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Hades sur Nintendo Switch : un rogue-lite absolument divin ! – TEST

Après avoir passé un peu moins de 2 ans en accès anticipé sur PC, Hades, le rogue-lite du studio américain SuperGiant Games basé à San Francisco — à l’origine de Bastion et Transistor — s’est finalement décidé à sortir dans sa version officielle sur Steam, Epic Games Store et, cerise sur le gâteau, Nintendo Switch !

Disponible depuis le 17 septembre 2020 sur le Nintendo eShop (pas encore de version boîte malheureusement mais comptez sur nous pour vous faire signe lorsque cela arrivera, à condition que vous nous en laissiez une), Hades est un rogue-lite qui se déroule dans un univers inspiré de la mythologie grecque.

Vous y incarnez Zagreus, fils d’Hadès, lassé de l’atmosphère et du climat qui règnent dans la grande demeure familiale et qui est bien décidé à prendre ses jambes à son coup pour atteindre le sommet des Enfers ! Pour y parvenir, il devra s’armer de courage et de détermination, assisté par les Dieux de l’Olympe qui lui offriront régulièrement leurs bienfaits pour le rendre toujours plus fort. Attention toutefois : son géniteur, en tant que « Maître des Enfers » et frangin de Zeus et Poséidon (qui peut s’asseoir à sa table et dire « j’ai un job plus classe que toi » ?) est quant à lui bien décidé à lui barrer la route. Il n’hésitera pas à lui envoyer des hordes de créatures toutes plus puissantes les unes que les autres, pour rappeler à son fiston qui est le patron dans la maison.

C’est donc en parcourant d’innombrables chambres des Enfers, en combattant avec hargne et dextérité et en mourant un nombre incalculable de fois, que Zagreus apprendra à dompter les abîmes et découvrira les tonnes de secrets qu’ils renferment sur lui et sur sa famille.

Hades, ô mon Dieu, que vous êtes ravissant !

La première chose qui saute aux yeux lorsqu’on lance le titre, c’est la qualité et la cohérence de la direction artistique. Le soin avec lequel les divinités et les niveaux ont été traités est à couper le souffle. Et pourtant, SuperGiant sont coutumiers du fait ! Mais la marche qui a été franchie ici est incomparable avec ce que l’on a pu voir auparavant. À chaque fois qu’un Dieu ou qu’une Déesse apparait à l’écran pour la première fois, on ne peut s’empêcher d’en admirer le niveau de détails pendant de longues secondes. Et pour celles et ceux qui seraient un peu trop pressées, croyez-moi, vous ratez quelque chose de grandiose. Mais Hades n’est pas qu’un chef d’œuvre visuel primaire. La qualité de ses dialogues est toute aussi impeccable !

“Allez, au dodo !” … “Non, raconte-moi encore une histoire s’il te plaaaaaait !”

Comparons le jeu avec un autre bijou du genre : dans Dead Cells, vous êtes envouté par un gameplay si profond et si addictif qu’il vous pousse à relancer une run dès lors que la précédente est terminée. Hades, lui, vous invite à prendre du temps, entre chaque session d’action, pour converser avec chacun des membres de la maison de votre papa « adoré ». Le moindre dialogue, du plus essentiel scénaristiquement au plus anecdotique, est une dose de plaisir à consommer sans modération. Et ce n’est pas notre bon vieux Dyonysos qui va nous contredire n’est-ce pas, vieux soiffard ?

Si seulement c’était tout… Mais non. Ces dialogues sont portés avec splendeur par un doublage anglophone absolument merveilleux ! Toutes les divinités et rencontres importantes du jeu (PNJ, boss, etc.) ont leurs propres traits de caractères, perceptibles à leur timbre de voix. Chacune d’elle dispose de très nombreuses lignes de dialogues, toutes reliées entre elles en fonction de vos rencontres précédentes. Un exemple : vous avez déjà combattu tel boss et il vous a renvoyé à coup de pied aux fesses chez papounet ? La ligne de dialogue à votre prochaine rencontre se fera un plaisir de vous le rappeler de manière extrêmement cynique et grinçante.

