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Fairy Tail, pas parfait mais maîtrisé – TEST

Cela fait depuis 1994 que Gust abreuve annuellement les joueurs de sympathiques J-RPG, en premier lieu desquels la licence phare des Atelier, qui commence à se faire connaître en Occident. Alors, quand j’ai appris qu’ils étaient en charge de l’adaptation vidéoludique de la série Fairy Tail, j’avais une certaine hâte de me confronter au produit fini : est-ce que le studio arriverait à tirer le meilleur de la licence, tout en ne se laissant pas dépasser par les multiples boulets que celle-ci traîne ? Les premières bandes-annonces, faisant la part belle au fan service, n’étaient pas particulièrement rassurantes à cet égard. Et pourtant, une fois la manette en main, le studio n’est pas loin de mettre tout le monde d’accord.

Par des joueurs, pour des joueurs

Les premiers instants de Fairy Tail ne sont vraiment pas très rassurants : l’introduction à l’univers est abrupte et laissera de côté tous ceux qui sont étrangers à celui-ci. Il faut dire que Gust ne sont pas très doués pour retranscrire des enjeux épiques, ce qui est pourtant à la base du début du jeu et de son épilogue. Mais voilà : le studio, en travaillant intelligemment sur l’arc du Grand Tournoi de la Magie (n’hésitez pas à consulter un résumé si vous êtes perdus !), fait revenir toute la guilde de magiciens à zéro, à un moment ou celle-ci devra accepter de basses missions de chasse et se développer afin de retrouver son aura d’antan. Et c’est là que le jeu brille vraiment : là où la plupart des J-RPG n’auraient casé que des missions “FedEx” sans intérêt, les « petits enjeux » sont la spécialité de Gust et l’on se sent vraiment immergé dans la vie de cette sympathique bande de compagnons et dans chaque contrat qu’elle acceptera.

Il faut dire que, contrairement à tant d’autres, le studio de Nagano a un grand respect pour le temps des joueurs et ne cherche jamais à rallonger inutilement la durée de vie : le grind n’est pas nécessaire, le fast-travel est disponible tout le temps, les objectifs sont clairement indiqués sur la carte, les animations des attaques spéciales ne sont pas trop longues et le jeu vous propose – comme Final Fantasy VII Remake – de vous renvoyer directement au QG dès l’objectif d’une mission remplie. Si certains pourront y voir un certain dirigisme désagréable, la plupart d’entre nous apprécieront de pouvoir finir un J-RPG en moins de trente heures, chose trop rare pour ne pas être soulignée. En plus de cela, la plupart des missions secondaires (qui s’affichent sur un tableau de bord, comme dans Digimon Story : Cyber Sleuth) prennent en tout et pour tout moins de dix minutes à être complétées, ce qui s’adapte parfaitement au format hybride de la Switch, tout en créant une certaine forme d’addiction – avec le fameux syndrome « une dernière partie et j’arrête ».

“Rejoindre un ami”

Fairy Tail fait aussi honneur à la série avec une patte graphique en cel-shading qui évoque fidèlement le manga et l’anime dont il est tiré, malgré une mise en scène un peu plate hors cinématiques. Quel dommage de voir ceci entaché de défauts techniques incompréhensibles à l’heure ou Dragon Quest XI S a été porté sur Switch – avec, certes, un budget bien plus conséquent : les environnements sont simplistes et assez vides et, surtout, le framerate vacille fréquemment autour des 20 fps dans les phases d’exploration, surtout quand on utilise le dash du personnage que l’on contrôle. Heureusement, cela n’est pas vraiment préjudiciable, puisqu’on passe la majeure partie de notre temps en combat, mais sachez que cela pourra vous agacer si vous êtes du genre pointilleux sur les graphismes (ce qui n’est honnêtement pas mon cas pour ce type de jeu).

