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Live A Live : le remake 7 en 1 – TEST

En 2018, Square Enix inaugurait un nouveau visuel marquant pour ces jeux avec l’utilisation du “HD-2D” dont Octopath Traveler était le précurseur. Depuis, Triangle Strategy a utilisé cette même direction artistique en début d’année et le remake de Dragon Quest 3 s’est également présenté en 2021 avec ce même visuel. Dans le plus grand des secrets, l’éditeur japonais travaillait sur la refonte d’un autre titre, bien moins connu dans nos contrées, Live A Live, dont l’annonce remonte au Nintendo Direct du mois de février. Ce jeu nous date directement de l’époque de la Super Famicom et n’a jamais franchi les frontières du Japon, du moins jusqu’au 22 juillet dernier, date de sortie de son remake sur Nintendo Switch. Alors, parmi le catalogue très fourni de Square Enix datant de l’époque Super NES, est-ce que ce Live A Live, à la proposition atypique, était vraiment celui méritant son remake en “HD-2D” ?




Live A Live, un RPG classique ?

Live A Live présente une structure quelque peu différente des RPG traditionnels. Ici, il n’est pas question de vivre une grande aventure happant le joueur pour des dizaines et des dizaines d’heures, mais plutôt sept mini scénarios se basant chacun sur une époque temporelle distincte. Ainsi, en bref, on retrouve des époques comme la Préhistoire, le Far West, le Présent ou encore un Futur Proche ou Lointain (les différentes époques seront développées dans la suite du test). Le joueur peut choisir de faire les différentes temporalités dans l’ordre souhaité dès l’écran de démarrage. Chaque partie du soft de Square Enix possède une durée allant d’une grosse demi-heure à deux ou trois heures. Cette durée peut sembler courte, mais permet de changer rapidement d’ambiance, de spécificités dans le gameplay ou encore de personnages, induisant une faible lassitude. Notons tout de même que chaque chapitre ne possède pas exactement le même soin, que ce soit dans ses ambitions, sa narration ou bien ses affrontements.

Mais en quoi consistent exactement ces différentes époques ? Pour établir quelques généralités avant d’entrer dans la spécificité de chaque chapitre, les différentes histoires de Live A Live vous mettent aux commandes d’un personnage, qui va devoir explorer une petite partie d’un monde, dans lequel il va effectuer de multiples affrontements et suivre des petits morceaux d’histoire. Ces dernières sont d’ailleurs particulièrement intéressantes et soulèvent des questions à plusieurs échelles, on retrouve là une véritable qualité d’écriture dans ce RPG datant d’une trentaine d’années désormais. On notera également qu’après la fin des sept histoires, le jeu conserve quelques surprises (que je ne m’aviserais pas de détailler ici) qui permettent de prendre conscience du scénario global du titre, écrit avec beaucoup de justesse.

Concernant les affrontements, Live A Live présente un système atypique, mais très agréable à jouer. On se situe sur un mélange étrange entre du Tactical RPG avec la présence d’une grille de déplacement, du tour par tour assez classique entre les différents coups des personnages ainsi que du temps réel lors des déplacements. Pour détailler un peu plus le fonctionnement, chaque personnage, les vôtres comme les adversaires, possèdent une barre d’action qui, quand elle est pleine, permet de lancer un sort. Cette dernière se recharge lorsqu’un ennemi attaque ou se déplace sur le damier. Chaque attaque possède ses propres spécificités : puissance, effets secondaires, zone d’effet… Bien que le titre de Square Enix ne présente jamais de véritables difficultés, il s’agira de choisir avec soin sa stratégie pour sortir victorieux des différents affrontements que propose le titre. Précisons également que chaque personnage va pouvoir gagner des niveaux, changer d’équipements et progresser au fil de son petit scénario.

Avant de venir en détail sur chaque chapitre de l’histoire, un petit mot sur la réalisation de ce remake en “HD-2D”. Cette direction artistique me parle toujours autant, et s’avère une nouvelle fois merveilleusement bien utilisée sur ce Live A Live. L’utilisation de cette dernière dans différentes époques permet de mettre en évidence de nombreux environnements avec des jeux de lumière très différents, donnant un résultat tout simplement sublime. Concernant la réalisation, bien qu’étant un jeu uniquement en 2D, le titre propose quelques plans et mises en scène particulièrement soignées, renforçant toujours plus l’immersion dans les différentes époques. Pour finir, abordons un autre gros point fort du titre : les musiques. Cela devient une habitude avec cette proposition de jeux, mais la bande-son est parfaitement adaptée à chaque période, rien qu’avec cette dernière, on passe d’un cow-boy au Far West à un ninja au Japon. Une autre grande réussite pour ce Live A Live.

Sept époques, sept histoires…

La Préhistoire

Dans le chapitre consacré à la Préhistoire, vous incarnerez Pogo, un jeune homme des cavernes, qu’il faudra suivre pour l’aider à retrouver sa bien-aimée. La particularité de cette époque est l’absence totale de texte. Préhistoire oblige, l’ensemble de la narration passe par des situations directement visibles ou bien des petites images dans les bulles de dialogue. L’histoire reste cependant totalement compréhensible et relativement bien écrite, avec un humour pouvant paraitre un peu lourd selon les limites de chacun. En dehors des affrontements, Pogo aura la capacité de renifler les alentours pour y dénicher du gibier à chasser ou bien justement, pour éviter les rencontres aléatoires. Notons également la présence d’un système de craft très simple dans lequel on peut combiner deux objets ensemble pour en faire une arme plus puissante, un système simple mais efficace.

