40%

Star Wars : Republic Commando, le clone raté – TEST

Star Wars et le jeu vidéo, ça a été plutôt compliqué ces dernières années. EA, qui en avait l’exclusivité, n’a fait qu’enchaîner les erreurs sur les deux premiers Battlefront au point de perdre la confiance de Lucasarts, qui ne leur donnera plus l’exclusivité totale de la licence (malgré un excellent Jedi Fallen Order et un plutôt réussi Squadrons). Ceci dit, tous ces jeux là, le joueur Switch en est complètement privé car EA n’a pas jugé bon de développer de jeu Star Wars uniquement dédié à la console hybride. Alors le fan se tourne désespérément vers des portages d’anciennes gloires de la licence et ça tombe plutôt bien car le portage de Star Wars : Republic Commando est tout juste sorti sur Nintendo Switch ! Prêt à replonger (encore) dans le passé ?





The Clone Wars 

Avant de commencer, il est bon de rappeler que Star Wars : Republic Commando, comme précisé dans l’intro, est un portage d’un FPS tactique sorti en 2005 (16 ans tout de même). Pour vous dire à quel point c’est loin, la Grèce avait remporté l’Euro et Facebook venait d’être lancé l’année précédente. J’ai donc décidé d’être un poil conciliant avec les éventuels problèmes qui pourraient être liés à l’âge avancé du titre, sachant que les nouveautés apportées se comptent sur les doigts d’une main, sur laquelle il manquerait plusieurs doigts.

L’aventure commence pile à la fin de Star Wars Épisode II – L’attaque des Clones. Vous incarnez Delta 38, alias Boss, un clone aux commandes d’une unité d’élite appelé l’escouade Delta et vous êtes chargé d’une mission importante sur l’ignoble planète Géonosis. Pour vous assister, vous serez accompagnés de trois autres clones : 07 – le sniper de l’équipe, Hacker – je crois que je n’ai pas besoin d’expliquer son rôle, et Nitro, votre expert en explosion. Cette belle petite bande sera donc amenée à parcourir plusieurs endroits de l’univers afin de réaliser des missions sur des planètes bien connues de cette galaxie lointaine, très lointaine. Cependant on pourra pester contre le nombre de missions, qui se révèle finalement assez pauvre. Uniquement 3 missions majeures, qui finissent par traîner un peu en longueur tant elles se renouvellent peu dans leurs décors et leurs bestiaires, et elles se terminent d’ailleurs également de la même manière.

Mais s’il y a bien quelque chose sur lequel il est impossible de pester, c’est l’ambiance. Le respect de l’univers est irréprochable, notamment dans son esthétique qui ne dénature jamais l’œuvre originale. Traverser des planètes comme Géonosis n’a jamais semblé si réel et combattre pour la République si intense. Tout cela m’a remémoré ces merveilleux moments passés à regarder Clone Wars, et c’est ce que j’attends d’un jeu Star Wars. Republic Commando marque donc un excellent point.

Sa bande originale brille aussi par sa justesse : Republic Commando aurait pu jouer la carte de la facilité et reprendre les thèmes les plus iconiques pour s’assurer une BO réussie : mais non. Les thèmes sont pour la grande majorité originaux et d’excellente facture – ils diffèrent grandement, optant régulièrement pour des parties en chorale chantée, tout en conservant un côté épique (énorme cœur sur le thème principal, Vode An).

Mais s’il y a quelque chose qui m’a plutôt surpris, ce sont les réactions de notre belle petite escouade qui n’hésite jamais à prendre la parole pour commenter nos actions. Que ce soit avec des tirades plutôt drôles lors des moments légers, où d’autres plus sérieuses lorsque la situation dégénère. On peut en rigoler car c’est aujourd’hui presque une norme dans les jeux vidéo où nous sommes accompagnés, mais Republic Commando témoigne de véritables idées dans la mise en scène et l’écriture des dialogues pour un jeu paru presque deux décennies auparavant.

Ici, on vise (pas) mieux qu’un Stormtrooper 

Après avoir bien bavé sur son ambiance impeccable et sa belle bande originale, voyons ce que le tout donne Joy-Con en main. Avant tout, évitez les justement Joy-Con. Ce n’est pas la première fois qu’on en parle dans un test dédié à un FPS, mais pour un confort vraiment optimal, préférez une manette Pro. Si sur des jeux de tir beaucoup plus récents, les Joy-Con peuvent être utilisés sans trop de soucis malgré une certaine imprécision grâce aux contrôles gyroscopiques, sur des jeux qui font date (comme je l’avais déjà mentionné dans le test de la Serious Sam Collection) on aura réellement l’impression de contrôler le Stormtrooper à la vue approximative de l’Épisode IV.

J’avoue avoir été très déstabilisé au début par ces contrôles archaïques, mais après une heure de jeu, on s’y fait et on prend le coup de main. Par contre, s’il y a bien quelque chose qui aurait pu être fait sur ce portage afin d’améliorer au mieux sa prise en main, c’est de modifier le mapping des touches. Aujourd’hui, nos bases en matière de FPS sont bien ancrées et certaines touches sont plus qu’évidentes pour réaliser certaines actions (ZL pour viser, ZR pour tirer, R le lancer de grenade…). Mais ce n’est pas le cas de Star Wars : Republic Commando qui garde la formule qu’il avait 16 ans auparavant. Bien heureusement, on peut modifier le tout comme bon nous semble dans les menus, mais un petit effort comme celui-ci aurait été nécessaire.