Et enfin, la voix de Zagreus clos le débat en apothéose… Je préfère ne pas en dire davantage et vous laisser le soin de la découvrir par vous-même.

Déchaînez les Enfers sur vos ennemis, ou ce sera l’inverse !

Niveau gameplay, Hades ne vous surprendra pas outre-mesure si vous êtes un habitué du genre rogue-lite : équipé de l’arme de votre choix (épée, lance, arc et d’autres surprises), vous devez exterminer les sbires qui se mettent au travers de votre route en traversant de nombreuses salles dans plusieurs niveaux à l’esthétique impeccable. Une fois que vous arrivez à bout de tous les ennemis d’une salle, il vous faut choisir une porte parmi celles qui vous sont proposées, avec le type de récompenses qui vous attend derrière inscrit dessus : opterez-vous pour l’obtention d’un nouveau bienfait appartenant à une divinité en particulier, pour l’amélioration d’un déjà en votre possession ou pour de la vie supplémentaire ? À vous de décider, tout en sachant qu’il existe de nombreuses surprises que je n’évoquerai pas ici.

Si la prise en main se fait très naturellement, ce n’est pas pour autant que vous aurez l’impression d’une promenade de santé. Le bestiaire du jeu est relativement bien étoffé, avec des ennemis qui disposent de leurs propres spécificités et d’une sournoiserie indéniable. Attaque au corps à corps, à distance, explosion, téléportation, bond en avant, champ de protection… Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les sensibilités ! Comme dans tous les rogue-lite, vous mourrez beaucoup et réapparaitrez à la maison en ayant de nouveau toutes les salles à traverser et tous les niveaux à gravir. Vous conserverez toutefois les différents composants que vous aurez récoltés tout au long de votre précédente tentative. Ces composants vous serviront à améliorer la demeure de votre père, vos appartements personnels mais aussi à débloquer de nouvelles compétences et, plus globalement, à vous rendre résolument plus puissant !

Pour finir, j’aimerai évoquer les boss présents dans le jeu : s’il ne devait y avoir qu’une petite ombre au tableau d’Hades, je dirai que leur variété n’est peut-être pas suffisante en l’état. Si leurs mécaniques de gameplay sont intéressantes et qu’il existe quelques mini-boss secrets très agréables à affronter, on apprécierait quand même certainement d’en rencontrer encore un peu plus. Espérons donc que, comme pour Dead Cells avant lui, Hades profitera d’un suivi de qualité avec le déploiement de DLC tout aussi exaltants !

Quoi qu’il en soit, vous pouvez me croire : Hades vous tiendra en haleine pendant plusieurs longues dizaines d’heures. Et des centaines pour les plus passionnés du genre. Grâce à la nervosité de son gameplay, aux différentes armes et à leurs variantes débloquées au fil de l’eau, mais aussi grâce aux fonctionnalités qui s’offriront à vous au fur et à mesure que vous avancerez dans les tréfonds des Enfers, vous ne trouverez même plus le temps de cligner des yeux (ou de l’œil, si vous êtes un Cyclope).


Hades : un rogue-lite absolument divin ! – TEST
  • Divin over 9000 - 90%
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Divin over 9000

Si la perfection n’existe pas, la copie est certainement quasi-parfaite pour le nouveau bébé de SuperGiant. Un jeu d’une profondeur exceptionnelle seulement une dizaine de jours après son lancement, autant en matière d’écriture que manette en main. Foncez !

Les +

  • Une direction artistique à couper le souffle
  • Une intrigue palpitante
  • Des dialogues aux petits oignons
  • Une gameplay précis, intense et exigeant
  • Une durée de vie étonnante (new game + savoureux)
  • Un doublage P A R F A I T

Les -

  • Un ou deux boss supplémentaires ?
Sending
Note des lecteurs :
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Nastowan

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Présentation : Do or do not. There is no try. _ Maître Y.

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Rey

C’est pas rogue-lite, mais ROGUE-LIKE! Bordel !
Vous dites pas doom-lite, mais doom-like, pour les fps, que je sache !
Rogue-like, comme le jeu Rogue !

DesBen

Rogue-lite et rogue-like sont deux styles distincts 🙂

Ducksan