Fire Emblem Three Houses Test
95%

Fire Emblem: Three Houses, les vents de la guerre – TEST

Si Nintendo est essentiellement connu dans le monde entier pour les formidables licences que sont Super Mario et The Legend of Zelda, d’autres trésors du jeu vidéo japonais reposent dans les multiples univers créés par la firme. Parmi eux, celui de Fire Emblem est sans aucun doute l’un des plus appréciés des amateurs de tactical-RPG : après avoir traversé une période de fragilité, la licence a su conquérir le coeur des joueurs occidentaux (en partie grâce à la présence de Marth et Roy dans Super Smash Bros. Melee) et est rapidement devenu un rendez-vous incontournable sur chaque console Nintendo. En 2013, la série commence son règne sur console portable avec la sortie sur 3DS d’excellents épisodes dont Fire Emblem : Awakening qui sera rapidement suivi par Fates et Echoes : Shadows of Valentia. Et douze ans après la sortie de Radiant Dawn sur Wii, la série revient enfin sur console de salon avec l’arrivée tant attendue de Fire Emblem : Three Houses : entre magie, complots et trahisons, que nous réserve cette terrible et palpitante aventure dans ce continent déchiré par une guerre sanglante ?

A Game of Thrones

L’histoire de Fire Emblem : Three Houses prend place dans le continent de Fódlan, une terre autrefois ravagée par la guerre mais qui est parvenue à instaurer une paix toute relative à force de traités et d’alliances complexes. Désormais, le pays est divisé en trois régions majeures, chacune dirigée par une faction différente : l’Empire d’Adrestia, le Saint Royaume de Faerghus et l’Alliance de Leicester. Au centre géographique et politique de Fódlan se dresse le majestueux monastère de Garreg Mach où siège Rhea, l’archevêque toute puissante et meneuse du culte de Seiros.

Dans ce nouvel épisode de la série, vous n’êtes ni amnésique, ni un prince disparu, mais un mercenaire ! En tant que Byleth, vous êtes l’unique enfant de Jeralt, lui-même mercenaire réputé pour son habileté au combat. Alors que votre personnage est victime d’un certain trouble suite à d’étranges rêves où apparait une mystérieuse jeune fille nommée Sothis, le hasard (ou le destin) fait que vous croisez rapidement le chemin de trois jeunes gens en danger de mort. Après avoir sauvé la vie de ces personnages qui s’avèrent être les héritiers des royaumes de Fódlan, une étonnante révélation survient quand il s’avère que votre dévoué paternel était autrefois le chef de l’Ordre des Chevaliers de Seiros, chose qu’il avait pris soin de vous cacher jusqu’à maintenant. Les faits mènent alors Byleth et son père au monastère de Garreg Mach où ils croisent le chemin de Rhea qui, subjuguée par vos talents de combattants, aura tôt fait de vous nommer Professeur de l’académie de chevalerie du monastère. Cette rencontre en apparence anodine avec tous ces personnages signe le début d’une série de terribles évènements qui feront remonter des secrets enfouis par des dizaines d’années de mensonges et manipulations dont Byleth aura été la première victime.

Je ne dirais rien de plus concernant le scénario de Three Houses, si ce n’est qu’il apporte plus que jamais son lot de rebondissements en décrivant de manière très intéressante la situation précaire de Fódlan et ce, d’autant plus car l’histoire peut-être vécue d’au moins trois manières différentes en fonction d’un choix primordial que vous aurez à effectuer bien rapidement. Alors que le scénario d’Awakening m’avait laissé quelque peu sur ma faim malgré ses formidables protagonistes, Three Houses narre une passionnante épopée où se mêlent légendes anciennes et guerre sanglante pour révéler le destin hors du commun de Byleth. Une fois de plus, Fire Emblem marque le joueur par la qualité de sa narration et l’écriture de ses personnages dont les relations sont décrites avec une intelligence rarement atteinte dans d’autres jeux vidéo.

