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Plants vs. Zombies : la Bataille de Neighborville, un TPS res-plante-di-ssant ! – TEST

Plants vs Zombies, c’est l’histoire d’un modeste jeu de tower defense qui est devenu, presque malgré lui, un véritable phénomène du jeu vidéo. Initialement sorti en 2009 sur PC, le jeu a très vite rencontré un succès relativement conséquent, ce qui a conduit les équipes de PopCap Games  — à l’origine du développement et de l’édition — à porter et à répandre leur jeu sur un maximum de plateformes. Xbox 360, PlayStation 3, PlayStation Vita, Nintendo DS, iOS, Android… Même des systèmes d’exploitation mobiles plus confidentiels tels que Bada et WP7 ont eu droit à leur version ! Bref, Plants vs Zombies a été porté sur à peu près tous les supports possibles et imaginables.

Après la sortie de la suite du premier opus, Plants vs Zombies 2 : It’s About Time, le studio PopCap Games a pris la décision d’intégrer la liste des studios estampillés Electronic Arts, dont BioWare et Dice font également partie pour les plus connaisseurs d’entre vous. Depuis ce changement de gouvernance, la licence Plants vs Zombie a mis de côté le genre tower defense au profit d’un terrain de jeu sur lequel on ne l’attendait pas vraiment  : le jeu de tir à la troisième personne, avec la sortie de Plants vs Zombies : Garden Warfare en 2014, puis de Plants vs Zombies : Garden Warfare 2 en 2016.

Forts de la réussite commerciale de ces deux précédents jeux, PopCap Games et Electronic Arts n’ont pas souhaité s’arrêter en si bon chemin et ont réitéré l’exercice avec le dernier épisode en date de la série : Plants vs Zombies : La Bataille de Neighborville. C’est d’ailleurs cet opus paru en septembre 2019 sur PC, PlayStation 4Xbox One et disponible depuis le 19 mars 2021 sur Nintendo Switch, que nous avons testé pour vous.





Qui ne se plante jamais n’a aucune chance de pousser…

Avant toute chose, sachez que ce portage Nintendo Switch intervient après une déception assez générale du public vis-à-vis des versions PC, PlayStation 4 et Xbox One, qui ont souffert d’un manque de contenu et d’une image ternie par un modèle économique légèrement pernicieux, orienté sur le désormais célèbre concept de “game as a service”. Autrement dit, après avoir acheté son jeu, le joueur est régulièrement sollicité pour repasser à la caisse et profiter de contenus additionnels payants. Bonne nouvelle : cette version “Édition Intégrale” proposée spécifiquement sur Nintendo Switch comprend l’entièreté des contenus rendus disponibles depuis la sortie initiale du jeu et les micros-transactions ont, quant à elles, complètement disparu ! D’ailleurs, si cela vous intéresse, nous avons eu le plaisir d’échanger longuement avec le producteur du jeu sur toutes ces questions : une interview à retrouver ici !

Je plante donc je suis.

Plants vs Zombies : La Bataille de Neighborville est un TPS (Third Person Shooter) qui se déroule dans l’univers complètement barré et caractéristique de la licence, avec des plantes qui livrent une guerre sans merci à des zombies dont le seul désir est de se goinfrer de cervelles humaines. Dans ce conflit interminable, libre à nous de combattre pour un camp comme pour l’autre. Chacun de ces deux camps étant composés d’une liste d’une dizaine de personnages jouables aux caractéristiques, aux capacités et aux rôles spécifiques : attaquant, défenseur, soutien. Si le jeu n’invente rien sur ce point, cette diversité de choix est suffisante pour contenter les envies et affinités d’un vaste éventail de joueurs. Moi, par exemple, je me suis très vite retrouvé dans le rôle du tournesol souriant qui soigne ses alliés et qui, quand il le faut vraiment, s’enracine solidement dans le sol pour décharger un rayon solaire surpuissant dans la gueule de celui ou celle qui s’approche d’un peu trop près. On pourrait chercher à savoir pourquoi, mais laissons ça aux psychanalystes si vous le voulez bien.

