Indiana Jones et le Cercle Ancien met-il un coup de fouet à la Switch 2 ? – TEST

Par le 12 Mai 2026 à 13:00 - Temps de lecture : 6 minutes 30 sec
Indiana Jones et le Cercle Ancien Switch 2 Review

Avec les Aventuriers de l'arche perdue en 1981, Spielberg et George Lucas lançaient sans vraiment le savoir une licence cultissime du film d'aventure : Indiana Jones. Un rôle fabuleusement campé par Harrison Ford qui aura marqué une génération dans les années 80, avec son fédora bien vissé sur la tête et son mythique fouet. 

Une figure qui passe forcément par le jeu vidéo, notamment grâce au Point & Click qui offre des aventures complètement inédites aux joueurs, en plus d'être de qualité. Après un jeu sorti en 2009, le Sceptre des Rois, la licence est tombée dans un long sommeil sur nos machines, avant d'être réanimée par Xbox et MachineGames en 2024, et maintenant 2026 avec cette version Switch 2 d'Indiana Jones et le Cercle Ancien. Une œuvre de très bonne facture, qui sait se défendre sur l'hybride de Nintendo

Presque comme dans les films 

L'histoire commence avec un Indiana Jones se réveillant d'un cauchemar, en plein milieu de la nuit, après s'être assoupi sur son bureau à l'Université où il enseigne. À l'autre coin de la pièce, son ami Marcus Brody (l'un des personnages central de la Dernière Croisade), lui aussi endormi sur un canapé. Si la tranquillité de la nuit est perturbée par un orage à l'extérieur, Indiana est surtout troublé par des bruits qu'il entend au sein de l'établissement normalement déserté. À l'origine du bazar : un géant, littéralement, en train de piller le musée de l'Université. L'archéologue le confronte mais se fait très rapidement corriger par le Goliath, qui s'enfuit avec un artefact récemment récupéré par Jones. Dans sa fuite, la montagne laisse un indice pointant vers le Vatican. Ni une ni deux, Indiana Jones remplit sa valise et quitte l'Université pour récupérer son bien. Une aventure qui va l'emmener vers de bien plus grands mystères. 

Ne tournons pas autour du pot : si vous appréciez les films Indiana Jones, les chances de ne pas être charmé par le Cercle Ancien sont minces. Les suédois de MachineGames ont réussi à saisir ce qui faisait l'ADN et l'esprit de la licence et de ses premiers films en adaptant une histoire qui parvient à mêler le fan-service et l'originalité sans jamais trop en faire. Le scénario se suit avec plaisir, les révélations finales sont efficaces et nous tiennent en haleine jusqu'au bout. 

On peut aussi noter un casting de personnages très réussi. Difficile de ne pas parler de la journaliste Gina Lombardi, qui sera notre side-kick. Une excellente répartie, un charisme indéniable font de Gina un personnage rafraîchissant dans l'univers d'Indiana Jones, qui, avouons-le, n'a jamais su écrire de personnages féminins pertinents dans ses premiers films. Elle sera ce personnage qui sait recadrer Indiana, saura lui faire fermer son clapet et qui n'est jamais un poids pour le joueur. Difficile aussi de ne pas évoquer l'antagoniste de cet épisode qu'est Emmerich Voss. Archéologue nazi, il sera le fil rouge du jeu, nous mettant régulièrement des bâtons dans les roues. Charismatique et ridicule à la fois, on se plaît vraiment à le voir se faire humilier, mais aussi à le voir humilier et manipuler ses pairs.

Un casting poussé par d'excellentes performances d'acteurs et d'actrices, surtout en version originale. Pour camper le rôle d'Indiana Jones, on retrouve Troy Baker (The Last Of Us, Mouse P.I For Hire, Batman Arkham Origins, Death Stranding…), qui réalise ici une performance assez impressionnante en s'appropriant la voix de ce personnage qui n'a (presque) jamais été incarné par quelqu'un d'autre que Harrison Ford. On y croit jusqu'au bout, encore plus de la perspective d'un français. À noter qu'en VF, la voix de l'archéologue est campée par la légende Richard Darbois, doubleur habituel de l'acteur américain. Ici, le constat est contrasté.

