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Two Point Campus, diplômé de la street mention bsahtek félicitations – TEST

Quatre ans après le succès de Two Point Hospital et de sa pléthore de DLC, il était temps pour Two Point Studios de tourner la page et de dévoiler leur nouveau projet, un autre jeu de gestion… mais cette fois-ci, c’est aux commandes d’une université que vous vous trouverez. Et pas n’importe quelle université : un campus à l’américaine, avec activités extra-scolaires et frais d’inscriptions bien salés à la clé. Alors, prêts à retourner à la fac ? Promis, ce Two Point Campus vous épargnera la cantine du CROUS.




À la bonheur

Si le postulat de base de Two Point Campus pourra en choquer certains, l’approche du jeu est moins cynique qu’il n’y paraît : le but, ici, n’est pas d’essorer vos étudiants pour leur voler tout l’argent possible (impossible, par exemple, d’augmenter les prix des stands de nourriture), mais avant tout de proposer une éducation et un environnement de qualité afin de maximiser les notes et de construire une réputation d’excellence pour votre université. Qui plus est, et comme c’était déjà le cas dans le précédent jeu, le tout se joue sur un ton humoristique évident : des annonces sarcastiques ingame aux choix de carrière proposés aux étudiants, le titre ne vise pas à émuler la réalité comme un Capitalism II mais plutôt à proposer un jeu de gestion léger et amusant, dans la lignée de ce que faisaient Bullfrog puis Lionheadfiliation évidente car les fondateurs de Two Point Studios sont des anciens de la maison.

De fait, si la plupart des jeux de gestion permettent (voir encouragent) le fait de tricher un peu en exploitant les mécaniques du jeu, cette stratégie ne marchera pas dans Two Point Campus, et vous verrez rapidement vos étudiants déserter s’ils n’ont pas assez d’espaces pour dormir ou se détendre. Et pas question non plus de construire de gros dortoirs ou salles de bain pour accueillir vos petits protégés, qui préfèreront largement l’intimité de petites chambres et le fait d’avoir des toilettes à disposition un peu partout. Et il en va de même pour les employés, qui ne supporteront pas d’être surexploités ou de ne pas avoir de salles de repos. Dans son mode campagne, le titre vous donnera d’ailleurs souvent des objectifs de bonheur à atteindre, tandis que les étudiants ne manqueront pas d’inonder votre messagerie de requêtes pour tel objet ou événement qui permettra d’augmenter cette précieuse jauge – après, c’est à vous de trancher en fonction de vos finances.

Sans foi ni loi Carrez

Two Point Campus ne vous imposera d’ailleurs jamais d’objectifs financiers, ce qui pourra parfois frustrer les gestionnaires les plus hardcore d’entre vous. Une horde d’étudiants satisfaits suffira largement à couvrir les dépenses courantes, et le titre vous incite constamment à réinvestir ce que vous gagnez afin d’améliorer encore et toujours la qualité de votre fac. Et des choses à améliorer, il y en a : les professeurs peuvent être formés pour dispenser un enseignement de meilleur qualité, bon nombre d’objets peuvent passer par la case recherche et développement pour gagner en efficacité, vous pouvez acheter de nouvelles décos pour améliorer l’attractivité de vos salles… La liste est sans fin, même s’il faut accepter, au bout d’un moment, de laisser la pure gestion de côté pour appréhender le titre comme un “Sims-like“. Ceci étant dit, il s’agit là d’un problème classique des jeux du genre, contraints par des lignes de code exploitables qui ne pourront jamais vraiment retranscrire l’instabilité du réel.

