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Blue Fire : un mélange des genres plaisant – TEST

Hollow Knight, Zelda : des titres que tout le monde connaît, une renommée incroyable, des fans partout dans le monde. Alors, lorsque l’on voit qu’un titre indépendant tente de conjuguer ces deux styles, on ne peut qu’être curieux et impatient du résultat. Blue Fire est un jeu réalisé par le studio argentin Robi Studios (leur premier développement d’ailleurs !), prenant place dans un monde sombre et hostile : le royaume de Penumbrale rapport à la pénombre ne vous aura pas échappé. Vous incarnez un jeune personnage mystérieux dont l’on ne connaît pas grand chose, mais qui semble avoir été l’objet de nombreuses expérimentations scientifiques : l’objectif est simple, délivrer Penumbra du danger qui la menace. Aurons-nous seulement la motivation pour le faire ? C’est ce que nous allons voir dès maintenant.

Comme annoncé, Blue Fire reprend quelques mécaniques de Hollow Knight et de The Legend of Zelda : par conséquent, nous sommes légitimement en droit de nous demander si le titre réussit à mettre sa propre patte à l’ensemble ou bien si l’on a affaire à un énième copié-collé du Nintendo eShop. L’atmosphère visuelle, sans être particulièrement marquante, est plutôt réussie et renvoie bien l’image d’un monde désolé, presque abandonné. Même s’il est possible de rencontrer des PNJs et d’échanger avec eux durant l’aventure, vous aurez la plupart du temps affaire à des ennemis hostiles et des énigmes parfois pointues, rappelant celles de l’ancienne formule des Zeldaavec quelques inspirations clairement assumées, nous verrons cela plus tard.

Un royaume à restaurer mais pas de princesse à sauver

L’aventure prend place dans un large château, comprenant des zones aussi variées que nombreuses : un cimetière, des égouts, et aussi des lieux moins sinistres, tels que des forêts. Il faudra percer les mystères de chaque zone pour espérer délivrer les dieux de leur prison et combattre les démons qui se sont accaparés les lieux. Votre rôle est clair : rétablir l’ordre en renvoyant les forces menaçantes dans leur abîme et nettoyer toute la corruption, cette matière noire blessant le joueur et étant présente un peu partout dans le royaume, pour faire de Penumbra un lieu de nouveau sain. Pour cela, Blue Fire reprend les codes de la plateforme, de l’exploration à la Zelda et de l’univers à la Hollow Knight, tout en proposant quelques variantes qui le différencie un peu de ces deux légendes.

Votre petit personnage encapuchonné ne commence son périple qu’avec le saut et le dash, ce qui s’avère bien faiblard pour faire face aux défis qui l’attendent. Heureusement, d’autres capacités seront débloquées tout au long de Blue Fire, comme le double saut ou la possibilité de courir sur les murs, avec une jauge d’endurance rappelant… eh oui, Zelda, encore. Les développeurs ne se cachent pas de cette forte inspiration, en confiant d’ailleurs qu’ils se sont beaucoup basés sur les Zelda de forme traditionnelle, comme Ocarina of Time ou Majora’s Mask. Cela se remarque clairement en jeu, avec des décors rappelant certains endroits devenus cultes. On peut néanmoins regretter une certaine inégalité dans les paysages, certains étant plutôt réussis et d’autres assez simplistes : on expliquera cela par le fait qu’il s’agisse de la première expérience du studio.

Des éléments de gameplay et d’exploration plaisants

Dans Blue Fire, tout repose ou presque sur la progression du personnage. Vous verrez d’emblée beaucoup de passages, malheureusement inaccessibles, qu’il sera possible de débloquer en avançant la trame principale. Il faudra souvent revenir en arrière pour découvrir de nouveaux territoires, ce qui peut s’avérer pénible : il n’y a étonnamment de pas de carte pour se repérer dans le royaume, et les allers-retours s’avèrent fréquents, ne serait-ce que pour ramasser les minerais, parfois nécessaires pour échanger avec les PNJs et surtout pour acheter des nouvelles compétences. En effet, chaque mort définitive (Game Over) renvoie au dernier point de sauvegarde et supprime tous les minerais récoltés, bien qu’il soit possible de les récupérer à l’endroit où vous avez échoué. Une tâche pas toujours aisée, car les ennemis s’avèrent plus coriaces qu’on pourrait le penser au premier abord.

L’attaque principale se réalise avec le bouton Y, qui consiste en une attaque basique à l’épée. En appuyant plusieurs fois d’affilée, le dernier coup sera une frappe un peu plus puissante que les autres. Il est aussi possible d’esquiver les attaques : avec le bouclier, les assauts adverses sont repoussés et si le bouton assigné est déclenché au moment idéal, l’ennemi pourra être légèrement déséquilibré, ce qui sera l’occasion de contre-attaquer. Le bouclier ne peut pas être déclenché à n’importe quel moment, car il consomme une jauge que l’on appelle le mana, sorte de pouvoir magique qui a plusieurs effets (lancer des boules de feu par exemple). Ce mana se consomme rapidement, il convient donc de ne pas en abuser sous peine de le regretter par la suite, même s’il est rechargeable par les coups que l’on inflige. Comme annoncé plus tôt, les ennemis sont plutôt résistants et disposent d’un panel d’attaques assez élargi : il faut aborder différemment chaque variété d’adversaires – la technique “je-fonce-dans-le-tas-et-on-verra” n’est pas à privilégier.

