Resident Evil requiem, sang pour sang ? – TEST

Par le 25 Fév 2026 à 16:00 - Temps de lecture : 8 minutes 30 sec
Resident Evil Requiem Key Art

Quand on parle des séries mythiques de l'histoire du jeu vidéo, difficile de ne pas mettre Resident Evil en haut de la liste du genre horreur. Créé en 1996 sur Playstation, la licence a connu en tout 31 jeux vidéo et son existence n'aura pas été un long fleuve tranquille. Si les épisodes 5 et 6 ont été des succès commerciaux, les critiques pointaient du doigt à l'époque une série se noyant de plus en plus dans l'action, oubliant l'ambiance et les séquences angoissantes qui ont longtemps fait le charme de la série. 

Mais depuis 2017 et la sortie de Resident Evil 7, la licence est sur un petit nuage, regagnant le coeur des fans en changeant leurs habitudes avec une vue à la première personne, en revenant à une ambiance plus horrifique mais aussi en enchaînant les remakes très qualitatifs des épisodes classiques. Ce n'est pas étonnant de retrouver le neuvième épisode de la saga dans les tops des attentes de nombreux joueurs. La pression est grande pour ce nouvel opus, Resident Evil requiem, qui sort en même temps que les autres plateformes sur Nintendo Switch 2. Parvient-il à nous prendre aux tripes sur l'hybride de Nintendo ? Ne faisons pas durer le suspens, oui, c'est le cas.

Avant propos : afin de vous proposer ce test, nous avons bénéficié d'un accès au jeu en avance sur Nintendo Switch 2.

Condition de test : Nous avons terminé le jeu dans un premier temps en jouant uniquement en mode docké, avant de recommencer une partie en mode portable. Il nous aura fallu une douzaine d'heures de jeu pour voir la fin de l'aventure. 

Léon fait un retour en Grace

Après avoir suivi les aventures d'Ethan Winters dans Resident Evil 7 et Resident Evil VILLAGE, l'histoire de ce Resident Evil Requiem nous emmène à la rencontre d'un tout nouveau personnage : Grace Ashcroft. Si vous êtes un habitué de la licence, le nom de famille ne vous est certainement pas inconnu, car Grace est la fille d'Alyssa Ashcroft, l'un des personnages jouables de Resident Evil Outbreak

Alors que Grace travaille au FBI en tant qu'analyste, elle se retrouve à enquêter sur une série de mort mystérieuse d'anciens habitants de Raccoon City, tués par une étrange maladie. Pas de chance pour elle, on retrouve un mort au sein de l’Hôtel Wrenwood. Huit ans auparavant au sein de cet hôtel, Alyssa était sauvagement tuée par un inconnu, alors qu'elle était avec sa fille. Un moment traumatique que doit affronter la jeune analyste pour enquêter. Rapidement, on comprend que ceci est une mise en scène pour nous enlever, et après une introduction des plus réussies, un étrange homme, avec des lunettes mécaniques bien effrayantes, nous kidnappe. 

Quelques kilomètres plus loin, on retrouve l'autre personnage central : Léon S. Kennedy. Personnage culte de la licence, le poids du temps pèse sur ses épaules. Désormais cinquantenaire, le membre de la DSO (une agence anti bio-terrorisme sous la jurdiction de l'État américain), montre des signes de la maladie qui tue petit à petit les habitants de feu Raccoon City. Il n'a pas de temps à perdre, et son enquête finit par l'amener vers l'homme mystérieux qui a enlevé Grace

Si vous aimez Resident Evil pour son scénario de série B, qui se prend au sérieux sans jamais vraiment se prendre au sérieux : vous êtes au bon endroit. On finit rapidement par se prendre au jeu des mystères qui entourent ce nouvel épisode : Pourquoi Grace semble être un personnage important pour les antagonistes ? Qu'arrive-t-il à Léon ? Qu'est-ce qu'Elpis, ce projet que semble vouloir libérer les méchants ? Pleins de questions qui trouveront leurs réponses au fil des heures sans laisser de goût amer à la conclusion. 

La narration est portée par les deux protagonistes, caricaturaux parfois, mais terriblement attachants. Entre Grace qui découvre pour la première fois les menaces biologiques qui font le monde de Resident Evil et qui semble être au bout de sa vie à chaque nouvelle atrocité qu'elle découvre, et Léon, qui depuis 30 ans passe sa vie dans ce bordel qu'est le bio-terrorisme et que plus rien ne semble surprendre, la dualité fonctionne avec brio. Grace est d'ailleurs la vraie belle découverte de cette épisode, qui, à l'inverse d'un Ethan Winters (RE7 et RE8), montre une vraie personnalité, un vrai caractère et on croit tout du long à sa performance, autant en VF qu'en VO.

