Denshattack!, les aventuriers du rail – TEST

Par le 28 Juil 2026 à 16:00 - Temps de lecture : 5 minutes

Parfois, il suffit d'un concept. D'une idée. Quelqu'un qui, le cerveau un peu fatigué par la canicule, lance un pavé dans la mare pour faire un grand jeu. C'est sûrement ce qu'il s'est produit dans les bureaux barcelonais d'Undercoders avant de lancer la production de Denshattack!. Parce que oui, un train qui fait des tricks dans un monde ravagé, c'est pas commun. Et pourtant, cette idée saugrenue donne naissance à l'un des meilleurs jeux Switch 2 de cette année 2026. 

Train train pas vraiment quotidien 

Dans un futur pas si éloigné, la planète a été ravagée par la catastrophe climatique. Au Japon, la grande majorité de la population s'est réfugiée sous de grands dômes de verre construits par la société Miraido, et qui garantit la sécurité face à un air extérieur qui serait devenu toxique. Parmi les habitants de l'extérieur, on retrouve Emi. Une jeune japonaise qui pour gagner sa croûte, cuisine et livre des ramens dans sa province à l'aide de son train. Sauf que voilà, les chemins de fer ont été affectés par le temps, et Emi enchaîne les sauts et les tricks pour se frayer un chemin chez ses clients.

Des manœuvres qui ne passent pas inaperçues chez Fernando, un touriste de passage qui voit en Emi un potentiel fou. Potentiel pour quoi ? Le Denshattack bien évidemment. Le Denshattack est une pratique qui est née après la catastrophe dans les terres abandonnées du Japon. Une pratique qui mêle la course et les tricks avec des trains, et pour laquelle Emi semble avoir de sacrées prédispositions. Avec Fernando, elle va traverser le pays pour défier les meilleurs pratiquants du Denshattack, mais aussi pour faire un pied de nez à Miraido, qui traite bien mal les habitants hors des dômes. 

Jeu d'arcade oblige, Denshattack! ne met pas toutes ses billes dans son scénario et la narration. Mais, sans trop en faire, l'histoire développée par Undercoders nous fait rencontrer tout un panel de personnages rafraîchissants, écrits aussi simplement qu'efficacement et dont les traits de personnalité s'affirment en quelques lignes. Le jeu a aussi la classe de comprendre qu’il se savoure avant tout par son gameplay, et n'absorbe par conséquent jamais le joueur dans d'interminables séquences narratives qui pourraient nous donner envie d'appuyer sur le bouton « passer la cinématique ». La narration est par conséquent très rythmée, et on ne se sent jamais dépassé par ses enjeux car on a manqué une ligne de dialogue ou parce qu'on a pas été assez attentifs. 

La mise en scène épouse également l'absurdité du concept du jeu en poussant les potards du « toujours plus ». Si vous avez l'esprit cartésien, vous allez sûrement écarquiller grand les yeux devant chaque séquence du jeu espagnol. Et cette absurdité rend chaque niveau de Denshattack! absolument phénoménal. J'ai passé la dizaine d'heures de jeu sur Denshattack à m'émerveiller de toutes les idées de mise en scène mises en place par le studio, qui n'a décidément pas manqué de matière grise pour construire les nombreux niveaux qui constituent l'aventure. Rouler sur une grande roue, se battre contre un Mecha, éviter des requins, rider dans un volcan… tout ça n'est qu'un faible aperçu de ce qui vous attend dans Denshattack

Mais à quelques occasions, cette grandiloquence de la mise en scène va vous faire dérailler, parce que vous étiez trop obnubilé à observer les décors plutôt que le rail sur lequel vous avanciez. Une réalisation qui monte en flèche jusqu'à la fin, offrant une conclusion particulièrement satisfaisante digne d'un film de super-héros, et surtout digne de ce que tout le jeu a fait depuis son démarrage.  Et comment ne pas évoquer ce qui accompagne vos oreilles tout au long du jeu ? Denshattack! s'offre ici une bande originale de très très haute facture, qui invite de nombreux artistes à s'exprimer. Une bande originale électro-jazz qui devrait satisfaire les oreilles des joueurs, entre quelques tricks. 

TER ou TGV ? 

La scénographie c'est bien, la narration c'est chouette. Mais pour un jeu d'arcade, tout ça n'est que le topping d'une base qui se doit d'être bien solide. Ça tombe bien car Denshattack! est aussi solide sur les appuis que Dayot Upamecano jusqu'à la demi-finale de la Coupe du Monde. Ce qui est d'ailleurs plutôt marrant, car jouer un train et avoir un gameplay virevoltant semble contre-intuitif aux premiers abords. Pourtant, le jeu parvient ici à donner une grande envergure à son concept en lui insufflant une étonnante énergie. 

