Est-ce que comme moi, votre mâchoire a presque touché le sol en décembre dernier, à l'occasion des Game Awards ? Si l'événement présenté par Geoff Keighley est habitué des gros effets d'annonces, c'est pourtant un jeu inconnu au bataillon qui m'a peut-être le plus interpellé lors de la dernière cérémonie. Orbitals. Un jeu coopératif, en split-screen, fortement inspiré des travaux du studio Hazelight (It Takes Two, Split Fiction). Si le principe est toujours chouette, c'est surtout cette esthétique inspirée des animés des années 80-90 qui a réussi à faire vibrer une corde dans mon cœur.
Développé par Shapefarm, un studio basé au Japon et constitué d’employés venant des quatre coins du monde, c'est le 3 septembre qu'est arrivée l'expérience sur la Nintendo Switch 2. Et on ne va pas se mentir, sans réinventer la roue, c'est une très chouette expérience à partager !
Condition de test : Le test d'Orbitals a été réalisé à deux, via la fonction en ligne et l'utilisation d'un pass ami. GameChat a été utilisé tout au long de l'aventure principale, et il nous a fallu un peu plus de six heures pour voir défiler les crédits de fin.
Beau à s'en pâmer
Sortons immédiatement l'éléphant de la pièce. Orbitals est absolument fabuleux à regarder, et l'un des plus beaux jeux vidéo qui m'ait été donné de jouer. Le jeu reprend une esthétique fortement inspirée des animés japonais des années 80, 90. Une esthétique qui donne l’impression d’avoir un peu vieilli à côté de certaines productions récentes, mais ici, Shapefarm parvient à y insuffler une nouvelle vie, rendant chaque décor et personnage palpables et convaincants.
Le plus impressionnant reste le passage des cinématiques au gameplay. Car oui, si les cinématiques animées sont réussies, le jeu propose aussi cette esthétique si particulière manette en main, et le résultat impressionne. Je pense qu'avec Lato, avec qui on a parcouru le jeu, on a dû prononcer « wow que c'est beau ! » une centaine de fois, à chaque nouvelle zone, et à chaque nouveau panorama. Orbitals parvient même à rendre alléchantes des zones habituellement déprimantes comme des usines. Le jeu a un certain souci du détail qui donne envie de s'attarder sur chaque élément, chaque petite partie du décor. Heureusement que l'aventure est coopérative, sinon je serais encore en train de me pâmer devant chaque lieu.
Puis pour accompagner cette perfection visuelle, Shapefarm n'a pas lésiné sur le travail d'animation, qui rend ces tableaux encore plus saisissants lorsqu'ils sont en mouvement. Nos personnages principaux, Maki et Omura, bénéficient d'un travail d'orfèvre sur leurs mouvements, avec un choix de hacher le framerate pour se rapprocher encore plus du canon esthétique visé. Le jeu profite aussi d'une roue d'emotes qui permettront à vos personnages de réaliser tout un tas de mouvements pour faire parvenir vos émotions à la personne avec qui vous jouez (une roue qui est là uniquement pour le plaisir, parce qu'on communique surtout par la voix sur Orbitals).
J'ai d'ailleurs eu quelques confrontations musclées avec Lato, car l'univers d'Orbitals est rempli de petites créatures mignonnes. J'ai outré à de nombreuses reprises mon partenaire de jeu parce que j'ai testé quelques armes sur ces créatures… excusez-moi de vouloir vérifier le travail d'animation jusqu'au bout… À noter aussi un formidable travail de composition mené par le duo suédois Falk & Klou, habitué à un son jazz et funk, qui se dirige ici vers une sonorité électro-rock loin d'être déplaisante, où le son de la guitare électrique boosté à la reverb nous régale.
Une narration plus discrète
Dans Orbitals, nous incarnons au choix Maki ou Omura, deux jeunes protagonistes vivant dans une station spatiale. Des années auparavant, une puissante tempête cosmique a ravagé les lieux, et alors qu'une nouvelle tempête couve, les deux amis doivent parcourir l'espace pour trouver de quoi renforcer le bouclier de la station. Une aventure qui va les pousser à faire face à de nombreux dangers et à coopérer pour venir à bout de toutes les situations. Pour être franc, la narration n'est pas la partie où Orbitals brille le plus. Elle n'est pas mauvaise, loin de là. J'ai rigolé à de nombreux moments, car le comique est toujours là, mais il reste difficile de s'attacher à ces personnages et cet univers dont les enjeux sont trop rapidement expédiés, et dont les twists se voient à des kilomètres.
