TEST Hollow Knight – La pépite inoubliable

Alors que la Team Cherry s’efforçait de porter Hollow Knight sur Switch, nous autres, les joueurs, nagions dans les eaux brumeuses de l’incertitude. Nous savions que les développeurs faisaient face à quelques difficultés dans le développement et le silence pesant autour de cette version n’arrangeait pas nos craintes. Mais v’là-t’y pas que d’un coup d’un seul, le projet a décidé de faire une courte apparition dans le superbe Nintendo Direct dédié à l’E3 avec une immense surprise à la clé, une disponibilité sur l’eshop juste après la diffusion de la vidéo. En ni une, ni deux, après cette révélation explosive, je me décide à plonger gracieusement vers mon fauteuil, à attraper furieusement ma manette et à me mettre en quête de télécharger férocement le jeu, espérant avec conviction que ces longs mois d’attente déboucheront vers quelque chose qui le mérite. Et diable que oui, oui cette oeuvre cimentée avec de la passion mérite toute notre reconnaissance et c’est avec un plaisir presque jouissif que je me lance dans la rédaction de cette critique déjà fort élogieuse.

Avez-vous déjà eu ce sentiment abstrait d’avoir la certitude qu’une oeuvre allait vous transporter très loin, en la contemplant que quelques minutes seulement ? Il y a toujours des indices qui ne trompent pas et dans le cas de Hollow Knight, c’est bel et bien dès le menu d’accueil du jeu, épuré et magique, que l’on sait pertinemment que ce qui va suivre ne pourra pas nous décevoir. C’est comme cette sensation inéluctable que quelque chose de très grand est sur le point de se réaliser. C’est donc avec une impatiente démesurée que je choisis de manière prompt et capricieux à lancer les hostilités. Après une légère introduction, les choses sérieuses commencent, la claque esthétique est immédiate et l’ambiance du jeu nous englobe déjà de son essence énigmatique.

Un explorateur solitaire dans un monde aux mille et un secrets

Un sombre dédale souterrain où le temps semble s’être arrêté, c’est bien dans ce cadre inextricable que l’action du jeu va se dérouler en totalité. Vous incarnez un étrange chevalier à la carcasse vide et au regard calignieux en quête de découvertes dans le monde souterrain d’Hallownest où résident les ruines d’anciennes civilisations gouvernées par des insectes anthropomorphes. Toute l’aventure du jeu va s’articuler autour de cette notion de mystère engendrée par les traces de ces cultures jadis via une direction artistique portée par des couleurs froides propices au calme et à l’exploration.

Il y a un ton résolument triste qui enveloppe les différents décors que vous allez découvrir. Cette émotion est tantôt représentée par une pluie incessante qui marque de ses empruntes une certaine forme de mélancolie, tantôt par ce monde pétrifié, totalement dessiné à la main, où les choses ne semblent plus avoir d’avenir. L’aspect artisanal de cette patte artistique, absolument magistrale au passage et parfaitement maîtrisée, accentue cette idée de civilisation déchue et lui offre un élan d’authenticité comme rarement nous avons pu en voir dans un jeu vidéo. Il y a donc une cohésion parfaite entre l’univers du titre et sa mise en forme qui a pu naître grâce aux choix intelligents et minutieux entrepris par la Team Cherry.

Cet élan artistique va également contribuer à vous apporter une motivation constante dans la progression du jeu. La variété des environnements et le lyrisme qui s’en dégage vous donneront l’envie d’avancer dans l’aventure pour en voir toujours plus. Il y a d’ailleurs un véritable aspect contemplatif qui se dégage des paysages, accentué par la mélodie discrète provenant des notes cristallines d’un piano au regard sensible. Pour avancer dans l’histoire, vous aurez l’opportunité de traverser une multitude de tableaux aux visages bien différents, appuyés par une structure de progression de type Metroidvania. Les développeurs n’ont pas forcément opter pour la prise de risque en faisant ce choix, mais le style reste fiable et a fait déjà ses preuves de nombreuses fois par le passé.