La Bataille des Rois

En semaine

Dès le départ, Three Houses se démarque des autres titres de la licence par la profession de votre personnage. En tant que professeur à l’académie de Garreg Mach, votre rôle ne se limite plus à diriger vos troupes sur le champ de bataille car vous aurez également la lourde responsabilité d’enseigner l’art de la guerre à vos chers élèves. À la manière de ce que créa J.K Rowling dans Harry Potter, trois groupes d’élèves représentant les trois maisons de l’académie, et par extension les trois royaumes de Fódlan, vous sont proposés : les Aigles de Jais, les Lions de Saphir et les Cerfs d’Or. Tandis que les Aigles sont menés par Edelgard, princesse et héritière de l’Empire d’Adrestia, les Lions sont représentés par le futur roi de Faerghus en la personne de Dimitri. Les Cerfs quant à eux sont sous la bannière du sympathique (et séduisant) Claude qui est également destiné à diriger l’Alliance de Leicester. Chaque maison est axée sur un type de combat particulier et regroupe huit élèves auxquelles viendront s’ajouter des personnages annexes au cours de l’histoire.

Le choix de la maison à tutorer n’est pas à faire au hasard car il changera drastiquement le point de vue narratif que vous prendrez au cours de vos aventures, en gardant à l’esprit qu’il sera possible de recruter les élèves des autres maisons en échange d’un développement accru des compétences de Byleth selon les envies de l’étudiant en question. Une fois tranché ce dilemme cornélien, il vous faudra vous mettre au travail ! Three Houses fonctionne sur un ingénieux système où vous disposerez d’un “mois” pour vous occuper de vos étudiants avant de devoir vous rendre sur le champ de bataille pour avancer dans l’histoire. Durant la semaine, vous avez la possibilité de dispenser des cours à vos personnages pour renforcer leur maîtrise dans les disciplines de votre choix (épée, lance, hache, magie…). En fonction de la motivation de chacun d’entre eux, vous pouvez leur dispenser plus ou moins de cours, chaque cours faisant gagner des points dans une discipline précise.

Pour vous donner un exemple, un élève avec sa motivation maximale (sur une échelle allant de 0 à 100) pourra recevoir quatre cours particuliers : il est possible de lui faire étudier quatre fois la même aptitude ou au contraire de panacher votre enseignement. À noter que chacun de vos élèves vise un ou deux domaines précis que vous pouvez modifier à tout instant et parfois même sur leur demande ! Par exemple, Lysithea désire se tourner vers la Science et l’Autorité en premier lieu mais peut tout à fait vouloir se focaliser sur la Science uniquement au bout d’un moment. Libre à vous d’accepter ou de refuser ce changement par la suite selon les besoins de votre armée. Vous pourrez même décréter que la jeune femme n’est qu’une bonne à rien et la réorienter vers la Foi ou le maniement de l’épée.

Repos dominical

Le week-end est consacré d’une part aux corvées que vous aurez infligées à un duo d’étudiants, ce qui leur permettra de renforcer des compétences particulières ainsi que leurs affinités, et d’autre part à votre temps libre en tant qu’enseignant. Dans ce dernier cas, vous aurez le choix entre les Quartiers Libres, les Séminaires sans oublier les Batailles, à moins que vous ne vous reposiez en attendant une nouvelle semaine ou de faire passer un Certificat à vos étudiants. Les Séminaires consistent en des cours dispensés par d’autres enseignants de Garreg Mach qui permettent de renforcer aussi bien Byleth que ses élèves tandis que les Batailles consistent souvent en des quêtes annexes à mener sur le champ de bataille pour gagner de l’expérience supplémentaire. Passer un certificat est la nouvelle méthode pour effectuer un changement de classe chez une unité, ce qui est désormais plus facile que jamais. Pour prétendre à une nouvelle vocation, votre étudiant devra atteindre un niveau suffisamment élevé dans certaines disciplines : par exemple, devenir un mage nécessite de solides connaissances en Science tandis qu’un Batailleur devra être doué en Mêlée. Partie essentielle du week end, les Quartiers Libres permettent d’amener une autre nouveauté majeure de Three Houses : le déplacement libre de votre personnage !

Si Echoes vous permettait déjà de contrôler votre personnage un peu plus librement lors de l’exploration des donjons, Three Houses donne une liberté encore jamais atteinte dans la série avec la possibilité de vous promener  à votre guise dans le vaste monastère. Loin d’être un temps oisif, les Quartiers Libres permettent d’effectuer toutes sortes d’actions pour vous rapprocher de vos élèves et également effectuer quelques quêtes secondaires. J’en profite pour mentionner les environnements de Garreg Mach qui, s’ils ne sont pas exactement des claques graphiques (les nuages étant d’ailleurs d’une laideur surnaturelle tant ils sont pixelisés) offrent néanmoins un cadre très agréable où se balader, notamment grâce aux musiques qui sont un véritable plaisir pour les oreilles. J’ai cependant noté quelques bugs dans l’ouverture de certaines zones qui restent hermétiquement fermées si vous vous en approchez trop rapidement.

