Duskfade sur Nintendo Switch 2 : une nuit qui vaut le détour – TEST

Par le 13 Août 2026 à 15:00 - Temps de lecture : 4 minutes 30 sec

Il y a des jeux qui annoncent la couleur dès les premières minutes. Duskfade revendique haut et fort son héritage : celui des action-platformers de l’ère PS2, quand sauter d’une plateforme à l’autre et enchaîner les combos était encore un genre à part entière. Le pari était risqué, parce qu’entre l’hommage sincère et la simple nostalgie recyclée, la frontière est fine. Après une quinzaine d’heures passées sur les terres des Maîtres Horlogers, le verdict est plutôt clair : le studio Weird Beluga a réussi son coup.

Un frère, une sœur et une tour

L’histoire de Duskfade tient sur un fil simple mais efficace. Le monde est plongé dans une nuit sans fin, et Zirian doit libérer sa sœur, prisonnière d’une mystérieuse Tour de l’Horloge. À ses côtés, Coucou, un oiseau mécanique qui l’accompagne tout au long du périple. On se prend assez vite au jeu, l’écriture est plaisante et le récit avance sans temps mort.

Là où le bât blesse un peu, c’est du côté du casting. Les ennemis comme les personnages croisés en chemin ne sont pas très nombreux. Certains sont franchement attachants, à commencer par le fidèle Coucou, mais peu d’entre eux marquent durablement l’esprit une fois la manette posée. Ce n’est pas rédhibitoire pour un jeu qui mise avant tout sur son ambiance et son gameplay, mais on aurait aimé croiser quelques têtes de plus en chemin. Le jeu propose aussi de récupérer des fragments d’esprit au fil de l’aventure, qui viennent étoffer l’univers pour celles et ceux qui aiment fouiller un peu partout.

Une clé, des combos et une caméra un peu rebelle

C’est le cœur du jeu, et c’est là que Weird Beluga frappe le plus fort. Zirian ne se contente pas de sauter : il dispose d’un grappin, d’une planche pour surfer sur des rails et même d’ailes pour prendre les airs. Tout est là pour enchaîner les passages d’une plateforme à l’autre ou pour atteindre des recoins qui semblaient inaccessibles quelques minutes plus tôt. Le vrai tour de force, c’est que ces capacités se débloquent progressivement au fil de l’aventure. Résultat, on ne ressent jamais de répétitivité : le déplacement se réinvente régulièrement et chaque nouvelle amélioration donne envie de retourner voir ce qu’on avait laissé derrière soi.

Des combats nerveux et satisfaisants

Les affrontements sont à la hauteur du reste. Impossible de ne pas penser à Kingdom Hearts en voyant Zirian manier sa clé, et les clins d’œil assumés font toujours plaisir quand ils sont aussi bien intégrés. Surtout, on ne tourne jamais en rond pendant un combat. Face aux attaques ennemies, on peut esquiver, sauter, contrer au bon moment ou déclencher des techniques spéciales en complément des coups classiques. Certains adversaires plus résistants demandent carrément de revoir sa stratégie, ce qui oblige à sortir de sa zone de confort plutôt qu’à marteler la même touche.

Le seul vrai reproche concerne la caméra. Elle se montre capricieuse dès qu’il s’agit de passer d’un adversaire de face à une attaque qui arrive dans le dos. Rien d’insurmontable une fois qu’on a pris le pli, mais dans les moments les plus chargés, ça peut coûter quelques points de vie bêtement.

Une difficulté à la carte

Bonne surprise, Duskfade propose plusieurs modes de difficulté. J’ai fait l’aventure en Horloger, celui recommandé par les développeurs, et c’est clairement le bon équilibre. Le jeu ne nous prend pas par la main, certains passages demandent de s’accrocher, mais on ne tombe jamais dans la punition gratuite. Cest le genre de difficulté qui donne envie de retenter plutôt que de reposer la manette.

Côté boss, on trouve les gardiens de fin de zone mais aussi des affrontements intermédiaires. Tous exploitent intelligemment les mécaniques du jeu et obligent à mobiliser l’ensemble de la panoplie, même si peu d’entre eux marquent réellement les esprits. L’affrontement final sort en revanche clairement du lot et conclut l’aventure comme il se doit.

Une progression bien pensée

Duskfade ne se contente pas d’aligner les combats. On peut améliorer son personnage, ses attaques et ses tenues au fil de l’aventure, et cette dimension de progression apporte un vrai confort. On sent Zirian monter en puissance sans que le jeu ne devienne pour autant une promenade de santé.

Quatre mondes à explorer, et de quoi y revenir

L’aventure se découpe en quatre grands mondes, chacun subdivisé en plusieurs zones qui en reprennent la thématique. C’est un découpage lisible, et surtout chaque univers a sa propre identité visuelle, ce qui évite la lassitude.

