One Step From Eden : sur la plus haute marche du podium - TEST
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One Step From Eden, sur la plus haute marche du podium – TEST

Animal Crossing: New Horizons sur la Nintendo Switch, Final Fantasy 7 Remake sur PlayStation 4 ou Doom Eternal voire Valorantavec un brin de chance – sur PC, tous les joueurs ont au moins un mastodonte qui les attend pour les aider à tuer les heures creuses de ce confinement. Pour ma part, mon dévolu s’est jeté sur One Step From Eden, un titre un peu moins mis en lumière, bien qu’extrêmement prometteur pour peu que l’on se soit auparavant penché sur sa campagne Kickstarter à succès lors du mois de janvier 2019. Une vingtaine d’heures de jeux plus tard, il est donc temps de voir si j’ai misé sur le bon cheval et de déterminer, par la même occasion, si le titre développé par Thomas Moon Kang parvient à nous faire grimper au septième ciel ou s’il loupe la dernière marche de sa folle ascension vers le panthéon du jeu indépendant.

One Step From The Spire

One Step From Eden est assurément un drôle de spécimen. Imaginez-vous une grille de huit cases de longueur et quatre de largeur, sur laquelle une jeune midinette blonde se déplace à toute vitesse sur la moitié gauche, tout en balançant des sorts sur la partie de droite infestée d’ennemies en tout genre. Du Megaman Battle Network dans l’idée donc, même si la comparaison avec le spin off de Capcom s’arrête là puisque c’est plutôt du côté de Slay The Spire que le titre de Thomas Moon Kang va puiser ses principales inspirations. Outre sa mécanique de sorts, symbolisée par des cartes que nous engrangeons aléatoirement après chacune de nos victoires, One Step From Eden reprend ainsi le même système de progression que son illustre aîné.

Nous retrouvons donc au début de notre aventure une carte du monde avec différentes routes générées aléatoirement et leurs successions de points d’intérêts à visiter (mini boss, marchands, coffres à ouvrir, civils à secourir, feux de camp pour nous soigner). Toutes se terminent cependant par l’un des dix boss – tous aussi réussis et originaux les uns que les autres – présents dans le jeu et que nous devons vaincre pour avoir le droit de choisir notre prochaine destination en choisissant l’un des trois biomes proposés. En réalité au nombre de quatre, chacun d’entre eux accueillera son florilège de monstres et ses particularités de terrain (volcans en éruption, capsules alien à ne surtout pas ouvrir, etc..) et il vous faudra en traverser huit au total pour atteindre les portes d’Eden où notre destin nous attend.

Fast and Furious

Mais avant d’en arriver là, il faudra nous familiariser avec le système de combat plus que particulier de One Step From Eden. Sur le papier rien de bien compliqué : avec nos cartes de sorts et notre arme principale, nous devons faire fondre les points de vie de nos adversaires comme neige au soleil tout en esquivant leurs attaques. Dans les faits, c’est un peu plus compliqué que ça : chaque carte jouée coûtera en effet du mana en fonction de sa puissance de feu et sera inutilisable jusqu’à ce que votre main soit vide. Il faudra également vous adapter à la vitesse du jeu qui est loin d’être négligeable. Si les deux premiers mondes restent un tant soit peu accessibles, One Step From Eden ne vous laissera tout de même que très peu de temps pour réagir aux agressions adverses et se montre très vite impitoyable. Préparez-vous à mourir et à recommencer un bon nombre de fois, comme tout bon roguelike qui se respecte.

