TEST Hellmut : The Badass From Hell Nintendo Switch

Hellmut : The Badass From Hell, l’enfer c’est les autres – TEST

Mes quatre premières heures avec Hellmut : The Badass From Hell furent éprouvantes. J’ai éteint ma Switch un nombre incalculable de fois, me disant « tu n’arriveras jamais à battre ce jeu, laisse tomber ». Puis je venais m’asseoir devant mon PC et, l’esprit encore hanté, finissais par me convaincre que je devais y retourner, que je pouvais y arriver. Si vous achetez ce titre, je peux vous parier que vous vivrez la même chose, pour peu que vous soyez un peu têtu – et surtout très maso. Pourtant, à la base, je ne dirais pas que nous étions faits l’un pour l’autre. Un joueur de jeux de gestion et de RPG au tour par tour qui se lance dans un rogue-like de type bullet-hell, ça ne pouvait que mal se passer. Mais en réalité, derrière des abords assez rugueux, se cache un jeu finalement assez accessible aux débutants, avec une courbe de difficulté très finement gérée.

Thumbnail Hellmut : The badass from hell switch eshop

Cours plus vite que les balles

Au début, à la vue du logo de Hellmut : The Badass From Hell, j’ai soupiré face à cette sempiternelle repompe de celui de Doom. Et puis, j’ai finalement compris que le lien de parenté entre les deux était là : j’avais presque l’impression de jouer à une version top-down shooter de l’illustre FPS d’id Software. Grand amateur de Duke Nukem 3D dans mon adolescence, j’ai retrouvé la rapidité et la nervosité des shooters à l’ancienne, où il fallait avoir l’œil vif sur tout, et surtout sur sa barre de santé, qui descend aussi très vite dans le titre de Volcanic.cc. Vous pouvez certes acheter des medikit dans la boutique présente dans chaque donjon, mais leur effet et leur nombre est très limité. Alors il va falloir faire attention. Esquiver le plus de balles possibles. Fuir les ennemis tout en les attaquant. Plus facile à dire qu’à faire, surtout quand certaines salles ont la bonne idée de se refermer tant que vous n’avez pas exterminé tous les monstres les contenant. Dans les premiers niveaux, ce n’est pas si difficile : peu d’ennemis ont des attaques à distance et vous pouvez vous contenter de courir en arrière en les attaquant pour vous en sortir. Mais au bout d’un moment, les choses se corsent : beaucoup de créatures vous lancent des sorts, et là l’expérience s’approche beaucoup plus d’un shmup. Heureusement, malgré sa direction artistique 16-bit assez gimmick, le titre reste très lisible en toutes circonstances, si l’on excepte une attaque un peu vicieuse qui se fond en style et en couleur avec les décors.

« La chance n’est que le sourire du talent »

Cette citation du philosophe aristotélicien Okou Armand Gnakouri pourrait s’appliquer à Hellmut : The Badass From Hell. Ce n’est, en effet, pas dans son gameplay que réside la difficulté du jeu : ZR pour les attaques normales, ZL pour les attaques spéciales, et les deux sticks pour se mouvoir et viser. C’est à peu près tout, et c’est parfait, car cela permet d’acquérir des automatismes et une mémoire musculaire indispensable à votre réussite : je ne saurais par ailleurs que trop vous conseiller de jouer à la manette Pro, car les Joy-Con, trop légers, rendent l’entreprise plus délicate que nécessaire. Malheureusement, l’entraînement ne suffit pas toujours, et ce, à cause de la génération procédurale des niveaux, véritable épée à double tranchant responsable de beaucoup de frustration et autres crises de nerfs. Alors oui, celle-ci semble indispensable à la rejouabilité d’un titre assez court, mais peu aussi vous ruiner un run qui était très bon jusque-là : parfois, vous allez être confrontés à trop d’ennemis trop forts d’un coup, parfois ceux-ci vont aussi poper de sorte à ce que vous soyez acculés dans un coin de la pièce, faisant face à une mort certaine. Les boss auxquels vous allez devoir vous confronter sont, eux aussi, aléatoires, et, sans divulgâcher, deux d’entre eux sont même si durs à battre qu’ils vous conduiront à un décès quasi-certain. Face à cela, vous n’aurez d’autres choix que de visiter les boutiques pour vous préparer en achetant des armes spéciales (aux munitions malheureusement limitées), des armures et des medikits. Vous n’avez pas assez d’argent ? Pas de problème, ladite boutique vous propose un clone de Space Invaders – assez mauvais et surtout complètement silencieux, pas forcément un mal au vu de la relative fadeur de la musique du jeu – qui vous permettra de renflouer les caisses à moindre coût. Vous ne savez pas jouer à Space Invaders ? Vous trouverez dans certaines salles des coffres pouvant contenir des trousses de soin et des armes. Attention, néanmoins : certaines d’entre elles sont si nulles qu’elles vous feront regretter votre arme principale, mais ça, vous ne l’apprendrez qu’avec l’expérience.

