Micromania officiellement revendu à un consortium franco-québécois : le jeu-vidéo encore plus au second plan, mais une entreprise sauvée ?

Par le 16 Juil 2026 à 15:43 - Temps de lecture : 1 minute 30 sec
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Micromania a officialisé ce 16 juillet 2026 son rachat par un consortium d’investisseurs québécois. Derrière le vocabulaire marketing de la renaissance et de la fraternité franco-québécoise, le communiqué diffusé laisse entrevoir une stratégie claire : faire des produits dérivés et des cartes à collectionner les nouveaux moteurs d’une enseigne qui, historiquement, vendait avant tout des jeux vidéo. Une réorientation qui tombe alors que le support physique lui-même vacille.

Le repreneur est un véritable attelage. On y trouve Stephan Tétrault, actionnaire majoritaire d’EB Games Canada et patron du Groupe Tétrault, qui détient McFarlane Toys et Imports Dragon. À ses côtés, Jean-François Chenail, via JAMS Venture Capital, également actionnaire d’EB Games Canada, ainsi que Sandra et Stephen Callahan, actionnaires minoritaires, à la tête de Cobico International et de Gipsy Toys, numéro deux français de la peluche. Le point commun saute aux yeux : le jouet, le licensing, la figurine. Le jeu vidéo n’apparaît qu’à travers une chaîne de distribution.

Le jeu-vidéo relégué au second plan

Sur les huit piliers de la feuille de route, le premier consiste à « accélérer le mix produits et la marge à travers le développement des catégories Produits dérivés et carte à jouer et à collectionner ». Suivent un magasin « flagship » (qui servira d’exemple de ce renouveau) près de Paris en octobre 2026, des distributeurs de cartes dans une trentaine de centres commerciaux, une division événements, du retail media.

À aucun moment le jeu vidéo n’est présenté comme un axe de croissance : il est un acquis, jamais une priorité. Le modèle invoqué est la relance canadienne d’EB Games, où le groupe revendique une progression de 74,69% des produits dérivés et du TCG. Des chiffres fournis par le repreneur, donc invérifiables, mais qui disent quel levier a été actionné et lequel a été mis de côté.

Le désengagement de Sony n’arrange évidemment rien

Ce virage, même s’il est réfléchi depuis longtemps, arrive deux semaines après l’annonce par Sony de l’arrêt de la production de jeux au format disque à partir de janvier 2028, catalogue tiers compris. Le constructeur, dont 78% des ventes de jeux complets se font déjà en numérique (selon ses dires et en prenant soin de compter les jeux uniquement disponibles en dématérialisé), prive ainsi les revendeurs de leur matière première : plus de neuf physique, et à terme plus d’occasion. Si Xbox suit, il ne restera que Nintendo et ses cartouches. Un seul constructeur ne fait pas vivre 300 magasins.

La bascule vers le « collectible » n’a donc rien d’absurde et va sans doute permettre de sauver l’entreprise et un grand nombre d’emplois : les boosters et les figurines offrent des marges supérieures et ne dépendent d’aucun éditeur susceptible de couper le robinet. Reste à savoir ce que devient une enseigne fondée en 1983 sur la culture du jeu vidéo quand son avenir se joue au rayon peluches.

Source : www.micromania.fr
Publié dans Actualités, Divers
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