Onimusha: Way Of The Sword maîtrise le sabre mieux que personne – TEST

Par le 31 Août 2026 à 17:00 - Temps de lecture : 8 minutes
Onimusha Way of the Sword switch 2

Vingt ans séparent Onimusha: Way Of The Sword de la dernière itération de la licence. Et il faut se le dire, en vingt ans, le jeu vidéo, il a changé. C'est pour cette raison que Capcom fait table rase avec un reboot, pour faire revenir sur le devant de la scène une licence qu'on avait fini par oublier, malgré quelques remasters.

Et il y a de quoi être confiant ! Déjà, parce que les images et la démo du jeu donnaient plutôt envie, mais également parce que Capcom est dans une forme olympique en 2026. Après les excellents Resident Evil Requiem et Pragmata, ainsi que la réussite critique de Monster Hunter Stories 3 (que l'on a moins apprécié de notre côté), Onimusha sonne comme la cerise sur le gâteau de cette année aussi prolifique que qualitative pour l'éditeur japonais. Mais est-ce que Way Of The Sword est une bonne cerise tout juste cueillie sur l'arbre, ou une cerise quelconque d'un étal de supermarché ? 

Avant propos : Ce test a été réalisé sur une version Switch 2 envoyée par l'éditeur. Il nous a fallu une trentaine d'heures pour voir le bout de l'aventure en mode Action, en consacrant quelques heures au contenu secondaire. Tous les screens présents dans le test ont été pris en version dockée, dont certains pris à travers le mode photo. 

Kyoto passé au fil de l'épée

Miyamoto Musashi est un samouraï audacieux, un peu prétentieux, et très sûr de lui. Le protagoniste d'Onimusha: Way Of The Sword a un seul objectif au début de l'aventure : prouver qu'il est le meilleur épéiste du pays. Pour ça, il n'hésite pas à frapper à la porte des écoles d'épéistes pour défier le maître des lieux. C'est ce qu'il fait à l'est de Kyoto, à l'époque d'Edo (entre 1603 et 1868). Après avoir aisément vaincu le maître dans une séquence servant de tutoriel, Musashi est poursuivi par tous les élèves de l'école, prêts à lui faire regretter l'affront qu'il a fait subir à leur maître. L'homme s'échappe de justesse, et alors qu'il pense être en sécurité, se fait massacrer par d'étranges monstres, appelés des Genma. En route pour les Enfers, Musashi se voit remettre un gantelet Oni, qui le rend plus fort, et est renvoyé sur terre dans un but encore inconnu. Il finit par rencontrer des alliés avec qui il va comprendre la tache qui l'incombe désormais : protéger le monde des créatures qui s'échappent des Enfers, dont la porte se fragilise de plus en plus, et faire disparaître le miasme, une étrange matière toxique qui émane du royaume des morts. 

Une introduction courte et efficace qui permet très rapidement de s'attacher à la figure de Musashi, un personnage à l'origine très égoïste, très peu concerné par l'état du monde, mais dont la situation va le pousser à prendre des responsabilités auxquelles il ne souhaitait pas prétendre. Musashi est porté par un jeu de qualité en japonais, et par un visage copié sur celui de l'acteur Toshiro Mifune, décédé en 1997. Un acteur connu et reconnu au pays du soleil levant, mais aussi à l'international. Le travail de Capcom est saisissant de réalisme quand il s'agit des expressions faciales du personnage, jouant beaucoup sur des micro-expressions et des moues régulières, qui donnent toujours le sourire et l'envie d'apprécier cet anti-héros. 

Le reste du casting est aussi très solide, même si on ne retrouve pas les mêmes qualités d'animations que chez Musashi. L'écriture Capcom est reconnaissable, teintée d'humour malgré un cadre dramatique, et toujours sympathique sans jamais être transcendante. Ne vous attendez pas à être subjugué par le scénario qui est très convenu, mais qui n'est pas avare non plus en moments intenses. D'ailleurs, si vous souhaitez savoir si le jeu rend hommage aux précédentes itérations à travers des clins d'oeil et autres easter-egg, je vous conseille d'aller lire (en plus du nôtre bien sûr !) d'autres reviews à ce sujet. Je n'ai jamais joué à un autre Onimusha, et la seule référence que je connais c'est bien sûr c'est celle du grand Jacques Blanc, interprété par Jean Reno. 