Three Houses Boyfriend

C’est d’ailleurs un autre aspect majeur de ce nouveau Fire Emblem qui se dévoile avec l’importance cruciale qu’occupent vos élèves dans votre emploi du temps. En plus des cours que vous leur dispenserez, il vous sera également essentiel d’apprendre à les connaître si vous désirez vous lier d’amitiés avec eux. Depuis déjà quelques années, la série vous permet en effet de renforcer les liens qui unissent vos unités entre elles par le biais de conversations de soutien dont l’achèvement se traduit par une efficacité accrue sur le champ de bataille. Dans Three Houses, cette fonctionnalité est plus importante que jamais grâce à ce cadre professoral qui permet à Byleth de nouer des relations uniques avec chacun de ses protégés. Vous pouvez vous rapprocher en effectuant diverses tâches comme leur rendre un objet perdu, leur faire un cadeau et même cuisiner avec eux.

J’ai un affect tout particulier pour la dégustation de thé qui vous permet d’inviter un élève de votre maison à partager une tasse du breuvage tout en discutant avec lui, pour peu que vous trouviez des sujets de conversation qui l’intéresseront. Three Houses prend alors un petit air de dating simulator qui n’a rien de déplaisant, surtout quand on se retrouve en face de ce très cher Claude. Nouer une relation suffisamment profonde avec un élève peut amener à une romance toute mignonne comme Fire Emblem sait bien le faire.

Une Tempête d’Épées

Fire Emblem restant une série de tactical-RPG, il est évident que les batailles qui ont fait sa réputation sont de retour dans Three Houses ! Pour ceux découvrant la série, il convient de rappeler le fonctionnement particulier de ces affrontements : Fire Emblem offre des combats semblables aux échecs où il vous est demandé de déplacer vos unités case par case vers les ennemis à abattre. Plusieurs conditions peuvent être nécessaires pour remporter la bataille, l’essentiel étant de préserver vos soldats et la vie de Byleth. Et préparez-vous à disputer une formidable partie contre des ennemis variés apportant leurs lots d’horreurs, surtout si vous décidez de jouer dans les règles de l’art de la série. À l’image des derniers épisodes sortis sur Nintendo 3DS, Three Houses propose plusieurs modes de difficulté pour satisfaire tout le monde : alors que la tradition des Fire Emblem exige que vos unités mortes au combat le restent définitivement, un mode facile est une fois de plus présent et vous permet de retrouver vos personnages à la fin de la bataille.

On note une importance un peu moindre du fameux triangle d’armes (établissant un système de forces et de faiblesses à la pierre-papier-ciseaux entre épée, lance et hache) au profit d’un développement plus poussé des capacités spéciales liées à l’équipement de vos unités et des différents types de magie. Par contre, les armes ont de nouveau une durée de vie limitée et devront être réparées à la forge après coup. La magie hérite d’un nouveau système plus efficace qu’auparavant : les sortilèges ont tous un nombre restreint d’utilisations mais sont renouvelés automatiquement après chaque bataille et ce, aussi bien pour la magie offensive que curative.

Nouveauté majeure du système de combat, les Escouades vous permettent d’associer une unité à un groupe de soldats qui apportera un bonus à ses statistiques. Là encore, vous n’aurez que l’embarras du choix car des dizaines d’escouades vous seront proposées, l’idée étant de prendre une escouade adaptée aux compétences du personnage en question. Cependant, les Escouades ont une endurance limitée et il sera alors nécessaire de les régénérer régulièrement. Heureusement, le jeu détecte automatiquement les escouades épuisées et vous propose de les renflouer avant chaque bataille. Outre l’idée en elle-même qui est tout à fait pertinente dans un jeu comme Fire Emblem, les Escouades apportent un peu plus de dynamisme aux combats qui deviennent de fait bien plus vivants : voir vos unités entourées d’alliés rend les affrontements plus crédibles, là où les précédents titres opposaient seulement deux personnages l’un à l’autre.

Encore une fois, le titre ne brille pas spécialement par les visuels de ses combats : les environnements ne resteront pas dans les mémoires des joueurs. Entre des arbres quelque peu rachitiques et des textures douteuses, Three Houses confirme bel et bien que Fire Emblem ne mise pas sur ses graphismes pour impressionner son public. On note cependant les bienfaits de la coopération avec Koei Tecmo (à qui on doit Fire Emblem Warriors sorti en 2017) avec des personnages joliment modélisés en dépit de leurs expressions faciales un peu trop statiques sur le champ de bataille. On a néanmoins enfin le sentiment de participer à une véritable guerre et honnêtement quel bonheur !