Partons sur la base du Denshattack : vous roulez en train, vous sautez, vous faites des virages et des tricks. Rien qu'en prenant ces éléments, le jeu propose une variété de situations, et surtout un « tricktionnaire » d'une densité folle, qui vous donnera le tournis quand vous chercherez à diversifier au maximum vos mouvements en l'air. Mais la force du jeu, c'est qu'il va habilement faire évoluer le gameplay jusqu'à la fin en implémentant par-ci par-là de nouveaux éléments qui viennent rafraîchir les voies ferrées et ramener encore plus d'intérêt aux circuits traversés. 

Denshattack! ne manque d'ailleurs pas de niveaux, avec plusieurs dizaines de zones à traverser qui proposeront chacune des éléments de décors différents et un level design intelligent, où vous allez alterner entre rails, barre de grind et wall-jump (oui oui, avec un train). Le système de tricks est d'ailleurs plutôt intéressant, vous poussant à prendre des risques en réalisant le maximum de figures pour augmenter votre multiplicateur, tout en sachant que vous pouvez perdre gros en déraillant, car vous reprendrez à un checkpoint proche de votre chute tout en ayant perdu le score en cours d'acquisition.

Il faudra donc être très vigilant et adroit ! À noter que multiplier les tricks fera augmenter une jauge déclenchant ce que le jeu appelle le « Yaoyorozudo ». Un état qui fait apparaître de nouveaux rails arcs-en-ciel invisibles à l’œil nu et qui permettra de découvrir de nouveaux passages, menant éventuellement vers de nouveaux collectibles. Car oui, forcément, le jeu grouille de collectibles à récolter dans ces niveaux. L'avantage, c'est qu'ils ne sont pas obligatoires, et d'un autre, c'est qu'ils ont tous un intérêt : débloquer des peintures pour votre train, ou de quoi acheter de nouveaux wagons, ou encore des pellicules qui permettront de débloquer des images qui développent le lore du jeu. 

Les adeptes du 100% apprécieront Denshattack. Entre les collectibles à attraper, mais aussi les scores maximum pour obtenir la médaille d'or à chaque niveau, il y aura de quoi satisfaire les insatiables. Deux jauges s’offrent à vous : l'une pour les tricks, et l'autre pour le temps, qui vous débloqueront les trois étoiles si votre score est haut et le temps faible pour finir le level. Si battre le record de temps est plutôt facile, le record de tricks, lui, n'est pas une sinécure ! Il faudra maîtriser les figures les plus complexes et réaliser les stages sans accrocs pour espérer décrocher le graal. 

Si l'envie de changer votre train vous prend, vous pourrez choisir une sélection de nouveaux véhicules. Chaque train, en plus d'un design différent, s'accompagne de bonus et malus qui pourraient modifier discrètement votre manière de jouer. En toute sincérité et à l'exception du premier choix proposé, aucun train ne m'a vraiment semblé suffisamment intéressant pour justifier son achat. De plus, on peut modifier les peintures et tags sur notre train, mais la personnalisation n'est vraiment pas à la hauteur. Vous ne pourrez pas appliquer plusieurs tags et dessins, mais uniquement des sélections pré-établies dans la boutique du jeu. 

Comme sur des rails sur Switch 2 

Pour conclure, Denshattack! s'offre une version Switch 2 techniquement irréprochable. Beau et fluide, le jeu d'Undercoders est un régal pour la rétine et n'est jamais pris à défaut sur son framerate, stable à 60 images par seconde. Un véritable atout pour ce jeu qui mise beaucoup sur la vitesse d'exécution et les réflexes.  Sans être une vitrine technique exceptionnelle, les visuels en cel-shading offerts par le jeu sont remarquables, représentant un Japon très fantasmé mais qu'on apprécie voir à ce point coloré. Les aficionados du Pays du Soleil Levant apprécieront sûrement et reconnaîtront des lieux iconiques. 

Conclusion - Notre rail à nous

90%

Denshattack! est une réussite totale. Un concept accrocheur, un gameplay complet et complexe, une superbe bande originale et des visuels qui déchirent font de l’œuvre des barcelonais d'Undercoders un must-have de cette année 2026 pour qui aime l'arcade. Si vous voulez bousculer votre train-train quotidien, ou vous remettre sur les rails du jeu d'arcade, Denshattack! saura vous montrer la voie.

Les +
  • Un concept barré mais efficace 
  • Une très chouette BO 
  • Un gameplay nerveux mais simple à prendre en main 
  • Une mise en scène de haut vol 
  • Une histoire jamais envahissante et sympathique 
Les -
  • Une personnalisation en deçà
  • Parfois trop bordélique pour voir le prochain obstacle correctement 
  • Le 100% réservé aux acharnés du tricks 
guest

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire