TEST – Earth Atlantis

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Difficile aujourd’hui pour un développeur, qu’il soit indépendant ou non, de proposer du shoot’em up et de trouver le succès tant le genre est tourné vers un public de niche. Néanmoins, certains éditeurs tentent tout de même prendre ce risque et c’est le cas avec Headup Games qui a publié sur l’eshop il y a quelques semaines, Earth Atlantis, un shoot’em up esthétiquement osé et qui propose une vision intéressante du genre bien que certains défauts viennent perturber ce joli croquis, explications.

Un futur où les océans règnent en maître

Le postulat de départ est simple, dans un futur plus ou moins proche, notre belle planète a subi quelques changements non négligeables ayant pour cause le dérèglement climatique. En effet, 96% de la surface terrestre est maintenant recouverte par les océans. Les machines conçues par les hommes ont évolué pour s’adapter à ce changement en prenant la forme des animaux marins que nous connaissons bien.

Ici, il ne sera point question de parcourir sereinement la poésie d’un océan aux profondeurs alliciants et à la surface aussi brillante que le soleil puisque le joueur incarne un chasseur dont la seule mission est de traquer et d’éradiquer toutes les machines aquatiques qui sont une menace pour les derniers survivants humains. Pour chasser toutes ces créatures mécaniques, le joueur va avoir à sa disposition un sous-marin de guerre baptisé le Nautilus, l’une des nombreuses références à l’univers de Jules Verne donc.

L’originalité est une chose, l’utiliser à bon escient en est une autre

Earth Atlantis est un jeu plutôt astucieux dans sa conception et dans ses choix. Il ne sera pas question d’un découpage conventionnel où le joueur va enchaîner plusieurs missions pour terminer le jeu. Non, ici, le studio Pixel Perfect a préféré adopter une autre vision pour le genre en proposant une progression dans un environnement en 2D, unique et ouvert. Ainsi le joueur pourra diriger son véhicule où bon lui semble et même revenir sur ses pas s’il le souhaite. Ainsi, c’est par l’intermédiaire d’un radar que ce dernier va pouvoir chercher et trouver ses cibles dans le but de les éradiquer.

Forcément, outre la partie “je veux me démarquer de la concurrence”, Earth Atlantis c’est aussi un shoot’em up traditionnel avec son lot d’ingrédients indispensables pour le genre. À savoir une multitude d’armes différentes que les ennemis laisseront tomber une fois vaincus. Il est donc primordial pour le joueur de posséder un arsenal assez puissant avant d’affronter les cibles du jeu qui prennent les traits de boss gigantesques. Petit bémol néanmoins, concernant le nombre d’armes qui se révèlent peu nombreuses et pas assez variées pour apporter un réel effet de nouveauté à chaque upgrade. Les développeurs ont tout de même pensé à ajouter d’autres sous-marins, histoire de compenser cette faille, avec des caractéristiques différentes et qui seront déblocables par la suite.

Néanmoins, l’originalité d’une oeuvre n’est payant que si derrière on effectue des choix qui peuvent s’adapter à l’approche souhaitée. Ce qui peut être une belle qualité peut également devenir un véritable défaut sur la longueur. Dans le cas présent, même si l’ambiance artistique se veut cohérente par rapport à l’univers du jeu, elle va vite montrer ses limites.

En effet, le style visuel, qui se rapproche de l’effet croquis, utilise une gamme relativement restreinte de couleurs tournées vers des tons sépias. Si ce choix graphique est plaisant durant le début de l’aventure, il montre rapidement ses défauts que ce soit d’un point de vue artistique comme celui du confort de la progression. En effet, le level design est conçu de telle manière à ce que les environnements paraissent labyrinthiques, de ce fait, très rapidement, le joueur va perdre toute notion de repère. Cette désagréable sensation n’apporte que frustration et énervement puisque le joueur passe la majeure partie de son temps à s’égarer dans les dédales sous-marins et à y faire de très nombreux allers-retours pour retrouver son chemin.

Des affrontements démesurés, mais injustes

Fort heureusement, il y a un certain sentiment de satisfaction qui se dégage du joueur une fois qu’il débusque enfin sa cible. Les affrontements contre les boss sont globalement réussis. Pouvant sortir tout droit des récits de Jules Verne,  ces démons marins sont impressionnants, aussi bien dans leur taille que dans leur design. Il faudra d’ailleurs faire preuve de dextérité et de patience pour pouvoir les vaincre, car ils peuvent se montrer redoutables, surtout pour les joueurs plus aguerris, qui pourront choisir un mode de difficulté bien plus adapté à leurs besoins.

Pourtant, bien que ces affrontements soient efficaces et qu’ils s’avèrent même parfois épiques suivant les ennemis, ils marquent tout de même l’arrivée d’un nouveau défaut, une fois de plus lié aux choix graphiques des développeurs. En effet, comme tout shoot’em up qui se respecte, de nombreux éléments viennent s’afficher simultanément à l’écran et le panel de couleurs utilisé pour le jeu rend l’action totalement illisible. Difficile d’esquiver les multiples projectiles quand ces derniers sont tout simplement impossibles à déchiffrer visuellement. Ainsi, le joueur s’égare littéralement dans le flot d’éléments qui déferlent devant ses yeux et perd inutilement de la vie. Ce qu’il faut comprendre par là, c’est que le jeu en devient punitif et c’est difficile d’apprécier le défi quand il n’est pas fair-play avec le joueur.

Dans la finalité, c’est un effet de lassitude qui revient sans cesse durant la partie. Ce sentiment est également appuyé par une bande sonore efficace, mais qui s’avère bien trop monotone pour rythmer les phases d’explorations et de combats. Ce n’est malhreuseument pas les autres modes de jeu et l’aspect “scoring” du titre qui vont garder les joueurs actifs, car bien que ça permet de varier l’oeuvre, les défauts cités au-dessus restent bien présents et laisse un goût amer d’inachevé.

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Avis final
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Résumé

Le jeu vidéo doit réunir plusieurs critères pour garder une certaine forme de cohésion et tous ces nombreux aspects doivent être justement liées subtilement pour le bon fonctionnement de la progression. Malheureusement, le studio Pixel Perfect n’a pas échappé à ce besoin de marquer le joueur en usant abusivement de l’originalité au détriment de la cohérence du game design. Si Earth Atlantis promet quelques bonnes heures de jeu aux amateurs du genre et du scoring, sa direction artistique empêche le joueur de profiter pleinement de l’expérience, puisqu’elle nuit à la fois au level design, mais aussi au gameplay du jeu. Ce qui était censé être une qualité devient indéniablement un défaut et c’est bien dommage.

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EquipeSwitchActu
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