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Ori and the Will of the Wisps (Switch) – TEST

Microsoft et Moon Studios ont surpris leur monde en annonçant en 2019 une version Switch pour Ori and the Blind Forest, un jeu à la base développé exclusivement pour la Xbox One et le PC mais qui, au vu des performances commerciales de la machine et des profils de ses joueurs, s’est décidé à rejoindre la console hybride. On ne pouvait que remercier la firme de Redmond de permettre aux joueurs Switch de s’essayer à cette fabuleuse expérience, alliant beauté visuelle et ambiance poétique comme le remarquait déjà à l’époque le seul et unique Latojuana.

Ce fut donc avec un étonnement les déclarations de Moon Studios plus tôt dans l’année n’allaient pas dans ce sens – et une joie immenses que les joueurs découvrirent, lors du Nintendo Direct Partner Showcase de septembre dernier, qu’Ori and the Will of the Wisps débarquerait comme son aîné sur Switch et en plus le jour même de son annonce ! Il est donc temps, enfin, de se jeter sur cette pépite et de constater, s’il fallait encore le prouver, que la Switch pouvait livrer de très bons portages avec un peu d’efforts.

Le jeu débute là où se finit Ori and the Blind Forest : le dernier oeuf de Kuro éclot, pour donner naissance à Kun, une chouette qui ne parvient pas à s’envoler en raison d’une aile cassée. A l’aide de la plume de Kuro, Kun réussira enfin à décoller avec Ori, mais une tempête finit par brutalement les séparer. Ori se met alors à la recherche de son amie, dans un environnement inconnu et plutôt hostile mais restant très familier pour les joueurs du premier opus. Comme dans ce dernier, l’introduction du jeu est assez longue mais est d’une qualité remarquable et est de surcroît touchante. La quête principale ressemble fortement à celle de The Blind Forest, en remplaçant les éléments par des feux follets à ramasser aux quatre coins de la carte. Une fois obtenus, ils permettront d’ouvrir la voie vers un nouveau lieu, qui sera la clé de la libération de Niwen. Car oui, ces nouvelles terres sont dominées par Shriek, une chouette maléfique qui ne nous veut pas que du bien et qui garde la lumière loin de son territoire.

Un monde familier rempli de nouveautés

Comme dit précédemment, Ori and the Will of the Wisps reprend beaucoup de caractéristiques de son prédécesseur, tout en y ajoutant des nouveautés non négligeables. Si on retrouve une carte ayant le même fonctionnement (quoique trois fois plus grande) et des capacités identiques comme le double saut ou le sprint, de nombreuses mécaniques font leur apparition et évitent l’impression de “version 1.5” au lieu d’une vraie suite. On peut noter l’intégration du grappin, de l’arc, du marteau et de bien d’autres éléments qui sont attribuables à tout moment en appuyant sur le bouton ZL. Il n’est possible de mettre que trois capacités en même temps, il convient donc de gérer intelligemment sa technique d’approche et de la changer selon le contexte.

Autre nouveauté, l’arbre de compétences est remplacé par une autre manière de les acquérir : avant, l’obtention d’orbes par la mort des ennemis permettait d’améliorer certaines branches de l’arbre ; dorénavant, les orbes peuvent être dépensées chez des PNJs qui vous donneront directement des compétences ou vous proposeront de les améliorer. Sans être vraiment révolutionnaire – on retrouve ce système dans Hollow Knight par exemple – cela permet une meilleure connectivité avec l’environnement du jeu.

Outre ces améliorations, le système de combat d’Ori and the Will of the Wisps est certainement l’élément de gameplay ayant le plus changé : il est toujours possible d’esquiver ou de renvoyer les projectiles vers l’ennemi mais dorénavant, Ori peut attaquer avec une épée ou encore un arc, ce qui rend les affrontements bien plus agréables et plus dynamiques. Les ennemis sont aussi plus variés et certains peuvent donner du fil à retordre ; il n’est pas conseillé de foncer dessus tête baissée et de spammer le bouton d’attaque ! Certaines phases donnent lieu à des épreuves de force, dans lesquelles vous devez affronter une série d’ennemis avec à la clé des orbes, tout comme les courses avec votre double, faisant la part belle au speedrun.

