Diablo IV sur Nintendo Switch 2, le jeu qui va ruiner vos nuits de sommeil – TEST

Par le 25 Sep 2026 à 17:46 - Temps de lecture : 4 minutes 30 sec

On dit que l’Enfer est pavé de bonnes intentions. Chez Blizzard, il est surtout pavé de loot, de donjons et de soirées qui finissent bien trop tard. Près de trois ans après sa sortie sur PC et consoles concurrentes, Diablo IV débarque enfin sur Switch 2 sous la forme de l’Age of Hatred Collection. Après Diablo III en 2018 et Diablo II: Resurrected en 2021, la licence retrouve donc une console Nintendo. Mais le hack’n’slash le plus exigeant de la saga peut-il vraiment se glisser dans une console hybride sans y laisser des plumes ?

Présenter Diablo IV aujourd’hui relève presque de la formalité. Depuis 2023, le titre de Blizzard s’est imposé comme l’un des piliers du jeu service. Il a accumulé saisons, refontes et deux extensions majeures. Cette Age of Hatred Collection regroupe justement le jeu de base, Vessel of Hatred et ses jungles de Nahantu, ainsi que Lord of Hatred, qui nous emmène sur les rives de Skovos. Cerise sur le gâteau, la sortie coïncide avec le lancement de la Saison de l’Héritage infernal, incluse d’office. Le tout est vendu 69,99 €, ce qui est loin d’être donné. Il faut toutefois reconnaître qu’on récupère d’un coup près de trois ans de contenu que les joueurs PC et consoles ont dû acheter au fil de l’eau.

Dès les premières minutes, l’ambiance poisseuse de Sanctuaire fait son effet. La campagne n’a rien perdu de sa noirceur, Lilith reste l’une des antagonistes les plus charismatiques de la série, et la boucle de gameplay (tuer, ramasser, comparer, recommencer) fonctionne toujours avec la même efficacité diabolique. Reste la vraie question : la Nintendo Switch 2 tient-elle la cadence ?

Sanctuaire tient dans la poche

C’est sans doute le plus bel argument de cette version, car Diablo IV est ici fluide et franchement agréable à jouer, surtout en mode portable. On se surprend à enchaîner un donjon dans le canapé, une Helltide dans le lit, puis à « juste » finir une quête avant de dormir (spoiler : il y a toujours un truc à faire, et quelques heures de sommeil manquent à l’appel). Le format du jeu, pensé pour des sessions courtes comme pour des marathons de farm, colle parfaitement à l’ADN de la console.

Côté prise en main, la transition vers les Joy-Con 2 ou même la manette Pro 2 se fait sans douleur. Le jeu ayant été conçu dès l’origine pour la manette sur consoles, les compétences s’enchaînent naturellement et l’interface reste lisible, même sur l’écran de la console. L’écran tactile est aussi pris en charge, ce qui peut rendre service dans les menus d’inventaire, véritable champ de bataille à part entière dans un Diablo.

Moins beau que sur PC, mais qu’importe

Évidemment, Diablo IV sur Switch 2 n’est pas aussi beau que sur PC, qui reste la référence absolue pour profiter du jeu. Les textures sont moins fines, certains effets sont revus à la baisse et les décors perdent un peu de ce grain qui rend Sanctuaire si oppressant sur une grosse machine. En y regardant de près, on remarque aussi un rendu un peu plus doux sur les éléments lointains et des ombres moins travaillées, surtout dans les grandes zones ouvertes. Mais la comparaison a ses limites. On parle ici d’une console hybride, et le résultat reste solide et cohérent, avec une direction artistique qui fait le gros du travail. Les cathédrales en ruine, les marais putrides de Hawezar ou les jungles de Nahantu conservent toute leur identité, et c’est bien là l’essentiel. Manette en main, on oublie très vite ces concessions.

Blizzard propose deux options. Le mode Qualité, bloqué à 30 FPS, vise le 1080p en portable et jusqu’au 1440p sur le dock. Le mode Performance grimpe à 40 FPS en 1080p, quel que soit le mode de jeu. Pour un hack’n’slash où la réactivité compte, on vous conseille clairement le second. Les esquives, les enchaînements de compétences et la lecture des attaques ennemies y gagnent nettement en confort, et le gain de fluidité vaut largement la petite perte de netteté. Le mode Qualité trouvera surtout son intérêt sur grand écran, pour ceux qui préfèrent admirer les paysages de Sanctuaire entre deux massacres. Le HDR est également de la partie et donne un vrai relief aux flammes, aux flaques de sang et aux effets de sorts. Ce n’est pas négligeable dans un jeu qui passe la moitié de son temps à tout faire exploser.

