Des cinématiques qui vont parfois plus loin que l’anime, puis des séquences en images fixes. Des boss d’une facilité déconcertante, puis d’autres franchement coriaces. En ligne, des adversaires soit redoutables, soit débutants. Sept mois après les autres versions, le jeu de Byking débarque sur Switch 2 avec un drôle de profil, celui d’un titre qui ne fait jamais rien à moitié. Et après six heures passées dans la peau des élèves de Yuei pour ce test de My Hero Academia: All’s Justice, le constat est assez net : les fans y trouveront leur compte, les autres beaucoup moins.
Un dernier tour de piste pour la classe 1-A
Développé par Byking et édité par Bandai Namco, My Hero Academia: All’s Justice est un jeu de combat en arène en 3 contre 3, dans la lignée des deux My Hero One’s Justice. Sorti en février sur PS5, Xbox Series et PC, il a été annoncé sur Switch 2 en juin et y est disponible depuis le 4 septembre, sans version Switch 1. L’anime s’étant achevé en décembre 2025, le jeu se pose en conclusion pour les fans : il adapte l’arc de la Bataille finale et aligne 68 personnages jouables, le plus gros roster de la licence selon l’éditeur.
Un mode Histoire fidèle, mais pressé
Le mode Histoire se concentre donc sur la Bataille finale, et dans les grandes lignes, il la respecte. Les étapes clés de l’affrontement sont là, du face-à-face entre Bakugo et All For One au duel de Deku contre Shigaraki. Là où ça coince, c’est le rythme : on en voit le bout bien avant la fin de nos six heures de jeu, et le récit démarre directement en pleine guerre. Or entre la fin de My Hero One’s Justice 2 et la Bataille finale, plusieurs arcs marquants n’ont jamais eu droit à une adaptation en jeu, comme l’affrontement entre Shigaraki et Re-Destro ou l’arrivée de Star and Stripe. All’s Justice avait l’occasion de combler ce trou, il préfère l’enjamber. Ironie du sort, Star and Stripe est bien jouable, mais uniquement en DLC.
La mise en scène souffle aussi le chaud et le froid. Les cinématiques animées sont superbes, et certaines prennent le temps de sublimer une scène au point de faire mieux que l’anime. Le retour de Bakugo face à All For One m’a par exemple davantage marqué en jouant plutôt que dans l’animé. Mais une bonne partie du récit passe par des images fixes qui défilent façon diaporama de réunion. Les dialogues ont beau être doublés, on est loin du niveau des cinématiques en termes d’immersion. Pour un jeu qui fait de son histoire un argument, le contraste est rude.
Un roster riche, un équilibrage qui l’est beaucoup moins
Manette en main, le jeu tient ses promesses sur un point essentiel, et trébuche sur presque tout le reste.
Des Alters qui font la différence
La vraie force du jeu, c’est son roster. Les 68 combattants se distinguent par leur apparence sans en changer : chacun exploite son Alter avec des mécaniques bien à lui, et passer de l’un à l’autre oblige à revoir sa façon de jouer. Un Shigaraki, par exemple, ne se joue pas du tout comme une Ochaco. La personnalisation suit, avec de nombreuses options pour modifier ses combattants, bien qu’en retrait par rapport au second opus, pour celles et ceux qui aiment soigner leur équipe.
Un premier combat sans filet
L’entrée en matière est moins réussie. Dès mon premier combat, le jeu m’a lâché dans l’arène sans la moindre explication, comme s’il partait du principe qu’on a déjà fait les My Hero One’s Justice. Un peu comme débarquer à Yuei en plein milieu de l’année. Les didacticiels arrivent juste après, mais ceux qui découvrent la série en jeu vidéo passeront ce premier affrontement un peu à tâtons.
Des boss sans juste milieu
La progression coince aussi du côté de l’équilibrage. Les boss fonctionnent par extrêmes : certains tombent sans opposer de réelle résistance, d’autres se montrent vraiment coriaces. Le combat contre Shigaraki, sous l’emprise d’All For One, s’étale ainsi sur sept phases qui alternent entre plusieurs équipes de personnages, face à un adversaire sérieusement gonflé. Mieux vaut avoir la soirée devant soi. Entre ces deux extrêmes, aucune montée en difficulté progressive, et la courbe avance en dents de scie.