Une direction artistique bicéphale

Dans Onimusha, vous allez être plongé dans Kyoto et ses alentours. Si l'époque est bien connue du jeu vidéo, est-ce que Way Of The Sword parvient artistiquement à tirer son épingle du jeu ? À moitié seulement. Une grande partie de l'aventure d'Onimusha se déroule dans une zone ouverte appelée l'Est de Kyoto, une zone de non-droit, où les Genma pullulent, et où les habitants sont reclus dans certains quartiers. Les charniers s'amoncellent, difficile de faire quelques mètres sans tomber sur un tas de cadavres et des monstres qui l'alimentent. Dans cet espace où se déroule une bonne partie de l'aventure, le gris domine, et les rues ne sont ni très jolies, ni très originales. Tout y est terne et ne donne pas vraiment envie de pousser à l'exploration tant les environnements se ressemblent.   De quoi prendre peur, car Onimusha met un peu de temps avant de nous faire comprendre qu'il est capable de nous faire voir de la couleur ! Et quand il le fait, il le fait bien. Certaines zones sont saisissantes, d'autant plus sur Switch 2, et ces nouvelles zones sont rafraîchissantes après avoir vu si peu de couleurs ! 

Sur un autre aspect, le character design impressionne. Soigné, maîtrisé, bien animé, chaque personnage de cet univers a bénéficié d'un soin tout particulier, ce qui rend les rencontres marquantes, notamment pour les boss dont chaque présentation nous intimide presque, avant de les passer au fil de notre sabre. 

La meilleure version Switch 2 made in Capcom

Et pour une version Switch 2, Capcom s'en sort encore une fois avec les honneurs, avec ce qui est sûrement le meilleur portage de l'éditeur à ce jour. La résolution est impeccable, et le framerate bénéficie enfin d'une possibilité de le bloquer à trente images par seconde ! Hallelujah ! Un framerate au passage d'une stabilité sans faille avec cette option, parfaite pour les plus sensibles. L'autre option tente de son côté d'aller chercher les soixante, mais n'y arrive que dans les moments les plus calmes pour chuter et faire le yo-yo lors des combats. 

Certaines textures ne sont pas exemptes de tout reproche, mais rien ne vient nous exploser à la face comme peuvent l'être certaines dans les précédentes itérations Switch 2 de Capcom. Les cheveux, souvent source de désagrément sur la console semblent ici bien plus maîtrisés et font beaucoup moins tache dans le décor. À noter que le jeu est très réussi et très plaisant en mode portable, et garde toujours un framerate irréprochable à 30 images par seconde. 

Une bien étrange structure

Mais il faut le dire, Onimusha n'excelle pas dans la structure de son jeu, la boucle de gameplay et le rythme. Ici, le jeu se segmente en deux parties distinctes : les missions qui se déroulent dans l'Est de Kyoto, et les missions ailleurs. L'Est de Kyoto est une zone semi-ouverte, qui va s'agrandir au fur et à mesure de l'aventure, et dans laquelle une bonne partie des missions se joue. Les autres zones, elles, sont des zones bien plus classiques et linéaires, mais très réussies. Way Of The Sword aurait pu se contenter de la seconde option. L'Est de Kyoto n'est malheureusement pas un terrain de jeu très intéressant, les mains liées par son rôle de zone ouverte, qui empêche le level-design de proposer des choses intéressantes et originales. Ici, on va principalement affronter des vagues d'ennemis, et fermer des failles de l'enfer. Fermer des failles et ouvrir des portes fermées sont d'ailleurs les principales activités proposées par le jeu. Une boucle qui marche, car le système de combat est excellent (nous en parlerons plus bas), mais qui finit par lasser rapidement. D'autant plus que le bestiaire, loin d'être faible, ne se renouvelle pas suffisamment pour rendre cette boucle pleinement satisfaisante. Le jeu a d'ailleurs l'horrible manie de faire revenir deux boss en particulier à de nombreuses reprises, et c'est particulièrement agaçant et frustrant d'avoir à les affronter plusieurs fois sans valeur ajoutée narrative autour de leur figure. 

Si vous voulez un peu de fraîcheur, s'intéresser au contenu secondaire est une bonne idée. Le jeu recèle de petites histoires disséminées à Kyoto, plutôt agréables à suivre et bien mises en scène. Et on retrouve d'autres objectifs plus directs, mais efficaces pour looter des éléments d'améliorations, ainsi que quelques collectibles (des pôti chiens tout mignons) qui ajoutent dans notre inventaire des petites histoires à lire sur Kyoto

En parlant de loot, tout ça sera bien utile pour augmenter nos capacités. Entre notre santé, notre arme, notre gantelet Oni et les arbres de compétences, Onimusha propose bien des manières de s’améliorer. Pas de points de compétences ou de niveaux ici, chaque amélioration se fait avec du loot et des âmes récupérées à la fin des combats avec notre gantelet. Une manière d'évoluer rapidement, et qui se fait très naturellement au cours de l'aventure. Elle vous pousse à explorer chaque recoin en quête d'un morceau de fer ou de tissu. Un conseil : n'hésitez pas à vous faire des sessions remplies de contenus secondaires pour vous aider à vous améliorer !