Quand l’écran s’embrase…

Tout n’est cependant pas parfait. Dès que l’action s’emballe, avec des dizaines d’ennemis, des sorts qui fusent dans tous les sens et des effets qui saturent l’écran, la Switch 2 montre ses limites. On constate alors quelques ralentissements, surtout lors des phases les plus chargées de l’endgame, là où les builds deviennent délicieusement absurdes.

Ces baisses de framerate restent passagères. Le jeu revient généralement assez vite à la normale une fois la vague d’ennemis nettoyée, et nous n’avons jamais eu l’impression de perdre un combat à cause de la technique. C’est perceptible, parfois un peu frustrant, mais loin d’être rédhibitoire. On est très loin du portage au rabais que certains redoutaient, et bien plus proche des bonnes surprises que la console nous offre régulièrement, à l’image de Cyberpunk 2077 ou plus récemment d’Elden Ring Tarnished Edition.

Une collection complète qui ne l’est pas tout à fait

C’est l’autre grande force de cette collection, tout est là d’un seul bloc. Jeu de base, deux extensions, nouvelles régions, classes additionnelles et saison en cours. Là où les joueurs PC et consoles ont dû patienter près de trois ans et passer plusieurs fois à la caisse, les joueurs Nintendo récupèrent tout d’un coup, dans un jeu qui a eu le temps de corriger ses erreurs de jeunesse. Ils arrivent donc au bon moment, quand le jeu est à son état le plus complet et le plus abouti. Pour qui n’a jamais mis les pieds dans Sanctuaire, c’est clairement la meilleure porte d’entrée possible. Et les vétérans ne sont pas oubliés, puisque la Saison de l’Héritage infernal célèbre les 30 ans de la licence en ressuscitant les échos de Diablo, Baal et Méphisto, et en ramenant quelques objets légendaires cultes comme la Pierre de Jordan. De quoi occuper les longues soirées d’automne, et pas mal de nuits aussi.

Définitive, vraiment ? Pas tout à fait. Blizzard a déjà annoncé lors de la BlizzCon 2026 l’arrivée de l’Amazone dans le courant du premier semestre 2027, via un pack de classe. Elle viendra tout droit de Skovos, avec l’arc et le grand retour de la javeline. Quatre archétypes sont déjà prévus, Championne, Escarmoucheuse, Sentinelle et Commandante, de quoi promettre de nouvelles nuits blanches à tester des builds. Le contenu continuera donc d’évoluer, et il faudra probablement repasser à la caisse pour en profiter. C’est le jeu du live service, mais cela nuance un peu l’étiquette « collection complète ». Il n’y aura en revanche plus de grosse extension, puisque Blizzard concentre désormais ses forces sur Diablo V, attendu au printemps 2029. Autrement dit, cette collection a de bonnes chances de rester la base de référence pendant un long moment.

Jouer partout, à condition d’avoir du réseau et de la place

Bon point, le cross-play et le cross-save sont de la partie. Vous pourrez donc retrouver vos personnages existants et jouer avec vos amis sur d’autres plateformes. Une vraie bonne nouvelle pour ceux qui voudraient faire de la Switch 2 leur machine nomade en complément d’un PC ou d’une autre console.

Revers de la médaille, Diablo IV reste un jeu toujours connecté. Il faut une connexion internet permanente et un compte Battle.net pour y jouer, ce qui limite forcément l’intérêt du mode portable loin d’une connexion stable. Il faudra aussi prévoir 74,9 Go de stockage, un chiffre qui pique sur une console où chaque giga compte. Enfin, l’édition physique ne contient qu’un code de téléchargement dans la boîte, ce qui décevra les collectionneurs.

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✅ Sorti le 15 septembre 2026
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Conclusion - Descendre en Enfer n'a jamais été aussi agréable

80%

On partait méfiants, et on ressort conquis. Diablo IV: Age of Hatred Collection avait tout du portage casse-gueule, et il s’impose pourtant comme une version fluide, agréable et parfaitement taillée pour le jeu nomade. Bien sûr, le PC reste la référence visuelle, et la Switch 2 tousse un peu quand l’écran s’embrase. Mais ces ralentissements restent passagers et ne gâchent jamais vraiment la fête. Avec le jeu de base, les deux extensions et la saison en cours réunis d’un seul bloc, les joueurs Nintendo récupèrent Sanctuaire dans sa version la plus complète, en attendant l’Amazone en 2027. Il y aura toujours un dernier donjon à nettoyer et un objet à comparer, alors prévoyez simplement quelques heures de sommeil en moins (on vous aura prévenus).

Les +
  • Une version fluide et très agréable, surtout en portable
  • Le jeu de base, les deux extensions et la saison en cours réunis
  • Cross-play et cross-save de la partie
Les -
  • Quelques ralentissements quand l’écran s’embrase
  • Connexion permanente et compte Battle.net obligatoires
  • 74 Go et un simple code dans la boîte physique
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