En ce moment, ça hurle dans les chaumières de Switch-Actu puisque Leo, Jili et votre serviteur viennent de trembler de plus d’une façon sur les trois remakes de Resident Evil disponibles ce jeudi sur Switch 2. On savait déjà que Capcom avait décidé de mettre les petits plats dans les grands sur la nouvelle plateforme de Nintendo et cette entreprise est assidûment poursuivie avec cette triplette qui ravira les amateurs de jeux d’horreur. Tandis que Jili et Leo se sont attelés aux remakes des opus 3 et 4, je me suis penché sur le remake de Resident Evil 2 et, boy, je l’ai aimé autant qu’il m’a terrifié.
Conditions de test : Resident Evil 2 a été testé sur Nintendo Switch 2 grâce à un code fourni en avance par l'éditeur.
Baby Leon
Resident Evil 2 est un épisode fondateur en soi car il s’agit du premier à mettre le légendaire Leon S. Kennedy en vedette. Après l’avoir vu en guerrier endurci dans Requiem, on retourne à ses origines en tant que nouvelle recrue du Raccoon City Police Department. Néanmoins, Leon n’aura jamais l’occasion de rencontrer son équipe puisque cette dernière a été prise dans l’effroyable invasion de zombies nés des intrigues de l’infâme Umbrella Corporation. L’aventure vous mènera dans la ville dévastée, notamment dans son commissariat de police, ravagé et truffé de zombies, Lickers et un certain Mister X qui vous compliqueront la vie de plus d’une façon, nous y reviendrons.
Avant cela, impossible de ne pas mentionner l’autre protagoniste de Resident Evil 2, à savoir Claire Redfield. Le jeu peut se jouer en effet soit du point de vue de Leon, soit de celui de Claire. À noter que la structure n’est pas celle de Requiem qui vous fait passer de Leon à Grace de façon scénarisée : dans celui-ci, vous devez choisir entre Leon et Claire et refaire la campagne principale avec l’autre personnage si vous souhaitez pour avoir une vue complète du jeu. Bien sûr, les deux campagnes partageront énormément de similitudes mais chacune a aussi ses spécificités aussi bien en termes de scénario que de gameplay : là où Leon obtient un fusil à pompe à un certain endroit, Claire mettra la main sur un formidable lance-grenades qui fera déguster les joies du feu et de l’acide aux zombies trop collants. Ceci pour dire que les deux campagnes ne sont pas un moyen artificiel d’allonger la durée de vie de Resident Evil 2 : l’expérience complète nécessite de se plonger deux fois dans ce bain sombre et terrifiant.
Stupeur et tremblements
Si j’ai choisi « l’horreur absolue sur Switch 2 » comme titre de ce test, c’est de façon délibérée mais aussi littérale car j’ai été absolument terrifié pendant toute la durée de mon expérience. Si on est très loin d’être totalement impuissant face aux différentes menaces sur notre chemin, comme on peut l’être dans Alien: Isolation ou les Outlast, on ne sent pas non plus conquérant face aux zombies, aux Lickers et à l’affreux Mister X. Non seulement on sera régulièrement surpris par ces derniers, de préférence à des moments indûs, mais en plus, on devra composer avec une certaine rareté de ressources et de munitions : hors de question de canarder à vue sur le premier zombie venu. Déjà parce que leur tirer dans la tête est loin d’être suffisant, mais aussi parce que certains auront une fâcheuse tendance à se réveiller après avoir été victime de votre passage. Bref, Resident Evil 2 reste un survival horror dans son essence même et non un jeu d’action horrifique. Différence subtile mais capitale que Capcom maîtrise avec brio.
La tension vient également des énigmes à résoudre qui parsèmeront votre exploration des lieux. Entre de mystérieux médaillons à trouver, des clés à utiliser et des niveaux parfois labyrinthiques à souhait, on est parfois suffoqué par tout ce qu’il y a à faire, d’autant plus quand on risque de tomber sur des monstruosités aberrantes à chaque angle. On reste un peu frustré d’un certain manque de logique pour certaines : pourquoi Leon et Claire oublient soudainement qu’ils sont capables de sauter les trente centimètres séparant deux plateformes qu’il faut donc obligatoirement bouger soi-même ?
Cette frustration passée, on constate que les énigmes sont rarement difficiles tout en le restant suffisamment pour ajouter à notre angoisse et honnêtement, on adore ça. Le concept même de Resident Evil, cette « peur addictive » revendiquée par Capcom, prend tout son sens alors qu’on cherche désespérément à faire un peu de place dans notre inventaire pour y accueillir une clé tordue dont on ne connait même pas l’utilité. Resident Evil 2 est maître dans cet art d’équilibrer terreur et moments d’accalmie et on sort épuisé mais heureux de la dizaine d’heures que prendront les deux campagnes.
Le plaisir peut être prolongé avec un mode additionnel baptisé Survivants fantômes : celui-ci permet d’incarner des personnages secondaires, voire tertiaires, rencontrés au cours de votre aventure avec Leon et Claire, et de prendre part à des scénarios parallèles dans des lieux peu, voire pas explorés auparavant. Ces défis vous donnent un équipement de base et consistent à partir d’un point A pour atteindre un point B en un seul morceau avec des menaces parfois inédites en cours de route. Bref, il y a fort à faire dans ce remake et quelle horreur quel bonheur !
L’horreur intacte
Portage sur Switch 2 oblige, on ne peut évidemment pas passer à côté d’un petit test technique ! Sur ce point, soyez pleinement rassurés : Resident Evil 2 est formidable sur la console de Nintendo. Le portage maintient le plus souvent ses 60 FPS, bien que le framerate chute dès qu’il s’agit d’un élément un peu éloigné : un zombie à quelques mètres de vous se déplacera curieusement à une fréquence plus basse bien que le level-design du jeu nous expose si rarement à ce genre de situation qu’on ne saurait s’en formaliser. Fatalement, la résolution est un peu moins fine sur l’écran de la Switch 2 mais j’ai tout de même grandement apprécié passer en mode portable régulièrement sans ressentir la moindre gêne. En mode TV, aucun problème à signaler ce qui me permet de dire que, dans sa globalité, la version Switch 2 est un excellent moyen de découvrir ou redécouvrir ce monument du jeu d’horreur.
Conclusion - Tremblez carcasses
Pas de date pour Halloween ? Qui en a besoin quand on peut passer ces heures terrifiantes et délicieuses avec Leon et Claire ? Resident Evil 2 nous offre un moment d’anthologie au coeur de Raccoon City et est particulièrement plaisant à jouer sur Switch 2. Pour qui souhaite s’initier à la licence de Capcom, saisissez votre chance, d’autant que que le portage est proposé à prix doux.
- Une terreur absolue et bien dosée
- Un très bon mélange d’action, de survie et de parcimonie
- Des énigmes challengeantes…
- Un portage de qualité sur Switch 2…
- … mais qui manquent parfois de logique
- … malgré quelques chutes de framerate
