En ce milieu d’année 2026, l’heure est à l’attente pour les fans de créatures à collectionner. Pokémon Vents et Vagues n’arrivant qu’en 2027, la Nintendo Switch 2 n’a donc, pour le moment, aucun jeu qui contente les Pokémaniacs. Les plus hardcore d’entre vous sont déjà scandalisés en lisant ces lignes : quoi ? En quoi Digimon Story Time Stranger remplace-t-il Pokémon ? Calmez-vous, calmez-vous ! Il ne remplace rien, mais offre la possibilité à celles et ceux qui avaient vaguement entraperçu cette licence des années 2000 de mettre le pied à l’étrier et d’avoir, au moins jusqu’en 2027, des créatures à chérir.
Le test de ce jeu a été réalisé sur Nintendo Switch 2.
Un scénario pot-pourri qui fonctionne
Digimon Story Time Stranger vous plonge dans l’univers des Digimon, évidemment, mais au travers d’une intrigue principale tout autre. Vous incarnez un héros chargé d’étudier des phénomènes inexpliqués, Dan ou Kanan Yuki, dans une équipe d’investigation appelée ADAMAS. Votre lien avec l’univers Digimon découle directement de cette intrigue, car ce sont ces créatures qui sont à l’origine de nombreux phénomènes inexpliqués se produisant en ville. L’ensemble des décors est fortement inspiré du Japon, et notamment des grandes métropoles, et les phases de jeu s’enchaînent entre des décors plutôt sombres puis d’autres très colorés et très saturés (surtout si vous avez un téléviseur avec l’HDR).
Dans un second temps, vous verrez que l’intrigue évoluera et prendra la direction de l’exploration temporelle. Une touche qui complexifie l’intrigue de base qui, avouons-le, n’est pas des plus passionnantes. Digimon Story Time Stranger rajoute plusieurs couches de complexité pour se doter d’un scénario intéressant, mais sans être mauvais, il passera à mon sens toujours derrière le gameplay, qui lui est bien plus prenant.
D’autant plus que les phases d’exploration sont très linéaires, et la plupart des cartes sont en réalité de vrais couloirs. Le joueur aura donc la sensation d’enchaîner les affrontements, entrecoupés par des phases peu intéressantes sur le plan du gameplay. Ceci étant dit, le jeu a le mérite de vous tenir en haleine au fil des affrontements grâce à cette histoire relativement poussée, ce qui est un vrai bon point.
Les digivolutions, des évolutions boostées aux hormones
Sans surprise, le coeur de Digimon Story Time Stranger repose sur son gameplay. Le jeu propose des combats au tour par tour, avec 3 Digimon en simultané, et des mécaniques assez classiques, mais efficaces. Chaque Digimon possède un type, qui va être sensible, résistant ou neutre aux attaques basiques du Digimon adverse. Sur le plan offensif également donc, les attaques d’un Digimon d’un certain type vont être très efficaces, neutres, ou peu efficaces sur les Digimon du type résistant associé. A chaque tour, il est possible de lancer une attaque de base donc, mais aussi des attaques élémentaires propres à chaque Digimon.
Ces éléments respectent aussi une logique de faiblesse, neutralité et résistance, et offrent la possibilité de toucher efficacement un plus grand nombre d’ennemis. Pour acquérir un Digimon, il sera nécessaire de l’affronter plusieurs fois, afin d’obtenir un taux de conversion suffisamment élevé pour le « générer ». Il n’y a donc pas de système de capture, mais plutôt de récolte des informations nécessaires à la création de ce Digimon.
Il vous sera aussi possible d’utiliser des objets en cours de combat afin de soigner votre équipe, ou de régénérer vos points nécessaires à l’utilisation de compétences. Aussi, les arts croisés offrent un boost de statistiques à tous vos Digimon sans gaspiller de tour, ce qui pourra être un vrai game changer selon la difficulté des affrontements. Globalement donc, rien de révolutionnaire, mais le jeu répond à ce qu’on était en mesure d’attendre de lui : un système de combat demandant un peu de réflexion, tout en ressemblant à ce qui se fait déjà depuis de nombreuses années dans les jeux du même genre. De cette façon, le joueur est très vite familiarisé avec les affrontements, et peut tout de suite avancer sans difficulté vers la suite pour intégrer les vraies spécificités de ce jeu, et notamment les digivolutions.
