Untitled Goose Game
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Communauté – Untitled Goose Game, l’oie qui voulait être Roi – TEST

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Rares sont les jeux qui peuvent se vanter d’avoir un postulat de départ aussi simple et compréhensible que “Untitled Goose Title”. Vous vous retrouvez dans la peau d’une oie, particulièrement malicieuse, qui a décidé de mener la vie dure aux humains qui l’entourent au sein d’un charmant petit village. Deuxième jeu des développeurs australiens de House House, Untilted Goose Game se veut autant l’héritier de Mario 64 que de Hitman et a la lourde tâche d’assumer la hype qu’il a créée, peut-être un peu malgré lui. Pari réussi pour cette première aventure anatidée vidéoludique ?

Metal Goose Solid

C’est après avoir effrayé à coup de cacardement mon premier humain que je me suis demandé pourquoi en quarante ans d’histoire, le jeu vidéo n’avait jamais eu l’idée de nous faire jouer un de ces oiseaux à la réputation entachée par un soi-disant caractère cupide et malin. Bon, Untitled Goose Game ne viendra pas redorer l’image de l’animal puisque le jeu vous invite à tourmenter de pauvres humains de façons les plus originales les unes que les autres. Votre aventure commence dans un buisson et se prolongera dans un monde ouvert et connecté représentant un village et ses différentes places : son jardin, son pub, sa rue principale, etc. La structure des chapitres du jeu est simple, vous entrez dans une partie de la bourgade, on vous donne une liste d’objectifs (libre à vous de la consulter ou non), et une fois ces objectifs atteints le monde s’ouvre vers une nouvelle partie. Les objectifs vont du plus simple (voler la chaussure d’un grand-père), à des tâches plus sophistiquées qui vous invitent à explorer la dimension infiltration du jeu.

En l’espace de deux minutes, toutes les mécaniques de gameplay sont assimilées. Vous pouvez avancer, nager, attraper des objets avec votre bec ou jouer avec la physique si l’objet se révèle trop volumineux. L’oie peut également battre des ailes ou cacarder, une habilité qui se révèlera particulièrement amusante et addictive. À partir de là, il n’y a que votre imagination (ou presque) qui vous empêchera de mettre en œuvre les tâches que le jeu vous invite à réaliser pour progresser au sein du village. La simplicité du jeu se révèle être sa force, et il est bon de parfois explorer la nouvelle zone par soi-même avant de s’attarder sur la liste des objectifs. Il est particulièrement gratifiant de voir le jeu nous récompenser alors qu’on pensait l’avoir trompé. Malheureusement, ces moments demeurent trop rares et l’aventure de l’oie est parfois gâchée par des solutions un peu trop imposées qui viennent trahir l’esprit de liberté promu par le reste du jeu.

Véritable bac à sable, Untitled Goose Game excelle autant dans sa capacité qu’il a à nous inviter à digresser en passant parfois des dizaines de minutes à engendrer des situations absolument inutiles dans sa progression (enfermer deux personnes dans le garage en même temps sera un travail de longue haleine et totalement futile) que dans sa volonté de mettre en scène un univers charmant où la contemplation de la vie de ses personnages non jouables est indispensable pour comprendre leur schéma de fonctionnement, et donc, avancer dans le jeu.

Paramètre indispensable au bon fonctionnement de tout jeu jouant la carte de l’infiltration, l’intelligence artificielle se révèle globalement efficace, les PNjs ont des réactions relativement logiques et pimenteront vraiment votre aventure au cours des derniers décors. Peut-être aurait-on apprécié une évolution encore plus importante de leur comportement au fil de nos allées et venues.

