et Luigi :
Après avoir sauvé le Royaume Champignon de Bowser, Mario et Luigi découvrirent un énorme œuf dans la forêt.
Soudain, l’œuf éclot et un jeune dinosaure nommé Yoshi en sort. Il raconte alors à Mario et Luigi une triste histoire : comment ses amis dinosaures ont été enfermés dans des œufs par un groupe de tortues monstrueuses.
Notre petit dinosaure s’allie donc à Mario, et lui apporte plusieurs nouvelles possibilités. Mario peut le chevaucher, il peut manger des baies ou des ennemis, cracher du feu, et voler. Le jeu introduit également les bébés Yoshis et les Yoshis colorés (rouges, bleus et jaunes), tous trois avec des pouvoirs différents et pouvant dépendre du type de carapace qu’ils avalent. À la différence des Yoshis adultes , les bébés Yoshis doivent être portés par Mario, et c’est en leur faisant manger cinq ennemis qu’ils grandissent.
Dans le jeu, on récolte des pièces à l’effigie de Yoshi, et on apprend encore une fois dans le livret du jeu que ces pièces sont appelées « Dragon Coins » . Mince ! Yoshi serait-il un dragon, et pas un dinosaure ? En voilà un débat passionnant… Qui fait rage depuis 1990 ! En tout cas, ce qui ne fait pas débat, c’est qu’il est instantanément devenu une star, aidant Super Mario World à conquérir la planète, puisque ce jeu a été considéré à sa sortie comme un chef-d’oeuvre absolu. Il est à bien des égards considéré comme le meilleur jeu SNES, et régulièrement encensé comme étant l’un des jeux les plus « marquants » de l’histoire du jeu vidéo. Il s’est écoulé à plus de 20 millions d’exemplaires.
Super Mario World 2 : Yoshi’s Island (1995)
C’est bel et bien ici que Yoshi commence à prendre son envol . Le principe du jeu semble assez simple de prime abord : on traverse les niveaux en portant bébé Mario sur son dos. Mais en réalité, le jeu innove dans son gameplay et n’est pas une simple suite à Super Mario World. Il peut dorénavant avaler les ennemis pour les transformer en oeufs, qu’il lance ensuite comme des projectiles. Lorsque Yoshi subit des dégâts, bébé Mario est transporté dans une bulle et un chronomètre se lance. Si les deux amis ne sont pas réunis assez vite, bébé Mario se fait kidnapper. La liste des compétences qui sont de retour ajoutées aux nouveautés est longue et mériterait un article dédié, mais si l’on en cite quelques-unes, directement tirées du livret du jeu, le dinosaure peut : Sauter, s’écraser au sol, gober des pastèques qui font office de « power up« , se transformer en hélicoptère, sous-marin, taupe, train…
Quant à l’histoire, elle se déroule avant les aventures de Mario « adulte » : La cigogne qui transportait les jumeaux Mario et Luigi se fait attaquer, mais je laisse l’histoire de Yoshi, raconter d’elle même ce qui s’y passe :
Il y a très, très longtemps… Voici l'histoire d'un bébé et de Yoshi. Une cigogne traverse le ciel sombre, juste avant l'aube. Dans son bec, elle transporte une paire de jumeaux, qu'elle doit livrer à leurs parents le plus vite possible.
Soudain, quelque chose apparaît entre les nuages et fonce vers la cigogne à une vitesse aveuglante.
Suddenly, something appears between the clouds and races towards the stork with blinding speed
« SSCCRREEEEECH », hurle la créature., « Ces bébés sont à moi ! »
En n’arrachant qu'un seul bébé, la créature disparaît dans les ténèbres d'où elle était venue. Le second bébé tombe vers la mer…
Le ravisseur est en réalité Kamek, un Magikoopa maléfique venu du Royaume Koopa. Après avoir prédit la nuit précédente que des jumeaux nés ce matin apporteraient le malheur à la famille Koopa, il a organisé une embuscade. Cependant, de retour dans son château, Kamek réalise qu'il a un seul bébé. Il ordonne à ses sbires :
« Partez et retrouvez l'autre bébé !! Ne laissez jamais ses parents le récupérer ! Jamais !! »
Pendant ce temps, le second bébé ne tombe finalement pas dans la mer… Il atterrit sain et sauf sur le dos de Yoshi !