Mais Orbitals a aussi un autre souci pour sa narration : celui d'être un jeu coop. Quand on joue à deux, on discute, et on fait moins attention à la narration. Avec Lato, on a beaucoup discuté pendant nos sessions de jeu, et on a loupé bon nombre de dialogues in-game parce que je racontais ma vie, et c'est dommage, mais difficile aussi de rester silencieux lorsque l'on joue, et que l'on a aussi des choses à se raconter.
Un gameplay ultra efficace
Alors ça donne quoi manette en main ? Il faut se le dire : Orbitals a ici un défi, celui de faire face aux précédentes productions des équipes de Josef Fares (Hazelight). Car si la production n'est pas du tout à la même échelle, le grand public, lui, n'en a pas grand-chose à faire. Mais Orbitals parvient à faire du très bon avec ses moyens. Ici, pas de nouveaux objets à chaque niveau, mais trois items que vous allez utiliser tout au long de l'aventure. L'arroseur, un grand pistolet à eau, l'attrapeur, qui est tout simplement un grappin, et le canon à rayons, qui tire un laser qui chauffe tout ce qu'il touche. Ces trois outils sont interchangeables selon les envies des joueurs entre les niveaux et permettent de résoudre de bien nombreuses situations.
C'est d'ailleurs ici la grande force d'Orbitals, qui parvient à se renouveler sans cesse dans ses mécaniques tout en conservant l'utilisation des mêmes outils, on n’a jamais de sensations de redite sur les six heures qui ont pavé notre aventure, et j'avoue même parfois avoir été frustré par des mécaniques plutôt chouettes mais qui n'ont duré que trop peu de temps ! Frustration qui disparaît rapidement à mesure que d'autres mécaniques apparaissent. Orbitals, c'est aussi ce jeu où l'on se taquine, où l'on prend les objets et l'environnement pour blaguer avec son partenaire en faisant des vannes à coup de meurtre sanglant avec notre canon à rayons, ou de chutes grotesques avec l'attrapeur. Des petites mécaniques bêtes, mais tellement vitales dans un jeu coopératif qui se parcourt avec un.e ami.e !
La structure des niveaux, elle, est linéaire. Vous allez suivre un objectif à travers des zones couloirs dans lesquelles vous allez par moments trouver quelques secrets qui débloquent dans votre vaisseau des mini-jeux très fun à faire. Et quand vous n'êtes pas dans les niveaux, vous êtes à bord de votre vaisseau avec un compagnon qui conduit, et vous qui utilisez les canons (ou inversement). Les séquences à bord du vaisseau sont les moins intéressantes d'Orbitals, et c'est un peu dommage car elles sont tout de même nombreuses. Ici, Shapefarm ne parvient pas à concevoir un level design très intéressant, et ce sont personnellement les phases qui m'ont le plus frustré. Heureusement, ces dernières ne sont jamais trop longues.
Et pour terminer sur ce segment, Orbitals est un jeu qui malheureusement ne risque pas de profiter d'une très bonne rejouabilité, car il laisse trop au joueur la possibilité d'échanger son arsenal. Les nouvelles parties ne risquent pas de donner un sentiment fort de redécouverte.
Acheter Orbitals

Conclusion - Des visuels qui mettent en orbite
Quel premier jeu sort le studio Shapefarm ! Orbitals est indéniablement une réussite. Déjà, l’œuvre profite probablement de la plus belle direction artistique vue sur un jeu cette année, mais en plus, le jeu profite d'un gameplay des plus réussis, et propose une aventure vraiment agréable à parcourir à deux. Quelques défauts sont à noter, bien sûr, mais rien ne nous empêchera de dire qu’Orbitals est un must-have sur Nintendo Switch 2, si vous avez quelqu'un avec qui le partager.
- Une DA à tomber par terre
- Une mise en scène super efficace
- Un jeu qui se renouvelle dans ses mécaniques
- Les trois outils, tous cool à utiliser
- Une OST absolument géniale
- Une VF au top
- Un scénario qui tient sur un post-it
- Pas une très bonne rejouabilité
- Les phases en vaisseau, pas au niveau du reste