Une progression portée par une grisante liberté

Hallownest est un monde ouvert et très vaste. Comme tous jeux d’aventures similaires, de nombreuses zones resteront inaccessibles au début de l’aventure. Bien entendu, ces chemins s’ouvriront à vous au fur et à mesure que vous débloquerez des capacités capables de dégager de nouvelles voies. C’est une approche conventionnelle, certes, mais la Team Cherry a vu les choses en grand. Ici, il ne sera point question de vous tenir la main et de vous accompagner dans votre aventure.

Ainsi, à l’instar du dernier Zelda, Hollow Knight va miser sur vos capacités à prendre des initiatives pour avancer dans l’histoire. Ne vous attendez-donc pas à suivre bêtement un GPS pour atteindre votre objectif. Dans le cas présent, il va falloir faire preuve de débrouillardise si vous ne voulez pas risquer de faire du surplace. Même la carte des régions se révélera minimaliste puisque cette dernière ne vous donnera même pas l’emplacement sur laquelle vous vous trouverez.

Toute la partie narrative arbore aussi une architecture élusive puisqu’elle ne va jamais chercher à vous raconter l’histoire directement. Ainsi, à l’image de la progression, fouiller dans les moindres recoins de l’environnement sera primordial si vous souhaitez déceler tous les indices qui vous permettront de comprendre les raisons de la chute du royaume d’Hallownest

Encore une fois, cette approche est  bénéfique, car elle nous force inconsciemment à prendre les devants, à explorer méticuleusement une zone et à faire de notre mieux. C’est toujours plus exaltant de mettre la main sur un secret ou un trésor dans ces conditions, sans aucun assistanat, surtout quand l’expérience adopte un level design ingénieux qui se prête parfaitement au jeu de la découverte. Cette structure pose ainsi des bases étonnantes et saines au titre pour vous procurer un souffle de liberté intense qui vous donnera l’immense satisfaction d’avoir pu vivre quelque chose d’extraordinaire et d’avoir été le maître de toutes vos actions. Concrètement, la Team Cherry replace le joueur au centre des décisions et ça fait du bien.

Mais que serait ce plaisir de l’aventure s’il n’y avait aucun obstacle à surmonter ? Car oui, Hollow Knight, c’est aussi une oeuvre qui va demander du doigté et de l’habilité pour franchir les dangers et vaincre les ennemis. Si les exigences demandées par les développeurs peuvent rebuter de nombreux joueurs en règle générale, sachez que la difficulté, bien que présente, n’est absolument jamais punitive. Alors, certes, une erreur peut très vite rimer avec une mort instantanée dans ce jeu, mais à aucun moment elle ne va se révéler frustrante. Mieux que ça même, perdre c’est une façon de gagner de l’expérience, gagner en expérience, c’est aussi surmonter vos erreurs pour affronter les dangers, vous saisissez le concept ? La Team Cherry a compris ce principe et va l’utiliser intelligemment  sans tomber dans la démesure ou le hors-sujet.

Un gameplay au top pour un plaisir de jeu immédiat

Hollow Knight, c’est comme un petit biscuit qui délivre toute la puissance de ses arômes à la seconde même où l’on va croquer dedans. Sachez que l’on retrouve cette délicieuse sensation aussitôt que l’on peut diriger notre preux chevalier, une fois la manette en main, c’est un plaisir immédiat. Les commandes sont à la fois simples et intuitives, les mouvements du personnage sont fluides, ce qui lui donne un effet de légèreté qui rend ses déplacements gracieux à regarder. Cet aspect va vraiment sublimer toute la jouabilité du jeu, notamment dans les séquences de combat où il va falloir faire preuve d’anticipation si vous ne voulez pas mourir bêtement.