— Traduction de l’histoire de Yoshi’s Island
Au dela des éléments de gameplay principaux, Super Mario World 2 : Yoshi’s Island soigne également tous les à côté, avec des challenge bonus qui sont déclenchés tout au long de l’aventure et qui lancent des mini-jeux (cartes, jeu à gratter, machines à sous, memory, roulette…). Certaines portes peuvent également renfermer des lancers de ballons, des chasses aux pièces et même un concours de crachat de pépin contre un bandit.
Il s’est vendu à plus de 4 millions d’exemplaires dans le monde et à l’instar de son prédécesseur, la réception du jeu est très bonne, et il est également régulièrement cité comme l’un des meilleurs jeux de la console de Nintendo. Petite anecdote sur le jeu, il a été rejeté par le service marketing de l’entreprise niponne, à cause des graphismes qui, avec leur style dessiné à la main, étaient considérés comme un retour arrière suite à la sortie de Donkey Kong Country. Une interview de 2017 publiée par Nintendo relate ces faits. Je ne vous cache pas qu’en écrivant ces lignes, je me suis replongé dans des longplays de Super Mario World 1 et 2 et ça m’a donné une énorme envie de les relancer et de repartir à l’aventure, pas vous ? Heureusement, pour ça nous pouvons compter sur les Nintendo Classics SNES, car ils sont tous deux disponibles.
Yoshi’s Story (1997)
Après un premier jeu centré sur lui, Yoshi revient en 1997 au Japon (et 1998 chez nous), dans Yoshi’s Story sur Nintendo 64. Au premier regard, difficile de ne pas adhérer à la formule et de tomber sous le charme, surtout à l’époque. Le jeu troque l’aspect crayon de Yoshi’s Island pour un aspect qui se veut plus « livre de pop-up » . Cette fois, l’histoire tourne autour de Bébé Bowser, qui a volé le « Livre du Bonheur » qui rendait l’île des Yoshis épanouie, transformant en passant le monde en pop-up book, qui devient triste. Six bébés Yoshis de couleurs différentes partent récupérer le livre. Le jeu se joue sur un livre de 6 pages, où chaque page représente un monde qui peut avoir 4 niveaux, mais un seul doit être complété pour avancer. L’objectif principal est de manger 30 fruits par niveau, et idéalement 30 melons pour un score parfait. Le jeu est très court et plutôt facile, conçu comme une expérience accessible et contemplative plutôt que comme un défi.
La réception du jeu a été plutôt mitigée, et c’est même peu dire car le jeu affiche un 65 de Metacritic. Même si la presse a à l’époque salué sa direction artistique et sa musique, les tests et surtout les joueurs ont trouvé le jeu trop court et trop facile et surtout bien moins ambitieux que son précédesseur (et qui de surcroît, a en plus bien plus mal vieillit que celui-ci). Globalement, la presse et les joueurs partagent la déception sur cet opus. Le jeu s’est tout de même vendu à hauteur de 2.85 millions d’exemplaires, et en fait le quinzième jeu le plus vendu de la Nintendo 64. Il ressortira d’ailleurs sur la console virtuelle de la Wii et de la WiiU.
On a constamment l’impression de devoir s’occuper soi-même (un peu comme un chat qui joue avec une souris) plutôt que d’être constamment sur ses gardes par ses ennemis. Au final, Yoshi’s Story est tout au plus un jeu à louer.
GameSpot
Yoshi’s Story est un jeu amusant. Dans ses meilleurs moments, la conception des niveaux rivalise avec celle des premiers Mario et impressionne par son contrôle innovant, ses graphismes soignés et ses niveaux originaux. Mais parfois, Yoshi se résume à une promenade sans intérêt à travers des niveaux qui sentent le recyclage d’idées, un agencement convenu et des ennemis complètement idiots.