Et ça continue, encore et encore

Dans chaque niveau se trouveront aussi des épreuves, accessibles contre des âmes (des loots aléatoires qui apparaissent quand vous tuez des ennemis), et dans lesquelles vous devrez tuer un certain nombre de monstres dans un temps imparti dans le but d’obtenir une nouvelle invocation à l’efficacité variable, mais qui fait lieu de vie supplémentaire, ce qui n’est jamais négligeable dans un jeu à la si grande difficulté. En parlant d’invocations, vous aurez le choix entre deux monstres au début du jeu : un amas de chair à la force et à la rapidité de tir toute relative, et un rat qui tirera plus vite et plus loin mais possèdera moins de points de vie. À vous de voir, mais mon conseil est de commencer par le premier pour passer au second quand vous aurez acquis une certaine expérience. Quand vous finissez le jeu, comme dans tout rogue-like qui se respecte, vous repartirez toujours à poil, mais vous aurez de nouvelles invocations plus fortes disponibles au départ, au prix, cependant, d’un boss de fin un peu plus difficile à chaque fois. Je parle de fin, d’ailleurs, mais le jeu n’en possède pas vraiment : tout juste vous affichera-t-il un tableau des scores une fois que vous aurez débloqué toutes les invocations possibles. En même temps, vu le scénario assez simple et débile de base, je vois mal quelle conclusion épique ils auraient pu trouver, mais cela peut constituer un frein à l’achat pour ceux qui aiment qu’un scénario les tire vers l’avant. Autre frein à l’achat, le prix un peu élevé de 29,99€. Attendez peut-être qu’il passe sous la barre des 20 euros pour vous le procurer car même si le contenu est bon, il reste un peu trop chiche pour le prix demandé.

Au fait, vous savez quoi ? J’ai fini par y arriver : au bout d’une partie très éprouvante d’une heure et quatorze minutes (le jeu vous donne votre timer quand vous finissez… ou mourrez), j’ai fini par voir la fin d’Hellmut : The Badass From Hell. Puis j’ai recommencé. Et recommencé. Maintenant, avec une dizaine d’heures de jeu au compteur, j’arrive à le battre en une trentaine de minutes. Mais on peut faire mieux. On peut toujours faire mieux. Allez, j’y retourne.

Hellmut : The Badass From Hell étant bien trop intense pour en faire des captures, elles nous ont été fournies par l’éditeur. Le jeu est entièrement localisé en français.

Bourré de défauts, rageant... mais si efficace
  • 70%
    Bourré de défauts, rageant... mais si efficace - 70%
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Résumé

Frustrant, un peu répétitif, et pas très beau, Hellmut : The Badass From Hell arrive à compenser ces défauts grâce à une jouabilité aux petits oignons et une courbe de difficulté très bien dosée. Le résultat ? Un titre qu’on a envie de relancer encore et encore, mais qu’on ne peut pas sainement conseiller à tous les joueurs. Si vous aimez les jeux nerveux et n’avez pas trop peur de la difficulté, vous pouvez y aller sans trop de risque. Dommage qu’il soit un peu cher.

Envoi
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A propos de l'auteur :

giomosby

Fan de consoles Nintendo et de jeux japonais depuis que je suis en âge de tenir une manette. Si je ne suis pas dispo, c'est probablement que je visite un parc Disney.

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