Autour de l’histoire, un contenu qui tourne en rond
Une fois l’histoire bouclée ou le temps de couper un peu, ce sont les Missions en équipe qui doivent prendre le relais. On y retrouve la classe 1-A dans un espace virtuel conçu par Mei Hatsume. Sur le papier, l’idée est sympathique. Dans les faits, le mode se résume vite à des dialogues avec des PNJ et à des combats répétitifs contre les mêmes types de bots. Et difficile de faire l’impasse dessus, puisque c’est lui qui débloque la Bataille des archives et les souvenirs inédits des personnages.
La ville qui sert de hub peine aussi à justifier sa présence, puisque tout ce qu’on peut y faire est accessible directement depuis les menus. Très vite, je suis passé par ces derniers pour tout, et la ville s’est transformée en simple décor de fond.
Le jeu en ligne prolonge l’expérience, mais souffre du même manque de régularité. Il m’est arrivé d’attendre jusqu’à cinq minutes, le temps de me faire un café, pour tomber ensuite soit sur des joueurs bien plus rodés que moi, soit sur des débutants, rarement sur quelqu’un du même niveau.
Reste la question du contenu additionnel. Le jeu est vendu à partir de 69,99 €, et le season pass, qui ajoute cinq personnages jouables dont Star and Stripe, n’est inclus que dans l’édition Deluxe. Ce test a été réalisé sans les DLC. Pour un mode Histoire aussi court et un contenu annexe qui s’essouffle vite, l’addition commence à peser.
My Hero Academia: All’s Justice sur Switch 2, un portage qui tient la route
C’est souvent sur ce terrain que les portages tardifs déçoivent, et pourtant celui-ci s’en sort correctement. Pour cette version Switch 2, Bandai Namco a fait un choix clair : 1080p et 30 images par seconde maximum, en mode TV comme en portable. La résolution est identique à celle des autres consoles, seul le framerate recule, puisque les autres versions montent à 60. Sur le papier, c’est une concession pour un jeu de combat. Dans l’ensemble, le jeu reste fluide, avec quelques saccades ponctuelles qui ne gênent pas vraiment les affrontements.
Des voix et des musiques fidèles, des arènes un peu vides
Pour l’ambiance, les fans sont en terrain connu. Le jeu reprend les musiques officielles de l’anime, et le doublage reste fidèle à la série, ce qui compte beaucoup pour un titre qui vit autant de sa licence. Les arènes, en revanche, manquent de relief. Les décors sont pauvres et font pâle figure à côté du soin apporté aux personnages qui s’y affrontent.
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Conclusion - Un dernier combat réservé qu'aux fans
My Hero Academia: All’s Justice a les qualités d’un bel hommage. Pour les fans qui ont suivi la série jusqu’au bout, retrouver ces personnages avec leurs voix, leurs musiques et leurs Alters a une vraie valeur, et quelques scènes suffisent à justifier de revivre la Bataille finale. Le portage Switch 2, lui, fait le travail, avec un 30 images par seconde qui ne trahit pas les combats.
Il lui manque en revanche la constance d’un bon jeu de combat. Un mode Histoire trop court, une difficulté compliquée à cerner, un contenu annexe qui tourne en rond et une prise en main sans filet rendent l’expérience frustrante pour les personnes qui ne connaissent pas déjà la licence et qui se lancent directement avec cet opus. À 69,99 € hors season pass, c’est un titre à réserver aux fans convaincus, qui lui pardonneront plus facilement ses nombreux défauts.
- Un roster de 68 personnages aux mécaniques variées
- Des cinématiques animées superbes, parfois au-dessus de l’anime
- Les musiques et le doublage de l’anime
- De nombreuses options de personnalisation
- Un portage fluide dans l’ensemble
- Un mode Histoire court qui zappe des moments marquants
- Des séquences en images fixes peu soignées
- Un équilibrage des boss plus que douteux
- Des Missions en équipe répétitives et un hub superflu
- Un matchmaking lent et déséquilibré
- Des décors pauvres
- Un rapport contenu/prix discutable (69,99 € hors season pass)