IGN
Pourtant côté marketing, Yoshi’s Story fait partie des jeux qui ont bénéficié d’une vraie mise en avant à l’époque, même si la marque laissée par le jeu aujourd’hui est beaucoup plus discrète que celle de son prédécesseur. On peut clairement penser que Nintendo y croyait , avec une communication forte, des publicités ciblées, dans les magazines jeunesse ou la presse spécialisée et même un lancement promotionnel dans une ville de 1300 habitants, appelée Lezard Lick (Lézard lèche, mince, finalement Yoshi serait-il un lézard ?). En France, nous avons eu une publicité télévisée traduite de l'anglais qui nous a offert l'une des images Nintendo les plus drôles jamais diffusées chez nous. Consultez la publicité complète sur le site de l’INA. Ce qui est un peu ironique, c’est finalement que le jeu aura été bien mieux vendu, qu’il n’aura atteint le coeur des joueurs de l’époque.
Super Mario Advance 3 (2002)
Montré pour la première fois lors de l’E3 de 2002 et sorti quelques mois plus tard, Super Mario Advance 3 marque en quelque sorte le retour aux sources pour le dinosaure. Comme on vient de le voir, l’épisode Nintendo 64 était plutôt mignon que marquant. Il s’agit donc ici d’un portage de Yoshi’s Island sur Game Boy Advance, le troisième volet de la série Super Mario Advance qui adaptait les « classiques » Nintendo pour la console portable. Super Mario Advance étant un remake de Super Mario Bros. 2, tandis que Super Mario Advance 2 était un remake de Super Mario World et Super Mario Advance 4 clôturera la saga remake en proposant celui de Super Mario Bros. 3 (oui, il faut suivre !). Yoshi ne poursuit donc pas sa route avec un nouvel opus complet pour le moment, mais fait un petit retour arrière en mode portable.
Cette version reprend l’essentiel du jeu original, mais y apporte six niveaux bonus supplémentaires, la présence de « voix » digitalisée pour Yoshi. Le gameplay ne change donc pas par rapport à ce qu’on a pu détailler plus haut. Forcément, le jeu tourne sur une résolution un poil inférieure et un matériel différent, et donc le jeu a été un peu repensé pour s’adapter aux contraintes de la GameBoy Advance. Graphiquement, le jeu est très proche de sa version d’origine, la seule différence à noter est un éclaircissement des textures (peut-être pour contrer l’écran sombre des consoles), une police d’écriture plus grasse et quelques animations manquantes. À noter que le jeu s’accompagne comme la tradition le veut dans la série, d’une version arcade de 1983 de Mario Bros.
Après l’accueil froid de Yoshi’s Story, Nintendo joue donc la sécurité en 2002, et cela va clairement payer. Malgré quelques critiques récurrentes sur les cris de bébé Mario, le jeu aura une réception très solide et fait parti des jeux les mieux reçus sur la GameBoy Advance, du haut de son 91 de Metacritic. Côté joueur, le jeu a été également bien perçu, et son arrivée sur la console portable est plutôt considérée comme un moyen de jouer ou de rejouer à une pépite dans de bonnes conditions, plutôt qu’une tentative de recyclage désespérée. Le jeu a atteint 2.83 millions d’exemplaires vendus dans le monde. Un retour à la maison victorieux, et qui est aujourd’hui jouable avec les Nintendo Classics GameBoy Advance sur Nintendo Switch ou Switch 2.
Yoshi Touch & Go (2005)
Avec Yoshi Touch & Go sorti en 2005, Nintendo choisit cette fois de faire prendre un nouveau virage à Yoshi, un peu plus expérimental. Rappelons-le, 2005 c’est encore l’année de lancement de la DS, qui est sortie fin 2004 au Japon et en Amérique du Nord, et en 2005 dans le reste du monde. Nintendo doit donc prouver à ce moment là qu’ils peuvent bousculer nos habitudes de jeu avec ses deux écrans dont l’un des deux est tactile. Exit le jeu de plateforme classique, ici, le jeu va avant tout mettre en avant les possibilités techniques de la console, avec un gameplay qui laisse volontairement de côté la croix directionnelle, les boutons A/B, pour se concentrer sur l’utilisation du stylet et du souffle. Il est d’ailleurs directement inspiré du prototype « Balloon Trip » qui avait été présenté à l’E3 de 2004, mais qui n’est jamais sorti, ou plutôt, il est sorti sous le nom de Yoshi Touch & Go.