Il était une fois…

Mais la force d’Untitled Goose Game ce n’est pas simplement son gameplay efficace, là où le jeu prend toute son ampleur c’est quand il fait des choix qui le différencient des autres propositions du genre de l’infiltration : l’ambiance est le pilier de la réussite du jeu. Outre la poilante idée d’incarner une oie, le jeu se démarque grâce à son aspect visuel dépouillé mais très cohérent et charmant. Inspiré par les programmes pour enfants de la télévision britannique (House House cite « Thomas le petit train » comme une de ses inspirations visuelles), le jeu propose un rendu 3D dans lequel les textures sont remplacées par des aplats de couleurs pales. Là où la plupart des titres ont recours à des couleurs vives pour en mettre plein la vue, Untitled Goose Game joue la carte de la sobriété et crée une ambiance apaisante qui correspond complètement à son cadre de petite ville anglaise. Chaque décor fourmille de détails amusants qui contredisent l’aspect sans détails des visages des êtres humains. Dommage finalement que ces décors puissent se compter sur les doigts d’une main, face à la qualité de l’agencement de ce monde, on aurait aimé en avoir plus. La dernière partie du village qui sert de cadre au final du jeu est particulièrement habile, amusante et très méta, synthèse de la réussite artistique du jeu.

La bande originale se veut dynamique et toute en notes de piano qui changent subtilement selon les lieux et les actions de votre personnage. Cette musique joue un rôle important dans l’expérience fluide et sans accroc mise en avant par le monde d’Untitled Goose Game. Le travail des bruitages se fait également en toute retenue, les bruits des pattes de l’animal rythment votre avancée dans le jeu, et l’univers sonore renforce l’impression de se trouver au sein d’un univers de contes pour enfants.

Techniquement, l’aventure se déroule sans trop de soucis, la résolution du jeu est bonne et affiche un solide 30 ips et ne connait pas de baisse drastique de sa fréquence d’images. Il faut bien dire que l’univers graphique proposé permet de s’adapter même à la moins puissante des machines. Il faut souligner tout de même que le jeu propose une expérience dépourvue du moindre temps de chargement, un choix pas si anodin qui participe pour beaucoup au plaisir qu’on prend sur le titre. Notons qu’en cinq heures de jeu, deux crashs intempestifs auront été à déplorer. Heureusement, la générosité du jeu en termes de sauvegarde automatique ne les a pas rendus pénalisants.

Du côté de la durée de vie, comptez trois heures pour l’aventure principale en incluant les inévitables minutes passées à s’amuser avec les mécaniques tierces du jeu. Rajoutez à cela deux heures de missions bonus plus corsées (et amusantes) et de nouvelles tentatives de terreur aviaire. Vous obtenez un jeu court, et même si on peut saluer l’effort dans le endgame, à 20€ nous pouvons dire que cela fait cher l’escapade aviaire. On pourra cependant se dire que c’est le prix de l’originalité et d’un titre qui est peut-être le plus différent des nombreuses propositions faites sur Nintendo Switch en cette rentrée. Finalement, ce n’est pas si cher payé pour quelques heures d’oisiveté…

Conclusion
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Résumé

Empruntant autant à Hitman qu’à Scribblenauts, Untitled Goose Game se révèle être un bac à sable réussi. Original, créatif, différent, le second jeu de House House est une vraie invitation à retrouver le plaisir de jouer pour le jeu et le divertissement total. Une bouffée d’air frais, au milieu de AAA calibrés et uniformisés, qui pêche cependant par ses moyens, clairement pas à la hauteur de ses ambitions qui font que l’on se retrouve un peu frustré une fois venu le générique de fin. L’aventure n’en est néanmoins pas ternie, et la star d’Untitled Goose Game est l’un des héros de jeux vidéo que l’on retiendra en 2019 ! On espère la retrouver au plus vite, dans un jeu encore plus ambitieux.

Les +

  • Le postulat de départ, différenciant et assumé
  • L’univers, ultra charmant et cohérent
  • La direction artistique, toujours réussie.
  • Les vraies possibilités
  • Une oie, on incarne une OIE !

Les -

  • Trop court, on en redemande !
  • Un monde qu’on aurait aimé encore plus grand
  • Une IA encore perfectible
Envoi
User Review
66.25% (4 votes)

A propos de l'auteur :

Lamalande

a écrit 1 articles sur Switch-Actu.

Un commentaire pour “Communauté – Untitled Goose Game, l’oie qui voulait être Roi – TEST

  1. Pour la musique, il faut rendre hommage au grand talent de Claude Debussy (Prelude No. 12: Minstrels). A écouter sans retenue.

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