Donc, une fois le mapping modifié et le coup de main pris, vous pourrez plonger sans soucis dans les périlleuses missions de l’unité Delta (qui est plus ou moins La Bad Batch avant l’heure) afin de sauver la galaxie. Et je dois avouer que c’est plutôt plaisant. Vous incarnez Boss, le chef de l’escouade et vous allez donc avoir la lourde responsabilité de donner les ordres afin d’assurer le bon déroulement de la mission. Et ça marche vraiment très bien. Vous allez pouvoir choisir où placer vos personnages, lesquels réaliseront telle ou telle action, choisir quels ennemis viser en priorité et bien sûr soigner ceux qui en ont besoin. Le jeu répond de manière fluide à tous ces ordres, vous aurez juste à pointer l’endroit où ils pourront réaliser une action et simplement appuyer sur A. On pourrait penser que tout cela est un peu gadget car notre personnage est en capacité de réaliser toutes les actions, mais après plusieurs tentatives de tête brûlée qui ont conclu sur un échec, j’ai réalisé que l’escouade était bien plus qu’un simple gadget nous facilitant la tâche, mais un outil nécessaire à la progression.

Si j’ai parlé d’un bestiaire plutôt pauvre précédemment, j’ai eu aussi la même sensation au niveau de l’arsenal d’armes que propose le jeu. Du début à la fin vous utiliserez les mêmes, c’est-à-dire un blaster modulable en sniper ou lance-grenade, et selon les missions, une arme utilisée par les ennemis. C’est bête mais ce manque de renouvellement accentue la répétitivité du titre tout au long et ce ne sont pas les armes que l’on peut récupérer qui changent la donne. Dommage. Malgré le poids des années qui se fait clairement ressentir au début, une fois les habitudes prises, le jeu reste très agréable à jouer et chaque tactique efficace pour passer un mur d’ennemis sera une belle petite victoire.

Ça rame dans l’espace…

Le jeu aurait pu conclure en beauté avec une technique irréprochable, après tout, les seules nouveautés apportées sur ce portage sont censées être une meilleure résolution ainsi qu’un framerate à 60 ips (images par seconde) stable, comment est-ce que ça pourrait mal se passer ? Et bien c’est plutôt agréable à l’œil pour être honnête. C’est loin d’être une claque, mais pour un vieux briscard, Republic Commando se regarde sans dégoût et c’est le principal. On pourra bien sûr pester contre quelques textures baveuses (surtout en extérieur) mais dans l’ensemble, tout est visuellement très correct, et mêlé à l’univers Star Wars, ça fonctionne du tonnerre.

Mais là où le jeu m’a fait basculer du côté obscur de la force, c’est sur son framerate. Quel comble qu’un univers dans lequel on se balade à la vitesse de la lumière puisse autant ramer. C’est tout simplement inconcevable. Le jeu rame CONSTAMMENT. Je n’exagère même pas, les moments où le jeu est le plus stable se comptent sur les doigts d’une main. Il est absolument effrayant qu’un portage d’un jeu sorti il y a 16 ans puisse se permettre un tel écart technique alors qu’il y a à peine 1 mois sortait Monster Hunter Rise, prouesse technique sur la même console, sans souffrir de chutes de framerate !

Je n’irais pas jusqu’à dire que le jeu est injouable, avec beaucoup (vraiment beaucoup) de volonté on peut évidemment terminer l’aventure, mais il n’est pas rare que certains ralentissements descendent facilement sous la barre des 20 ips. Dans un jeu qui mine de rien présente par moment des phases très complexes et nerveuses, vous allez jeter votre manette de désarroi suite à un échec lié à l’une de ses récurrentes baisse de framerate. Ce problème vient complètement gâcher l’expérience de Star Wars : Republic Commando et je ne peux décemment pas vous le conseiller sur Nintendo Switch.

Bon jeu, mauvais portage
  • Bon jeu, mauvais portage - 40%
    40%
40%

Bon jeu, mauvais portage

Star Wars : Republic Commando n’est pas un grand cru, mais il est loin d’être une piquette. Son ambiance sonore et visuelle de grande qualité nous donne envie de nous replonger dans l’univers de George Lucas et c’est parfait en attendant la sortie de la prochaine série animée, exactement dans le même ton. Cependant, je ne peux que vous déconseiller d’y jouer sur Nintendo Switch tant le portage n’est absolument pas à la hauteur de l’œuvre originale et mérite une place au fond de l’estomac d’un Sarlacc.

Les +

  • L’univers Star Wars
  • La bande son
  • Visuellement agréable
  • Le système tactique maîtrisé et facile d’emploi
  • Les clones, utiles et attachants

Les -

  • Un framerate constamment en peine qui gâche toute l’expérience
  • Bestiaire très léger
  • Contrôles archaïques qui nécessitent un temps d’adaptation
  • Une absence de narration globale
  • Absence du multijoueur
  • Aucun ajout supplémentaire
Sending
Note des lecteurs :
73% (16 votes)
Jilax

Contenu proposé par - Déjà 13 article(s) à son actif

Présentation : Plongé depuis ma plus tendre enfance dans le jeu-vidéo sans aucune envie de remonter à la surface. Une manette, une guitare et un match de foot du Stade Rennais suffisent à mon bonheur.

guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments