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Garden Life: A Cozy Simulator, de bonnes intentions mais… – TEST

Ces dernières années, le marché du jeu vidéo a été inondé d’une recrudescence de simulations en tous genres. Si les simulations de vie ne datent pas d’hier, d’autres, bien plus farfelues, ont envahi nos ludothèques plus récemment : nettoyage, construction, cambriolage… Vous pouvez expérimenter toutes sortes de vies différentes désormais. Aujourd’hui, pourquoi ne pas vous mettre dans la peau d’un jardinier professionnel ? Vous pourriez être tentés de jouer à Garden Life: A Cozy Simulator pour cela, bien que nous soyons au regret de dire que la version Switch ne sera pas la plus indiquée pour tester votre main verte…

Une promesse séduisante…

Garden Life commence par un décès, celui d’une jeune femme dénommée Robin. Cette dernière était en charge d’un projet de jardin communautaire, désormais laissé aux mauvaises herbes et aux feuilles mortes. En tant que paysagiste fraîchement engagé par la ville, c’est à vous de prendre le relai et de concrétiser le rêve de Robin en offrant un jardin à la fois esthétique et convivial aux habitants des environs.

Pour cela, vous aurez deux moyens principaux à votre disposition. Le premier, et le plus évident, consistera à planter des fleurs. Des tas de fleurs. Toutes sortes de fleurs. Roses, lys, hortensias, coquelicots et autres jonquilles pourront bientôt pulluler dans votre beau jardin, pour peu que vous employiez un peu d’huile de coude. La deuxième méthode consiste à vous concentrer sur la décoration en enrichissant votre jardin de bancs, de clôtures et, pourquoi pas, de statuettes de grenouille.

Toutes sortes d’outils sont à votre disposition pour entamer vos projets : une pelle pour retirer les plantes mortes, un arrosoir pour hydrater vos petites protégées, un composteur pour faire votre propre engrais bio garanti sans intrants… Vous pouvez également utiliser un atelier pour crafter certains éléments de décoration que vous pourrez soit placer dans vote jardin, soit vendre sur la place du village voisin où vous trouverez aussi un magasin pour acheter graines et outils. De quoi vivre une petite vie paisible, le coeur de la proposition du jeu. Bref, Garden Life est la promesse d’une simulation de jardinage réaliste dans le confort de votre canapé et sans vous casser le dos ou vous salir les mains.

Au-delà de l’aspect esthétique, Garden Life rythme votre progression en vous proposant d’aider plusieurs PNJ par l’accomplissement de quêtes confiées par ces derniers. Le principe est de cultiver telles ou telles variétés de fleurs pour fournir les personnages en fonction de leurs besoins. Certains vous demanderont des bouquets de jonquilles pour décorer une salle des fêtes tandis que d’autres auront besoin d’un tas de tournesols pour l’anniversaire de leur dulcinée. En échange de vos services, vos clients vous récompenseront le plus souvent avec de l’argent mais aussi en vous débloquant de nouveaux éléments de gameplay, comme une serre par exemple.

… mais qui se heurte à certaines limites

Sur le papier, Garden Life a tout pour plaire aux joueurs à la recherche d’un moment de détente. Néanmoins, difficile de nier que le titre souffre de multiples problèmes et ce, à des niveaux différents.

Dans un premier temps, parlons du gameplay. Si on ne peut qu’apprécier de planter rosiers et hortensias sans faire le moindre effort physique, on se rend bien vite compte des limites de la boucle de gameplay du jeu. D’une part, vous êtes strictement limités à la plantation de fleurs. Arbres, buissons ou toute autre plante sont bannis, ce qui limitent drastiquement votre liberté créative. D’autres parts, Stillalive Studios a eu la mauvaise idée d’ajouter une dimension de hasard dans le système de plantation.