La perte de vie se fait très rapidement et on se retrouve assez souvent au Game Over, plutôt punitif car il supprime tous les minerais récoltés et renvoie au dernier au point de sauvegarde. La difficulté est présente dans Blue Fire, et sera appréciée par les vétérans de ce genre de jeu… mais pourra vite décourager les plus novices, pas aidés par les nombreux allers-retours qui coûtent du temps. L’usage du mana pourra évidemment pallier cette difficulté : il est d’ailleurs possible d’augmenter le maximum de la jauge de mana via les fragments d’ombre, récupérables après avoir tué un ennemi ou bien lorsque les minerais rentrent en contact avec la corruption. Heureusement, il existe d’autres moyens pour augmenter le maximum de coeurs dans Blue Fire, à l’aide de différents niveaux répartis un peu partout dans le jeu, dans ce qu’on appelle le Vide.

Blue Fire plonge dans le Vide

Le Vide est une autre dimension, accessible via des statues disséminées aux quatre coins de Penumbra. Cet endroit regroupe un ensemble de niveaux, uniquement dédiés à la plateforme : sauter de mur en mur, utiliser le dash au bon moment pour franchir un obstacle, voilà quelques échantillons de ce qui est proposé. Il n’y a rien de bien neuf ou d’innovant sous le soleil (quoique, il fait souvent sombre dans cette partie du jeu) mais on prend malgré tout du plaisir à avancer de plateforme en plateforme, le jeu nécessitant d’être précis et même parfois rapide pour surmonter les épreuves. Chaque niveau est très fermé, l’exploration n’y est donc pas du tout favorisée, même si quelques coffres fournissant quelques objets rares se cacheront ici et là à des endroits plus difficiles à atteindre. Il n’est d’ailleurs pas obligatoire de terminer les niveaux du Vide pour progresser dans l’aventure, ces derniers n’étant utiles que pour acquérir quelques coeurs de plus.

Comme le veut la philosophie du jeu, il n’est pas possible de terminer tous les niveaux du Vide de Blue Fire dès le début, même s’ils restent accessibles à tout moment. Chaque entrée possède sa propre difficulté et certains ne sont terminables qu’à partir du moment où vous débloquez certaines compétences. Une fois ces dernières en votre possession, les niveaux sont en réalité moins difficiles que le reste du jeu, et ne sont pas extrêmement variés : les premières entrées que vous rencontrerez seront d’une grande platitude et même si cela s’arrange quelque peu par la suite, le level-design n’est pas très inspiré contrairement à celui du reste du jeu. Même les trente âmes du vide à récupérer par niveau ne sont pour la plupart pas difficiles à récupérer, tant elles sont placées en plein milieu du chemin ou d’une trajectoire de saut. Aucune musique n’accompagne le parcours de ces niveaux, ce qui est fort dommage compte tenu de la qualité de la bande originale du jeu en général.

Evoquons maintenant l’aspect technique de Blue Fire sur Switch. Profitant d’un cel shading se rapprochant de Zelda (Breath of the Wild en particulier), le jeu n’a pas à rougir de ses performances et s’en tire bien sur la console hybride de Nintendo. On pourra toutefois regretter quelques ralentissements inopportuns, qui ne gênent cependant pas le gameplay du titre. Ces saccades sont encore plus visibles en mode portable, où la qualité visuelle est, logiquement, en deçà de ce que l’on peut voir sur TV. Au niveau de la maniabilité, le titre s’avère la plupart du temps précis et exigeant mais certains contrôles semblent parfois imprécis : par exemple, on pourrait croire que l’on va réussir à s’accrocher à un rebord suite à un saut mais ce n’est finalement pas le cas. Cela ne retire presque rien à la qualité de Blue Fire, mais cela s’avère frustrant lorsque l’on sait toute l’exigence et toute la précision que nécessite le jeu, en particulier dans les niveaux du Vide.


Blue Fire : un mélange des genres plaisant
  • Un bon mélange comprenant quelques petits grumeaux - 70%
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Un bon mélange comprenant quelques petits grumeaux

Blue Fire mélange les styles de Zelda et Hollow Knight pour former un jeu à la fois très inspiré (mais assumé) de ceux-ci, tout en lui donnant une vraie identité. Les idées globales n’ont rien d’une révolution mais sont généralement bien utilisées. On notera quelques défauts, tels que l’absence de carte ou bien les allers-retours parfois nécessaires, mais Blue Fire reste une expérience à tenter pour les férus de plateforme et d’exploration. Pour une première fois, les développeurs argentins de Robi Studios livrent une copie honorable, ce qui n’augure que du bon pour la suite de leurs projets, que nous surveillerons avec curiosité.

Les +

  • Une inspiration de Zelda et Hollow Knight, clairement assumée
  • De nombreux décors et paysages…
  • Un aspect plateformes réussi, notamment avec le Vide…
  • Une exploration souvent bien récompensée
  • Une OST de bonne qualité
  • Des PNJs variés

Les -

  • Une difficulté élevée qui ne conviendra pas à tout le monde
  • …qui sont parfois de qualité inégale
  • …malgré un manque d’ambiance sonore
  • Trop d’allers-retours pour gagner des minerais
  • Où est la carte ??
Sending
Note des lecteurs :
75.82% (11 votes)
Leotendo23

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Présentation : Etudiant de 18 ans, joueur Switch passionné de jeux vidéo depuis l'inoubliable Super Mario Galaxy. Toujours présent en ce qui concerne Mario, Zelda ou encore Splatoon.

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