C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes et ça, Square Enix le sait bien, surtout quand il s’agit de Dragon Quest. La vénérable et vénérée série de J-RPG fête ses 40 ans cette année et tandis que le douzième épisode est en cours de développement, le onzième, Dragon Quest XI S : Les Combattants de la destinée – Édition ultime, de son long titre complet, revient sur Switch 2. L’occasion pour nous de proposer notre premier test du jeu !
Une trame joyeuse et classique… peut-être trop ?
Les Dragon Quest se plaisent à proposer des quêtes épiques où les enjeux sont gigantesques et les Combattants de la Destinée ne fait pas exception. Vous incarnez un jeune homme vivant dans un petit village isolé de tout après avoir été recueilli étant bébé. À son passage à l’âge adulte, notre héros apprend qu’il n’est pas qu’un simple pèquenaud dans un trou perdu mais rien de moins que l’Éclairé, censé protéger le monde contre le retour de l’Obscur.
Une histoire à la David contre Goliath qui sera également synonyme de rencontres avec une ribambelle d’alliés tous plus sympathiques que les uns que les autres. De ce point de vue, Dragon Quest XI réserve d’excellents moments et de très bon dialogues alternant humour et émotion avec brio : on prend un réel plaisir à accompagner nos héros dans leur quête et les cinématiques de très bonne facture nous offrent de beaux moments. le doublage intégral des dialogues aussi bien en anglais qu’en japonais donne également davantage de vie à l’ensemble, d’autant plus quand on sait que la première version en était dépourvue.
Néanmoins, difficile de ne pas tiquer devant certains archaïsmes dans la mise en scène qui enchaîne les micro-coupures, les allers-retours inutiles et les écrans noirs. La pauvreté de certaines animations tend à donner un côté artificiel à certains passages, bref, l’histoire en elle-même est remplie de bons moments et de retournements de situation comme on les aime mais aurait gagné à moderniser sa mise en avant, même pour un jeu de 2017. Néanmoins, c’est peut-être aussi pour ça que l’on aime Dragon Quest en général : pour jouer un J-RPG, dans son jus.
Entre tradition et modernité
Je ne suis pas un grand connaisseur de Dragon Quest, le seul autre épisode auquel j’ai joué étant le IX, les Sentinelles du Firmament sortis en 2009 sur DS. Pourquoi ce détail ? Seulement pour souligner que je n’ai pas été dépaysé du tout sur ce onzième épisode. Dragon Quest XI reprend les mêmes effets sonores, les mêmes menus et propose des combats sensiblement similaires. Ces derniers sont néanmoins plaisants car la série repose de toute façon sur des bases très solides et on retrouve avec plaisir son bestiaire iconique entre Gluants, Trolls et Concombrageurs. Chaque personnage peut être contrôlé indépendamment ou alors être réglé sur des comportements spécifiques comme privilégier les soins ou au contraire une approche violente. On est d’ailleurs face à un défi plutôt relevé qui demandera de farmer régulièrement et là-dessus, les options d’accélération et d’automatisme des combats sont du pain béni.
En réalité, il est frappant de voir comme la série a peu évolué en dehors des améliorations inévitables au niveau des graphismes, de l’ambiance sonore et de certains contrôles. On retrouve vraiment l’essence même du RPG japonais dans cet épisode qui ravira les vétérans tout en restant très accessibles aux nouveaux venus. Cette dualité s’illustre aussi bien par des menus plutôt austères et pas toujours intuitifs quand dans l’ambiance joyeuse et légère qu’on apprécie tant et qui résonne dès lors que l’exceptionnel thème principal retentit. La possibilité de passer, plus ou moins quand on le souhaite, à un mode 2D tout en pixels chatouillera aussi les plus nostalgiques (et âgés, désolé pour la balle perdue) d’entre vous. En bref, la série de Square Enix assume plus que jamais son approche très traditionnelle des J-RPG avec un jeu qui incorpore quelques discrètes nouveautés.
Une version Switch 2 convaicante
Bien sûr, les années ayant passé, on explore un monde bien plus vaste et riche visuellement. Sur ce point, la version Switch 2 du jeu offre des environnements plus soignés que jamais, particulièrement dans les villes qui fourmillent de détails. On n’échappe pas à quelques textures très floues par moment mais honnêtement, Dragon Quest XI est un plaisir à jouer sur Nintendo Switch 2, en TV comme en portable. Beaucoup d’éditeurs pourraient prendre exemple sur le jeu pour proposer des versions portables décentes de leurs productions !
Ceci est d ‘autant plus important que l’on passera de longues heures pour compléter le jeu. Entre son scénario et ses innombrables quêtes annexes, Dragon Quest XI est un jeu qui demande du temps. On passera un bon moment à explorer la carte, trouver des coffres cachés, forger des armes (pour éviter de se faire détrousser par les marchands), affronter toutes sortes de monstres et bien d’autres. Et franchement, ce n’est pas un souci, même à une époque où les sorties s’enchaînent et où le backlog de chacun s’étend de façon vertigineuse !
Acheter DRAGON QUEST XI S : Les Combattants de la destinée – Édition ultime

Conclusion - Un excellent cru aux accents anciens
Dragon Quest XI a peut-être dix ans mais on peut dire qu’il vieillit bien. Entre des visuels parfaitement adaptés à la Nintendo Switch 2, une histoire délicieuse et un gameplay classique mais efficace, on passe un excellent moment dans cette Édition ultime. Bien sûr, on sent quand même quelques archaïsmes issus d’une série qui accuse le poids de quatre décennies. On prend en compte ces aspects vieillots tout en reconnaissant qu’ils ont quelque chose de touchant et d’attendrissant. Comme si on retrouvait une part de nous, à une époque où l’on jouait à la Nintendo DS sous la couette.
- Une excellente adaptation sur Nintendo Switch 2
- Une histoire classique mais enrichie de personnages hauts en couleur
- Beaucoup de contenus pour des heures et des heures de jeu
- Un challenge relevé
- Un jeu qui conserve quelques vieilleries dans sa mise en scène et sa structure
- Certaines activités annexes anecdotiques mais nécessaires