Digne héritier d’une époque arcade, complètement assumée, avec son aventure sans réel début ni fin, mais plutôt en mode collecte de points, le but du jeu est simplement d’aller le plus loin possible dans les airs ou sur terre. D’ailleurs, la couleur de Yoshi reflète le nombre de points obtenus dans le ciel et elle change en fonction du score. Le jeu est court et inspiré de Yoshi’s Island et de son univers pastel.
Dans la phase verticale, Bébé Mario tombe doucement grâce à trois ballons. Lorsqu'un ennemi le touche, l'un d'eux éclate. Si tous les ballons disparaissent, game over. Sur la terre ferme, Yoshi progresse automatiquement vers l’avant. On peut tracer des nuages au stylet pour guider Bébé Mario dans sa chute ou pour ouvrir des chemins à Yoshi. On peut tapoter les ennemis pour leur lancer des oeufs, dessiner des bulles autour des ennemis pour le transformer en pièces ou encore souffler dans le micro pour chasser les nuages en trop. Sur la route, certains power up peuvent transformer en Super Bébé. Il dispose de 5 modes de jeu reposant sur ces éléments, dont un multijoueur où les deux joueurs pouvaient s’affronter, le tout avec une seule carte de jeu pour 2 Nintendo DS.
Côté réception, l’accueil est correct, mais pas exceptionnel. Une note de 73 sur Metacritic qui salue le concept et l’usage intelligent du tactile, mais le jeu souffre selon les joueurs d’un contenu tout de même assez limité et du sentiment d’avoir rapidement fait le tour sans réelle envie de revenir sur le jeu après avoir joué à peine quelques heures. Commercialement, il s’est écoulé au total à un peu moins de 600000 exemplaires. Ce n’est clairement pas le succès escompté, et il est clairement considéré comme oubliable. Un opus dans la saga qui se veut donc plutôt être une sorte de laboratoire Nintendo pour la console.
Yoshi’s Island DS (2006)
C’est à peine un an après le détour « arcade » de Yoshi Touch & Go qu’arrive un nouvel opus, avec lequel Nintendo revient cette fois à une formule bien plus familière. Yoshi’s Island DS est sorti en 2006 au Japon et en 2007 dans le reste du monde, et propose une formule qui renoue complètement avec l’héritage de Yoshi’s Island, puisque le jeu se veut être se suite directe de l’épisode initialement sorti sur Super Nintendo. On y retrouve la même base visuelle avec ce style dessiné à la main, en plus coloré grâce aux possibilités de la DS, et le même principe d’escorte des bébés.
L’histoire repart clairement encore une fois autour de Kamek, de bébés enlevés à sauver et du destin lié aux enfants stars du Royaume Champignon. C’est vrai que dit comme ça, on a l’impression que la formule est un remake, mais il s’agit bien d’une volonté d’étendre l’histoire initiale avec une suite volontairement simpliste :
Bébé Luigi a été kidnappé ! Notre aventure commence par une belle journée ensoleillée sur l'île de Yoshi. Yoshi profite tranquillement de la journée en se promenant, quand soudain, deux bébés tombent du ciel. L'un d'eux semble très familier à Yoshi. Le visage attristé, le bébé fixe avec nostalgie un mystérieux château apparu dans le ciel. Yoshi se demande si ce château abrite d'autres bébés.
Une fois encore, c'est au clan des Yoshis de sauver la situation. Cette fois, la cigogne les accompagne aussi.
Un nouveau voyage commence. Les Yoshis et les bébés parviendront-ils à triompher de Kamek et à sauver Baby Luigi ?