Autre défaut assez décevant : la localisation française, qui est au mieux trop littérale, et au pire complètement aux fraises. Quand vous gagnez un sort, vous aurez le droit à un « obtenir de la magie », le game over se traduira par « perdre », une mission finie sera notée comme « effacer » (pour « cleared », j’imagine) et, pire encore, le personnage de Grey est très souvent appelé « gris » par ses amis. Autant d’arguments qui font penser que l’équipe de traduction n’avait que le texte comme référence et n’a jamais vu le jeu en action… Peut-être à cause d’un timing de sortie trop serré ? Ce n’est pas impossible : quelques personnages (tous ceux qui ne participent pas au combat) et scènes de scénario ne semblent tout bonnement pas avoir été modélisés dans le jeu, ce qui nous offre quelques moments « visual novel » assez étranges et qui détonnent avec le reste de la production. Il n’est pas impossible que le CoVID-19 ait retardé les plans de Gust, cependant, et il serait de mauvais goût de leur en vouloir.

Agréable et appréciable

Au-delà de ces défauts, dont l’impact dépendra avant tout de votre tolérance, Fairy Tail est néanmoins un jeu très agréable à jouer, notamment pour son système de combat qui se révèle assez tactique, surtout en fin de partie : les ennemis sont en effet disposés sur une grille et vos attaques ne pourront couvrir qu’une partie de celle-ci. À vous donc de choisir comment mener vos assauts, tout en gardant en tête qu’il faudra, pour les plus dangereux d’entre eux, prendre en compte la notion d’Éveil et les combos coopératifs afin de prendre un ascendant indispensable sur vos ennemis. Si cela peut paraître complexe, le jeu de Gust n’a besoin que de quelques tutoriels pour vous apprendre ses subtilités, tandis que le reste s’acquiert rapidement avec l’expérience, toujours la marque d’un bon titre. Les combats s’enchaînent avec plaisir, à chaque fois avec une difficulté parfaitement dosée et sans aucune frustration : il vous incombera de renforcer les liens entre les personnages de votre équipe et de distribuer intelligemment les lacrimas (sorte de matérias qui amélioreront les statistiques de vos héros) : vous ne devrez donc vos éventuelles défaites qu’à vous-même.

Certes, dans les conditions d’un test (c’est-à-dire rusher un jeu le plus rapidement possible), Fairy Tail peut parfois sembler un peu redondant… et encore, que très rarement. Mais il ne fait aucun doute que si vous n’y jouez que quelques heures par jour, le gameplay, la musique très entraînante et le scénario – qui possède son lot de retournements de situation – sauront vous divertir sur le long terme et vous donner envie de vous replonger dans cette aventure jusqu’à sa conclusion, grâce à un rythme savamment orchestré et un humour qui vous fera souvent rire aux éclats. Si l’on sent les contraintes d’un jeu de commande poindre dans les fissures, cela ne suffit pas à faire éclater la structure très solide de ce J-RPG maîtrisé et qualitatif qui saura très certainement ravir les fans de la série qu’il adapte.


Le Burger King du J-RPG
  • Le Burger King du J-RPG - 70%
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Le Burger King du J-RPG

Quand le personnage de Bradley Cooper mange dans un fast-food avec Sienna Miller dans Burnt, il lui dit que le point commun de ces établissements n’est pas le manque de qualité, mais la consistance. À cet égard, Fairy Tail pourrait être considéré comme le Burger King du J-RPG : malgré des défauts techniques qui n’échapperont à personne, il propose une expérience satisfaisante et agréable, le tout avec un respect pour les joueurs admirable. Un indispensable pour les fans de la série, mais aussi une excellente curiosité pour tous les amateurs du genre.

Les +

  • Drôle
  • À échelle humaine
  • Musique entraînante
  • Système de combat profond
  • Fidèle à la série
  • Ne fait pas perdre leur temps aux joueurs

Les -

  • Quelques défauts techniques
  • Traduction française aux choux
  • Les néophytes auront besoin de Wikipédia
  • Un peu trop de fan service
Sending
Note des lecteurs :
72.7% (54 votes)
giomosby

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Présentation : Fan de consoles Nintendo et de jeux japonais depuis que je suis en âge de tenir une manette. Si je ne suis pas dispo, c'est probablement que je visite un parc Disney.

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Xasta

Il fut un temps où finir un Jrpg en plus de 30h, avec des missions se faisant en plus de 10 minutes, et sans fast-travel était la norme. Triste époque que celle de maintenant où certain(e)s se réjouissent d’avoir tout cela.

On a pas le même temps de jeu certes, mais pour moi, il n’y a rien de plus frustrant que de voir des RPG aussi court avec toutes ces “aides” pour accélerer, afin que je le joueur finisse au plus vite le jeu