Team Sonic Racing, l’alternative à Mario Kart 8 ? – TEST

Team Sonic Racing
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Tandis que la Paramount se voit forcée de retravailler le design du hérisson bleu par une majorité de fans outrés, Sega nous livre un nouveau Sonic Racing, préfixé du mot “Team” mais surtout sans la mention “Sega All Stars”. C’est donc avec Sonic et les personnages issus de la série, et aucun autre, que nous pouvons donc faire la course. A un mois de la sortie de Crash Team Racing, et alors que Mario Kart 8 Deluxe est acheté par un possesseur de Switch sur deux, le jeu peut-il trouver sa place dans la difficile bataille des jeux de courses multijoueurs à objets ?

Des similarités bienvenues

Afin de ne pas déconcerter les joueurs habitués, Sumo Digital (studio ayant développé les anciens Sonic Racing, Virtua Tennis 3, Little Big Planet 3…) a conservé certaines spécificités de gameplay de la série et du genre en général : un super démarrage (que l’on active en pressant l’accélérateur 3x après la disparition de “en voiture”, “3” et “2”), des boost de vitesse générés par vos dérapages et vos acrobaties lors des sauts, mais aussi des objets divers et variés, récoltés à mesure que vous faites la course contre vos 9 adversaires. En effet, alors que vous concourrez à 12 participants, seuls 9 sont véritablement vos adversaires. 2 d’entre eux sont vos partenaires d’équipes, et vous allez pouvoir vous entraider, et ce de manière officielle, pour gagner les courses.

Des nouveautés intéressantes dans Team Sonic Racing

Alors que l’on pourrait penser à une facétie de la part de l’équipe marketing de Sega avec ce préfixe “Team” qui consisterait une fois en jeu à juste faire l’addition des points de chaque coéquipier dans le tableau des scores, force est de reconnaître que les développeurs ont poussé le concept vraiment loin, conférant aux courses des sensations vraiment différentes de ce que peut proposer le mode équipe de Mario Kart. En effet, ici, vous choisissez un personnage parmi 3 types différents (vitesse, technique et puissance), ce qui vous attribue automatiquement deux coéquipiers issus de l’univers de Sonic avec qui il a des relations. Les équipes sont donc Sonic / Tails / Knuckles, Amy / Chao / Big, Blaze / Silver / Vector, Shadow / Rouge / Omega et Metal Sonic / Dr. Eggman (Robotnik) / Zavok.

Si chaque type de personnage possède ses propres spécificités (détruire les missiles en dérapant pour Vitesse, ne pas être ralenti hors piste pour les Technique et pouvoir casser les obstacles sans être ralenti pour les Puissance), certains objets sont exclusifs à chaque type. Mais là où la notion d’équipe prend tout son sens, c’est que tout pilote a la possibilité, lorsqu’il récupère un objet, de le donner ou l’échanger avec l’un de ses coéquipiers, sans limitation cette fois-ci ! Ainsi, Sonic, de type Vitesse, peut se retrouver grâce à Knuckles avec un objet de type Puissance comme les pics ou de type Technique comme les notes de musiques (qui cachent l’écran) grâce à Tails. Une très très bonne idée, qui dynamise les courses et incite à la communication entre joueurs, d’autant que la manière dont on peut donner, recevoir ou accepter les objets se fait par la simple pression du bouton A en lieu et place du bouton B pour les utiliser.

Les interactions entre équipes ne s’arrêtent pas là dans Team Sonic Racing : le leader de chaque escouade projette en effet au sol une traînée de pneus qui permet à ses coéquipiers de bénéficier d’un boost bienvenu, qui se transmet entre personnages tout au long de la course si le leader est dépassé par l’un de ses coéquipiers. La dynamique est extrêmement bien trouvée, les pilotes de chaque équipe se tirant mutuellement vers le haut tout au long des courses.