Nous touchons d’ailleurs à un point essentiel : One Step From Eden est un jeu qui n’est pas fait pour tout le monde et qui laissera beaucoup de joueurs sur le carreau à cause de sa grande difficulté. En contrepartie, le roguelike de Thomas Moon Kang offrira une courbe de progression juste, constante et maîtrisée pour quiconque s’accrochera à l’espoir d’arriver au bout de cette aventure. Pour dompter One Step From Eden, il sera ainsi indispensable de mémoriser le maximum de sorts que vous aurez à votre disposition et de connaitre leurs effets actifs et passifs. Savoir comment réagir à l’avance face à chaque type d’adversaires – il y en existe plusieurs dizaines – et reconnaître leurs mouvements ainsi que leurs différents patterns sera également un atout de poids. C’est d’autant plus indispensable qu’il nous sera demandé de gérer à la fois le choix de nos sorts, de vérifier notre niveau de mana et les états passifs qui nous sont attribués, tout en anticipant les attaques de nos ennemis. Un sacré programme qui pourra en faire pâlir plus d’un. Comptez donc entre cinq et dix heures d’apprentissage pour prendre en main ce gameplay atypique et exigeant tout en gardant à l’esprit qu’il s’agit du prix à payer pour accéder, par la suite, à l’extraordinaire richesse de possibilité que vous offre le jeu.

Sand(box) by me

One Step From Eden est effectivement de la trempe des roguelike qui peuvent se targuer d’offrir autant d’idée de gameplay qu’il y a de sortes de joueurs. Ne vous y trompez pas, vous ne pourrez pas échapper aux grands principes explicités précédemment dans ce test, mais cela ne vous empêchera cependant jamais de pouvoir développer votre propre façon de jouer. Son immense réservoir de cartes – elles-mêmes classées en dix catégories / gameplay différent(e)s -, ses artefacts et leurs compétences passives que vous récupérez après avoir vaincu un mini boss ou après un gain de niveau, et ses neuf personnages aux aptitudes uniques que vous pourrez débloquer au fur et à mesure de vos runs seront autant d’outils entre vos mains qui vous permettront de trouver un style de jeu qui vous convienne et, surtout, que vous trouverez fun à utiliser.

J’ai par exemple adoré réussir pour la première fois à atteindre la fin du jeu à l’aide de mes sorts de feu, combinés à un artefact qui retirait à mes adversaires un point de défense si des dégâts de flammes leur étaient infligés. Des synergies de ce type, il y en a possiblement plusieurs douzaines à découvrir à chaque fois que vous relancez une partie. Chaque essai est donc l’occasion de tester des combinaisons inédites et l’on se surprend même parfois à complètement dévier de notre plan de bataille pour trouver une nouvelle façon de jouer au grès des cartes qui nous sont finalement proposées. One Step From Eden est un immense laboratoire qui laisse notre imagination et notre ingéniosité marcher de concert avec nos réflexes et notre maîtrise de ses principes de bases et seul ses graphismes en pixel art, un poil en dessous des standards actuels et l’absence d’une trame narrative digne de se nom viendront en ternir l’éclat.

One Step From Eden, sur la plus haute marche du podium
  • L'Eden se mérite - 85%
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L'Eden se mérite

One Step From Eden est clairement mon coup de cœur de cette première moitié d’année 2020. Le titre édité par Humble Bundle combine parfaitement ses mécaniques de jeux liants à la fois deckbuilding, roguelike et jeu d’adresse pour offrir un gameplay rarement vu. Malgré tout, One Step From Eden demande de s’investir un minimum pour y prendre gout et ne prend jamais le joueur néophyte par la main, quitte à le perdre sur la route.

Les +

  • Un gameplay atypique et addictif
  • De nombreuses possibilités de synergie
  • Une courbe de progression juste et constante
  • Du contenu à foison
  • Une durée de vie plus qu’honorable
  • Les boss sont tous réussi

Les -

  • Difficile à prendre en main
  • Demande un investissement minimum du joueur
  • Beaucoup d’éléments à prendre en compte dans le feu de l’action
  • Trame scénaristique au minimum syndicale
  • Un pixel art tout juste efficace
Sending
Note des lecteurs :
48.52% (23 votes)
Ducksan

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Présentation : La légende raconte qu'il est tombé dans le puit sans fond des jeux indépendants quand il était petit. Elle rajoute qu'une fois remonté, il plongea malencontreusement dans le puit du voisin d'à côté, celui de la collectionnite aigüe pour les versions boîtes de jeux Nintendo Switch.

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