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Cult of the Lamb : à la croisée des genres – TEST

De manière générale, l’éditeur Devolver Digital semble particulièrement doué pour dénicher des projets originaux et, sur le papier, c’est une nouvelle fois le cas avec la promesse de Cult of the Lamb. Le titre développé par Massive Monster s’avère être un audacieux mélange entre le genre très répandu du roguelite avec celui de la gestion/simulation de base. Ce croisement entre les genres prend également des aspects inattendus avec la thématique globale du jeu qui, comme son nom l’indique, consiste à développer un culte. Alors, ce titre fraîchement débarqué sur Nintendo Switch ainsi que sur toutes les autres machines le 11 août dernier est-il le représentant des titres indépendants de l’année ou se prend-il les pieds dans le tapis ?




Une mort sans fin dans Cult of the Lamb

Le propos initial du jeu semble assez simple : une entité cherche à éliminer l’ensemble des agneaux de la planète, dont vous êtes le dernier représentant. Peu après votre élimination, un personnage aux pouvoirs mystérieux se chargera de vous ramener à la vie, et ce autant de fois qu’il le faudra, à une condition : développer un culte à son effigie. En plus de cela, il faudra vous charger d’éliminer les différents boss du jeu, voyant d’un très mauvais œil la mise en place d’une véritable secte à l’encontre de leur principe. Les enjeux concernant le début de partie de Cult of the Lamb sont engageants et donnent envie de venir en aide à la mystérieuse créature qui vous réanime sans cesse.

Afin de développer ce culte, il vous faudra partir dans des donjons, générés aléatoirement et n’ayant jamais la même disposition à chacune des parties. Au sein de ces derniers, il faudra donc se battre contre de nombreuses créatures, dont les sets d’attaques diffèrent les unes des autres, et avancer salle par salle dans ce labyrinthe. Pour ce faire, votre agneau dispose de deux aptitudes d’attaque : une utilisable à volonté tandis que l’autre utilise une barre de “ferveur” que l’on recharge en tuant des ennemis. Enfin, pour compléter le set d’attaque de votre personnage, une roulade viendra permettre d’esquiver les coups adverses. Un ensemble plutôt simple qui permet d’appréhender rapidement le fonctionnement de Cult of the Lamb, ce qui n’est pas le cas dans l’ensemble des jeux du genre.

Dans l’objectif de pimenter un peu les parties, les différentes aptitudes de votre personnage vont pouvoir être modifiées selon des tirages de cartes permettant par exemple d’augmenter la vie, les dégâts, permettre d’obtenir plus de ressources… Encore une fois, cette proposition du titre de Massive Monster est très simple à comprendre, mais peut être un peu trop simpliste dans son exécution. Finalement, on ne ressent pas une véritable évolution dans ses aptitudes au cours d’une run. Là où un Hades ou un Binding of Isaac peuvent proposer un total retournement de situation avec quelques items seulement, Cult of the Lamb joue étrangement la carte de la sagesse au point que toutes les parties se ressemblent énormément, faisant ressentir une répétitivité que le côté roguelite ne parvient pas à effacer.

En plus de la mission de démanteler chacun des opposants à votre secte naissante, la partie exploration permettra de récupérer des ressources et des adeptes pour développer votre base. D’une part, chaque décor sera cassable, permettant d’obtenir du bois, de l’herbe ou encore de la roche. D’autre part, à la fin de chaque étage, il sera possible de prendre différents chemins pour se diriger vers des salles contenant uniquement les ressources en question. L’autre élément important à récupérer lors de vos différentes runs concerne différents personnages qu’il faudra sauver des griffes des affreux monstres, afin qu’ils puissent devenir des adeptes de votre secte et vous aider à développer celle-ci.

Développer son culte ou partir en mission ?

Comme précisé précédemment, les différentes ressources vont permettre de développer sa petite base, servant de siège à votre secte. De ce côté-là, Cult of the Lamb se montre relativement classique, mais diablement efficace grâce à un enrobage peu commun. Il vous faudra gérer trois jauges différentes : la foi, la satiété ainsi que le niveau de propreté du campement. Pour cela, différentes actions sont possibles pour les maintenir au meilleur niveau : prononcer des sermons et organiser des rituels seront au service de l’augmentation de la foi, développer vos fermes et cuisiner différents plats pour éviter que vos adeptes ne meurent de faim et pour finir, nettoyer soi même les déchets de vos occupants ou placer des stands de nettoyage pour les laisser s’en occuper. Les  possibilités offertes de ce côté sont nombreuses et donnent envie d’optimiser au mieux le rôle de chaque adepte pour accroître la puissance du culte.

