World of Final Fantasy Maxima, la célébration d’une licence – TEST

Malgré le poids des âges et les nombreux obstacles rencontrés, la saga Final Fantasy a toujours su garder la tête haute et maintenir sa courbe de popularité dans le positif. Qu’on apprécie ou non les derniers épisodes, force est de constater que les fans répondent toujours présents et que la qualité des titres ne laisse personne dans l’indifférence. Pour fêter dignement toutes ses années de bons et loyaux service, il était nécessaire pour le studio Square Enix de nous proposer une expérience festive englobant les multiples univers de cette licence aux mille couleurs. C’est ainsi qu’est née World of Final Fantasy, une nouvelle et belle aventure qui associe avec subtilité le doux parfum de la nostalgie à celui de l’audace et de l’originalité. Sorti dans un premier temps sur Playstation 4, il n’aura pas fallu attendre bien longtemps pour que cette nouvelle itération de la célèbre saga puisse trouver le chemin vers la console aux deux visages, plus connu sous le nom de Switch. Petit tour d’horizon sur cette belle expérience, peut-être un brin naïve, mais globalement efficace. Ne tardons plus, préparons notre sac, prenons la première navette pour Grymoire, et tous ensemble partons vers l’infini et l’au-delà !

Une aventure agréable et légère

Les douces sonorités de cette mélodie au regard cristallin signées Leoš Janáček me permettent d’introduire cette nouvelle critique avec une certaine aisance. Finalement, c’est une parfaite illustration de ce que j’ai pu ressentir en parcourant le merveilleux monde de Grymoire à travers l’expérience World of Final Fantasy Maxima. En effet, il se dégage de cette aventure une agréable sensation de légèreté qui attise notre curiosité, attire notre intérêt et apporte un charme inéluctable à l’ensemble de cette oeuvre. Certains d’entre vous y verrons certainement une ambiance quelque peu naïve voire mielleuse par moment, mais c’est bien cet argument qui va apporter toute la féerie à ce monde enchanté dont on appréciera humer avec délicatesse les nombreuses qualités qui émanent du jeu. Car World of Final Fantasy, c’est avant tout la célébration de toute une licence, un hommage à toutes ces superbes aventures qui ont, pour certains d’entre nous, façonné notre regard sur le jeu vidéo.

C’est pour cette raison que ce titre ne s’adressera peut-être pas à tous les joueurs, les références utilisées étant parfois bien marquées, seuls les amateurs de la licence pourraient y trouver leur bonheur. Bien entendu, absolument rien n’empêche les nouveaux venus de participer à cette aventure, mais ils risquent de passer à côté de nombreux éléments narratifs subtils se rapportant à certains éléments de la saga. Voilà maintenant que l’ambiance sonore change, les prestigieux instruments à vent de Bedřich Smetana qui décrivent avec force le trajet de la Vltava, célèbre fleuve Thèque, via son poème symphonique le Die Moldau, me fait penser que le temps passe et que cette introduction commence à prendre racine. Inutile de s’attarder davantage et passons au vif du sujet.

World of Final Fantasy Maxima dépeint l’histoire de Lann et de sa sœur jumelle Reynn. Nos deux protagonistes quelque peu excentriques et surtout amnésiques (Originalitay !) se retrouvent subitement plongés dans un monde parallèle baptisé Grymoire et habité par des Lilliputiens. Rapidement, ils devront faire face à une puissance armée dévastatrice appelée Bahamut et dont les obscures motivations vont les amener à devoir parcourir l’ensemble du monde dans l’espoir de sauver la population locale d’un destin tragique. Guidés par une mystérieuse femme se faisant passer pour une déesse, les jumeaux vont promptement découvrir qu’ils possèdent le don de myromancie leur confiant le pouvoir de capturer des myrages et de s’en servir par la suite dans de multiples affrontements à la manière d’un certain Pokemon. Ainsi, l’ensemble du système de combat va s’articuler autour de cette subtilité narrative et va permettre aux joueurs de s’atteler au plaisir merveilleux de la collection.

Une création équilibrée

C’est intéressant de constater la parfaite cohésion que les développeurs ont su apporter entre le scénario du jeu et la conception du game design. Il s’en dégage une élégante association entre ces deux processus de création qui amènent forcément de la crédibilité à l’ensemble du jeu et un certain équilibre qu’il est appréciable de profiter. Car World of Final Fantasy c’est avant tout une allégorie aux souvenirs et au matérialisme avec notre besoin abstrait de collectionner tout et n’importe quoi pour ne pas avoir peur d’oublier nos expériences vécues. Dans la grande majorité des cas, nous collectionnons des photographies, ici,  il va s’agir de Myrages qui sont une représentation cartoonesque des plus grandes créatures de la saga Final Fantasy. Là où les choses deviennent réellement intéressantes, c’est quand l’histoire rentre en parfaite adéquation avec cette idée en insistant sur le fait que pour raviver les souvenirs des deux jumeaux, il va falloir capturer le plus de Myrages possibles (pour ne plus avoir peur d’oublier, vous saisissez).

Si cette vision du jeu est globalement encourageante, le scénario, quant à lui manquera tout de même de consistance pour pouvoir marquer le joueur. Alors entendons-nous bien, l’histoire se laisse suivre sans problème, tantôt l’ambiance sera drôle, tantôt elle sera plus sérieuse, mais l’aventure enchaîne malheureusement certains clichés scénaristiques inhérents au genre. Bien que les références à la saga soient nombreuses et appréciables dans l’ensemble pour le fan (à l’image des invocateurs ou des clés élémentaires), on aurait aimé que le titre bénéficie à la fois d’une écriture un peu plus pointue et surtout que les développeurs évitent certaines facilités scénaristiques rendant le tout tristement prévisible pour le connaisseur.