Léon, lui, va nous faire décrocher un sourire à chaque prise de parole, à force de punchline qui tape toujours dans le mile et que seul quelqu'un qui a vu la mort lui passer sous le nez pendant 30 ans peut sortir. On vous laisse les découvrir, mais certaines sont pépites. Des personnages qui permettent de faire passer la pilule des antagonistes principaux du jeu, particulièrement oubliables. Si l'on remet sur le tapis des méchants liés fortement à Umbrella Corporation, leurs motivations simplettes et leur design loin d'être exceptionnels ne les feront pas rester dans les mémoires à l'inverse d'un Wesker, de la famille Baker ou encore de Lady Dimitrescu, qui cassaient l'écran. En reste une histoire toujours prenante à parcourir, qui ne sort jamais de sa zone de confort mais qui ne laissera pas un sentiment d'insatisfaction à la fin. 

Entre horreur et action 

Varier les ambiances, c'est un peu le maître mot de requiem. Vous allez à travers le récit vous rendre dans de nombreux endroits. Entre un hôtel abandonné, une clinique, une sorte de prison sous terre, un Raccoon City dévasté… vous allez faire quelques visites tout au long du jeu ! Le petit « problème » avec Requiem, c'est qu'il est plus sage que ses deux prédécesseurs sur cet aspect. Là où Resident Evil 7 nous emmenait dans l'ambiance glauque d'une maison en Louisiane, et Resident Evil VILLAGE dans un village d'Europe de l'Est ou se mariait de nombreuses ambiances charmantes, le neuvième épisode est lui ancré dans quelques chose de moins fantasque, avec des lieux à échelle plus humaine et par conséquent moins surprenants. Cependant, cela ne nuit pas à l'ambiance du titre qui ne donne toujours pas envie de visiter ces lieux dans la vraie vie ! On regrette cependant une deuxième partie de jeu moins inspirée artistiquement. 

Pour vous immerger comme vous le souhaitez, le jeu propose deux modes de vue : à la première personne, ou à la troisième personne. En lançant une partie, le jeu vous propose d'ailleurs de jouer avec Grace en vue FPS, et avec Léon une vue TPS. Choix que j'ai fait et qui semble être effectivement le plus judicieux. 

Car là ou la série avait l'habitude de commencer sur de l'horrifique, pour prendre une tournure plus action sur sa deuxième partie, ici, le jeu se sépare plutôt entre les moments où nous incarnons Léon et ceux où nous jouons Grace. Grace n'ayant aucune expérience face aux créatures biologiques, elle est effrayée, faible, moins efficace en combat, sa respiration est haletante, souvent prise par l'émotion. Léon lui, c'est John Wick et va traiter les ennemis comme s'ils avaient tué son chien. Un choix vraiment intéressant car avec ça, Resident Evil requiem ne renie ni son identité tournée vers l'horreur, ni sur l'identité tournée vers l'action depuis le quatrième épisode. Il va les alterner. 

C'est aussi une libération de retourner dans la peau de Léon après avoir passé un long moment avec Grace, qui nous met chaque seconde en état d'alerte, concentré sur chaque son et sur chaque porte de sortie. On peut noter aussi que si Grace est pensée pour être jouée en vue subjective, les développeurs ont pensé à lui intégrer de nombreuses animations en vue TPS. Lorsque Grace est poursuivie par exemple, elle va faire des gestes plus amples, va tomber… un vrai soin du détail.

Des gameplay qui s’accordent 

Vous l'avez compris, deux personnages différents, deux gameplay bien différents. Les séquences avec Grace seront celles qui vous donneront la chair de poule. Un inventaire très limité, peu de munitions pour se défendre, parfois un ennemi type némésis que vous devrez éviter… Le cahier des charges est rempli ici brillamment. On devra toujours trouver des objets, des clés, pour ouvrir des portes et progresser, tout en évitant ici et là des zombies qui pourraient se montrer un peu trop collants. 

En parlant de zombies, ceux de requiem ont quelques nouveautés à faire valoir. Déjà en terme de comportement. Le virus injecté leur laisse quelques comportements de leur vie d'autrefois, des comportements que l'on pourra tenter d'exploiter pour progresser et passer discrètement. Par exemple, le concierge de la clinique déteste qu'on laisse la lumière allumée, et va se déplacer à chaque fois que vous allumez pour éteindre, une faille exploitable pour passer dans son dos. Pareil pour la femme de ménage, qui elle va continuer de nettoyer les lieux et perdre du temps à essuyer le sang laissé par les zombies que vous tuerez. Une belle idée, cependant pas suffisamment exploitée tout au long de l'histoire. À noter que les zombies vont aussi pouvoir se transformer en Blister Heads, des zombies bien plus forts et rapides, histoire de ne jamais vous laisser serein. 

Grace va avoir un outil très utile à sa disposition qui lui permet d'aspirer du sang d'infecté pour ensuite crafter des objets : des balles, des injecteurs de soin mais aussi d'autres outils qui seront bien efficace, comme les injecteurs qui permettront de faire exploser les zombies en les attaquant discrètement. 

