The Wonderful 101 Switch
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The Wonderful 101: Remastered, l’unimorphisation façon Switch – TEST

Voilà déjà 7 ans que Platinum Games livrait son premier jeu d’action exclusif à la Wii U. The Wonderful 101 était à l’époque un vent d’air frais sur une console qui survivait surtout grâce aux jeux first-party Nintendo. Malheureusement, comme la plupart des jeux tiers sortis sur Wii U, il a souffert d’un succès commercial plutôt limité, la faute à un parc de consoles trop peu déployé. En 2020, la donne a changé : Nintendo a le vent en poupe avec la Switch, et profite de cette visibilité pour ressortir les jeux Wii U n’ayant pas eu le succès qu’ils méritaient. Bien entendu, The Wonderful 101 fait partie de ces jeux là, et débarque dans une version hybride accessible à tous.

Un univers et une bande son atypiques

Si l’on devait définir The Wonderful 101 par une seule chose, ça serait par sa direction artistique et son univers si caractéristique. Vous incarnez un groupe de citoyens pas si lambda que ça, puisqu’ils sont également super-héros durant leurs heures perdues. Tout au long du jeu, vous affrontez des robots plus variés les uns des autres, qui mettront la ville sans dessus ni dessous. Visuellement, le jeu se distingue par des couleurs vives au niveau des éléments de décors, mais aussi et surtout au niveau des costumes de chaque super-héros. Car oui, dans The Wonderful 101 vous n’incarnez pas un super-héros, ni deux super-héros, ni trois super-héros, ni quatre super-héros (asseyez-vous, on en a pour un moment), mais bel et bien jusqu’à 100 super-héros en même temps. C’est à ce niveau là que les détails sont particulièrement travaillés, notamment en ce qui concerne les identités de super-héros. Chaque protagoniste a sa propre carte qui indique son identité réelle, et décrit brièvement le héros qu’il incarne en informant par exemple sa taille, son poids, ou encore son arme. De plus, le joueur peut choisir le leader qu’il incarne lors de chaque partie, en sélectionnant n’importe quel super-héros qu’il a enrôlé. Enfin, il vous sera possible de recruter des nouveaux héros au cours de chaque niveau, afin de renforcer vos rangs. Tous ces détails participent à construire l’identité de The Wonderful 101, qui s’étend bien au delà du simple jeu de science-fiction : dans cet univers, n’importe quelle personne peut avoir son importance et apporter sa pierre à l’édifice du sauvetage du monde.

Le second vrai point fort du jeu réside en sa bande-son. Les pistes audio jouées durant les affrontements collent parfaitement aux situations incroyables auxquelles vous devez faire face, et ont forcément un air épique. Chaque niveau est très dynamique, et l’écran ainsi que les haut-parleurs de votre TV ne chômeront pas. Dialogues, bruitages, musiques, animations, tout est fait pour vous en mettre plein les yeux et les oreilles et vous rappeler que vous incarnez une personne hors-normes. Bien que les musiques manquent un petit peu d’identité par moments (on a parfois l’impression d’être dans un simple jeu ou film d’action), elles restent très présentes et font corps avec le jeu. Alors qu’elles auraient pu simplement se contenter d’accentuer des séquences de gameplay ou des cinématiques, ce sont parfois directement les musiques qui dictent le rythme du jeu. Encore plus fort, vous vous rendrez compte qu’elles influent sur votre façon de jouer par endroits. Car oui, un rythme auditif effreiné implique une cadence élevée d’actions réalisées par le joueur. Et c’est tant mieux, car le gameplay ne demande que ça.

The Wonderful 101: un gameplay caractéristique

Le gameplay de The Wonderful 101 est unique. A l’époque, il tirait partie des fonctionnalités de la Wii U en exploitant pleinement le gamepad. Le passage sur Switch a donc forcément changé la donne, mais le tout s’est fait en douceur. A l’aide du joystick droit, vous pouvez dessiner des formes qui vont vous permettre d’unimorphiser vos héros, c’est à dire de solliciter le maximum de forces possibles afin de créer une arme surpuissante. Dès le début du jeu, vous pouvez ainsi créer un poing géant ou une épée géante qui vont littéralement massacrer vos ennemis. Seul problème : lorsque vous subissez une attaque, tous les héros formant votre super arme seront désolidarisés et étourdis. Il vous faudra alors aller les chercher un par un, afin qu’ils retrouvent leur esprit et rejoignent à nouveau vos rangs. Cette façon de jouer si particulière vous demandera de la réactivité, et beaucoup d’agilité. Car oui, dessiner une forme est facile, mais esquiver les attaques sera primordial si vous voulez obtenir un rang élevé lors de vos missions. Vous vous rendrez vite compte que l’union fait la force, et que sans ça, vous aurez besoin d’autres soutiens.

A ce niveau là, le jeu propose tout un tas d’objets qui vous permettent de régénérer votre vie et vos batteries, qui sont nécessaires pour réaliser une unimorphisation. C’est tout le long de niveaux constitués de séquences alternant combats et exploration que vous pouvez récupérer ces items, afin de vous préparez un maximum aux gros combats qui apparaissent plutôt régulièrement. Dans la même idée, il sera crucial de recruter un maximum de citoyens sur les routes des niveaux afin de réaliser des unimorphisations plus puissantes. On note aussi la présence de nombreuses phases de QTE, qui ne sont là que pour soutenir le rythme élevé imposé par le jeu, et qui permettent au passage à vos doigts et à votre cerveau de prendre une pause. Rassurez-vous, vous n’êtes pas le seul qui est soumis à rude épreuve : la Switch perd aussi par moments son sang-froid, et nous rappelle à travers ce remaster que les portages sont parfois de vrais challenges pour les développeurs.

