Une Nintendo Switch 2 Lite se dessinerait-elle déjà à l’horizon ? C’est en tout cas ce que suggère une rumeur relayée récemment, qui émet l’hypothèse que Nintendo et Nvidia pourraient profiter d’un tout nouveau procédé de gravure de Samsung pour préparer une déclinaison compacte et plus économe de leur console hybride. Une piste d’autant plus crédible que le processeur de la Nintendo Switch 2, le Tegra T239, est déjà fabriqué par le fondeur coréen en 8 nm.
Un procédé 8 nm modernisé
Le point de départ de cette rumeur est une conférence programmée à l’IEDM 2026 (International Electron Devices Meeting), prévue en décembre, où Samsung Foundry doit présenter son procédé 8LPU+, deuxième génération de sa plateforme 8 nm. Selon le résumé publié par le fondeur, ce procédé offre une amélioration de 12 % des performances, une réduction de 15 % de la consommation et une baisse de 8 % de la surface de gravure par rapport à la génération précédente, le 8LPU, tout en réduisant les fuites en veille grâce à des SRAM à très faible consommation et des transistors à tension de seuil élevée.
Ce procédé a été pensé pour l’automobile, la robotique et l’IA embarquée, pas pour les consoles de jeu. Mais le média coréen Electronic Times cite une source industrielle selon laquelle « les clients existants du 8 nm dans l’écosystème de Samsung Foundry, ainsi que les concepteurs de puces sans usine, sont des candidats probables pour le nouveau procédé 8LPU+ ». Nintendo et Nvidia, clients historiques de ce nœud de gravure, répondent parfaitement à ces prérequis.
Pour autant, le gain de puissance de 12 % cité plus haut ne voudrait pas forcément dire qu’une Nintendo Switch 2 Lite pourrait être plus puissante qu’une Nintendo Switch 2 standard. Si Nintendo souhaite garder les mêmes performances en jeu entre les deux machines, il pourrait simplement être possible de brider le nouveau SoC à une fréquence inférieure pour économiser d’autant plus du côté de la consommation de batterie.
Pourquoi cette piste pourrait faire sens pour une Nintendo Switch 2 Lite ?
L’intérêt pour une Nintendo Switch 2 Lite est double. D’abord, la réduction de 15 % de la consommation irait dans le sens d’une console exclusivement portable, où l’autonomie prime sur la puissance brute, exactement le positionnement de l’ancienne Nintendo Switch Lite. Ensuite, le 8LPU+ repose sur des lignes de production déjà amorties, sans lithographie hors de prix, ce qui permet de contenir les coûts de fabrication : un argument de poids pour un modèle pensé pour être plus économique.
Car le contexte financier se durcit. Reuters révélait en août que Samsung a augmenté de près de 10 % les prix de son procédé 8 nm pour les nouvelles commandes. Une fois les stocks de Tegra T239 épuisés, Nvidia et Nintendo devront soit payer plus cher le même procédé, soit migrer vers une gravure plus fine, encore plus onéreuse. Miser sur un SoC regravé en 8LPU+ permettrait d’encaisser cette hausse tout en conservant une compatibilité architecturale avec les jeux existants.
Rien n’est officiel, évidemment : Nintendo n’a annoncé aucun nouveau modèle et toute l’affaire repose sur des spéculations d’industrie autour de feuilles de route de composants. Mais la coïncidence temporelle entre la présentation du 8LPU+ en décembre et les habitudes historiques du constructeur japonais, qui avait déjà décliné sa Switch originale en Lite puis en OLED, donne au moins de la substance à l’hypothèse.