On sent tout de même passer quelques baisses de rythme dans le level design. Rien de dramatique, mais on croise ici ou là de grandes zones vides qui laissent penser qu’une vague d’ennemis va surgir sans que rien n’arrive, ou des couloirs un peu longs ponctués d’embranchements qui ne mènent nulle part. Ces passages restent minoritaires, et la verticalité générale du level design rattrape largement ce défaut.

Cela dit, il y a largement de quoi fouiller. En terminant l’aventure sans chercher spécialement à tout ratisser, le jeu m’affichait 53 % de complétion. Autant dire qu’il reste de la matière pour les amateurs de secrets et de collectibles. Comptez une quinzaine/vingtaine d’heures pour boucler l’histoire principale, ce qui est très correct pour un titre affiché à 29,99 €.

Une réalisation qui tient toutes ses promesses sur Switch 2

C’est souvent là que les portages Switch 2 se cassent les dents, et pourtant Duskfade s’en sort haut la main. Le jeu est très fluide, sans les chutes de framerate qu’on aurait pu craindre pour un titre aussi nerveux. Weird Beluga avait communiqué en amont sur un objectif de 60 images par seconde en mode TV et 40 en portable, et le résultat manette en main est à la hauteur. À noter qu’aucun mode Performance ou Qualité n’est proposé : le jeu s’occupe de tout, et honnêtement, on ne lui en tiendra pas rigueur vu le résultat.

Les deux modes de jeu s’en sortent très bien, mais c’est clairement sur téléviseur que le jeu donne sa pleine mesure. La 4K sublime la direction artistique et permet d’apprécier le détail des décors, là où le mode portable reste très propre sans atteindre le même niveau de claque visuelle. Sur toute la durée du test, je n’ai relevé qu’un seul plantage et un unique ralentissement très passager. Pour un jeu de cette envergure sur une console encore jeune, c’est un excellent bulletin.

Un petit bémol tout de même sur les vibrations, très présentes sur les actions et pas franchement agréables à la longue. Elles cassent même un peu l’immersion par moments. Rien d’irréparable puisqu’on peut les désactiver dans les options, mais le réglage par défaut mériterait d’être revu. Un autre point qui risque de frustrer les possesseurs de la console : Duskfade n’exploite aucune fonctionnalité spécifique à la Switch 2. Pas de commandes à la souris via les Joy-Con 2, pas de gadget particulier. On se retrouve avec un portage propre et performant, mais qui aurait pu pousser un peu plus loin l’intégration à la machine. Dommage, surtout quand d’autres productions montrent ce qu’il est possible de faire.

Une bande-son qui porte l’ambiance

Les musiques méritent une mention à part. Elles accompagnent parfaitement l’exploration et participent beaucoup à l’immersion dans cet univers clockpunk baigné de nuit permanente. C’est le genre de bande-son qu’on ne remarque pas forcément sur le moment, mais qui fait énormément pour l’ambiance générale.

Conclusion - un hommage réussi qui assume ses inspirations

85%

Duskfade fait exactement ce qu’il promet, et même un peu plus. C’est un action-platformer généreux, magnifique, techniquement irréprochable sur Switch 2 et porté par une palette de déplacements qui se renouvelle jusqu’au bout. Les clins d’œil à Kingdom Hearts sont assumés et bien digérés, les combats laissent une vraie place à l’esquive et au contre, et les différents modes de difficulté permettent à chacun de trouver son rythme. À 29,99 € pour une quinzaine d’heures et de quoi largement y revenir, le rapport contenu/prix est excellent.

Il lui manque peu de choses pour atteindre l’excellence absolue : une caméra plus docile en combat, un casting un peu plus fourni, des boss plus mémorables et des vibrations mieux calibrées. On aurait aussi apprécié un minimum d’exploitation des spécificités de la console. Des reproches qui ne gâchent en rien le plaisir procuré par l’aventure, et Duskfade s’impose sans mal comme une très belle surprise de cet été sur Switch 2.

Les +
  • Une palette de déplacements
  • Des combats nerveux qui récompensent l’esquive et le contre
  • Une direction artistique détaillée qui donne envie d’explorer
  • Une réalisation fluide et stable, en TV comme en portable
  • Quatre mondes avec chacun une vraie identité
  • Une bande-son qui porte l’immersion
  • Plusieurs modes de difficulté, dont un mode Horloger parfaitement dosé
  • Un excellent rapport contenu/prix (15/20 heures pour 29,99 €)
Les -
  • Une caméra parfois capricieuse dans les combats
  • Trop peu de personnages réellement mémorables
  • Des boss majoritairement oubliables
  • Des vibrations envahissantes par défaut
  • Aucune fonctionnalité propre à la Switch 2
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