Bref, tout le jeu s’articule autour d’un hub central à partir duquel nous pouvons croiser d’autres joueurs (à condition d’avoir activé le mode en ligne) et choisir parmi tout un tas d’activités. Pour bien débuter, nous sommes invités à rejoindre l’une des trois cartes PvE (ndlr : terme utilisé pour signifier que le joueur affronte des personnages contrôlés par un ordinateur, en opposition au PvP qui symbolise les parties contre d’autres vrais joueurs) qui ne sont pas immensément grandes mais plutôt agréables à parcourir. Avec un système de quêtes plus ou moins bien scénarisées, quelques combats de boss, des collectibles à retrouver et des défis plutôt sympas à relever, on passera volontier quelques heures dessus avant de vouloir voir autre chose. Le petit plus qui pourrait faire la différence : ces cartes sont jouables en solo mais aussi à deux et à trois joueurs. De quoi passer un moment convivial entre amis avant de se confronter à la planète entière en PvP ! Soyons franc : cette facette de Plants vs Zombies : La Bataille de Neighborville n’est certainement pas celle avec le plus d’intérêt, mais elle offre tout de même un challenge assez relevé à certains moments et permet surtout de se familiariser avec les bases du jeu, de tester plusieurs personnages mais aussi d’engrenger à la fois de l’expérience et de l’argent, qui sont des ressources très importantes pour faire progresser son ou ses personnages favoris.

En effet, chaque personnage que vous choisirez d’incarner dispose de son propre niveau et rang. Pour faire passer un personnage au rang supplémentaire, vous devrez lui faire atteindre le niveau maximum de son rang actuel (ex : pour passer au second rang, vous devrez atteindre le niveau 10 dans le rang numéro un), ce qui vous donnera accès à de nouvelles capacités. Cette mécanique est extrêmement importante puisque vous ne pourrez pas équiper toutes les capacités d’un personnage en même temps : ainsi, 3 joueurs qui incarneraient le même personnage pourraient finalement le jouer avec une approche très différente, ce qui multiplie les possibilités et permet de varier d’autant plus les plaisirs. Mais à quoi bon se forger son personnage aux petits oignons si ce n’est que pour affronter l’IA dans une campagne PvE tout juste sympathique ? Il est temps de parler de ce qui donne réellement du poids et de la saveur à PvZ : La Bataille de Neighborville : son mode PvP.

Plante-moi dans le dos s’il reste encore de la place.

Je viens de vous le dire : le mode multijoueurs en ligne est très clairement ce qui pourrait vous faire passer le plus de temps sur le soft. En reprenant la plupart des modes de jeux qui ont déjà fait le succès des plus grosses franchises de la catégorie “jeux de tir” (Call Of Duty et Overwatch pour ne citer qu’eux) et en y intégrant également la couche de personnalisation (skins ! skins everywhere !) dont la majorité des joueurs et joueuses raffolent aujourd’hui, Plants vs Zombies a tout ce qu’il faut pour conquérir les coeurs. Que vous soyez un afficionado du combat à mort par équipe, de la domination ou plutôt de l’escorte de chariot, vous en aurez pour votre argent. Le jeu propose une dizaine de cartes, avec plus ou moins de verticalité, qui offrent des approches et des stratégies de combat assez différentes. Bien sûr, comme dans tous les jeux du genre, il sera toujours préférable de jouer à plusieurs pour se coordonner et profiter pleinement de la dimension stratégique du titre. Je ne vous apprends rien : en jouant seul, vous n’êtes pas à l’abri de tomber avec des frères d’armes peu recommandables ! C’est le jeu ma pauvre Lucette. Autre facteur qui ne plaide pas forcément en faveur de ce type de jeu : l’équilibrage. Vous le constaterez rapidement par vous-même, mais certains personnages semblent quand même bien plus puissants que d’autres, en tout cas à niveau casual. Je pense notamment, du côté des plantes, au “Bonnet de nuit” qui peut se rendre invisible très régulièrement et faire beaucoup de dégâts dans un laps de temps assez restreint. Reste à savoir si les équipes derrière le jeu sauront composer avec ces déséquilibres inhérents et contre-balancer tout ça intelligemment avec le temps !

