TEST – Bayonetta

” Being bad never felt so good “. C’est sous ce slogan aussi inquiétant que malicieux que SEGA et Platinum Games menèrent la promotion de Bayonetta. Dans ce chaotique beat’em all alliant subrepticement blasphème et sadisme, le joueur incarne une séduisante sorcière phénoménalement puissante dans une guerre impitoyable contre le Paradis. Bayonetta fait ainsi son retour sur Nintendo Switch dans ce portage du premier épisode : que valent les aventures de la plus sexy des sorcières sur la console hybride ?

I’m a bi… I mean, a witch !

Ses talons frappent le sol avec force, ses cheveux noirs ondulent avec grâce : faites place à Bayonetta ! Avec ses formes généreuses, sa tenue moulante et son parler corrosif, cet atypique personnage a tout pour faire vibrer son public ? Insolente, sulfureuse, cynique mais tellement sexy… Une véritable femme fatale est née des studios de Platinum Games. Et pourtant derrière cette façace aussi dangereuse qu’attirante, se cache une demoiselle totalement amnésique après un sommeil d’un demi millénaire, rien que ça. Dénuée de tous souvenirs, Bayonetta fait face à une véritable et sainte armada qui a juré sa perte : les Sages de Lumen. Ennemis héréditaires des Sorcières de l’Umbra dont notre protagoniste est la dernière représentante, les Sages n’hésiteront pas à envoyer toutes sortes de monstruosités pour assassiner notre héroïne.

C’est dans ce sinistre contexte que prend place une folle histoire, illustrée par de nombreuses cinématiques, qui nous propose d’explorer les origines du personnage principal et ainsi de récupérer sa mémoire perdue par son profond coma. Heureusement, la jeune demoiselle dispose d’une force magique prodigieuse qui lui sera essentielle pour survivre dans le macabre univers du jeu. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Hideki Kamiya s’est surpassé dans la création des environnements : détaillés, variés et plaisants à parcourir, ceux-ci offrent des visions souvent bien agréables aux joueurs. Le seul et unique reproche que nous pourrions émettre réside dans les couleurs malheureusement très ternes dans l’ensemble. Déjà présent dans les précédentes versions, ce soucis colorimétrique donne un ensemble un peu délavé, comme un papier peint exposé trop longtemps au soleil.

Show me boy…

Vous aurez ainsi à affronter les épouvantables anges du Paradis envoyés par les Sages de Lumen. Si vous vous attendiez à d’adorables créatures ailées à l’image de Nasse dans Platinum End, détrompez-vous. Brutaux, rapides et bien souvent meurtriers, les créatures du Paradis, loin d’êtres angéliques, semblent plutôt issues des Enfers. Mais pas de panique, un véritable arsenal est mis à votre disposition pour venir à bout des ces religieuses monstruosités. Platinum Games propose un gameplay tout à fait unique dans la mesure où notre héroïne se bat avec quatre armes : une dans chaque main, et une fixée à chaque pied, au niveau du talon. Experte en tous types d’armes, Bayonetta alterne avec une sauvage élégance revolvers, épées, griffes, patins à glace et autres bazookas. Il vous est permis de mélanger les sets d’armes aux mains et aux pieds pour obtenir une multitude de manière de tuer vos ennemis : à vous les batailles sanglantes à coup de lames acérées et d’armes à feu dévastatrices !

Mais n’oublions pas que nous incarnons une sorcière, et pas n’importe laquelle ! En esquivant au dernier moment, Bayonetta peut activer l’Envoûtement, une capacité de ralentir le temps bien pratique qui permet au joueur d’asséner de redoutables combos. Les dégâts occasionnés lors de l’Envoûtement vous permettent d’accumuler de la magie que vous pouvez déchaîner lors des monstrueuses mais diablement efficaces Attaques Sadiques. Comme leur nom le suggère, il s’agit de finish dévastateurs permettant à Bayonetta d’en finir avec ses adversaires grâce à une sélection d’instruments de torture qui ferait presque passer les Glory Kills de Doom pour de simples pichenettes. Enfermez vos ennemis dans des dames de fer, écrasez-les sous une roue hérissée et décapitez-les à la guillotine, tout ceci dans la joie et la bonne humeur omniprésentes du titre !

Fly Me To The Moon !

Aussi étonnant que cela puisse paraître, et malgré toutes les atrocités que nous venons de décrire, Bayonetta se joue dans une ambiance légère créée par la personnalité exquise de son protagoniste éponyme et une bande-son tout simplement excellente. Les fans de Frank Sinatra découvriront dès l’introduction du jeu une splendide reprise de Fly Me To The Moon qui aura tôt fait de vous transporter aux côtés de la sorcière. Bayonetta propose également un casting fort plaisant en plus de son héroïne : préparez-vous à rencontrer des personnages loufoques, dangereux pour certains, pathétiquement malchanceux pour d’autres, qui ajouteront une dose d’humour et parfois même d’émotion au milieu de vos combats.

Tous ces éléments réunis composent le trésor de gameplay qu’est Bayonetta qui en plus de cela possède une solide durée de vie : bourré de secrets, de référence et de défis en tous genres, le titre ne laissera pas achever facilement et vous occupera des dizaines d’heures sans problème. Il est si plaisant de trancher les monstrueuses créatures du Paradis en morceaux qu’on se questionne parfois sur notre propre santé mentale. Dans cette véritable danse macabre, on prend un sombre plaisir à maîtriser toutes les armes démoniaques qui diversifient à merveille les manières de se battre. La difficulté croissante du jeu est un véritable défi : sans donner envie de brailler « C’est le Dark Souls du beat’em all ! », Bayonetta mettra vos réflexes et votre maîtrise à rude épreuve notamment face aux nombreux Boss qui se mettront sur votre route. Ceux-ci offrent d’épiques batailles, chacune ayant leurs spécificités, mais également toutes caractérisées par leur gigantisme. Dragon bicéphale, colosse artilleur et monstre tentaculaire vous attendent de pied ferme, un sourire carnassier aux lèvres, du haut de leur centaine de mètres ! Et de tels ennemis sont l’occasion de mises à mort spectaculaire où Bayonetta fait appel à ses propres monstres infernaux. En bref, une véritable décharge d’action est au programme !

La (S)witch est dans la place

La question de premier ordre concerne évidemment la qualité technique et la maniabilité de ce portage sur Nintendo Switch. Le résultat est sans appel : la perfomance sur la console hybdride est supérieure à la version Wii U. Bien que la résolution soit bloquée à 720p aussi bien en portable qu’en TV comme sur Wii U, le vrai progrès réside dans la fluidité quasiment parfaite du titre. Ainsi, les 60 images par seconde sont pratiquement constantes, malgré quelques petites baisses très superficielles lors des scènes les plus explosives. Il est également très agréable d’utiliser le Mode Nomade de la Nintendo Switch pour trancher quelques anges en morceaux dans les transports ou simplement pour le plaisir de voir notre chère sorcière sur une console portable.

A propos de l'auteur :

LatoJuana

Jeune aficionados de Nintendo de 20 ans. Fan de Miyazaki et de Disney. Etudiant en Biologie et cataclysme en Travaux Pratiques.

a écrit 47 articles sur Switch-Actu.

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