De nombreuses requêtes des PNJ consisteront à cultiver une couleur de fleurs différente de la variété habituelle. À titre d’exemple, vous ne trouverez que des graines de jonquilles jaunes au magasin du village. Donc, si un PNJ vous demande un bouquet de jonquilles oranges, vous devrez cultiver des jonquilles jaunes jusqu’à ce que ces dernières produisent des graines de jonquilles oranges. Vous n’avez pratiquement aucun contrôle là-dessus, en-dehors d’un engrais spécial censé accélérer la génération de graines, sans garantie qu’il s’agisse de graines de couleur différente. On passe donc le plus clair de notre temps à farmer des fleurs et à crafter des bouquets pour répondre aux exigences de nos clients.

Très vite, la boucle de gameplay de Garden Life prend une allure répétitive : planter, cueillir, éventuellement recommencer, remplir la quête puis planter de nouvelles fleurs pour en compléter de nouvelles. Une telle boucle ne poserait sans doute pas de problème aux amateurs de simulations puisque l’intérêt du jeu est avant tout de passer un moment de paix, sans aucune notion de performance ou de pression du résultat.

Néanmoins, difficile de prendre du plaisir dans cette espèce de zone fantôme qu’est le jardin. Vous ne croiserez aucun PNJ au cours de vos déambulations. Certes, les boîtes de dialogue vous permettront de recevoir leurs doléances et d’admirer les superbes illustrations 2D de chaque personnage mais vous n’en croiserez aucun dans les environnements 3D du jeu. Un paradoxe difficile à comprendre alors qu’on vous martèle du début à la fin que le projet de la défunte Robin était de créer un lieu de rassemblement et de convivialité. Même l’exigüe place du village où vous vendez vos fleurs et achetez vos outils est déserte !

Enfin, et ceci s’applique spécifiquement à la Switch, on voit difficilement comment on pourrait profiter de Garden Life tant les environnements sont laids sur la console de Nintendo. Ceci est d’autant plus dommage que la direction artistique du jeu avait un certain cachet, à mi-chemin entre impressionnisme et photo-réalisme. Mais avec des modèles 3D douteux, une résolution plus que basse et surtout un framerate à la ramasse, on est face à une véritable agression visuelle. Certaines variétés de fleurs s’en sortent mieux que d’autres mais gare à vous si vous vous avisez de planter des hortensias : le framerate descendra autour de 15 images par seconde dès l’instant où vos planres entreront dans votre champ de vision. Simulation de jardinage ou de canoë, difficile à dire tant le jeu rame à certains moments… De plus, il y a de quoi perdre en vision tant les textes sont petits et les menus mal optimisés.

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Garden Life: A Cozy Simulator, de bonnes intentions mais... - TEST
  • Un potentiel gâché - 45%
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Résumé

Quel dommage ! Garden Life: A Cozy Simulator aurait pu être un excellent ajout à la ludothèque de la Switch en comblant un vide qui ne l’aurait jamais été par Animal Crossing: New Horizons. Si sa boucle de gameplay légèrement répétitive peut se comprendre et convenir aux amateurs du genre, il est bien plus difficile d’excuser la technique épouvantable du jeu sur Switch. En l’état, nous ne vous recommander d’y jouer sur la console de Nintendo et nous vous conseillons plutôt de vous tourner vers la version Steam. Si d’aventure, la version Switch venait à recevoir un correctif arrangeant la technique, soyez assurés que la note sera ajustée en conséquence.

Les +

  • Une ambiance calme et apaisante
  • Pas mal de variétés de fleurs
  • Une direction artistique intéressante…

Les -

  • Une absence totale de vie
  • Des possibilités créatives qui restent trop réduites
  • … mais massacrée par une technique aux fraises
  • Quelques bugs
  • Du hasard et du farm là où on n’en veut pas
  • Un terrain de jeu très limité
LatoJuana
720 articles

Gamer de 26 ans avec un penchant pour les jeux racontant de belles histoires. Je suis rédacteur sur le site depuis 2017. Zelda reste ma licence de cœur mais j'aime découvrir des jeux de toutes sortes !

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