TEST – Enter the Gungeon

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Après le succès critique et commercial de The Binding of Isaac qui a réellement popularisé le genre, bon nombre de développeurs indépendants se sont essayés aux rogue-likes. Quelqu’uns ont tiré leur épingle du jeu, et outre Isaac, les joueurs Switch ont déjà eu le droit à quelques titres de qualité comme GoNNER ou encore Darkest Dungeon et Neurovoider. Enter the Gungeon tient-il la comparaison ?

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Un flingue à voyager dans le temps

Vous avez bien lu : la trame d’Enter the Gungeon tourne autour d’un pistolet permettant d’altérer le passé. N’y cherchez pas une profondeur d’écriture, une métaphore ou quoi que ce soit d’autre, car les développeurs ont volontairement imaginé ce pitch loufoque pour justifier le joyeux défouloir qui suit. Dans Enter the Gungeon, le joueur contrôle un des personnages disponibles et part à l’exploration de donjons générés de manière procédurale. Sa mission, s’il l’accepte, est de nettoyer consciencieusement de ses ennemis chaque pièce qu’il découvre. Pour l’aider, il récupère des améliorations dans des pièces dédiées et peut faire des achats chez un marchand grâce à de la monnaie récupérée sur les cadavres sentant encore la poudre des victimes de son arsenal. Il en aura bien besoin pour faire face aux boss qui ponctuent la fin de chaque niveau, car l’équipement de base des personnages n’est pas assez développé – voire même carrément inefficace dans certains cas. En revanche, tout n’est pas utile, et il arrivera certaines fois de troquer une arme du feu de Dieu contre une arme beaucoup, beaucoup moins puissante… En fonction du personnage choisi à l’entrée du Gungeon, l’équipement sera différent de même que certaines facultés. Les premières heures de jeu, cela sera accessoire tant il va vous falloir du temps avant de maîtriser le jeu, mais nous y reviendrons plus tard.

Le gameplay ? C’est d’la balle

Les mécaniques somme toute classiques, reprises des meilleurs rogue-likes du marché, sont magnifiées par un gameplay des plus jouissifs. On bouge avec le stick gauche et on oriente nos tirs avec le stick droit, pour une précision accrue lorsqu’on fait feu. Les déplacements sont fluides, et l’usage indispensable de la roulade vient renforcer l’impression de contrôler un héros de blockbuster américain. Outre la roulade, vous pourrez aussi renverser des tables et vous planquer derrière pour éviter les balles. Et si d’aventure cela ne suffisait pas, un joker est accessible pour faire disparaitre comme par enchantement toutes les balles affichées à l’écran. La magie des effets spéciaux.

Avec toutes ces commandes et dans le feu de l’action, les premiers instants du jeu sont souvent déroutants. Il sera fréquent d’oublier de recharger, de confondre la touche de roulade avec une autre, de se tromper d’arme ou encore de ne pas se souvenir à temps de la touche pour utiliser le joker. Tout est une notion de timing. Pour la roulade par exemple, vous serez totalement vulnérable à votre atterrissage. Elle sera alors très utile pour éviter une salve de balle, mais gare à ne pas vous prendre de dégât juste après. Néanmoins, le gameplay s’assimile vite et la courbe de progression est immense. Le tout fonctionne de bonne manière, et le jeu ne donne pas le sentiment d’être injuste à aucun moment.

Cela tombe bien, car le titre de Dodge Roll Games est dur, très dur. Les premières heures de jeu, votre run ne dépassera que très (trop ?) rarement les deux ou trois premiers boss, voire moins. Préparez-vous à mourir de nombreuses fois et à payer cash vos erreurs, regagner de la vie étant assez difficile. De très rares fois, un demi cœur (en fait, une demi balle, visuellement) apparaitra après avoir nettoyé une salle, l’autre méthode pour se soigner étant d’acheter un cœur chez le marchand à un prix assez élevé. Les prix, d’ailleurs, continueront à augmenter au fur et à mesure de vos parties, tout comme l’arsenal qui est mis à votre disposition. En effet, petit à petit, vous débloquerez des outils de plus en plus puissants et variés pour venir à bout du Gungeon, encore faut-il tomber dessus en cours de partie car l’aléatoire prime souvent. Vous pourrez alterner entre les armes par une pression sur un bouton, et il faudra songer à le faire car les pétoires doivent être alimentées de munitions pour remplir leur fonction. Aléatoirement toujours, certaines pièces vont débloquer des plateformes de déplacement rapide. Très bonne idée pour raccourcir la durée des allers-retours, et utiliser le plus efficacement possible les ressources accumulées (monnaie, clés) pour débloquer de nouvelles armes.

