Curse of the Dead Gods : un nouveau roguelike arrive sur Switch
65%

Curse of the Dead Gods : le roguelike maudit ? – TEST

Il n’y a pas que nos régions qui ont du talent, nos studios indépendants français en ont eux aussi à revendre. Et c’est surtout le cas lorsque ces mêmes équipes se penchent sur le genre du roguelike, comme l’en attestent les derniers succès – a minima critique – qu’ont été Dead Cells, Iris and the Giant, ScourgeBringer et consorts. Alors quand les Villeurbannais de Passtech Games (Masters of Anima) ont annoncé l’arrivée prochaine de Curse of the Dead Gods, leur roguelike maison, sur Nintendo Switch, mon sang n’a fait qu’un tour. Je me suis empressé de lisser ma moustache et d’agripper ma meilleure torche avant de partir explorer les ruines maudites de ce titre prometteur.





Curse of the Dead Gods fait partie de cette catégorie de jeux qui réussissent d’emblée leur entrée en matière. Une courte cinématique d’introduction pour nous présenter le contexte de notre quête – un aventurier pris aux pièges dans un ancien tombeau où reposent ces fameux Dead Gods, de nombreux tutoriels pour faciliter notre prise en main, la possibilité de changer le mapping des boutons de notre manette, de très beaux graphismes légèrement cel-shadés et de magnifiques effets de lumière : nos premières minutes au contact du titre de Passtech Games se font sans fausses notes.

Puis arrive notre première tentative pour traverser le temple mortel du jeu. On y découvre un gameplay où nous déplaçons notre héros à la manière d’un jeu d’action en vue du dessus et qui nous demande d’alterner entre attaques rapides, chargées et à distance ou entre esquives et parades, tout en gérant nos points d’endurance qui, une fois épuisés, rendent toutes solutions défensives impossibles. Du déjà vu en somme, mais parfaitement maîtrisé par les équipes de Passtech Games qui rendent ici une copie simple qui nous tiendra alerte pendant de nombreuses heures de jeux et c’est tout ce qu’on demande pour un roguelike de ce type.

Curse Forrest, curse !

D’ailleurs, profitons-en pour en égrener ses principales caractéristiques. Environnements générés de manière procédurale ? Check ! À la manière d’un Slay The Spire, notre entrée et notre progression dans le temple s’effectueront en suivant une carte qui nous proposera différents chemins à choisir. À nous d’alterner efficacement entre les salles pour récupérer assez d’or, d’armes, de statistiques ou de puissantes reliques pour aller vaincre le boss du niveau l’esprit tranquille. Tant que nous y sommes, abordons directement le deuxième ingrédient indispensable à tout bon roguelike qui se respecte : la diversité des builds à équiper.

Outre les équipements précédemment cités, nous pourrons ajouter de nombreux types d’armes à notre inventaire. Classées en trois catégories – principales, secondaires et à deux mains, elles offrent un éventail assez large de combinaisons d’attaques et d’effets secondaires pour varier les plaisirs, malgré un léger manque de synergies dévastatrices à se mettre sous la dent. Cependant, leur classement anarchique par catégorie – surtout pour les armes principales et secondaires – rend le tout parfois un peu fouillis et il m’est arrivé plusieurs fois de remplacer par mégarde l’arme principale dans mon inventaire en ramassant une autre arme que je pensais être secondaire.

On oubliera finalement très vite ce petit détail au gré de nos différentes runs pour profiter d’un gamedesign qui, là encore, ne fera pas de vague, mais qui aura le mérite de poser de solides bases pour la suite. Car conscient du manque d’originalité de sa formule initiale, Curse of the Dead Gods a tenté d’y inclure quelques épices supplémentaires. La plus notable d’entre elles est matérialisée par ces fameuses malédictions qui viendront compliquer la suite de notre partie. Au maximum de cinq par run, ces véritables épées de Damoclès viendront modifier durablement notre façon de jouer en nous infligeant un malus – et parfois quelque appréciables bonus complémentaires – à chaque fois que nous atteindrons le maximum d’une jauge dédiée. Malheureusement pour nous, celle-ci augmentera bien trop vite à notre goût puisque certains ennemis nous affligeront quelques points de malédiction supplémentaires s’ils nous touchent, en plus de ceux que nous récupérerons inévitablement en partant explorer une autre salle ou en payant un équipement avec notre sang si nous n’avons plus assez d’or.