Car Darbois est bien plus vieux qu’auparavant, et ça s'entend un peu, surtout au début. Mais on finit par s'habituer et se régaler en entendant cette voix si familière nous accompagner. Le casting, l'ambiance, l'histoire, MachineGames ne fait presque aucune fausse note jusqu'à présent dans cette nouvelle adaptation d'Indiana Jones, à l'exception de la musique, loin d'être mauvaise, mais très loin d'être marquante. J'ai ressenti une timidité à utiliser le thème principal composé par John Williams, dommage, car il est quand même vraiment bien ce thème. 

Un FPS qui ne vous invite pas à jouer de la gâchette

Je ne pense pas être le premier à avoir eu un sentiment déceptif en apprenant qu'Indiana Jones et le Cercle Ancien serait un jeu à la première personne. J'avoue, j'aime Harrison Ford, j'aime son fédora… ne pas les voir pendant que je joue a un petit côté frustrant. Mais au final, MachineGames, qui a son expertise en vue FPS, réussit à convaincre. Si l'on passe la majorité du temps en FPS, la caméra va régulièrement prendre du recul pour nous laisser voir Indiana pendant que l'on joue, lors des phases d'escalade, lors des moments où l'on se balance avec son fouet… et les cinématiques sont régulières, nous laissant apprécier les visages réussis de tous les personnages. 

En termes de structure, Indiana Jones et le Cercle Ancien se présente comme un jeu d'aventure linéaire, où l’on traverse de nombreuses zones ouvertes. Le Vatican, Gizeh, la jungle de Siam, tout autant de terrains de jeu que vous pourrez traverser d'une traite, ou fouiller de fond en comble. Et c'est là que le Cercle Ancien brille particulièrement. Dès que la première zone ouverte, le Vatican, est accessible, on se perd. Mais on ne se perd pas négativement, on se perd car chaque lieu du Saint-Siège nous interpelle, nous attire… puis d'un coup, on se retrouve dans la sublime Chapelle Sixtine, puis dans une cave où se déroule des combats illégaux, avant d'apprendre au détour d'une note qu'un ami est fait prisonnier, et qu'on peut aller l'aider.

Indiana Jones est une grande aventure marquée par de petites aventures disséminées partout, qui sont là si on prend la peine de les chercher pendant nos flâneries. D'ailleurs, en jouant à la version Switch 2 après y avoir déjà joué à sa sortie sur Xbox, j'ai réalisé que des pans du jeu que je pensais être la quête principale n'étaient au final que secondaires. 

Machinegames étant spécialisé dans les FPS bien bourrins avec les derniers Wolfenstein… doit-on s'attendre à un Indiana ayant la gâchette facile ? La réponse est surprenante, mais pas du tout. Les gunfights sont d'ailleurs peut-être le plus gros point faible du jeu. Mais l'avantage, c'est que vous allez tout faire pour ne jamais être pris dans un gunfight. Le Cercle Ancien met sur le devant de la scène l'infiltration et le combat au corps à corps. Vous allez pouvoir vous déguiser en fonction des lieux pour échapper à la vigilance des nazis et fascistes, et dans les zones interdites, vous devrez rester à l'affût pour passer derrière vos ennemis. Si les choses dégénèrent, il faudra espérer que les ennemis ne soient ni trop nombreux, ni armés de pistolets. Mais quand la situation l'exige, le combat au corps à corps se révèle particulièrement jouissif.

Vous allez pouvoir contrer vos adversaires, mettre des crochets du droit ou du gauche selon la gâchette sur laquelle vous faites pression, et les impacts sont vraiment satisfaisants, toujours appuyés par un sound design particulièrement exagéré. Le jeu propose aussi une quantité d’objets assez importante avec lesquels vous allez pouvoir interagir. Guitares, marteaux, balais, pelles, fourches, seront, avec bien d'autres, vos amis lors des moments d'actions les plus intenses. On en a déjà parlé dans la preview, mais cette manière de faire s'intègre extrêmement bien dans l'esprit du film et donne un aspect de bricolage constant très satisfaisant quand tout se termine bien. À noter le fouet, qui sera salvateur pour désarmer vos adversaires quand la situation devient tendue. 