Du côté de la prise en main, je ne vais pas vous raconter d’histoire : pour moi, la manette n’a jamais été le périphérique idéal pour un jeu de tir. Cependant, le mapping des touches m’a paru très naturel, d’autant que vous n’aurez pas non plus des dizaines de capacités à retenir : deux capacités spéciales et une capacité ultime par personnage. Au niveau de la précision, soyez rassuré : la visée gyroscopique est belle et bien disponible et devrait satisfaire celles et ceux qui y sont habitués. Personnellement, j’ai toujours préféré la visée aux joysticks mais tout ceci n’est probablement qu’une question d’habitude et d’adaptabilité. Mais dis donc, on discute, on discute… Mais je ne vous ai pas parlé de l’aspect visuel et technique du jeu dans tout ça ?

Tout ceci est réellement splante-dide !

Doté d’une direction artistique éclatante de couleurs, de personnages loufoques au possible et d’un ton volontairement léger — pour ne pas dire “lourdingue” par moment, le jeu est parfaitement compatible avec un public de jeunes enfants et d’adolescents. Cela ne veut pas dire pour autant qu’un public plus mature ne pourra pas s’y retrouver, mais il se pourrait que certains soient rebutés par cet aspect très enfantin dans son traitement visuel et éditorial. Si vous parvenez à faire abstraction de tout ça et que vous faites partie des gens globalement ouverts d’esprit, force est de constater que Plants vs Zombies : La Bataille de Neighborville est une réussite visuelle. Bien évidemment, cette version n’égale en rien ses soeurs jumelles sur PC et consoles de salon, mais le portage Nintendo Switch s’en sort très bien, avec des textures tout à fait convenables et une distance d’affichage réellement impressionnante pour la jolie petite machine nomade de Nintendo. Pour rentrer un peu plus en détail dans la technique puisque je sais que ces informations ont de plus en plus de valeur pour le grand public, sachez que le jeu tourne en 720p en mode portable et 900p en mode docké, avec 30 FPS constants dans les deux cas, sans aucun ralentissement notable. Que demande le peuple ?

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Plants vs. Zombies : la Bataille de Neighborville, un TPS res-plante-di-ssant ! – TEST
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Un TPS res-plante-di-ssant !

Si le mode PvE mériterait certainement d’être étoffé pour contenter les joueuses et joueurs friands des modes “aventure” dans les TPS, n’oublions pas que la vraie valeur de cette licence repose sur son mode multijoueurs permettant à tout un chacun de prouver sa supériorité aux yeux de tous. De ce point de vue là, Plants vs Zombies : La bataille de Neighborville réalise un quasi sans faute : ultra feel good dans son propos et sa direction artistique, riche à la fois en personnages jouables et en modes de jeu mais aussi et surtout irréprochable techniquement, ce titre saura offrir de très longues heures d’action et de divertissement aux amateurs du genre. Attention cependant : préférez jouer entre amis pour un maximum de plaisir !

Pros

  • Visuellement très réussi !
  • Une technique au poil !
  • Un jeu ultra “feel good”
  • Une grande variété de personnages (et donc de styles de jeu)
  • Des modes de jeu variés en PvP
  • La disparition des micros-transactions.

Cons

  • Un mode PvE qui mériterait d’être plus poussé !
  • Un léger déséquilibrage entre les personnages.
  • Une identité visuelle et éditoriale qui peut ne pas faire l’unanimité.
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73.88% (8 votes)
Nastowan

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Présentation : Do or do not. There is no try. _ Maître Y.

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