Vous avez sans doute déjà vu passer l’information. Selon Bloomberg, Nintendo aurait réduit de plus de 30 % ses objectifs de production pour la Switch 2. La firme de Kyoto prévoirait désormais de fabriquer 4 millions d’unités ce trimestre, contre les 6 millions initialement planifiés, une cadence réduite qui devrait se prolonger en avril. En réaction, l’action Nintendo aurait perdu jusqu’à 6,3 % à la Bourse de Tokyo.
Cette décision ferait suite à des ventes américaines jugées décevantes lors des fêtes de fin d’année. Le PDG de Nintendo, Shuntaro Furukawa, avait lui-même reconnu en février que les ventes à l’international avaient été « un peu en deçà des attentes », contrastant avec un marché japonais où le succès de la console est très important.
Parmi les signaux d’alerte avancés par l’agence américaine, le lancement de Metroid Prime 4: Beyond en décembre, qui n’aurait pas dépassé le million d’exemplaires lors de son premier mois. La Switch 2 devrait par ailleurs faire face à la hausse des prix des composants, bien que ce facteur ne serait pas à l’origine de la coupe de production selon les sources de Bloomberg.
17 millions d’unités et une deuxième place dans l’histoire du jeu-vidéo aux Etats-Unis
Ces éléments doivent cependant être mis en perspective. Depuis son lancement le 5 juin 2025, la Nintendo Switch 2 s’est écoulée à 17,37 millions d’exemplaires, ce qui en fait le lancement hardware le plus réussi de l’histoire de Nintendo. Sur le marché américain en particulier, les données de Circana, le cabinet de référence pour le suivi des ventes retail aux États-Unis, dressent un tableau beaucoup plus nuancé.
Selon l’analyste Mat Piscatella, après neuf mois sur le marché (jusqu’en février 2026), la Switch 2 affiche une base installée supérieure à celle de toutes les consoles majeures au même stade : elle dépasse la PlayStation 5 de 29 %, la PlayStation 4 de 30 %, la Wii de 34 %, ou encore la Switch originale de 45 %. Elle se place ainsi au deuxième rang des lancements hardware les plus rapides de l’histoire du marché américain depuis 1995, derrière la seule Game Boy Advance.
Une décélération interne peut-être, mais certainement pas un effondrement comme sous-entendu
La nuance est importante : ce que Bloomberg décrit comme une sous-performance est en réalité une croissance moins rapide qu’espéré par Nintendo en interne, dans un contexte de projections particulièrement ambitieuses après un lancement record. La firme avait initialement prévu de vendre 15 millions d’unités sur l’exercice fiscal en cours, avant de relever cet objectif à 19 millions en novembre. Elle l’a ensuite laissé inchangé lors de la publication de ses résultats du troisième trimestre en février, signal potentiel que les fêtes n’auraient pas pleinement répondu aux attentes internes.
Nintendo resterait néanmoins confiant dans les perspectives à long terme de la console, et les analystes estiment en moyenne que l’objectif de 20 millions d’unités vendues sur l’exercice demeurerait atteignable malgré la réduction de cadence.
Le vrai test pourrait se profiler pour les fêtes 2026, avec la potentielle menace commerciale que représente la sortie de Grand Theft Auto VI, attendu en novembre sur plusieurs plateformes, sans confirmation à ce stade d’une version Switch 2 ; même si on le sait, le public de GTA n’est sans doute pas le public habituel de Nintendo. Par ailleurs, l’arrivée d’une nouvelle variante matérielle, un modèle à batterie remplaçable prévu en Europe, pourrait par ailleurs contribuer à relancer l’intérêt pour la console, et expliquerait en partie la décision de réduire la production du modèle actuel afin d’éviter une coexistence de stocks trop lourde à gérer.
Car la question des stocks est précisément au coeur du sujet. Selon certaines sources, Nintendo aurait anticipé massivement sa production avant le lancement de la Switch 2, cherchant à constituer des réserves suffisantes pour amortir à la fois la hausse des prix des composants et les effets potentiels des taxes douanières américaines liées à la politique commerciale de l’administration Trump. Une stratégie prudente sur le papier, mais qui aurait mécaniquement créé un surstock difficile à absorber : maintenir des unités en entrepôt représente un coût réel, et réduire la cadence de fabrication serait alors autant une réponse à la demande qu’un ajustement comptable logique.
En attendant, le succès récent de Pokémon Pokopia, avec plus de deux millions d’exemplaires en quatre jours, rappelle que Nintendo conserve des leviers puissants pour stimuler ses ventes.
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