Livret du jeu
Côté gameplay, Yoshi’s Island DS reprend TOUT de son ainé. Les oeufs à lancer, le saut plané, l’attaque rodéo, niveaux secrets et une chasse pour obtenir le 100%. Mais le jeu vient apporter une fonctionnalité supplémentaire : plusieurs bébés peuvent être portés sur le dos de Yoshi, chacun possédant alors une capacité spéciale qui lui est propre. Ainsi, Bébé Mario peut sprinter, Bébé Donkey Kong amène plus de puissance et des lianes, Bébé Peach peut flotter avec son ombrelle… Cela apporte un rythme supplémentaire au jeu, où on doit tester et changer régulièrement de « bébé » pour s’adapter au niveau et ainsi progresser. À noter que le double écran de la Nintendo DS est tout de même mis à contribution, mais simplement pour afficher les niveaux verticaux ou mieux répartir l’action, mais cet opus ne capitalise pas du tout sur les nouvelles manières de jouer de son prédécesseur.
La réception du jeu a été globalement positive, mais ne vient pas atteindre l’intouchable Yoshi’s Island. Sa note Metacritic est aujourd’hui de 81. Il s’est vendu à un peu moins de 3.4 millions d’exemplaires. Ce qui en ressort principalement, c’est un retour en forme pour la série et une continuité réussie, mais comme l’on pouvait s’y attendre, le jeu manque de surprise et sa direction artistique peine à convaincre de nouveau. Un épisode très sympathique à faire et refaire, même aujourd’hui, mais qui n’entrera donc pas dans le panthéon des jeux cultes de Nintendo.
Yoshi’s New Island (2014)
Après Yoshi’s Island DS, la série va se mettre un peu en pause pendant quelques années. Il faudra attendre 2014 pour voir revenir Yoshi avec un nouvel épisode « inédit« , cette fois pensé pour la Nintendo 3DS. Yoshi’s New Island est annoncé par Nintendo comme un vrai retour aux sources… Décidément, on aime vraiment regarder en arrière dans la série Yoshi, ce n’est pas sans rappeller un certain Star Fox. On retrouve encore une fois Kamek, Bébé Luigi et Bébé Mario, les îles flottantes et fleurs à collectionner et une direction artistique pastel. Par contre on comprend très vite que la formule est simplement une tentative de remettre au goût du jour sur la nouvelle machine de Nintendo, le succès passé.
Bébé Luigi a été kidnappė ! C’est Yoshi, portant Bébé Mario sur son dos, qui doit traverser chaque monde pour le retrouver! Gobez vos ennemis et lancez des œufs pour progresser dans cette île inconnue et sauver Bébé Luigi!
Livret du jeu
Côté gameplay, c’est très proche de l’opus original, sans les tentatives d’extensions apportées par Yoshi’s Island DS. On retrouve les actions de base de Yoshi, le saut plané, l’attaque rodéo, la transformation des ennemis en oeufs. La nouveauté puisqu’il en fallait bien une, c’est les gros oeufs, des oeufs géants pouvant détruire le décor.
Le rendu reste très propre pour l’époque, mais la direction artistique plus lisse et peut être plus sage n’arrive pas à marquer les esprits. Il reste fidèle à son ADN, mais finalement au lieu de tenter, on a l’impression d’un enfant marchant dans les traces de pas de son père : il suit la voie mais ne laisse pas sa propre trace. La réception du jeu est d’ailleurs plutôt moyenne, sans réel enthousiasme. Avec un 64 de Metacritic, le jeu est l’un des opus les plus oubliables de la série. Il s’est vendu à 2 millions d’exemplaires.