Les affrontements sont faciles à appréhender, néanmoins ils peuvent s’avérer redoutables. Pour vous défendre, il vous sera possible d’utiliser aussi bien votre épée que de la magie en prenant garde de bien gérer votre jauge d’âmes, qui se remplit à chaque coup porté sur l’ennemi. A savoir que si cette dernière se vide complètement, vous serez dans l’incapacité totale de lancer des sorts et de récupérer de la vie. Même s’il représente une bonne partie de l’aventure, les combats ne seront jamais lassants à vivre dans la mesure où les développeurs ont réussi à apporter une grande variété dans les situations. Par ailleurs, on peut saluer l’énorme travail effectué sur le bestiaire du jeu, follement diversifié avec de nombreux ennemis et boss aux spécificités bien différentes et sublimé par la qualité fascinante des animations. Et pour apporter encore plus de richesse aux contenus et au gameplay, des tonnes d’artefacts (appelés des charmes) dissimulés un peu partout sur la carte permettront à votre guerrier d’obtenir de nouvelles compétences, histoire de lui donner un avantage considérable sur ses adversaires.

Le jeu est exigeant et la mort vous emportera régulièrement. De nombreux joueurs risquent d’être rebuté par cet aspect, car perdre la vie signifie devoir recommencer sa partie à la dernière sauvegarde et donc par définition devoir se coltiner de nouveau tout le chemin déjà parcouru. Pire que ça même, lorsque vous rendez l’âme, vous laissez tomber toute la monnaie que vous aviez récoltée jusque là. Mais pas de panique, car les développeurs vous laissent tout de même une dernière chance de récupérer tout ça en retrouvant votre âme nitescente à l’endroit même où vous avez succombé et en la récupérant. S’il est clair que ce choix risque de faire grincer des dents et que tous les joueurs  ne vont pas adhérer à ce concept, pour les autres qui souhaitent ressentir de véritables enjeux et de la tension dans la progression, ceux-là seront tout simplement aux anges.

La cerise sur gâteau provient certainement de la durée de vie phénoménale du jeu. Pour terminer l’aventure principale, il faut compter une bonne vingtaine d’heures, voire bien plus suivant la façon dont vous savourez une expérience. Et si, comme toute personne saine d’esprit, vous refusez catégoriquement de quitter cet univers de manière prompt, vous pouvez toujours prolonger votre expédition, histoire de déceler tous les secrets du jeu, vaincre les boss cachés et récupérer tous les charmes bien mussés dans l’environnement. Et pour atteindre l’objectif du 100% symbolique, prévoyez plus de soixante heures de bonheur et un respect éternel envers les petits gars de le Team Cherry.

Avis final
  • 90%
    Avis final - 90%
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Résumé

Parcourir l’incroyable monde d’Hallownest, c’est prendre conscience qu’il n’y a nul besoin d’une enveloppe démesurée, ni d’une équipe de cent personnes pour frapper un très grand coup. Arborant une ambiance visuelle et sonore unique, la Team Cherry nous gratifie d’une aventure splendide dont les qualités irréfutables nous explosent à la figure telle une vague puissante qui viendrait se fracasser violemment contre des falaises. Si on ajoute à cela le fait de positionner le joueur au centre de tout en le libérant totalement de ses contraintes, ce qui peut devenir un défaut pour certains, on se retrouve avec une oeuvre d’une incroyable maturité, qui nous pousse à aller toujours plus loin rien que pour le plaisir de la découverte. Dans la finalité, Hollow Knight n’est pas qu’un excellent titre, c’est une expérience qui marie habilement de nombreuses idées neuves pour moderniser un genre qui avait bien besoin d’un petit coup de pied au derrière. Et a seulement 14,99€, vous n’avez plus aucune excuse pour ne pas franchir le pas, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Envoi
User Review
65.94% (18 votes)

A propos de l'auteur :

BQuentin

Joueur de 29 ans, j’ai découvert le jeu vidéo avec la toute première console portable de Nintendo, à savoir le Gameboy et son inoubliable Super Mario Land

a écrit 69 articles sur Switch-Actu.

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