De manière générale, le titre est plus plaisant dans son gameplay que son aîné, en proposant plus de possibilités d’attaques et donc plus de tactiques d’approche. De plus, la difficulté a été revue à la baisse – même si la fin est assez corsée – et les développeurs ont ajouté des points de sauvegarde automatiques pour faciliter l’avancée des joueurs. Pour ceux désirant une difficulté à la hauteur du premier opus, sachez que le mode difficile est tout spécialement fait pour vous.

Et si cela ne suffisait pas, Ori and the Will of the Wisps apporte encore d’autres variétés dans la manière de se déplacer : suivant l’environnement dans lequel on se trouve, il est possible de nager à toute vitesse dans l’eau ou d’en jaillir majestueusement, ainsi que de se fondre dans le sable et de se déplacer là encore rapidement. Toutes ces manières d’appréhender l’environnement sont distribuées tout au long du jeu via les arbres de capacités disséminés sur la carte, donnant à Ori une lumière ancestrale lui conférant ces pouvoirs. Le joueur a constamment l’impression de progresser et d’apprendre de nouvelles techniques, de grandir et d’évoluer avec Ori et de suivre son aventure au plus près de lui. Ajoutons à cela l’apparition des boss, qui pour certains sont réellement coriaces mais peuvent être battus assez facilement si la régénération de la santé via l’énergie est utilisée : on se retrouve en définitive avec un titre offrant une diversité non négligeable durant toute l’expérience, réussissant à nous surprendre un peu plus à chaque nouvelle zone.

C’est beau, toujours plus beau

Oui, le gameplay est un des nombreux points forts d’Ori and the Will of the Wisps. Mais je n’ai pas encore parlé de son atout majeur, de ce qui lui donne son âme et lui confère un charme exceptionnel : son ambiance et son aspect visuel. Ori and the Blind Forest avait déjà réussi à l’époque à épater bon nombre de joueurs par sa direction artistique sublime, ses effets spéciaux riches et une bande-son hors-normes. Là encore, Moon Studios réussit à donner à son soft une atmosphère à couper le souffle, oscillant entre la plus triste des mélancolies et la plus épique des batailles. On ne peut que féliciter Gareth Coker, le compositeur du jeu, pour avoir insufflé une telle ambiance sonore à l’univers d’Ori, qui correspond toujours à ce qui se passe à l’écran. Que ce soit durant l’introduction ou pendant les autres cinématiques, on se retrouve souvent à ressentir une émotion particulière, on s’attache aux protagonistes et ce malgré le fait qu’ils ne parlent pas : de ce point de vue là, le travail réalisé a été de très bonne qualité malgré un petit manque de surprise quant au déroulé de l’intrigue.

Une ambiance sonore ne peut être excellente que si l’aspect visuel lui rend hommage : c’est le cas dans Ori and the Will of the Wisps. Durant toute la partie, Ori passe d’un environnement à un autre, des plaines à la neige, des étendues d’eau aux dunes de sable et bien plus encore. Les décors sont d’une beauté époustouflante et fourmillent de détails, d’effets spéciaux et d’activité : par exemple, les hautes herbes bougent en permanence et il est fréquent de voir des bestioles bouger dans l’arrière-plan. Si on ne devait adresser qu’un seul reproche au titre sur l’aspect visuel, ce serait le fait qu’il y a parfois trop de choses en même temps sur l’écran. La lisibilité peut en être entachée, et on se retrouve parfois à se demander d’où vient un projectile ennemi, même si cette situation est rare dans toute la durée de l’expérience. Hormis cela, c’est presque un sans-faute et on prend un plaisir non-mesuré à explorer les moindres contrées de Niwen.