La Chine Impériale

Au début de la partie consacrée à la Chine Impériale, le maître du Kung-Fu que vous allez incarner fait comprendre que la fin de son existence est proche. Il va alors être question de chercher différents élèves à qui transmettre son savoir et la maîtrise de son art. Relativement classique dans sa narration et ses affrontements, la Chine Impériale propose un récit prenant malgré une petite phase quelque peu répétitive au milieu de son histoire.

La fin du Japon d’Edo

Restons en Asie avec une époque se concentrant sur le pays du Soleil Levant. Vous y incarnerez Oboromaru, un jeune Shinobi chargé de l’extermination d’un clan rival afin de restaurer l’ordre dans son pays. Dans la grande sagesse nous provenant du Japon, il sera possible de réaliser l’ensemble de l’histoire de deux manières : l’une pacifique, en s’infiltrant dans le temple des adversaires grâce au pouvoir d’invisibilité du jeune Shinobi, l’autre plus agressive, en éliminant chacun des obstacles sur votre route. A chaque meurtre commis, un compteur s’affichera à votre écran pour souligner le nombre de vos victimes. Malgré une exploration du temple légèrement laborieuse, cette époque propose des jeux de lumière à couper le souffle et une musique sans aucune fausse note, permettant une immersion sans pareille.

Le Far West

Assurément un des chapitres les plus prometteurs, dont l’un des seuls défauts concerne peut-être sa relativement courte durée de vie. Sundow Kid y sera votre personnage, un bandit fraîchement débarqué dans un village et va décider de venir en aide à ce dernier contre un gang ennemi. Sa mécanique est particulièrement intéressante puisqu’il s’agira de fouiller le village afin de tendre un piège aux bandits et ainsi faciliter l’affrontement final. Une fois encore, l’ambiance globale qui se dégage de ce chapitre est une franche réussite.

Le Présent

Je parlais dans le précédent paragraphe de chapitre moins impactants, le Présent est l’un d’eux. Pas de grande histoire, d’aventure ou autre. Cette époque se compose uniquement d’un tournoi, composé de 7 combats. La petite spécificité est que votre personnage apprendra directement chaque capacité qu’il recevra au cours des affrontements. L’histoire est donc très courte et ne se présente pas comme la plus développée du lot, bien que les quelques lignes de dialogues viennent servir un propos général très intéressant.

Le Futur Proche

Pas le chapitre le plus exempt de défauts, mais l’un des plus prenants à mon sens. Le personnage que l’on y incarne possède ici la capacité de lire dans les pensées des personnes autour de lui. Il s’agira ici de résoudre un sombre mystère de disparition entourant la petite ville dans laquelle le personnage réside. Avec de nombreux combats réussis, des phases d’exploration et d’infiltration d’un bâtiment ainsi que quelques affrontements avec ses propres spécificités, le Futur Proche est une franche réussite. Les quelques défauts concernent des allers-retours pas forcément nécessaires en milieu de chapitre, venant rallonger inutilement le récit de ce dernier. La bande-son et les nombreuses couleurs de cette époque donnent un résultat très chatoyant pour le joueur.

Le Futur Lointain

On termine avec la plus mauvaise partie de ce Live A Live : le Futur Lointain. Ce n’est pas un humain que l’on contrôle ici, mais un petit robot. C’est à travers ce dernier que le joueur va pouvoir vivre les différentes histoires de l’équipage d’un vaisseau en mission. Si la morale finale de ce récit s’avère intéressante, le moyen d’y parvenir l’est beaucoup moins. L’ensemble de cette époque se constitue d’interminables allers-retours dans le vaisseau, entrecoupés de longues discussions pour seulement un seul et unique combat en fin de chapitre.

Live A Live : un remake mérité
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Un remake mérité

Quasiment inconnu en Occident, le remake de Live A Live est une excellente nouvelle. Son traitement à la “HD-2D” donne un résultat tout à fait somptueux pour l’entièreté des époques qu’il propose d’explorer. L’ensemble des périodes se traverse sans prise de tête et sans lassitude grâce à son rythme globalement très bon. On notera toutefois les chapitres du Présent et du Futur Éloigné un peu en deçà de la proposition globale. L’un proposant trop peu de narration, l’autre n’offrant qu’un seul et unique affrontement. Dans sa réalisation, la direction artistique fait toujours son petit effet, tout comme la musique ou bien la mise en scène de certains passages. Live A Live a donc bien mérité un remake, de cette qualité, pour faire connaître son œuvre en dehors des frontières du Japon.

Les +

  • La direction artistique “HD-2D” toujours aussi sublime
  • 7 Scénarios au rythme soutenu
  • Une musique très immersive pour l’ensemble des chapitres
  • La préhistoire et son récit sans aucun mot
  • L’ambiance des Far-West, Chine et Japon
  • L’histoire entourant le Futur Proche
  • Le end-game soulignant la grande qualité d’écriture du titre

Les -

  • Le présent et son enchaînement de combats
  • Le futur lointain et son enchainement de dialogue
  • On aurait aimé une durée plus longue pour le Far West
  • Quelques longueurs au Japon et dans le futur proche
Sending
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Présentation : Etudiant en Biologie, Joueur avec une préférence pour Nintendo et plus particulièrement pour la licence Pokémon

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