Plaisant à l’oeil, et à l’oreille

Néanmoins, si la structure narrative se révèle un poil décevante sur le long terme, parcourir le monde de Grymoire reste un régal aussi bien pour les yeux que pour les oreilles. Outre l’étrange design des Lilipuces qui ressemblent à s’y méprendre aux célèbres figurines POP [COL-LEC-TION !] et qui ne pourraient pas plaire à tout le monde, les divers environnements qui cimentent l’univers du jeu se révéleront pour la plupart chatoyants. Et pour garder une certaine continuité avec cette ambiance visuelle décontractée, Masashi Hamauzu, le compositeur du jeu, a fait le choix d’introduire des musiques calmes et aériennes pour accompagner le joueur. C’est un peu la marque de fabrique du musicien et il faut bien avouer que ça marche plutôt bien dans le cas présent, même si, une fois encore, les musiques inédites restent parfois trop en retrait. Cela devient un minima problématique lorsque ces dernières ne parviennent pas à marquer les esprits, même quand il s’agit d’illustrer les scènes importantes de l’aventure. Pour imager ces propos, c’est assez regrettable d’avoir fait le choix de l’introversion plutôt que celui de l’extraversion, surtout quand on tente de réaliser un hommage à une saga qui a toujours misé sur la démesure de ses musiques pour émouvoir le joueur.

L’ambiance sonore n’est pas la seule petite déception de ce titre, les donjons viennent également entacher cette toile fantaisiste puisqu’ils manquent cruellement de personnalité et d’originalité sur le plan du level design. En effet, il ne s’agit généralement que d’une succession de couloirs sans inspiration graphique, bien que certaines énigmes viennent rythmer la progression en cours de route, histoire de briser cette provocante monotonie qui s’impose naturellement. Les fans de la licence seront tout de même ravis d’apprendre que certains lieux bien connus feront une petite apparition dans ce cross-over à l’image du château de Figaro de Final Fantasy VI ou le dangereux cimetière des trains de Final Fantasy VII. Il faut dire aussi que la bonne qualité du portage permet également aux joueurs Switch de pouvoir profiter de cette expérience dans de bonnes conditions, même si certaines textures laissent à désirer aussi bien mode portable qu’en mode salon, mais rien de bien méchant, rassurez-vous.

Changement de contraste, le rythme des cordes s’accélère, cet élan de puissance caractéristique des instruments à vent qui prennent subitement leur envol, point de doute, La Chevauchée des Walkyries de Richard Wagner s’impose entre les murs de mon appartement et me pousse inexorablement à passer au gameplay du jeu et notamment à son système de combat, point central de cette expérience. Evidemment, quand on parle de donjon dans un jeu de rôle à la japonaise, on ne peut se soustraire à parler des affrontements qui accompagneront le joueur pendant une grande partie de son aventure. La force des combats au tour par tour de World of Final Fantasy réside indéniablement dans le concept des Myrages, de leur capture jusqu’à leur utilisation en temps qu’alliés via un système original baptisé la Pyramide. Ce système consiste à empiler deux unités de Myrages avec les jumeaux pour créer de nouvelles combinaisons d’aptitudes et ainsi pouvoir s’adapter à tous types de situations. Le joueur pourra même changer la taille des deux protagonistes principaux et ainsi alterner quand il le souhaite entre la version Lilipuce et la version Gigantus des jumeaux afin de varier leur position dans la pile. Cette particularité du jeu nous incite naturellement à provoquer des changements réguliers dans le choix de nos combinaisons dans le but de trouver la cohérence adéquate qui mettra un terme à un combat sans être l’esclave de la difficulté.

Et c’est bien là que le game design prend tout son sens, c’est grâce à cette variété presque infinie de possibilités que le titre de Square Enix nous apporte une jouissance extatique basée sur notre envie d’entreprendre des initiatives, de tester des choses, de collectionner, de faire parler notre curiosité en somme. Bien que le rythme du jeu soit lent dans sa globalité et que les combats manquent cruellement de punch pour satisfaire les plus frénétiques d’entre nous, le jeu de Square peut se vanter d’aborder son sujet avec une grande justesse. Bien évidemment, le gameplay ne s’arrête pas là et nous propose une multitude d’activités annexes allant de la simple quête secondaire à la recherche de monstres rares et d’invocations reprenant les traits des anciens visages de la saga Final Fantasy. Bref il est bien difficile de s’ennuyer dans cette aventure qui ne demande pas moins d’une bonne trentaine d’heures pour afficher le générique de fin et bien plus encore pour ceux qui souhaitent atteindre le 100% symbolique et il y a de quoi faire, croyez-moi !

Un hommage convainquant, mais un poil frustrant
  • Un hommage convainquant, mais un poil frustrant - 70%
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Résumé

World of Final Fantasy Maxima est une expérience satisfaisante dans la globalité, mais qui ne compte pas assez sur l’héritage de la saga pour en puiser son essence et toute sa magie. Sans avoir la prétention de vouloir réinventer la roue, le titre du studio TESO s’évertue tout de même à prendre de très bonnes initiatives dans les choix associés au game-design et à son fabuleux concept autour des Myrages, qui amènent de la cohésion à l’ensemble de l’oeuvre. On regrettera juste que ce grand rassemblement n’ait pas été l’occasion de créer un scénario plus approfondi et des musiques bien plus marquées, histoire de célébrer cette grande licence prestigieuse comme il se doit.

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EquipeSwitchActu
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Papa Fuerte

J’aime bien l’idée de ce titre. Cette licence est vraiment incroyable quand on voit tout les jeux qui en découlent !

LuckyVixou

Nickel ça donne bien envie de tester ça, je m’en occuperai quand j’aurai fini encore quelques FF hihi