Yoshi’s Woolly World (2015) et Poochy & Yoshi’s Woolly World (2017)
C’est bien en 2015 que la série commence à prendre un virage un peu plus prononcé, donnant à la formule cette âme qu’on lui connait aujourd’hui. On vient de le voir, la série est très (trop) longtemps restée bloquée dans une tentative de faire/défaire et refaire le même jeu. Mais avec Yoshi’s Woolly World, sorti en 2015 (sur Wii U), notre dinosaure revient dans une aventure qui cette fois change tout, et cela on le voit dès le premier coup d’oeil. Le jeu adopte un look « fait main » où tout semble être fait de laine, de tissu, de fil, un jeu complet en scrapbooking. Une identité visuelle qui pourrait sembler simpliste, mais qui insuffle instantanément au jeu une identité forte.
Pour l’histoire, on ne change par contre pas une équipe qui gagne. C’est Kamek l’antagoniste qui transforme une grande partie des Yoshis de l’ile en pelotes de laine, avant de les éparpiller un peu partout. Heureusement (sinon pas de jeu !), deux d’entre eux échappent à cette transformation et partent alors sauver leurs compagnons. Entre sa légèreté et son aspect mignon, Nintendo (et Good Feel, qui développera les jeux suivants également dans la série Yoshi) ont parfaitement réussi à construire un univers autour du textile.
En termes de gameplay, Yoshi’s Woolly World reprend les bases de la série mais les adapte aux particularités de l’univers. On peut toujours avaler des ennemis et lancer des projectiles mais les oeufs deviennent ici des pelotes de laine. On peut s’en servir pour attaquer, pour débloquer des mécanismes ou récupérer des objets en interagissant avec le décors. Le jeu s’appuie sur son style visuel avec des plateformes qui vont complètement se détricoter ou se nouer sous nos yeux, ce qui donne un résultat inventif, satisfaisant à regarder sans forcément devenir trop compliqué à prendre en main, jouer et comprendre. Pour ce qui reste, la plateforme est très accessible, il y a beaucoup de secrets et de collectibles à trouver et un 100% à aller chercher. On peut également jouer à 2, ce qui entre la direction artistique, la simplicité, le jeu vise maintenant au delà des fans de la créature, un public plus familial.
En 2017, le jeu revient même avec une version sur Nintendo 3DS dans une version appelée Poochy & Yoshi’s Woolly World. Cette adaptation reprendra tout de la version Wii U, tout en ajoutant quelques niveaux centrés sur Poochy. Evidemment, le portage sur une console comme la 3DS, d’un jeu initialement prévu sur une console de salon fait que le jeu est moins détaillé, mais le coeur du jeu reste intact et donne une autre manière de jouer à cet opus, dans une période où rappelons-le, la console de salon principale de Nintendo ne connaissait pas le succès escompté.
Côté réception, l’accueil du jeu a été bon. Evidemment, sa direction artistique est appréciée ainsi que son level design. Le jeu sur Wii U récolte un 78 de Metacritic et son portage amélioré sur Nintendo 3DS un 77. Si on compte les deux opus, on atteint les 2.1 millions d’exemplaires vendus. Très apprécié par les amateurs de la série, un peu moins apprécié par le public en général, moins preneur de cette nouvelle formule misant sur la tranquillité plutôt que sur la difficulté. Tout le monde s’accorde pour dire que le jeu a permis de donner un nouveau souffle à la série, après l’avoir vu un peu patauger pendant trop longtemps.
Yoshi’s Crafted World (2019)
Après le renouveau de Yoshi’s Woolly World, il faudra attendre 4 années (ou 2 si on compte la version 3DS) pour mettre la main sur une nouvelle entrée dans la série. Et fort heureusement, Nintendo a décidé de persévérer dans cette idée d’univers complètement fabriqué à la main, en changeant simplement la matière. Exit la laine et les pelotes, cette fois, place au carton, au papier découpé, aux boites de conserves. Le tout donne l’impression d’avoir été construit par un enfant de maternelle, mais attention, cela n’est absolument pas péjoratif, au contraire, cela donne une nouvelle fois une identité forte au jeu, et vient confirmer que la série a enfin trouvé sa voie.
