Foregone - TEST
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Foregone : bonnet d’âne ou bon élève ? – TEST

Gleamlight, Enchanted Portals, Genshin Impact, Bug Tales, on ne compte plus les titres vilipendés par différentes communautés de joueurs pour leur trop grande ressemblance avec une œuvre de plus haut calibre. Le dernier en date : Foregone. Cloué sur la place publique pour avoir emprunté le style graphique de Dead Cells, le titre développé et édité Big Blue Bubble s’était vu étiqueter par certains – dès son early acces sur PC – comme persona non grata du monde vidéoludique. Pourtant, si les copier-coller de gameplay sont tolérés par à peu près tous – coucou la prolifération de Souls-Like et autres Rogues en tout genre ces dernières années, il pourrait en être de même pour les titres qui ont eu le malheur de s’inspirer d’une direction artistique qui a déjà convaincu par le passé. Cela me semble même nécessaire si cela permet de voir naitre des projets comme celui de Foregone, qui dépasse ici sa simple condition de doppelgänger.

Évacuons d’emblée le sujet : oui, Foregone reprend effectivement le style graphique si particulier de Dead Cells, fait de modèles 3D sur lesquels une résolution d’image minimale a été apposée. On retrouve donc les mêmes rendus pixelisés des décors et des personnages que chez l’œuvre de Motion Twin ainsi que le côté étrangement flottant des animations des personnages du jeu. Foregone se détache cependant nettement de son père spirituel en nous plongeant dès les premières minutes au cœur d’une forêt lumineuse, à des années-lumière des lugubres donjons et marais de Dead Cells. Une manière de se démarquer bienvenue, même si les cloaques sombres, les cimetières abandonnés et les laboratoires hantés feront vite leurs retours au gré des niveaux, aussi variés que jolis à regarder.

Foregone baby, gone

Des niveaux qui se visiteront de manière linéaire, sans que ceux-ci ne bougent d’un iota lorsque la mort viendra toquer à notre porte, et pour cause : Foregone est un mélange de jeu de plateforme 2D et de metroidvania oldschool, qui met même un point d’honneur à ranger toutes formes de roguelike et d’environnement généré aléatoirement au placard. Dédales à parcourir, secrets cachés à dénicher, boss de fin de niveau à vaincre lors d’intenses affrontements et amélioration de compétences qui vous offrent de nouvelles options de déplacement, tout est là pour que vos vieilles habitudes reviennent au galop. Sauf qu’à vouloir trop bien réciter ses leçons apprises du côté des maîtres du genre, le titre de la firme à la bulle bleue nous rend une copie correcte oui, mais qui laisse transparaitre sur le papier blanc de sa feuille d’examen de nombreuses traces de gomme qui peinent à masquer la présence de quelques petits poncifs inhérents aux anciennes gloires qui lui ont servi d’inspiration.

L’un d’entre eux se remarque d’ailleurs dès les premières minutes de notre aventure. Manette en main, il y a un décalage entre la puissante et agile guerrière aux pouvoirs dévastateurs que l’on nous dépeint et les possibilités offertes par ses contrôles qui conviendraient également si nous avions préféré jouer un randonneur du dimanche à la retraite. Ces animations sont un poil trop lourdes et notre héroïne a toutes les peines du monde pour effectuer une esquive aérienne. Même topo si vous souhaitez utiliser son arme à feu tout en marchant : impossible.

Mention “assez bien”

Autres soucis, l’IA de nos ennemis est aussi faible que le framerate du titre lorsque trop d’éléments s’affichent sur nos écrans. Si nous sommes par la force des choses habitués à croiser des adversaires qui nous attaquent à vue sans réfléchir, cela devient en revanche rapidement problématique lorsqu’il est bêtement possible de tricher avec leurs limites intellectuelles, en nous cachant derrières les rebords de certaines plateformes pour nous défouler sur l’une de ces pauvres créatures qui ne comprend pas comment descendre d’un muret d’1m50 de hauteur. Le dernier devoir de Big Blue Bubble ne reviendra donc pas sans quelques ratures au stylo rouge des corrections de son professeur.