Une réussite visuelle et sonore

Au milieu du massacre qui a lieu à l’écran, se poser quelques instants afin de contempler l’environnement vaut la peine. De la superbe introduction du jeu aux ennemis qui sont des dérivés humanisés de balles, le rendu est charmant grâce à un sublime pixel art et d’un sens du détail presque excessif. On en viendrait presque à regretter de devoir dézinguer certaines adorables bestioles… La lisibilité globale est correcte, même si l’on pourra pester certaines fois où l’action est très brouillonne (“sérieux, il y avait une balle là ?!“). Cela est notamment le cas avec les armes, car leur forme ne donne aucun indice sur leur capacité à refroidir les ennemis. Certaines fois, un petit pistolet de rien du tout sera beaucoup plus puissant qu’une mitraillette bien lourde… Il faudra alors expérimenter encore et encore pour reconnaitre qui fait quoi, que ce soit les ennemis ou les améliorations qui sont disponibles en très grand nombre. Les environnements sont pour leur part soignés eux aussi, tout comme les animations : les livres qui volent, les tables qui se renversent, les pots qui se cassent… Le rendu est convainquant. Saupoudrez le tout avec quelques pièces originales qui viennent casser la routine et l’on tient là un titre très agréable à l’œil. Au niveau de la bande son, celle-ci est un délice. Les thèmes s’enchaînent au sein même des étages, donnant le sentiment de participer à une aventure épique. L’ensemble est une véritable réussite qui régale les yeux et les oreilles, donnant encore plus l’envie de se plonger des heures durant dans le Gungeon.

Une durée de vie taillée pour la Switch

Il faudra beaucoup de temps et d’investissement pour réussir à triompher du Gungeon. Le nombre fou d’armes à votre disposition (plus de 200 totalement déjantées, avec des références en cinéma par exemple), d’ennemis et de possibilités demandera beaucoup d’expérimentation. Mais le temps consacré à cette quête sera bien rentabilisé et récompensée, car la maitrise du jeu vous donnera l’occasion de se défouler dans un sentiment grisant de toute puissance face à des ennemis trop patauds pour vos réflexes d’experts. Notons aussi la présence d’une encyclopédie à compléter, pour les plus accros.

Sur Nintendo Switch, vous aurez d’autant plus l’occasion de vous faire un petit massacre en mode portable. Les sessions courtes sont parfaitement taillées pour la console et, en dépit d’un temps de chargement initial relativement important, le joueur retournera dessus encore encore, enchaînant les parties dans ce qui devait être à la base une petite session rapide. Un vrai plaisir coupable, que vous pourrez partager à deux en coop. La caméra ne fait malheureusement pas mouche dans ce mode, car beaucoup de choses se passent alors en dehors de votre champ de vision.

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Résumé

Enter the Gungeon est un réussite. Proposant du fun et de bonnes sensations dans un univers plaisant, vous aurez pour de nombreuses heures à tirer sur tout ce qui bouge, si la difficulté du titre ne vous rebute pas. Même si l’on aurait souhaité une meilleure lisibilité et de meilleures explications concernant les armes à disposition, le titre de Dodge Roll Games fait partie des meilleurs rogue-likes parus à ce jour sur Nintendo Switch. Un vrai plaisir qui se consommera d’autant plus en mode portable.

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Metabee
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Joueur de 25 ans qui aime les jeux de plateforme, de sport, d'aventure, de réflexion, et la tartiflette. Kostas FC