Niveau histoire, on commence doucement sur une île où les Yoshis s’amusent avec une pierre très convoitée par Kamek et bébé Bowser, qui tentent rapidement de la dérober. La pierre se brise alors et ses gemmes se retrouvent éparpillées au quatre coins du monde. La trame est très simple comme le veut la tradition de la série au final, et la suite (Yoshi and the Mysterious Book) ne fera pas exception d’après les trailers que nous avons pu avoir, même si nous avons eu le droit à une jolie cinématique ce mardi 19 mai.
Niveau gameplay encore une fois, on retrouve les mêmes choses. Yoshi avale les ennemis encore une fois (il a très faim), transforme ce qu’il peut en projectile, lance des oeufs, saute et plane et frappe le sol. Ici, l’idée centrale du jeu repose sur le level design. Les objectifs se cachent parfois derrière des éléments du décors, il faut parfois viser un élément en arrière-plan pour trouver la solution ou encore faire le niveau à l’envers pour trouver des éléments qui n’étaient pas visibles la première fois. Le jeu pousse une logique de collection et de fouille, toujours dans une détente et ambiance complétement détendue. On cherche donc des fleurs, des pièces, des petits chiens en carton et on a vraiment un jeu de plateforme fait pour être retourné de fond en comble, au sens littéral comme au figuré. Cela apporte cependant une progression un peu plus lente et ne sera définitivement pas un jeu à rusher mais à déguster. Comme son prédécesseur, il peut se jouer en coopération.
Côté réception, le jeu plait mais marque un peu moins les esprits que Woolly World même si sa note Metacritic est de 79 aujourd’hui. Il s’est vendu à ce jour à 3.3 millions d’exemplaires. Encore une fois, tout le monde tombe sous son charme visuel et ses nombreuses idées de mise en scène pensées pour déborder de détails. Cependant et c’est une critique qui se veut récurrente dans la série, la difficulté du jeu est selon certaines critiques trop faible et la bande-son, trop peu marquante, n’aide pas à combler la lenteur du jeu. Cela reste tout de même une très bonne entrée dans la série, à faire si on aime la série ou avec un enfant, et surtout confirme qu’elle a trouvé une nouvelle manière d’exister sans chercher à constamment retourner aux sources de son succès.
Il se prépara alors pour sa nouvelle aventure – Yoshi and the Mysterious Book (2026)
Yoshi and the Mysterious Book est sorti ce 21 mai 2026 sur Nintendo Switch 2. Il s'est offert, fin avril, une longue bande-annonce de présentation de 6 minutes. C’était l'occasion pour Nintendo de revenir sur les bases de cette nouvelle aventure, tout en montrant plus en détail les actions que pourra réaliser Yoshi au fil de l'exploration.
Tout commence sur l’île où vivent les Yoshis, quand un livre du nom de Mysterius tombe mystérieusement du ciel. Ce dernier, demande alors de l’aide à Yoshi, afin de parcourir ses différentes pages et d’y étudier les différentes créatures qui y vivent.
Côté gameplay, on retrouve les classiques de la série Yoshi, enrichis de quelques nouvelles actions. Yoshi pourra donc utiliser sa langue pour avaler différents éléments du livre, lancer des œufs, effectuer un saut plané et faire une attaque rodéo pour s’écraser sur le sol, et encore plus à découvrir. Au-delà des mouvements de base, notre dino préféré pourra trouver une loupe magique, qui sera l’un des éléments centraux de cet opus. Elle servira à fouiller et débusquer des créatures cachées dans les détails du dessin. Le jeu sera divisé en plusieurs chapitres, dont une forêt, une montagne, une vallée…
L'univers semble ainsi construit comme un véritable livre de contes interactif, avec un bestiaire varié et une direction artistique adorable. Il donne l’impression d’avoir été dessiné à la main sur du vieux papier. Des questions subsistent cependant : quelle sera la durée de vie et la profondeur de l’histoire de cet opus ? Fera-t-il parti des bons jeux Yoshi, ou de ceux un peu plus « oubliables » ? Nous avons hâte d’en voir plus !
Pour conclure, voici un petit pense-bête pour votre frigo. (Quoi ? Non ?) sur tout ce qui vient d’être énuméré.
