Il y a des annonces qui passent inaperçues dans le vacarme de la pré-gamescom, et c’est souvent là que se cachent les jeux les plus attachants. Maximum Entertainment a levé le voile le 18 août dernier sur Hexplorando, un jeu de construction et de réflexion signé du studio indépendant Hexplora Interactive, qui propose ni plus ni moins que de rebâtir les plus beaux endroits du monde, un hexagone après l’autre.
Le titre est attendu en 2027 sur PC (via Steam) et sur Nintendo Switch, et sa toute première démo publique sera jouable dès cette semaine à Cologne, sur le stand Indie Arena Booth de l’éditeur (hall 10, stand 10), du 26 au 30 août. Petite précision qui a son importance pour nous : le jeu est édité par Maximum Entertainment France SAS, la branche française du groupe suédois, et la fiche Steam confirme déjà une interface intégralement traduite en français, parmi les huit langues prévues au lancement.
Un tour du monde en 40 casse-têtes
Le principe est relativement simple : on pose des tuiles hexagonales qui doivent s’emboîter parfaitement avec leurs voisines. Rivières, forêts, montagnes, champs, quartiers d’habitation, monuments… chaque pièce correctement placée fait apparaître un morceau de paysage, jusqu’à ce que le puzzle soit complet et que le lieu se révèle enfin dans son ensemble. Là où Hexplorando se distingue de la concurrence, c’est que ses 40 niveaux sont tous inspirés d’endroits qui existent vraiment : le studio évoque les toits de New York, les rives de la Tamise, la Grande Muraille de Chine ou encore les plages de Rio de Janeiro.
Certains puzzles cachent une tuile spéciale abritant un monument, une merveille naturelle ou un lieu plus confidentiel. Une fois le tableau terminé, ce landmark rejoint automatiquement votre collection, accompagné de photographies réelles et de quelques anecdotes sur son histoire. La Sagrada Família, le Taj Mahal ou les pyramides de Gizeh font partie du lot, et Hexplora Interactive promet plusieurs centaines de sites à débloquer.
L’autre idée sympathique d’Hexplorando, c’est la carte du monde qui sert de fil rouge : on choisit son point de départ (sa ville, ou celle qu’on a toujours rêvé de visiter) puis on trace son itinéraire d’étape en étape. Train, bateau ou avion, le moyen de transport retenu modifie l’endroit par lequel on aborde le puzzle suivant. Une façon maligne de donner un peu de personnalité à chaque partie, et une bonne raison de relancer le voyage.
Un mode bac à sable qui n’est pas si libre qu’il en a l’air…
Une fois les 40 niveaux bouclés, tous les monuments récoltés basculent dans un mode Sandbox où vous construisez vos propres paysages. Sauf que ce n’est pas totalement libre, et c’est tant mieux : les tuiles peuvent être posées n’importe où, mais le score dépend de la qualité des raccords avec les cases voisines, et ce score conditionne les options de personnalisation débloquées par la suite.
Le studio y greffe même des quêtes générées procéduralement, sortes de petits défis à court terme qui rapportent une tuile supplémentaire en cas de réussite… et en font perdre une en cas d’échec. Il est donc parfaitement possible de se retrouver à court de pièces.
Voilà qui apporte une légère tension bienvenue dans un jeu qui, par ailleurs, revendique haut et fort l’absence totale de limite de temps, une direction artistique 3D stylisée et une bande-son méditative avec des ambiances sonores propres à chaque environnement. On tient là une proposition très clairement estampillée cozy game, à ranger aux côtés des Dorfromantik et autres Islanders pour les soirées où l’on n’a plus l’énergie de sauver le monde.
Derrière le jeu, un vétéran d’Ubisoft
Hexplorando est le premier jeu commercial d’Hexplora Interactive, une équipe de développeurs seniors répartis entre Malaga, Barcelone et Rome. À sa tête, Francesco Cavallari, quinze ans passés chez Ubisoft, où il a notamment travaillé sur Beyond Good & Evil, avant de tout plaquer en 2015 pour fonder Video Games Without Borders, une association qui produit des jeux éducatifs gratuits pour les enfants réfugiés.
C’est de là que vient l’ADN du titre : les photos réelles, les anecdotes derrière chaque monument, l’idée qu’on retienne deux ou trois choses sans s’en rendre compte. Reste à voir si ça tient sur 40 niveaux, ou si ça se limite à un vernis posé sur un puzzle game.
Ce qu’il reste à éclaircir
Difficile de ne pas penser à Dorfromantik devant les premières images, tant le principe d’assemblage de tuiles qui doivent se correspondre évoque le succès allemand. Hexplorando s’en écarte tout de même par son ancrage dans le réel et sa dimension quasi documentaire, ce qui devrait suffire à lui creuser sa propre place… encore faudra-t-il que les 40 niveaux ne se ressemblent pas trop une fois la manette en main.
Deux points nous chiffonnent malgré tout. D’abord, la communication officielle ne mentionne que la Nintendo Switch, sans un mot sur une éventuelle version Nintendo Switch 2 ou sur une quelconque optimisation par rétrocompatibilité. Pour un jeu prévu en 2027, la question mérite d’être posée. Ensuite, ce fameux « 2027 » reste terriblement vague, sans trimestre annoncé ni tarif communiqué.
On sait par ailleurs qu’un niveau Barcelone existe déjà, et que le studio a teasé un arrêt par Paris sur son parcours vers Cologne : voilà qui promet, si le monument que l’on imagine est bien au programme. En attendant, le jeu est d’ores et déjà disponible en liste de souhaits sur Steam, et les plus chanceux qui feront le déplacement à la gamescom pourront s’installer d’ores et déjà devant la démo ce mercredi 26 août.