Finissons cette partie “nouveautés” par la cerise sur le gâteau : vos actions entre partenaires remplissent automatiquement une jauge d’équipe qui viendra vous octroyer un ultime boost énorme vous rendant invincible pendant quelques secondes. Pouvant être déclenché une à trois fois par course environ, suivant votre fréquence de don d’objet et d’utilisation de la traînée du leader, il devra être utilisé avec parcimonie, au bon moment, et sera même encore plus efficace si vous le déclenchez en même temps que les membres de votre équipe. Simple, mais tellement évident!

Team Sonic Racing

Enfin, si jamais tout ceci vous laisse de marbre, sachez que vous avez la possibilité de jouer vos courses en solo, mais ce serait passer à côté du titre à mon sens.

Les différents modes de jeu

Au rayon des modes de jeu, vous trouverez un mode aventure avec les types d’épreuves suivants : course en équipe, grand prix en équipe, course de survie, casse-cou, défi ring, attaque trafic, destruction et assaut d’egg pawns. Si les trois premiers sont explicites, je me permets de détailler un peu plus les suivants. Dans casse-cou, vous devrez passer à côté de balises (idéalement en dérapage) pour gagner des points et atteindre un score. En défi ring, il faut récolter le plus d’anneaux possibles tout en dérapant afin d’augmenter votre (maigre) réserve de temps. L’attaque trafic consiste quant à elle à éviter les adversaires afin de franchir des portes permettant de gagner du temps et des points. Destruction vous invite à foncer droit dans des cibles afin d’augmenter votre score, et assaut d’egg pawns à détruire le plus possible d’adversaires en un temps donné.

En local, et c’est un peu dommage, moins de possibilités, on est sur du classique de chez classique : grand prix, course et contre la montre. Néanmoins, et c’est un excellent point, quand vous jouez avec vos amis vous pourrez choisir votre personnage librement, et ainsi créer des équipes inédites, sans limite de type de personnage ou d’affinité scénaristique.

Supersonique

Si le principe de jouer en équipe et sa synergie ne vous a pas convaincu, d’autres points du jeu sont vraiment agréables. Tout d’abord, vous collectez au fur et à mesure de vos courses des “capsules de modification” qui vous permettront de récupérer des pièces de véhicule qui changent les caractéristiques visuelles mais surtout fonctionnelles de vos véhicules une fois équipées : vitesse, accélération, défense… Au nombre de 9 réparties en 3 catégories (avant, arrière et roue), celles-ci existent également en version “légendaire” (entendez par là “dorée”) si vous voulez éblouir vos adversaires. Notez également que les capsules vous feront gagner des consommables d’objets utilisables pour débuter une course avec un objet en particulier.

De plus, comme disait la (vieille) chanson, c’est peut-être un détail pour vous, mais j’ai beaucoup apprécié le fait de pouvoir changer la langue des personnages, notamment en japonais. Les courses y gagnent en énergie, et tellement d’éditeurs nous font payer ou précommander pour cette fonctionnalité qu’on ne peut que souligner la volonté de Sega et Sumo Digital d’aller dans le sens des joueurs. Je rebondis d’ailleurs pour aller plus loin et signaler le prix du base du titre, très doux (40€ officiellement, trouvable à 27€), ainsi que l’absence totale de DLC payants. En 2019, il est intéressant de voir des studios faisant le pari de pouvoir vivre de leur(s) jeu(x) sans saigner le portefeuille des membres de leur communauté.

D’ailleurs, ce Team Sonic Racing donne vraiment un feeling de jeu des années 2000, dans le bon sens du terme. On achète le jeu, on le sort de la boite, on le lance et on joue. Rien de plus, rien de moins. Au delà des points très positifs précités, je suis encore en débat intérieur sur d’autres. Alors que j’étais très dubitatif sur l’absence de la mention “Sega All Stars”, je dois avouer qu’au final le fait de n’avoir que des personnages de l’univers de Sonic n’est absolument pas dérangeant, sans pour autant être un avantage. Toujours au rayon des impressions mitigées, la bande son (totalement assumée) “rock des années 80” n’est ni bonne, ni mauvaise, ni inoubliable. Mais bon après tout, et pourquoi pas ?