Il va faire tout noir

S’ensuivra alors tout un jeu d’équilibriste où il nous faudra gérer notre niveau de malédiction afin d’éviter cette fatale cinquième anathème qui viendra sonner – la plupart du temps – notre glas. Une immense source de frustration en puissance, surtout lorsque vous vous sentez bien dans votre Run et que votre seule erreur fut de récupérer l’horrible malus qui vous fait perdre votre vie au fil du temps jusqu’à ne vous laisser qu’un seul tout petit point de vitalité. Dommage d’en arriver à de telles extrémités tant l’équilibrage des autres malédictions est aux petits oignons et réussit – presque – toujours à handicaper notre aventure sans pour autant la rendre totalement impossible. On retrouve également cette sensation de manque de finition dans son gamedesign avec la deuxième particularité de Curse of the Dead Gods : la gestion de l’obscurité et de la lumière.

Enfermé dans un temple enfoui, il faudra en effet constamment nous éclairer pour détecter les nombreux pièges qui nous attendent et réduire les dégâts que les monstres nous infligent. Concrètement, notre première action, lorsque nous rentrerons dans une nouvelle pièce, sera de vite repérer et allumer les brasiers disposés çà et là afin de nous créer une “safe zone” des plus relative. Sur le papier, cette fonctionnalité devrait rajouter une notion de stress supplémentaire, tout en nous forçant à vite réagir lorsque nous découvrons un nouvel environnement. Si c’est en réalité bien le cas, j’ai par contre eu la sensation que cette obscurité permanente avait surtout pour but de masquer le manque de diversité des décors et le peu de variation dans le bestiaire que nous propose le titre. Si l’on excepte quelques pièges et ennemis supplémentaires, Curse of the Dead Gods manque ainsi cruellement de diversité visuelle, malgré sa jolie plastique, tandis que nous avançons dans le temple. On parcourt ainsi seulement trois niveaux différents qui sont recyclés – boss compris – pendant toute la durée du jeu.

Si l’on ajoute à cela le fait qu’il est difficile de jouer au jeu en mode portable à l’extérieur si le soleil pointe le bout de son nez à cause de l’obscurité permanente sur notre écran, nous sommes plus proches de la fausse bonne idée qu’autre chose. Curse of the Dead Gods ne sera donc pas le titre qui réussira à me faire revenir de temps en temps pour une petite run. La faute également à une narration et un lore totalement inexistant alors que ses boss avaient tout – avec leurs chara designs réussis et l’intensité de leurs affrontements – pour semer les graines d’une sympathique histoire à nous raconter. Une occasion finalement manquée par Curse of the Dead Gods pour retenir un peu plus longtemps notre attention.


Curse of the Dead Gods, le roguelike maudit ? - TEST
  • Ça s'essouffle un peu vite - 65%
    65%
65%

Summary

Solidement campé sur ses appuis, Curse of the Dead Gods récite bien ses cours appris en observant les meilleurs roguelike du marché. Malheureusement, c’est quand le titre de Passtech Games cherche à se démarquer qu’il se prend parfois les pieds dans le tapis. Curse of the Dead Gods reste cependant une excellente porte d’entrée au genre et nous gardera captifs quelques belles heures avant que son manque de diversité visuelle ne vienne nous lasser.

Les +

  • Un système de malédiction original et intéressant…
  • De jolis graphismes dans l’ensemble.
  • Facile à prendre en main grâce à ses tutoriels.
  • Possible de changer le mapping des touches de votre manette.
  • De nombreuses armes et améliorations à débloquer.
  • Des combats de boss intenses.

Les -

  • … jusqu’à l’apparition de la cinquième, vraiment trop punitive.
  • Trop sombre pour y jouer en extérieur s’il y a du soleil.
  • Beaucoup trop de recyclage.
  • Un manque criant de diversité visuelle.
  • Une narration aux abonnés absents.
Sending
Note des lecteurs :
68.26% (92 votes)
Ducksan

Contenu proposé par - Déjà 210 article(s) à son actif

Présentation : La légende raconte qu'il est tombé dans le puit sans fond des jeux indépendants quand il était petit. Elle rajoute qu'une fois remonté, il plongea malencontreusement dans le puit du voisin d'à côté, celui de la collectionnite aigüe pour les versions boîtes de jeux Nintendo Switch.

guest
2 Commentaires
plus de votes
plus récents plus anciens
Inline Feedbacks
View all comments
Mick

Merci pour le test ! Le jeu me faisait de l’oeil mais le test m’a un peu refroidit. Je suis tout de même très surpris qu’il n’y ai pas eu de comparaison faite avec le récent et formidable Hadès. Car Curse of the Dead Gods est à mon sens une quasi copie dans son approche et son gameplay. Mais il semble manquer ici le très gros point fort d’Hardés : la narration. Hadès est très joliment bavard, il est d’une richesse incroyable. Ici, j’ai le sentiment d’avoir un “sous Hadès”, avec un équilibrage encore au stade d’un early-access. Il n’est… Lire plus »