Autant le dire, la structure d'Onimusha: Way Of The Sword est étrange, comme si elle avait été mise de côté et faite à la va-vite. Elle n'est pas horriblement mauvaise, mais elle n'est clairement pas à la hauteur des standards habituels de Capcom, qui a su nous le prouver à travers ses sorties de l'année 2026.

Des combats qui m'ont Oni-mouché

Parlons maintenant du grand point fort du jeu, son système de combat. Autant être franc : je ne crois pas avoir autant pris mon pied dans un jeu d'action que celui-ci. Le travail accompli par Capcom est impressionnant, autant dans la technicité que la mise en scène, et nous fait comprendre que Way Of The Sword n’est pas un titre mis au hasard. Le système de combat est dans un premier temps riche : vous frappez à une main avec Y, à deux mains avec X. Classique. Mais c'est dans la manière de se défendre et de prendre le dessus que le jeu se dévoile. Un système similaire à la parade qui s'appelle la déviation, un système de parade, une esquive, et l'Issen sont à votre disposition pour battre vos ennemis. 

La déviation est le cœur du gameplay, mais aussi une manière de mettre votre ennemi de côté pour aller lui mettre quelques coups, sa fenêtre d'exécution est petite, mais suffisamment large pour la réussir régulièrement quand les patterns des ennemis sont assimilés. La parade, plus frontale, permet de renvoyer les attaques à distance mais aussi de déstabiliser un peu plus vos adversaires. L'esquive, classique, permet de se déplacer sur le côté, mais une fois améliorée, pourra s'avérer être une attaque importante et redoutable. Pour finir, l'Issen est un système redoutable, qui vous demandera d'appuyer dans un timing très serré sur la touche d'attaque, pour vous téléporter et asséner un coup ravageur à l'ennemi. Tous ces systèmes mis bout-à-bout offrent un champ de possibilité très large pour venir à bout des boss, mais aussi pour jouer à votre manière. Par exemple, j'ai très peu utilisé l'Issen, à l'exception d'un combat de boss où je bloquais et que le salut est venu par cette technique ! 

Pour vaincre les ennemis, il faudra d'abord les mettre à mal et faire tomber leur barre d'endurance. Le jeu pousse par ce choix à l'offensive, car si vous attendez que l'ennemi frappe, il patientera souvent sagement que sa jauge se rétablisse. À noter que votre gantelet aura aussi son importance. Si les ennemis lâchent des âmes à leur mort, ils en lâchent aussi pendant les combats. Des âmes bleues pour faire monter votre jauge d'arme Oni (une sélection d'arme qui offre un coup spécial), des âmes jaunes pour récupérer de la vie, et des âmes violettes pour votre jauge d'attaque spéciale. Il va donc falloir user des temps morts pour très rapidement récupérer les âmes.

Puis concluons avec les boss. Je vous ai parlé précédemment de leur design, particulièrement réussi, et les combats ne sont pas en reste. Technique, difficile, mais terriblement satisfaisant et gratifiant. Ce qui m'a rendu dingue de ce système de combat, c'est la capacité à le rendre satisfaisant même dans la défaite. Les passes d'armes avec les ennemis sont tellement dantesques, tellement bien animées, tellement bien sonorisées que chaque seconde d'un duel est sensationnelle. D'ailleurs, les boss peuvent devenir des plaies, car ils peuvent se renforcer ! Si certaines de leurs attaques passent, ou s'ils absorbent des âmes que vous avez laissées à l'air libre, le boss va activer sa deuxième phase plus tôt que prévu, et vous n'avez pas envie de lui faciliter la tâche.

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Conclusion - Un Oni Presque Parfait

80%

Onimusha Way Of The Sword brille par une maîtrise ahurissante de son système de combat, précis, rigoureux, gratifiant et incroyablement bien mis en scène. Malheureusement, il est un peu retenu par une structure étrange ainsi qu'une boucle de gameplay pas très originale et répétitive. Mais heureusement, le système de combat est tellement génial qu'il se suffit presque à lui tout seul, et c'est pour ça qu'on retiendra Way Of The Sword et qu'on y retournera avec grand plaisir. 

La cerise sur le gâteau : une version Switch 2 ultra solide, qui pourrait vous faire hésiter même si vous possédez un PC ou une autre console de salon. 



Les +
  • Une DA tantôt incroyable…
  • L'un des meilleurs système de combat auquel j'ai pu jouer
  • Des boss marquants 
  • Miyamoto Musashi et ses expressions faciales
  • Les animations, léchées. 
  • De très chouettes antagonistes 
  • Une version Switch 2 de haute volée 
  • Un challenge relevé mais pas insurmontable
Les -
  • … tantôt tristounette 
  • Une structure et une boucle de gameplay pas au niveau
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