Malgré tout, le bougre ne mérite pas non plus de recevoir une si mauvaise note. Il faut en effet se rendre à l’évidence : j’ai – contre toute attente – aimé aller jusqu’au bout de Foregone. Je me suis en effet rendu compte au fil de ma progression que plusieurs de ces petites imperfections étaient autant de raisons pour lesquelles le jeu tournait encore tard le soir sur ma Nintendo Switch. Qu’on me jette la première pierre si vous n’avez pas déjà déjà jubilé en réussissant à franchir un mur de féroces ennemis en exploitant leurs IA incertaines. Dans le même ordre d’idée, la structure linéaire de ses niveaux rendait prévisible à outrance l’emplacement de ces fameuses salles et trésors cachés, parsemés un peu partout dans les environnements du jeu. Idéal, par exemple, pour assouvir à la fois mes envies de complétiste, tout en évitant les allers-retours rébarbatifs que l’on trouve souvent dans les metroidvanias.

Simple comme bonjour

En résumé, c’est la simplicité globale du gameplay du titre qui m’a finalement conquis après m’avoir laissé, dans un premier temps, de marbre. Dans Foregone, vous ne disposez que d’un bouton pour frapper, un pour effectuer une roulade, un autre pour sauter, un dernier pour tirer et des gâchettes pour utiliser des pouvoirs spéciaux – améliorables si l’on explore un peu plus en profondeur les niveaux du jeu – et c’est tout. Bien sûr, cette panoplie s’étoffe par la suite – nous pourrons escalader les murs et dasher dans les airs – mais l’essentiel est là.

Pour chercher un peu de variété, il faudra surtout changer d’armes et d’équipement, lootables sur les cadavres de nos ennemis, et utiliser à bon escient les nombreux bonus qu’ils peuvent conférer. Malheureusement un peu obscurs de premier abord – les dégâts de poisons sont par exemple appelés “fléau” sans que cela soit expliqué -, ils deviendront vite utiles pour se défaire plus facilement des plus coriaces de nos ennemis, sans que cela en devienne pour autant indispensable. Foregone parvient avec ce système à ne pas pousser les joueurs récalcitrants à se plonger dans du theorycrafting ennuyeux, tout en donnant un réel intérêt à la chose pour ceux qui s’y intéresseront.

Au final, il est difficile de savoir si certains défauts de Foregone étaient laissés là intentionnellement ou non par Big Blue Bubble. Le recyclage de certains boss ne l’est vraisemblablement pas, tout comme l’effroyable pic de difficulté que représente le boss de fin, mais l’ensemble du titre arrive toujours à osciller entre la fausse bonne idée et maladresse de game-design utile sans jamais tomber dans l’injouable. C’est en tout cas un titre que je relancerai avec plaisir sur ma Switch lorsque j’aurai envie de jouer à un jeu qui me donnera la sensation d’être plus malin que lui, sans avoir la certitude à 100% que cela soit effectivement bien le cas.


  • Pour les amateurs de séries B - 60%
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Pour les amateurs de séries B

Foregone, c’est un peu comme votre nanar préféré : il est rempli de défauts, mais vous l’aimeriez moins si on parvenait à les effacer. Loin d’être parfait, le titre de Big Blue Bubble nous livre finalement une expérience compacte qui se tient de bout en bout, involontairement ou non, mais là n’est pas la question. Avec un capital sympathie qui grandit au fur et à mesure que l’on progresse, Foregone pourrait bien faire le bonheur de plus d’un joueur et mérite clairement mieux que son étiquette de copie de Dead Cells.

Les +

  • Des combats de boss intenses…
  • L’aspect graphique et la variété des niveaux
  • Un jeu simple à prendre en main
  • Un système de personnalisation des statistiques de notre avatar plus profond qu’il n’y parait.
  • L’exploration des niveaux est justement récompensée.

Les -

  • … bien que certains sont recyclés à plusieurs reprises.
  • Le framerate souffre quand il y a trop d’éléments à l’écran.
  • Les animations lourdes et flottantes de notre héroïne.
  • L’IA aux fraises des ennemis
  • La différence de difficulté entre le boss de fin et le reste du jeu.
Sending
Note des lecteurs :
54.5% (6 votes)
Ducksan

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Présentation : La légende raconte qu'il est tombé dans le puit sans fond des jeux indépendants quand il était petit. Elle rajoute qu'une fois remonté, il plongea malencontreusement dans le puit du voisin d'à côté, celui de la collectionnite aigüe pour les versions boîtes de jeux Nintendo Switch.

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