De leur côté, les différents occupants de votre secte travailleront pour vous dans vos différentes usines afin de produire de la nourriture, du bois ou encore des pierres. En plus de devoir gérer les quantités de ressources à votre disposition, il sera nécessaire de demander aux croyants de prier votre culte afin de générer de la dévotion, qui aura pour intérêt de débloquer tout un tas de différents bâtiments et fonctionnalités pour votre base. De la même manière, la réalisation des sermons et des rituels va permettre à améliorer d’autres jauges, utiles pour les combats cette fois-ci. S’amuser à développer son culte tout en gérant les différentes jauges et en se chargeant d’améliorer son personnage est un véritable plaisir et une réussite de Cult of the Lamb.

Cependant, le tout se croise finalement de manière bancale avec les phases d’exploration puisque, pendant ces dernières, l’ensemble des jauges continuent de se vider. Il faudra donc prévoir suffisamment de foi, de nourriture et de propreté afin de ne pas se retrouver avec une révolte à votre retour de donjon. L’effet secondaire est que pendant les combats, une petite pensée vient toujours rappeler qu’il ne faut pas trop traîner pour rentrer à la base, ruinant quelque peu l’envie d’arpenter les donjons. De plus, lors de votre arrivée dans certaines zones, les boss de cette dernière peuvent infliger des malus à vos adeptes comme des maladies ou une faim anticipée. Une nouvelle fois, cela peut s’avérer particulièrement mal jaugé puisqu’il est possible, qu’après ce malus, plus de la moitié des occupants de la secte ne soit plus en vie lors du retour à la base, un point très frustrant.

Un joli diaporama

Du côté de sa direction artistique, Cult of the Lamb se montre particulièrement juste avec un enrobage tout mignon malgré des actes l’étant beaucoup moins. Cette dernière est extrêmement jolie et permet un décalage très plaisant à voir en jeu. Notons seulement que quelques fois pendant l’exploration des donjons, l’ombre de certains décors peut venir limiter la visibilité de l’action entraînant parfois la perte de précieux points de vies. D’un autre côté, les musiques et les bruitages sont également une grande réussite du jeu de Massive Monster, ces points accompagnent à merveille l’exploration et renforcent le côté “développement du culte”. Là où le jeu pêche véritablement, et il s’agit d’un énorme souci venant entacher le gameplay, c’est pour ce qui est du framerate. Lors de chaque roulade, lors de chaque coup porté, lors de chaque attaque d’un ennemi, le jeu va produire un micro-freeze, rendant l’action difficile à gérer et les dégâts fréquents. D’un point de vue technique, rien ne justifie une version Nintendo Switch aussi instable.

Cult of the Lamb : à la croisée des genres
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Cult of the Lamb : à la croisée des genres

Cult of the Lamb part d’un postulat véritablement alléchant avec sa proposition de développer sa secte au sein d’une partie gestion/simulation croisée avec une partie roguelite. Cependant, l’exécution s’avère en demi-teinte avec une partie exploration des donjons trop sage, dont les différentes parties ne varient que très peu et instaurant une répétitivité certaine. Malgré tout, les bases du gameplay de Cult of the Lamb sont véritablement prenantes et la direction artistique ainsi que la partie sonore donnent envie d’y revenir. La partie concernant le développement du culte s’avère plutôt réussie malgré son léger débordement sur les phases en donjon. Pour finir, la fluidité du titre sur Nintendo Switch est un véritable obstacle pouvant rebuter les joueurs à arriver jusqu’à la fin.

Les +

  • Un mélange des genres intéressant
  • un gameplay simple et efficace en donjon
  • Le développement du culte engageant
  • Des musiques et bruitages très immersifs

Les -

  • Le manque de variations lors des explorations en donjon
  • La partie culte empiétant trop fortement sur l’action des combats
  • Le framerate sur Switch catastrophique
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Dams

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Présentation : Etudiant en Biologie, Joueur avec une préférence pour Nintendo et plus particulièrement pour la licence Pokémon

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Bruno

Je ne suis tellement pas d’accord avec votre test qui nous rappelle que les tests sont vraiment subjectifs. Donner un 65% est ridicule alors que ce jeu est une petite pépite !!
Et ce fameux framerate sur Switch n’est pas si catastrophique.