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Saints Row : The Third – The Full Package, un diamant brut – TEST

Zimos est un des plus importants personnages secondaires de Saints Row : The Third. Vous allez faire sa rencontre dans les sous-sols d’un club BDSM, alors qu’il est bâillonné et attaché à un pousse-pousse. Pour le libérer, il vous faudra vous enfuir à bord de ce moyen de transport inhabituel, le tout poursuivi par d’autres chariots conduits par des esclaves sexuels, qui explosent quand vous leur tirez dessus. Rarement une scène si courte n’avait aussi bien résumé son jeu : exubérant, fou et généreux. Des défauts, il en a. « La femme idéale a autant de défauts que de qualités, l’homme idéal aussi », nous disait Claude Lelouch. Et il en va de même pour les jeux.

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Comme une ortie parmi les roses

Après leur ascension dans les deux premiers volets de la saga, le gang des Saints de Third Street, aussi appelés simplement les Saints, est à son apogée : malgré leur statut de criminels, tout le monde les adule. Ils disposent d’une chaîne de prêt-à-porter, de merchandising que les enfants achètent, font des pubs à la TV et, quand ils braquent une banque, la police leur demande des autographes en leur tirant dessus. La belle vie, donc. Mais un mystérieux groupe, le Syndicat, veut prendre leur place. Les Saints vont donc se retrouver dans la nouvelle ville de Steelport et devoir se battre pour regagner la place qui est la leur : le sommet.

Malgré ce scénario qui évoque une grosse production hollywoodienne bien huilée, le jeu de Volition ne réussit pas sur tous les points. Déjà pas très joli à sa sortie en 2011, Saints Row : The Third commence à prendre de la bouteille, même quand on le compare à d’autres jeux de notre modeste console : certains décors et personnages sont assez moches, il y a des bugs de collision, nous retrouvons par moment un bel aliasing … bref, Saints Row accuse de son âge. Le tout n’est pas aidé par des problèmes venant probablement du portage, comme un framerate aux fraises quand il y a trop d’effets de particules à l’écran, et des soucis de sous-titres assez embêtants pour les non-anglophones. Contacté par nos soins avant la sortie du jeu, l’éditeur nous assure que ces problèmes seront réglés par un patch day one, et il n’y a aucune raison de ne pas les croire : la Nintendo Switch doit théoriquement pouvoir faire tourner sans encombre un titre paru sur PlayStation 3.

Certains des problèmes du jeu sont aussi directement liés à sa générosité permanente. On ne peut pas tout faire coexister sans générer de petits soucis : des chapeaux qui dépassent du toit des voitures, des armes qui ne traversent pas certaines surfaces, des petits problèmes de hitbox, aussi. Volition aurait sans doute pu plus passer de temps à corriger ces soucis, mais leur choix a été de vous le donner en l’état, de ne pas vous enlever du contenu problématique, mais au contraire d’en rajouter. C’est parfois rageant, mais pour aimer Saints Row : The Third à sa juste mesure, il faut l’accepter.

La vie ne fait pas de cadeau, Volition si

Ces défauts ne devraient vous poser problème que durant la première demi-heure de jeu, avant que vous ne soyez emportés par sa générosité. Même aujourd’hui, huit ans après y avoir joué pour la première fois, je reste impressionné par tout ce que les développeurs ont voulu nous offrir. Dès la customisation du personnage, vous voulez jouer un homme de type asiatique obèse avec des cheveux verts et une voix plutôt féminine ? Vous pouvez ! Vous préférez incarner une latino musclée avec la boule à zéro dotée d’une voix grave et d’un accent britannique ? Pas de soucis ! Sept voix différentes sont utilisables dans le jeu (trois masculines, trois féminines et une voix de zombie), et toutes ont été entièrement enregistrées, avec même des endroits où chacune possèdera des répliques différentes. Pour un open world, c’est du travail, surtout que les doublages sont tous de très bonne qualité. Mais Saints Row : The Third est comme ça : il vous décrocherait la lune s’il le pouvait.

La personnalisation ne s’arrête pas au très complet éditeur de personnages : vous pouvez transformer et enregistrer dans votre garage tous les véhicules croisés, à votre goût, du plus sobre au plus kitsch. Quel plaisir de narguer la police avec une de leurs voitures re-décorée aux couleurs des Saints. Il y a aussi des dizaines de costumes plus fous les uns que les autres, pour des milliers de combinaisons possibles. Et comme avant, tout est unisexe : malgré son traitement des femmes qui oscille entre le limite et le parodique, on pourrait presque qualifier Saints Row : The Third de jeu queer dans lequel vous pouvez, enfin, incarner qui vous voulez ! On est bien loin des personnages masculins et archétypaux d’un Grand Theft Auto, par exemple.

Généreux, Saints Row : The Third l’est aussi avec ses missions secondaires, toutes assez loin des missions FedEx du titre de chez Rockstar. La ville de Steelport est divisée en quartiers dont vous devez prendre le contrôle, petit à petit, à l’aide de ce que le jeu appelle des « activités ». Elles sont au nombre de neuf, divisées en niveaux de difficulté, et sont toutes introduites dans le cadre de missions de l’histoire principale, comme autant de petits tutoriels. Les lister serait vous gâcher la surprise, mais elles vont de la fraude à l’assurance, où votre personnage devra se jeter sous les voitures et enchaîner les combos pour gagner de l’argent, au Professor Genki’s Super Ethical Reality Climax, où vous devez tuer un certain nombre de mascottes en survivant pour gagner un jeu télévisé. Et ce n’est pas tout, puisque le jeu vous propose aussi dix distractions, comme les assassinats, qui permettent de gagner de l’argent ou du respect. On ne s’ennuie donc jamais dans Saints Row : The Third, d’autant plus que cette version The Full Package inclut tous les DLC et rajoute donc des dizaines de missions pour vous occuper, avec un temps de jeu d’environ 50 heures pour ceux qui voudraient le finir à 100%. Un mode co-op vous est proposé en sus, vous permettant de jouer l’entièreté de la campagne solo et des missions secondaires avec un ami, à côté de vous ou en ligne, ce qui n’aurait parfois pas été de refus face à l’intelligence relative de l’IA de vos compagnons.