La technique de The Wonderful 101 grimace

The Wonderful 101 était un beau jeu Wii U. Certes, il n’a jamais impressionné par ses visuels, mais rattrapait le tout avec sa direction artistique bien léchée, qui faisait passer la technique au second plan. Qu’en est-il de la version Switch ? Et bien, c’est à quelques détails près la même chose, mais sans l’effet de nouveauté. La première chose qui fait tiquer l’œil sur cette version est la qualité des textures du jeu. Certes, le jeu est très dynamique et joue beaucoup sur les mouvements, mais c’est probablement pour masquer la pauvreté des modèles 3D. Les personnages, sans leur masque, sont vraiment très simples et trop lisses. Même constat pour les bâtiments et les textures environnantes, qui sont bel et bien là pour apparaître en fond et surtout pas en premier plan.

En dehors de ça, le jeu tient plutôt bien la route, et égale la version Wii U. C’est bien là le problème, car on pouvait s’attendre à un léger upgrade technique, mais il n’en est rien. Au contraire même, par moments, beaucoup de tests rapportent des baisses de framerate qui n’étaient pas présentes sur la version Wii U (personnellement je n’ai rien remarqué de tel, mais beaucoup d’avis indiquent cela). Est-ce donc la seule ombre au tableau ? Pas vraiment selon moi, car si la technique peu convaincante pouvait encore passer, le jaugeage de la difficulté lui, est beaucoup plus important dans ce type de jeu.

Une difficulté mal jaugée

La difficulté dans les jeux-vidéo est cruciale pour les joueurs. Trop peu présente et vous aurez l’impression de ne pas vous divertir. Augmentez là à l’excès et la frustration surpassera tout ce que vous pourrez ressentir. The Wonderful 101 porte fièrement l’étiquette Platinum Games, qui est la plupart du temps gage de qualité et qui indique que vous allez avoir affaire à un jeu qui offre un vrai challenge. Ici, chaque mission peut être jouée et rejouée avec différents niveaux de difficulté. Dès le départ, le jeu propose un mode très facile, facile ou bien normal. J’insiste sur ce dernier mode, car selon moi les termes ici ont été mal choisis. Non, le mode normal n’est pas censé offrir un challenge corsé, et c’est là le problème pour moi.

Si les phases d’exploration et de combat contre les petits ennemis sont relativement faciles et plaisantes, c’est au moment de l’affrontement de boss ou de gros ennemis qu’il y a un problème pour moi. Le jeu axe son gameplay sur les unimorphisations, qui sont en réalité la seule façon de venir rapidement à bout des ennemis. Seulement voilà, lorsque vous unimorphisez un grand nombre de héros, vous vous retrouvez avec une mobilité très réduite. Conséquence directe : vous tapez très fort, mais vous prenez aussi beaucoup de coups. Vos héros se désolidarisent et vous devrez aller les “ramasser” pour retenter un assaut, puis retomber et ainsi de suite. Malheureusement, ce petit détail a complètement entaché mon expérience de jeu, car ce qui se trouvait être une particularité de gameplay très plaisante se transforme en acte répétitif et qui mène forcément à la même issue : la rupture de l’unimorphisation à cause d’un coup reçu. La progression dans le niveau devient alors beaucoup moins plaisante et le jeu se transforme par endroits en “try and die”. D’autant plus que les niveaux sont longs, ponctués par de très nombreux affrontements contre des “boss”, et la frustration ne fera qu’augmenter.

Je tiens à préciser que tout ceci n’est que mon ressenti, et la plupart des joueurs ont très probablement appréhendé la difficulté de jeu d’une façon différente, mais je me devais de souligner ce problème car non, le jeu n’est pas trop dur (il suffirait de passer en mode facile me diriez vous), mais selon moi les exigences du gameplay ne s’accordent pas avec le challenge proposé en mode “normal”. Le point positif à tout ça est que la replay value est grandement augmentée. Que ça soit à cause du fait que vous n’arrivez pas à passer les niveaux ou juste pour augmenter votre score, vous allez surement y rejouer car The Wonderful 101: Remastered est un jeu unique et vaut le détour.


The Wonderful 101 : Remastered, l'unimorphisation débarque sur Switch - TEST
  • Singulièrement frustrant - 70%
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Singulièrement frustrant

Que vaut la version Switch d’un des jeux emblématique de la Wii U ? Rassurez-vous, vous retrouverez le même jeu et les mêmes sensations. Malgré l’absence du gamepad et une technique un peu en dessous, The Wonderful 101: Remastered reste un très bon jeu Platinum qui propose un univers unique et un gameplay bien travaillé. Attention quand même à la difficulté, qui pourra vraiment entacher l’expérience de jeu, mais qui ne doit pas vous empêcher de passer à côté de ce jeu si particulier.

Les +

  • Des super-héros à la pelle
  • Une ambiance sonore qui dicte le jeu
  • Un gameplay taillé sur mesure

Les -

  • Frustrant par moments
  • Techniquement légèrement inférieur à la version Wii U
Sending
Note des lecteurs :
55.38% (8 votes)
Roms2332

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Présentation : J’achète à peu près tout ce qui concerne Pokémon ou Mario. Je suis aussi fan de plateformer 3D à l’ancienne, de Spyro à Croc en passant par Ape Escape, quelque soit la console, je recherche juste du fun. Cordialement.

guest
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