Un autre des challenges du titre résidera dans l’utilisation de l’espace : toutes les matières disponibles à l’enseignement (cuisine, chevalerie, robotique…) demanderont des salles obligatoires, souvent très grandes, qu’il vous faudra caser dans le terrain souvent minuscule, qui vous est octroyé dès le départ. Si l’envie est forte de directement anticiper de futurs objets à ajouter et de construire trop grand, vous ne pourrez pas toujours vous le permettre au vu du grand nombre de salles nécessaires au bon fonctionnement d’un campus. Bien entendu, vous pourrez toujours acheter un terrain avoisinant, mais le coût assez prohibitif de ceux-ci (tout du moins, en début de partie), force à l’optimisation de l’existant. Un petit challenge dans le challenge bienvenu, bien que vous pourrez le contourner en prenant un prêt à la banque, qui devrait être vite remboursé si vous ne faites pas n’importe quoi. Enfin, tous ceux qui avaient été agacés par la quantité de micro-management nécessaire dans Two Point Hospital pourront se réconcilier avec la formule grâce à ce nouvel opus, qui relègue cet aspect en bas de la liste et donne enfin un cerveau fonctionnel au personnel, qui fonctionnera désormais enfin de manière quasiment automatique.

Le (Two) point sur la version Switch

Comme son prédécesseur hospitalier, Two Point Campus s’articule autour de deux modes : un bac à sable paramétrable, dans lequel vous pourrez décider de la difficulté que vous voulez donner à votre partie, ainsi qu’un mode campagne très fourni. Dans ce dernier, vous devrez prendre les rênes de divers établissements, tous avec une spécialité généralement bien identifiable, afin de tenter de faire de chacun d’entre eux un campus d’exception. Des mandats de plus en plus longs et difficiles, qui vous apprendront toutes les subtilités du jeu tout en faisant travailler vos méninges. De nouvelles mécaniques de gameplay seront introduites au fur et à mesure, étoffant un ensemble que l’on pensait pourtant bien complet. Vous pourrez obtenir sur chaque campus jusqu’à trois étoiles en remplissant divers objectifs et, même après, vous serez loin d’avoir fait le tour du champ des possibles de chaque carte et le titre vous encouragera à tenter d’encore améliorer votre campus.

On en aurait envie, mais c’est là que les limitations techniques de la Switch rentrent dans l’équation : en effet, dès que vos campus deviennent trop gros, le framerate se mettra à toussoter de plus en plus fort, principalement quand la simulation est lancée à vitesse maximale. Rien de rédhibitoire étant donnée la nature du jeu, mais cela nuit un peu au confort. Sur les très nombreuses heures de jeu qu’a nécessitées ce test, nous avons aussi subi un crash (sans grandes conséquences, car la sauvegarde automatique s’active souvent). Notons tout de même que le studio semble déterminé à faire de son mieux sur la console de Nintendo, puisqu’un patch optimisant le jeu a déjà été déployé, et que d’autres devraient suivre. Malgré ces limites, nous pouvons recommander sans sourciller cette version console, car la maniabilité a été très bien pensée pour la manette malgré l’interface touffue : on ne se perd pas dans les menus et on a du mal à voir comment les équipes auraient pu faire mieux compte tenu des nombreuses options disponibles. Maintenant, une seule question reste à poser à Two Point Studios : à quand Two Point Theme Park ?

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Diplômé de la street mention bsahtek félicitations
  • Nouvel élève, mais déjà les félicitations du jury - 80%
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Nouvel élève, mais déjà les félicitations du jury

Parfois un peu trop simple, Two Point Campus n’en demeure pas moins un très solide jeu de gestion, admirablement bien pensé pour être joué à la manette, qui devrait ravir tous les amateurs du genre. On se retrouve à passer des heures à optimiser son université et le pire, c’est qu’on en redemande. Espérons que le succès sera au rendez-vous et que SEGA donnera au studio le feu vert pour se lancer dans un nouvel univers.

Les +

  • Univers décalé toujours aussi attrayant
  • Un focus sur le bonheur original
  • Beaucoup de petits éléments de gameplay qui, mis bout à bout, en font un jeu assez profond
  • Mode campagne très garni
  • Très addictif
  • À l’ancienne sans rejeter la modernité

Les -

  • Le framerate qui a un peu de mal sur les gros campus
  • Un peu trop simple une fois qu’on a compris le truc
  • Musiques plus oubliables que sur “Hospital”
Sending
Note des lecteurs :
68.6% (5 votes)
giomosby

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Présentation : Fan de consoles Nintendo et de jeux japonais depuis que je suis en âge de tenir une manette. Si je ne suis pas dispo, c'est probablement que je visite un parc Disney.

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