Une Danse avec les Dragons

Pour résumer, Fire Emblem : Three Houses est pour moi un des meilleurs épisodes dans la mesure où il réussit à porter la série à son plus haut niveau sur pratiquement tous les points. Son histoire passionnante met en scène des personnages à l’écriture plus approfondie que jamais et j’ai eu un véritable plaisir à suivre le destin de Byleth et de ses élèves. Concernant le héros de cette histoire, j’ai été un peu déçu de constater qu’Intelligent Systems avait fait de lui un héros muet : c’est au joueur de choisir ses lignes de dialogue, certaines ayant un impact sur l’affection que vous porte votre interlocuteur.

Et paradoxalement, une saisissante sensation de vie se dégage de ce personnage si calme et si mystérieux : grâce aux cutscenes encore une fois de très bonne facture, Byleth transmet ses émotions au joueur sans aucune difficulté, particulièrement dans les situations les plus dramatiques. Et ce héros n’est pas le seul à porter l’histoire puisque l’intégralité du casting de Three Houses est du même cru : le chara-design maîtrisé de bout en bout mêle astucieusement originalité et classicisme que ce soit pour les antagonistes ou les alliés de notre héroïque enseignant.

A ce sujet, j’avoue avoir été un peu inquiet lors de la présentation de toutes les composantes d’enseignement dans le jeu. Il faut bien deux ou trois heures pour assimiler cette véritable avalanche d’informations, pas toujours très claires, qui vous tombe dessus. Mais comme il en va pour de nombreuses choses de la vie, il s’agit de prendre le coup de main avant de prendre son pied. Le cadre académique permet d’apporter une cohésion permanente entre les personnages et une véritable impression de vie de classe se dégage des nombreux échanges entre les élèves. On apprend peu à peu à connaître la personnalité de chacun de nos protégés et on sent une pointe de fierté quand l’un d’eux parvient à exterminer un ennemi sous nos yeux ébahis.

Comme dit plus haut, le scénario de Three Houses témoigne d’une maîtrise de l’écriture sans faille avec son lot de rebondissements, certains étant plus choquants que d’autres, et de péripéties. L’intérêt principal réside d’ailleurs dans la possibilité de vivre l’histoire d’au moins trois manières différentes puisque le choix de votre maison influera grandement sur les personnages avec lesquels vous serez en contact. De fait, le jeu offre une gigantesque durée de vie étant donné que chaque chemin vous occupe au bas mot plusieurs dizaines d’heures. Si les joueurs s’étaient montrés sceptiques quand il fut annoncé qu’une centaine d’heures serait nécessaire pour venir à bout de Three Houses, force est de constater qu’Intelligent Systems est très proche de la vérité.

Fantastique
  • Fantastique - 95%
    95%
95%

Résumé

Entre son histoire passionnante et ses combats grisants, Fire Emblem : Three Houses porte la série à un niveau jamais atteint auparavant. Grâce à l’alternance entre enseignement et bataille, on ressent plus que jamais le besoin de s’attacher aux personnages de cette formidable aventure qui ne cesse de surprendre alors que s’enchaînent les chapitres. Attendu longtemps par les joueurs depuis son annonce quelque peu prématurée en janvier 2017, Three Houses est un véritable trésor du tactical-RPG et même du jeu vidéo en général. La Nintendo Switch tient assurément LE jeu de l’été et ce sont des dizaines et des dizaines d’heures de jeu qui vous attendent dans le continent de Fodlan !

Les +

  • Un scénario passionnant
  • Des personnages vivants et très bien écrits
  • Une durée de vie pharaonique
  • Un gameplay grisant
  • L’enseignement bien construit
  • Des musiques épiques

Les -

  • Des visuels en deçà des capacités de la Switch
  • Quelques bugs
  • Des expressions faciales statiques en combat
  • Claude n’est pas bi
62%
User Review
61.83% (12 votes)

A propos de l'auteur :

LatoJuana

Otaku gamer assumé et sérivore avec un tropisme particulier pour Nintendo. M1 biologie et cataclysme en Travaux Pratiques.

a écrit 405 articles sur Switch-Actu.

Un commentaire pour “Fire Emblem: Three Houses, les vents de la guerre – TEST

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.