Hyrule Warriors l'ère du fléau Faras Pru'Ha
80%

Hyrule Warriors : l’Ère du Fléau, belliqueusement vôtre – TEST

En 2014, Nintendo annonce un cross-over unique entre Dynasty Warriors, une licence classique du genre musō, et The Legend of Zelda, que l’on ne présente plus (et encore moins sur ce site). Le produit issu du mélange s’appelle Hyrule Warriors, et débarque sur Wii U à l’époque avec un parc de consoles plutôt restreint. En 2020, Nintendo profite de l’engouement massif suscité par la Switch pour proposer un second épisode à son cross-over baptisé Hyrule Warriors : l’Ère du Fléau, qui promet de décrire les évènements antérieurs à The Legend of Zelda : Breath of the Wild tout en se basant sur le gameplay du premier opus sur Wii U. Alors, mélange réussi ?

L’ADN de Breath of the Wild

C’est ce qui frappe dès le démarrage du jeu. Après quelques brefs classiques indications de sauvegarde automatique et autres, vous vous retrouvez tout de suite plongés dans l’univers de ce Hyrule Warriors, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a un air de déjà-vu. En effet, la scène d’introduction met en scène la fameuse bataille ayant conduite au chaos d’Hyrule, 100 ans avant les évènements de Breath of the Wild. Tout est réuni pour séduire les fans de la saga : direction artistique, musiques, effets visuels et sonores vous rappellent tout de suite l’inspiration de ce nouvel opus. Plus particulièrement, dans la scène belliqueuse à laquelle vous assistez, vous remarquerez sans problème des gardiens terrestres et volants, véritables marqueurs du Hyrule de Breath of the Wild. Parmi eux, un petit gardien tente de survivre à l’horreur, et arrive à créer un portail temporel afin de se téléporter aux prémices de la bataille. Son objectif : prévenir les forces d’Hyrule que le chaos s’apprête à dominer le royaume. S’en suit alors une cinématique se passant à l’époque dans laquelle vous évoluerez, qui met en scène le roi d’Hyrule mais aussi et surtout Link, que vous incarnerez (entre autres). Le ton est donné, et la promesse est déjà en partie tenue : vous allez bien assister aux prémices de la guerre d’Hyrule, et le tout dans un univers pratiquement identique à celui de Breath of the Wild.

Passée cette scène d’introduction, vous vous retrouvez directement propulsé au coeur de la bataille, à devoir taper sur à peu près tout ce qui bouge. Avant de parler de gameplay en lui même, il est intéressant de noter qu’au delà de l’histoire ou des musiques, Hyrule Warriors : l’Ère du Fléau s’inspire de Breath of the Wild également dans son interface. En appuyant sur + ou -, les mêmes boutons et mêmes bruitages de menu sont joués. Les emplacements d’objets, les ressources visuelles, les paramètres… tout est inspiré pour ne pas dire repris de Breath of the Wild. Est-ce pour autant un problème ? Le tout est très simple d’utilisation, fluide, et complet. Il y a même une seule contrepartie, et elle est positive : elle ravira les fans de la saga en sortant directement du four une belle madeleine de Proust (comment ça, ça ne fait que 3 ans ?). Une fois ce premier contact avec le jeu passé, Hyrule Warriors : l’Ère du Fléau enfonce définitivement le clou dès lors que le joueur a accès au “hub” principal du jeu.

Car oui, ce hub n’est rien d’autre qu’une tour Sheikah. Cette tour vous donnera accès à tout Hyrule, avec une carte, des noms de régions ainsi que des musiques là aussi faisant totalement suite à Breath of the Wild. Cerise sur le gâteau : vous retrouverez les protagonistes principaux du jeu original, ce qui là aussi va simplement ravir les fans de la première heure, et faire découvrir un univers formidable aux néophytes. Ayant maintenant la certitude de son inspiration, il est temps de s’attarder sur la principale caractéristique de Hyrule Warriors : l’Ère du Fléau : son gameplay. Car si l’univers est gage de satisfaction dès lors que l’on sait d’où il tire ses références, le gameplay lui peut potentiellement poser plus de questions.

Hyrule Warriors : à feu et à sang

Ne vous méprenez pas : malgré ses ressemblances, Hyrule Warriors : l’Ère du Fléau est bel et bien un musō, et non un jeu d’action-aventure à la Zelda. De ce fait, son gameplay suit les codes des pionniers du genre (comme Dynasty Warriors, au hasard). Les musō sont, grossièrement, des hack ‘n’ slash typiquement japonais. En d’autres termes, il n’est en aucun cas question de subtilité ou de réflexion ici, mais seulement de baston pure et dure. Dès les premiers instants du jeu, vous allez pouvoir le constater en vous retrouvant face à une horde d’ennemis. Quand je dis horde, je ne parle pas d’un groupe d’une dizaine d’ennemis, mais bel et bien d’une centaine d’adversaires au cours d’un même assaut. Ne vous inquiétez pas, Link et ses alliés ont de quoi contrer la menace, grâce à une panoplie de mouvements tous plus violents les uns que les autres.