Léon profite de son gameplay pour offrir des respirations : un large inventaire, beaucoup d'armes à sa disposition, pas de difficulté à trouver des munitions… vous allez avec lui relâcher la pression accumulée avec Grace. Mais le jeu vous le rendra aussi en multipliant le nombre d'ennemis à l'écran ! N'allez pas croire non plus que vous n'allez pas avoir quelques frissons avec le beau gosse à la crinière blonde, certaines scènes vous forceront à rester alerte pour ne pas faire des bonds de 3 mètres sur votre canapé. Léon profite aussi d'excellentes animations en combat, qui lui donne un côté increvable face à la menace. 

Requiem pour la technique ? 

En ouvrant ce test, c'est sûrement la chose que vous vouliez absolument savoir : MAIS COMMENT TOURNE RESIDENT EVIL REQUIEM SUR SWITCH 2 ?????? Calmez vous ! Je vais répondre. Mais avant, laissez moi raconter ma vie. Quand j'ai pris le test de Resident Evil requiem surSwitch 2, je pensais recevoir le code à sa sortie, ce qui me laissait le temps de le faire en premier lieu sur PS5 avant de lancer la version Switch 2 pour faire un comparatif. C'était sans compter sur Capcom, qui fait confiance à cette belle équipe qu'est Switch-Actu et qui nous a envoyé le code quelques semaines en avance ! J'étais ravi bien sûr, mais Resident Evil requiem étant le jeu que j'attendais le plus en cette année 2026, j'étais stressé à l'idée d'avoir une version bien trop bridée qui dénaturerait mon expérience. Autant vous le dire : j'ai pris mon pied sur cette version Switch 2

Ne mentons pas, visuellement, il suffit de regarder les trailers des autres versions pour réaliser que la qualité visuelle n'est pas la même, les cheveux en tête. Les cheveux des personnages de manière générale ne sont pas super bien modélisés, laissant au début un sentiment un peu bizarre, le temps de s'habituer. Surtout qu'autrement, les visages sont superbement modelés, surtout en cinématique. À noter aussi la barbe de Léon, qui sur Switch 2 est perturbé par une sorte de surbrillance étrange. Un problème qui disparaît en grande partie en jouant en version portable. 

Pour le reste, le jeu s'en sort de manière assez impressionnante. Oui, certaines textures sont en faible résolution, un peu baveuses, mais à aucun moment, j'ai eu l'impression de jouer à une sous-version. Les zombies sont superbement détaillés, tout comme les monstres et on prend vraiment plaisir à jouer, si bien que les défauts cités ci-dessus finissent par disparaître. J'ai réellement noté un seul moment du jeu visuellement très raté, c'est la séquence de Sniper avec Léon, qui ici dénote franchement, mais est suffisamment courte pour ne pas rester un horrible souvenir. 

Parlons un peu de framerate. Si le jeu vise 60 images par seconde, on ne va pas vous mentir, il ne les tient pas parfaitement. Si les phases avec Grace sont assez solides car pas vraiment dynamiques, les phases avec Léon peuvent parfois faire baisser le compteur d'image par seconde. Cependant, je n'ai jamais subi de baisse de framerate marquante et gênante, comme cela pouvait être le cas avec Cronos The New Dawn et Hitman World of Assassination. Autant être honnête avec vous : je n'ai jamais été gêné par le framerate de Requiem, à aucun moment. Mais je vous laisse attendre sur internet les comparatifs des experts comme Digital Foundry qui pourront vous aiguiller parfaitement sur ces questions si ça vous taraude ou que vous y êtes sensible. De mon expérience, découvrir Resident Evil requiem sur Switch 2 ne vous laissera pas avec un sentiment de jouer à une sous-version dans laquelle trop de concession ont été faites. Au contraire, j'ai trouvé le jeu particulièrement impressionnant à de nombreux moments, et ça fait très plaisir.

Conclusion - Frissons, action, qu'est-ce que c'est bon

90%

Resident Evil requiem est excellent. Ce neuvième opus marie avec un certain brio les deux identités de la série, entre horreur et action pour offrir une expérience particulièrement stressante et satisfaisante à la fois. On retrouve ici un Léon charismatique au possible et découvre un personnage particulièrement attachant en Grace. Resident Evil requiem sonne comme un jeu somme de tout ce qu'a expérimenté la licence ces dernières années et offre ici une lettre d'amour aux fans qui apprécieront les nombreuses références.  Et comment ne pas saluer cette version Switch 2 qui n'est pas exempte de défauts, mais qui impressionne beaucoup plus qu'elle ne frustre, et dont on peut espérer des mises à jour qui amélioreront les petits défauts techniques. 

Les +
  • Grace et Léon, un super duo 
  • Des phases d’horreurs vraiment réussies 
  • Tout comme les phases d'actions
  • Une histoire bien sympathique 
  • Des ambiances vraiment réussies 
  • Très bon doublage en VF et VO 
  • Une excellente mise en scène 
  • Des nouveautés de gameplay intéressantes 
  • Visuellement charmant 
  • Une version Switch 2 impressionnante 
  • Un bon dosage en terme de fan service
Les -
  • Des antagonistes vraiment pas très marquants 
  • Les cheveux des personnages, pas très réussis
  • Quelques variations de framerate
Publié dans Tests, Tests de jeux
guest

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires