Avec la sortie de la Beyond the Dawn Edition sur Nintendo Switch 2, Tales of Arise débarque enfin sur la console de Nintendo dans une version complète incluant le jeu de base, son gros DLC scénarisé et quelques bonus cosmétiques. Une excellente nouvelle pour celles et ceux qui n'avaient pas encore plongé dedans… à condition d'accepter un portage clairement pensé d'abord pour le mode nomade.
Une révolte portée par un duo fort
L'univers de Tales of Arise repose sur un conflit de longue date entre Dahna, planète exploitée depuis plus de 300 ans, et Rena, puissance dominante qui a pillé ses ressources et réduit ses habitants en esclavage. Au milieu de ce contexte, on suit Alphen, esclave dahnan amnésique incapable de ressentir la douleur, qui va rencontrer Shionne, renienne maudite dont le corps inflige une souffrance atroce à quiconque la touche.
Ce duo improbable donne au récit un vrai relief dès les premières heures. La structure du jeu nous fait enchaîner les royaumes, chacun dirigé par un seigneur avec sa thématique, ses enjeux, ses horreurs et parfois ses ambiguïtés, ce qui donne un rythme assez soutenu, surtout dans la première moitié de l'aventure.
Le titre parle de reconstruction après la guerre, de rancœur entre peuples, de responsabilité politique, avec plusieurs moments qui tentent de toucher le joueur. Bien sur, tout n'est pas parfait, on pense notamment à certains passages trop bavards, quelques arcs émotionnels qui retombent un peu à plat et un character design assez lisse au niveau des visages qui n'aide pas toujours à transmettre toutes les nuances. Mais globalement, l'histoire tient bien la route, et le duo Alphen / Shionne porte largement l'aventure jusqu'au générique.
Une édition très, très généreuse
Sur le plan contenu, cette version Beyond the Dawn Edition est difficile à prendre en défaut. Elle inclut :
- le jeu complet Tales of Arise
- le scénario additionnel Beyond the Dawn
- des tenues, objets et packs bonus (armes, ressources, etc.).
En pratique, on tourne autour de 50 heures pour terminer l'histoire principale sans trop traîner, et facilement 70–80 heures en prenant le temps de faire les quêtes annexes, les gros monstres optionnels, la chasse aux hiboux et l'extension. Le DLC, Beyond the Dawn se déroule un an après la fin du jeu de base et se concentre notamment sur Nazamil, fille d'un seigneur renien et d'une Dahnienne, prise entre deux mondes qui ont encore du mal à cohabiter.
Cette partie n'a pas tout à fait la puissance de la campagne principale, car plus sage et un peu inégale, mais c'est un vrai supplément de matière pour celles et ceux qui veulent prolonger l'aventure avec leur équipe au complet. Le simple fait qu'il soit intégré d'entrée de jeu sur Nintendo Switch 2, et jouable sans devoir compléter le jeu de base, en fait une excellente porte d'entrée pour découvrir le titre dans sa version complète.
Un contenu annexe classique, mais utile
Côté contenu annexe, Tales of Arise ne bouscule pas la formule du JRPG. Il y a beaucoup de quêtes type FedEx (aller chercher un objet, sauver un PNJ, éliminer un monstre précis), quelques objectifs plus scénarisés, et surtout une pluie de combats optionnels.
Là où ces quêtes prennent de l'intérêt, c'est qu'elles donnent des points de compétence nécessaires pour alimenter l'arbre de progression de chaque personnage : nouveaux artes, passifs, améliorations statistiques… Si vous tracez tout droit, certains boss risquent de vous rappeler que le jeu attend un minimum de préparation.
On retrouve aussi des affrontements contre des monstres élites bien plus costauds que la normale, ainsi que la chasse aux hiboux, disséminés dans le monde et permettant de débloquer divers bonus et cosmétiques. Ajoutez à cela un end game qui, sans être révolutionnaire, donne de quoi se faire plaisir sur du contenu plus corsé, surtout en cumul avec le DLC.
Une OST qui marque
La bande-son de Tales of Arise fait partie de ces OST qui restent en tête bien après avoir rangé la console. Les thèmes d'exploration savent être tantôt mélancoliques, tantôt porteurs d'espoir, tandis que les musiques de boss ne se privent pas d'en faire des tonnes, dans le bon sens du terme, bien sur. On est clairement dans le haut du panier de la série et enchaîner une longue session en mode nomade avec les oreilles prises en otage par certains thèmes orchestraux est un plaisir constant.
Un système de combat riche, nerveux… mais parfois illisible
Le jeu introduit ses mécaniques progressivement sur de nombreuses heures, ce qui évite de noyer le joueur dès le début tout en renouvelant régulièrement la manière de jouer. Au fur et à mesure de l'avancée de l'aventure, l'équipe se compose de six personnages jouables, chacun avec un rôle et un style bien marqués (corps-à-corps, magie, soutien, défense…).
Chaque héros dispose de son propre panel d'artes, qui gagnent en puissance à mesure qu'ils sont utilisés, ainsi que d'une capacité spéciale aux effets bien distincts, comme briser une garde ou interrompre une incantation. À cela s'ajoutent des attaques en duo, déclenchées une fois une jauge de rupture remplie, et un mode hors limite qui autorise d'enchaîner les artes sans restriction avant de conclure sur une attaque finale particulièrement spectaculaire.
Manette en main, c'est extrêmement satisfaisant et chaque affrontement devient un déferlement contrôlé de coups, d'effets et de magie, avec une vraie sensation de puissance. Le problème, c'est que cette générosité visuelle a un revers et l'écran peut parfois devenir franchement brouillon : entre les effets alliés, ennemis, particules et chiffres de dégâts, on perd par moments la lisibilité de l'action.
Le système de verrouillage des ennemis n'aide pas toujours car la cible se déplace parfois un peu trop facilement d'un adversaire à l'autre, ce qui rend certaines situations plus confuses qu'elles ne devraient. Malgré tout, si vous aimez les jeux d'action rapides, explosifs et un brin chaotiques, impossible de nier que le gameplay de Tales of Arise reste l'un de ses plus gros atouts.
Une direction artistique idéale pour Switch 2
Visuellement, Tales of Arise mise sur une DA en cel-shading très illustrée, avec contours marqués, aplats de couleurs et effets de lumière stylisés, ce qui lui permet de ne presque pas avoir pris une ride depuis sa sortie d'origine. Ce style graphique aide clairement le portage à rester flatteur malgré le temps. La version vise un affichage en 1080p, aussi bien en docké qu'en portable, en respectant très bien la direction artistique d'origine.
C'est toutefois sur la technique que ce Tales of Arise Switch 2 montre ses limites les plus visibles : le jeu tourne en 1080p/30 FPS en exploration et en combat, tandis que les cinématiques et certaines mises en scène montent à 60 FPS. En mode docké, les 30 images par seconde sont globalement tenues, mais on note quelques chutes dans les villes et les combats chargés, avec du clipping/popping de PNJ, des textures qui se chargent tardivement, des animations lointaines au framerate réduit et un aliasing bien visible sur les cheveux, armures et contours de visages. En mode nomade, à résolution identique, l'image paraît plus nette, le flou et l'aliasing se font nettement plus discrets et le clipping se remarque beaucoup moins, au point de donner l'impression que le jeu a été pensé en priorité pour l'écran portable.
Côté autonomie, la Nintendo Switch 2 tient environ deux heures de jeu continu sur un titre gourmand de ce type, parfois un peu plus en ajustant la luminosité. La chauffe reste modérée, ce qui permet d'enchaîner les sessions sans transformer la machine en radiateur improvisé, et renforce encore l'idée que Tales of Arise donne le meilleur de lui-même en portable plutôt que sur grand écran.
Sur l'eShop, Tales of Arise – Beyond the Dawn Edition est proposé au prix de 49,99 €, ce qui reste cohérent pour un JRPG complet incluant à la fois le jeu de base et le gros DLC scénarisé. C'est une offre particulièrement intéressante si vous découvrez la série ou si vous cherchez un “gros” RPG à poser sur votre Nintendo Switch 2, avec de quoi jouer des dizaines d'heures sans repasser par la caisse
Conclusion - Un Tales majeur, taillé pour la Switch 2 (mais surtout en nomade)
Tales of Arise – Beyond the Dawn Edition arrive sur Nintendo Switch 2 sans perdre ce qui faisait sa force : un duo central solide, une aventure généreuse et un système de combat qui cogne fort du début à la fin. Cette version ne réinvente pas le jeu, mais elle le rend enfin portable, dans une édition complète qui embarque directement le DLC Beyond the Dawn et de longues heures de contenu supplémentaire. En mode docké, le portage montre vite ses limites avec un 30 FPS parfois secoué et des défauts visuels bien visibles, mais une fois la console en mains, la formule prend tout son sens. La DA en cel‑shading fait merveille sur l'écran, les compromis techniques se font oublier et on se retrouve avec l'un des gros JRPG d'action les plus plaisants à emporter partout avec soi. Pas la version la plus propre techniquement, mais clairement l'une des plus confortables à jouer.
- Un duo Alphen / Shionne convaincant, qui porte l'histoire du début à la fin.
- Un système de combat riche, nerveux et spectaculaire, toujours aussi plaisant à maîtriser.
- Une direction artistique en cel‑shading qui colle parfaitement au format Switch 2, surtout en nomade.
- Une OST qui enchaîne les thèmes mémorables.
- Edition complète : jeu de base + Beyond the Dawn et ses 20+ heures de scénario en plus.
- Un portage clairement pensé pour le portable, très agréable à jouer sur l'écran de la console.
- Gameplay bloqué à 30 fps, avec cinématiques en 60 fps qui soulignent le compromis.
- Chutes de framerate, clipping, popping et aliasing nettement plus visibles en mode docké.
- Action parfois confuse quand les quatre personnages et tous les effets s'en mêlent.
- Quelques longueurs dans les dialogues et des scènes émotionnelles qui ne font pas toujours mouche.