Puis qui dit Indiana Jones, dit archéologue. Qui dit archéologue dit archéologie. Qui dit archéologie dit énigme ! Bon, c'est peut-être pas exactement ça dans la vraie vie, mais ça l'est dans la licence de Lucasfilm. Vous allez croiser de nombreuses énigmes tout au long de votre aventure. Des casse-têtes toujours efficaces, bien designés, jamais trop difficiles pour casser le rythme et jamais trop faciles pour les faire sans se creuser la tête (ou alors je suis bête, ça peut rentrer en ligne de compte). Une formule qui se rapproche très fortement de celle des jeux Uncharted, et c'est une formule qui marche bien. S'il fallait être tâtillon, la vue à la première personne est peut-être parfois enquiquinante pour résoudre les énigmes, ayant un champ de vision réduit et forçant à reculer ou prendre de la hauteur pour avoir parfois une vision d'ensemble sur ce que l'on doit résoudre. 

L'Ordre des Géants 

Indiana Jones et le Cercle Ancien a vu aussi un DLC arriver plusieurs mois après sa sortie. Intitulé l'Ordre des Géants, ce dernier vous propose de retourner au Vatican pour aider le Père Ricci et son perroquet à résoudre un mystère autour d'une figure mythique, celle du Croisé sans nom. Un DLC qui va nous faire visiter Rome et la Cloaca Maxima, les égouts antiques de la capitale italienne. Un contenu additionnel qui ne casse pas trois pattes à un canard, mais qui a le mérite de mettre en avant de chouettes énigmes, avant de se conclure dans un lieu mythique de l'Empire Romain. Si vous avez apprécié l'aventure, vous ne direz pas non à ce petit supplément qui se déguste très bien. 

Une technique à deux faces

En ayant lu le test jusqu'à présent vous comprenez sûrement qu'Indiana Jones est un très bon jeu. Mais est-ce que la version Switch 2 rend honneur à toutes les qualités évoquées ? C'est un constat difficile à faire. Souvent, Indiana Jones et le Cercle Ancien impressionne. Souvent, Indiana Jones et le Cercle Ancien déçoit. 

Le jeu est marqué par des micro freeze réguliers à chaque sauvegarde automatique. Rien de gênant en soit, mais ça sort toujours un peu de l'immersion. Les environnements extérieurs sont très irréguliers. La jungle est une catastrophe visuelle, avec du popping dans tous les sens, et tous les environnements impliquant de la verdure ne rendent pas vraiment bien. Puis il y a le reste. Des intérieurs sublimes, des visages très réussis autant in-game qu'en cinématique, des jeux de lumière séduisants, du ray-tracing qui fait son effet sur les reflets par moment… On sent que cette version est coincée entre deux chaises, mais le constat est finalement plus positif que négatif, d'autant plus que le jeu rend très bien en mode portable, et a un framerate solide qui tient majoritairement son trente images par seconde

Conclusion - Indiana fait son retour en grâce

83%

Indiana Jones et le Cercle Ancien est une réussite sur Nintendo Switch 2. Imparfait techniquement mais régulièrement impressionnant, le jeu de MachineGames est un pur jeu d'aventure qui nous fait voyager autour du monde, tout en réussissant à remettre sur le devant de la scène une licence dont les derniers films peinent à convaincre dans les salles obscures. C'est tout l'inverse dans vos salon obscurs, car Indiana Jones et le Cercle Ancien est peut-être la meilleure aventure de l'archéologue dans le paysage vidéoludique, et un souffle d’air frais pour Xbox qui peinait à convaincre avec ses licences depuis le lancement de la dernière génération de consoles.

Les +
  • L’esprit Indiana Jones parfaitement adapté
  • Un excellent casting de personnages
  • Porté par d’excellentes performances d’acteurs
  • De superbes lieux à visiter
  • De très beaux environnements intérieurs
  • Un gameplay mêlant action et énigme réussi
Les -
  • Parfois très vilain visuellement, surtout en extérieur
  • Une bande originale un peu en retrait
Publié dans Tests, Tests de jeux
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