Pour les affranchis de la licence Pokémon, les digivolutions ne sont pas vraiment comparables aux évolutions que l’on retrouve dans la licence de Game Freak. Bien que dans les deux cas la créature se transforme, les digivolutions sont plus complexes que leur équivalent Pokémon. La première spécificité est qu’une fois qu’un Digimon a digivolué, il peut dé-digivoluer afin de revenir à un stade antérieur. Quel intérêt me dites-vous ?
Eh bien les digivolutions ne sont absolument pas linéaires, et fonctionnent largement en arborescence : un Digimon a de nombreuses digivolutions, ayant chacune des conditions précises. Afin de franchir ce cap, il faudra remplir certaines conditions incluant des statistiques précises, un certain niveau, mais aussi parfois une certaine personnalité. Ce dernier paramètre peut être modifié en interagissant avec chaque Digimon, et donne également une progression statistique différente, ainsi que des compétences spécifiques.
Le système de digivolutions est donc riche, assez exploratoire, et constitue à mon sens l’intérêt principal du jeu. Il n’est pas vraiment question de collectionner chacun des Digimon disponibles dans le jeu, mais plutôt de choisir le chemin qui vous convient le mieux avec un Digimon donné, et de le « façonner » à votre idéal. C’est aussi l’occasion pour moi de dire un mot sur le design des Digimon, qui est vraiment réussi et soigné, tandis que le reste du jeu fait le travail mais n’est pas spécialement flamboyant.
Une technique adaptable et un design générique
Digimon Story Time Stranger n’est certainement pas le plus beau jeu de la Nintendo Switch 2, mais a le mérite de proposer une expérience personnalisée. En effet, vous avez le choix entre un mode Performance et un mode Qualité dans les options du jeu. Tandis que le mode Qualité vise la 4K au détriment des FPS (seulement 30 FPS), le mode Performance permet de rester constamment à 60 FPS mais à une résolution inférieure. En mode portable, la résolution d’affichage est 1080p en Performance ou Qualité, mais le mode Performance offre un meilleur framerate.
A titre personnel, je trouve l’expérience de jeu bien plus agréable à 60 FPS, et bien que la qualité visuelle en soit impactée, le jeu n’est de toute façon pas magnifique en 4K. Digimon Story Time Stranger est typiquement le genre de jeu où le gameplay vous fait oublier la technique au fil des heures, tant l’univers des Digimon passe au-dessus.
Ceci étant dit, même en mode Qualité, Digimon Story Time Stranger souffre d’une direction artistique assez fade qui, hormis pour le design des Digimon, rappelle un nombre incalculable de jeux japonais / coréens, où le cell shading est utilisé à tout va pour coller à l’identité « animé » du jeu. Le problème est qu’à force de voir ce genre de créations, on finit par banaliser totalement le cell shading et les contours accentués, et par conséquent bon nombre de jeux inspirés d’univers asiatiques. Digimon Story Time Stranger rentre dans cette catégorie-là, et a en plus la tare de ne quasiment rien animer à part les Digimon. En parcourant le jeu, on a une sensation de monde « mort », sans vraie personnalité, sauf durant les affrontements où tout prend un peu vie.
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Conclusion - Simple et efficace
Digimon Story Time Stranger est un jeu qui fait ce qu’on attend de lui : des affrontements entre Digimon et un système de combat bien développé, suffisamment profond pour qu’on s’y intéresse plusieurs dizaines d’heures de jeu, avec un soin particulier apporté à l’animation et à la modélisation des Digimon. Le reste est on ne peut plus classique, et aurait mérité quelques efforts concernant notamment la direction artistique, les animations du monde extérieur, ou encore la linéarité des phases d’exploration. Ceci étant dit, cette version Nintendo Switch 2 tient la route et, sans être flamboyante, propose une expérience fluide à des joueurs qui ne demanderont qu’une chose une fois console en main : faire digivolver le plus de Digimon possible.
- Des créatures bien modélisées et animées
- Un système de combat et de gestion des Digimon complet
- Un scénario qui tient la route
- 60 FPS garantis
- Une direction artistique un peu banale
- Graphiquement pas flamboyant
- Exploration très linéaire