Si c’est eux qui ont raison, je ne suis pas raisonnable

Bien entendu, toutes ces missions ne seraient pas très drôles si le gameplay les soutenant n’était pas solide et, heureusement, Volition a vraiment fait un effort pour le rendre le plus adapté possible à un jeu du genre. Le poids des véhicules est bien retranscrit, même si on peut reprocher une conduite et une gestion des dérapages un peu trop arcade, mais c’est surtout dans les fusillades que le titre brille. Loin d’un Grand Theft Auto V qui n’a pas été pensé pour les gunfights et force l’utilisation d’une aide à la visée incroyablement cheatée, Saints Row : The Third a véritablement été travaillé pour rendre ces moments intéressants et ne pas trop vous faciliter la tâche ; même en difficulté normale, vous mourrez si vous foncez dans le tas, et il vaut toujours mieux se planquer derrière un bouclier humain tout en visant la tête des ennemis au pistolet qu’utiliser une mitrailleuse. Cela peut sembler frustrant sur le papier, mais le jeu est juste assez permissif pour que cette configuration vous donne un sentiment de puissance et vous permette de progresser.

Mais encore plus que tout le reste, ce qui est la fondation même de Saints Row : The Third, c’est la qualité de son écriture. Jamais je n’aurais pensé être autant investi pour des personnages criminels et cartoonesques évoluant dans un monde aussi taré qu’eux. Et pourtant, j’y suis arrivé. Parce que chacun possède son moment de gloire, parce que tout le monde est humanisé, parce que les doublages sont formidables, aussi. Le titre de Volition est construit comme une excellente comédie d’action, qui arrive toujours à dépasser nos attentes : les personnages se retrouvent dans une situation improbable, on pense que les scénaristes n’arriveront pas à faire mieux, mais ils y parviennent. Toujours. Le jeu est moins construit autour de ses cinématiques – même si elles sont souvent très réussies – qu’autour des dialogues entre ses personnages, de grands enfants interloqués parce ce qu’il leur arrive, mais déterminés à s’amuser. C’est rare qu’un jeu n’arrive à me faire sincèrement rire ; ça n’est jamais arrivé qu’un jeu me fasse aussi souvent rire que celui-ci. Il faut rester attentif aux échanges durant les phases de gameplay, au risque de louper des petites pépites comme celle-ci :

Kinzie : J’ai piraté les caméras de sécurité et – OH MON DIEU QU’EST-CE QUE VOUS FOUTEZ ?

Personnage principal : Calme-toi, on n’utilisera pas le canon.

Pierce : *Kzzh* Désolé *kzzh* ça capte mal *kzzh*.

Kinzie : C’est faux, tu fais juste des bruits avec ta bouche pour me faire croire ça.

Pierce : *Kzzh* Non, pas du tout.

Kinzie : Ugh…C’est bon, vous pouvez utiliser le canon.

Des petites répliques drôles ou des moments over-the-top complètement hilarants, Saints Row : The Third en contient dans chaque mission, ce qui permet de voir les 15 heures de la quête principale passer très vite. Sous couvert d’humour, Volition arrive même à glisser quelques critiques envers certains problèmes de société, comme la banalisation de la violence chez les enfants ou l’utilisation de l’émotion par les politiciens pour faire adopter des politiques sécuritaires, et ce, beaucoup plus subtilement que chez la concurrence. Mais le jeu n’oublie pas non plus d’offrir des moments de bravoure, notamment grâce à l’utilisation de la musique extradiégétique lors de deux scènes d’anthologie qui vous donneront envie de le recommencer encore et encore. Pour ma part, c’était la troisième fois, et sans doute pas la dernière, car il est définitivement le meilleur GTA-like de ces 10 dernières années. À la manière d’un Xenoblades Chronicles 2, le titre se révèle être bien plus que la somme de ses défauts. Malgré eux, la mayonnaise monte et on se laisse vite prendre par la folie de l’ensemble, l’humour et le travail sur l’écriture, faisant de Saints Row : The Third un titre incontournable qu’il faut avoir essayé au moins une fois dans sa vie.

Un titre qui vieillit comme un bon vin
  • Un titre qui vieillit comme un bon vin - 85%
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Résumé

Malgré ses petits défauts techniques (dont les plus gênants devraient être réglés avec le patch day one), Saints Row : The Third est un petit bijou d’écriture dont l’humour et la générosité ne pourront que vous emporter et qui vaut chaque centime des trente euros que l’on vous en demande.

Envoi
User Review
89% (3 votes)

A propos de l'auteur :

giomosby

Fan de consoles Nintendo et de jeux japonais depuis que je suis en âge de tenir une manette. Si je ne suis pas dispo, c'est probablement que je visite un parc Disney.

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6 commentaires pour “Saints Row : The Third – The Full Package, un diamant brut – TEST

  1. Je viens de recevoir Dragon Dogma en boite (importé du japon) mais je surveille évidemment les sorties Switch et ce Saint Row a l’air vachement cool ! Je ne l’avais pas fait à l’époque, tout comme Sniper Elite V2 qui sort en meme temps qui a l’air aussi bon mais moins connu

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