Le jeu se base sur deux attaques basiques : un coup dit “rapide” demandant une pression sur le bouton Y, et un coup plus lourd associé au bouton X. Bien évidemment, les coups sont faits pour être enchainés, et peuvent déboucher sur de nombreux combos infligeant plus ou moins de dégâts aux ennemis. Si certains combos se cantonnent à des attaques au sol, d’autres vous permettront parfois de décoller et de prendre de la hauteur. Dès lors, il vous sera possible de charger au sol afin d’infliger de lourds dégâts de zone. Il est à noter que certains coups spéciaux peuvent être chargés pour certains personnages, afin de balayer vos ennemis d’un coup unique mais plus puissant. Le jeu propose, en plus de ces combos basiques, des attaques lancées à l’aide de la tablette Sheikah. Ainsi, de façon similaire à celle de Breath of the Wild, cette dernière vous permettra d’utiliser des bombes, de figer les ennemis, de contrôler des objets du décor ou encore d’utiliser des blocs de glace pour vous protéger. Certains objets ramassés sur les ennemis (comme les baguettes élémentaires) ont aussi un emplacement réservé dans votre équipement afin de les utiliser quand la situation s’y prête.

Cerise sur le gâteau, une fois que vous avez balayé assez d’ennemis, il vous sera possible d’utiliser un coup ultime à l’aide du bouton A, qui inflige d’énormes dégâts de zone. La jauge se rempli relativement rapidement si vous tapez sur tout ce qui bouge. A l’inverse, si vous préférez fuir et vous concentrer sur certains groupes d’ennemis, vous compterez moins sur cette attaque finale. Car oui, une des caractéristiques du jeu et des musō est de proposer une vaste carte sur laquelle vous pourrez vous balader et frapper à certains endroits stratégiques, afin de remporter la bataille. Après quelques minutes ou heures de jeu, vous vous rendrez compte que Hyrule Warriors : l’Ère du Fléau ne se résume pas totalement à “taper”, et met à disposition de nombreux outils visant à vous faciliter la vie durant les assauts.

De véritables prémices de guerre

Lors de vos batailles en Hyrule, il vous sera possible d’incarner différents personnages, ayant chacun un gameplay et des mouvements spéciaux caractéristiques. Si Link permet de se faire une bonne idée de ce à quoi ressemble le jeu, c’est probablement en jouant un autre personnage que vous apprécierez le gameplay souvent original de cet opus. En plus de ça, au cours des assauts, vous récolterez un grand nombre d’objets, qui vous permettront de mieux aborder les prochaines batailles. Parmi eux, les armes ont la grosse part du gâteau et vous permettront à la fois de varier votre gameplay en changeant le type d’arme associé aux personnages, mais aussi et surtout en les améliorant afin d’augmenter vos dégâts. De plus, une pléthore d’objets caractéristiques de Breath of the Wild vous serviront de base à la confections de plats, comme les herbes, les piments, les venaisons ou encore les poissons. Viennent s’ajouter à cela un certain nombre d’installations visant là aussi à mieux préparer les assauts, comme la forge qui vous permettra d’améliorer vos armes, ou encore des boutiques vous permettant d’acheter des ingrédients afin de réaliser vos plats.

Un autre point important dans Hyrule Warriors : l’Ère du Fléau concerne la possibilité de contrôler plusieurs personnages au cours d’une même bataille. Vous pourrez soit décider d’incarner un autre protagoniste, soit de lui donner des séries d’ordres visant à optimiser vos déplacements au cours d’un assaut. Par exemple, un de vos alliés pourra sans problème s’occuper d’un groupe d’ennemis distant de votre position, pendant que vous poursuivez votre percée. Pour cela, il vous suffira de les envoyer où bon vous semble à l’aide de la carte présente en jeu (pratique non ?). Le nombre d’alliés varie en fonction des batailles, et peut même augmenter au cours de la bataille. Il vous sera possible d’interchanger vos personnages avant le début des hostilités, afin d’incarner votre héros favori bien avant de vous retrouver dans le pétrin. Si vous désirez mener votre bataille à deux, il vous sera même possible de jouer en local avec un ami, rendant alors la communication plus aisée que celle avec l’IA du jeu (quoi que…).