Il est évidemment possible de récupérer des fragments de vie et d’énergie mais il est aussi utile de récupérer des cristaux, permettant de restaurer un village et de donner accès à des chemins auparavant inaccessibles et de marchander avec de nouveaux et mystérieux personnages. L’exploration est donc encouragée et même favorisée car elle facilite l’approche des nouveaux territoires (et puis bon, ce serait un crime de ne pas explorer ces environnements fabuleux). Les PNJs rencontrés dans votre aventure vous offrent parfois des quêtes – heureusement secondaires – qui sont souvent dénuées d’intérêt et consistent à faire de simples allers-retours : dommage que le concept ne soit pas allé plus loin que cela et que les récompenses soient aussi peu intéressantes. L’implantation de ces PNJs dans le jeu est certes louable mais elle n’apporte pas grand chose de plus, hormis les conseils qu’ils peuvent donner et les achats de cartes et de compétences auprès d’eux.

Ori and the Will of the Wisps : un excellent portage

Enfin, comment finir ce test sans évoquer l’aspect technique de cette version Switch d’Ori and the Will of the Wisps ? Pour être bref, nous avons certainement affaire à un des meilleurs portages de la console hybride. Le titre tourne à 60 fps presque en permanence – comptez quelques ralentissements de temps à autre – et offre de surcroît une résolution de bonne qualité quoique légèrement dynamique (environ 960p en mode TV, 720p en mode portable). L’arrière-plan peut sembler un peu flou par moments mais ce n’est pas du tout gênant, surtout lorsque l’on sait la quantité d’effets spéciaux qui sont gérés. En termes de temps de chargement, le premier au démarrage au jeu est vraiment long mais heureusement, il n’y en a presque plus par la suite.

Du côté de la maniabilité, le titre reste tout à fait jouable en mode portable même si les Joy-Con ne sont pas les manettes idéales pour jouer à un jeu de ce genre : on préférera largement le confort d’une manette Pro pour savourer cette pépite. Quoi qu’il en soit, il convient de remercier chaleureusement Moon Studios pour ce portage de grande qualité, surtout lorsque l’on se souvient des soucis qu’avait la version Xbox One à sa sortie. On pourrait même dire que cela relève de la prouesse technique : porter un titre aussi exigeant sur une console aussi petite à une fluidité presque toujours optimale, chapeau l’artiste.


Un portage incroyable d'un jeu qui l'est tout autant
  • Un portage incroyable d'un jeu qui l'est tout autant - 95%
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Un portage incroyable d'un jeu qui l'est tout autant

Ori and the Will of the Wisps avait déjà émerveillé les joueurs Microsoft lors de sa sortie plus tôt cette année : ses nouveautés de gameplay, sa direction artistique de superbe qualité et son ambiance sonore magistralement orchestrée en avaient fait frémir plus d’un. Cette version Switch reprend ces caractéristiques, en y rajoutant le charme de pouvoir y jouer partout, à tout moment, et surtout en proposant une expérience similaire voire identique en termes de qualité technique aux autres versions. Pas de doute, nous avons face à nous un des monuments du Metroidvania et une référence pour les années futures.

Les +

  • Une narration prenante…
  • Des nouveautés de gameplay appréciables et variées
  • Une progression agréable
  • Un dynamisme revu à la hausse
  • Une direction artistique toujours aussi efficace
  • Une ambiance sonore magistrale
  • Une fluidité d’action
  • Une difficulté plus équilibrée
  • Des boss originaux et coriaces
  • Un portage Switch exceptionnel par sa technique

Les -

  • …mais pas vraiment surprenante
  • Un peu fouillis par moments
  • Des quêtes secondaires inintéressantes
Sending
Note des lecteurs :
71.09% (58 votes)
Leotendo23

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Présentation : Etudiant de 18 ans, joueur Switch passionné de jeux vidéo depuis l'inoubliable Super Mario Galaxy. Toujours présent en ce qui concerne Mario, Zelda ou encore Splatoon.