Pierre qui roule n’amasse pas d’anneau

Joueur avisé que vous êtes, vous vous demandez sans doute depuis le début ce que je garde pour la fin, car tout ne peut pas être parfait. Et bien vous avez raison ! Malgré toutes ses qualités, le titre de Sumo Digital a encore un nombre conséquent d’axes d’amélioration. Ce qui m’a gêné en premier lieu concerne les HitBox (zone considérée par le jeu comme la place “physique” d’un élément) : celles-ci sont capricieuses, que ce soit pour les obstacles ou les adversaires, et on se retrouve parfois dans le décor sans avoir eu l’impression d’avoir touché l’obstacle ou l’adversaire en question, “parfois” étant synonyme de “beaucoup trop” dans un jeu de course.

Ensuite, les circuits, bien que très jolis, manquent d’identité : alors que l’on retient tous le nom et le tracé d’une Montagne DK ou d’une Route Arc en Ciel, ici pas de ça, les circuits s’enchaînent sans qu’on les distingue vraiment. La faute à une direction artistique pas assez tranchée et un level design trop sage et des différences de tracés pas assez marquées. Vraiment dommage!

Team Sonic Racing

Si les défis sont variés, ils ne sont pas toujours passionnants : récupérer des anneaux en dérapant est amusant quelques minutes, mais le concept n’est pas assez solide pour inciter à recommencer sans cesse pour atteindre le score maximal. Jetons complètement le pavé dans la marre en mettant au banc des accusés les icônes d’objets : ceux-ci sont beaucoup trop similaires, difficiles à identifier, amenant facilement à une erreur. Se retrouver au milieu de la mêlée à se demander si l’on a une roquette ou un boost dans un jeu de course à objets n’est pas pardonnable. Toujours au rayon des reproches à propos des objets, celui qui fait apparaître un canyon entier de roches est complètement craqué, ce qui déséquilibre l’ensemble.

Pour finir au rayon des points négatifs, il est étonnant de ne pas avoir proposé de caméra à la première personne, mais également d’avoir fait le choix de cacher les dialogues du mode aventure en obligeant le joueur à appuyer sur Y au lieu de A pour y avoir accès. Drôle d’idée.

La partie technique

Si elle n’est pas aussi fluide et détaillée que sur la version PC, cette version Switch tient très bien la route face aux versions PS4/One. Que l’on soit docké ou en mode nomade, le plaisir de conduite et la vitesse sont bien présents. Le nombre d’images par secondes ne baisse que rarement, même en jouant à deux sur l’écran de la console. Il y a sans doute un peu moins de détails, mais son format compact ne permet pas de constater une différence notable. Une belle prouesse technique de la part de Sumo Digital, qui livre ici un jeu propre et très bien fini.

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Avis final
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Inspiré des univers des derniers Sonic (Forces, Unleashed, Colors) mais amputé des Sega All Stars, Team Sonic Racing s’impose ici comme une très belle alternative à Mario Kart 8. Bien que moins complet que l’opus précédent “Transformed”, qui proposait différents types de véhicules et de personnages, Team Sonic Racing a pour lui son concept de jeu en équipe furieusement efficace. Il serait donc d’autant plus dommage de passer à côté de celui qui démontre encore une fois qu’il mérite sa place au carré d’or des jeux de course multijoueurs à objets aux côtés de Mario Kart, WipeOut et Crash Team Racing.

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Passionné de pop-culture à tendance Otaku, je joue sur toutes les plateformes, essentiellement à des jeux solo (JRPG, aventure et plateformers)

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Emilien

Bonjour est-il possible de jouer en dynamique comme sur Mario Kart? je ne retrouve pas l’info? les volants sont ils compatibles? merci