Macronix, fabricant taïwanais de semi-conducteurs et fournisseur historique de Nintendo, met progressivement fin à son activité de puces ROM, celles-là mêmes qui équipent certaines cartouches de jeux Nintendo Switch et Nintendo Switch 2 (mais surtout pour la première). L’information, relayée par l’analyste David Gibson de MST Financial, a été confirmée par le Taipei Times à l’occasion de la publication des résultats du troisième trimestre : plus aucun nouveau produit ROM ne sera développé.
Un retrait qui ne surprend pas
La décision s’explique surtout par des considérations industrielles. La ROM ne représentait plus que 5 % du chiffre d’affaires de Macronix au troisième trimestre, contre 26 % un an plus tôt, en baisse de 39 % sur un an. La capacité de production limitée du fabricant sera redirigée vers des segments en forte croissance, notamment le NAND (en hausse de 768 % sur un an) et l’eMMC. Le président Miin Wu parle d’un retrait progressif, qui laisse le temps d’honorer les commandes en cours.
Surtout, ce départ s’inscrit dans une trajectoire visible depuis plus d’un an : dès l’été 2025, la réduction des capacités ROM de Macronix était déjà évoquée, et la sortie récente de cartouches de moins de 64 Go côté Nintendo laissait penser que le constructeur avait anticipé la contraction de l’offre.
Pas la fin des cartouches pour autant
Il convient de tempérer : Macronix n’est pas le seul fournisseur de Nintendo, et des puces de ROHM ont été identifiées dans des cartouches Switch 2. L’analyste David Gibson estime lui-même que les cartes physiques devraient perdurer un temps grâce aux autres fabricants, tout en soulignant que ce retrait accélérera fatalement la bascule vers le numérique et les cartes clés de jeu. D’avril à juin, le dématérialisé représentait déjà 61,5 % des ventes de logiciels Nintendo, contre 59,3 % un an plus tôt ; même s’il faut compter là dedans les ventes d’abonnements NSO et de jeux disponibles uniquement sur l’eShop.
