Test CloudPunk Nintendo Switch
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CloudPunk sur Switch, la faute technique – TEST

S’il y a bien un genre qui a la côte en ce moment, c’est le cyberpunk. L’univers futuriste mêlant transhumanisme et couleurs flashy ne cesse d’apparaître dans nos médias favoris ces dernières années, Blade Runner et Cyberpunk 2077 en fer de lance. Mais si vous êtes un joueur Switch et que vous cherchez une alternative à la future oeuvre de CD Projekt Red ou que vous voulez vous préparer en attendant sa future sortie en décembre 2027 (à ce rythme c’est ce qui arrivera) : ION LANDS vous propose sa vision du cyberpunk avec CloudPunk. Est-ce que cela en vaut la peine ? Et bien prenez votre meilleur doliprane et plongez avec moi dans Nivalis, nommée pire ville de l’humanité par mes soins.


Les mots avant tout

Autant vous prévenir tout de suite, CloudPunk est un jeu narratif. Si vous recherchez une oeuvre qui place l’action et le rythme avant ce qu’il a à raconter, vous n’êtes pas au bon endroit. Le jeu nous conte l’histoire de Rania, fraîchement arrivée dans la cité de Nivalis et qui a signé un merveilleux CDI chez CloudPunk, une entreprise de livraison pas très légale où il arrive régulièrement que les livreurs ne finissent pas leur journée de boulot. Nous allons donc suivre la première nuit de Rania, accompagnée de Camus, son chien devenu un Automata (une forme d’IA) et de Contrôle, qui nous confiera par téléphone toutes les livraisons à faire grâce à notre HOVA, véhicule qui nous permettra de s’immiscer dans tous les quartiers de la cité.

Au cours du récit, vous allez faire la rencontre de tout un tas de personnages aux quatre coins de Nivalis, tous différents les uns des autres et ayant une personnalité renforcée par une écriture soignée et un doublage globalement de très bonne qualité. Cependant, les rapports entre les différents individus et Rania sont assez inégaux. CloudPunk vous imposera parfois des décisions à prendre et rappellera tout au long du jeu l’influence que vous avez eue sur la vie des citoyens rencontrés. Si j’ai trouvé que les choix étaient manichéens et que les décisions n’étaient pas difficiles à prendre au début, ils deviennent un poil plus nuancés vers la fin, sans pour autant créer de véritable dilemme.

Malgré un début légèrement poussif, l’intrigue devient de plus en plus intéressante au fil des heures et se suit avec grand plaisir, le tout accompagné d’une bande originale de qualité et d’un sound-design plutôt maîtrisé.

Une boucle répétitive 

La boucle de gameplay du jeu n’est clairement pas la plus palpitante de l’histoire du jeu vidéo, soyons honnêtes. Elle consiste simplement à emmener un colis ou une personne d’un point A à un point B, en alternant phases en HOVA ou bien à pied, le gameplay du jeu est simplement un prétexte pour servir la narration et permettre à l’histoire d’avancer, plus que pour faire prendre du plaisir au joueur. À cela s’ajoutent aussi quelques éléments de gestion, il va falloir prendre soin de notre véhicule, l’amener au garage régulièrement et faire toujours attention à sa jauge d’essence, ce qui est bien laborieux. On peut aussi aller s’acheter de quoi boire et de quoi se nourrir auprès des différents marchands qui occupent les rues des quartiers de Nivalis. Mais là encore, cela sert uniquement à quelques moments de l’histoire où nous serons amenés à faire des achats particuliers, tous les vendeurs disséminés ne servent à rien d’autre. Tout comme notre appartement personnalisable, mais l’intrigue nous faisant très rarement passer par là, l’intérêt est quasi-nul.

CloudPunk n’est pas vraiment fun à prendre en main : sans être laborieux, les contrôles de notre véhicule sont lents et limités et sa gestion de dégâts et d’essence ne fait que ralentir la progression, surtout lorsque l’on ne peut pas s’arrêter dans un garage, car le scénario nous en empêche, mais que notre HOVA roule à deux à l’heure à cause des dommages subis et qu’on doit traverser toute la ville dans cet état. Ça m’est arrivé, et même mon pire ennemi ne mériterait pas autant de souffrance.

Attention les yeux dans CloudPunk sur Switch

La transition est bien faite : la version Switch de CloudPunk souffre d’énormes lacunes techniques. Elles sont si nombreuses et si flagrantes qu’il est incroyable de se dire que quelqu’un a validé ça. Le jeu n’aura jamais aussi bien porté son nom sur la console de Nintendo grâce à sa distance d’affichage médiocre : routes, immeubles, véhicules, panneaux publicitaires apparaissent à la dernière minute, si bien que le véritable challenge du jeu repose sur le fait d’éviter un maximum les éléments qui popent devant vous et de vous repérer tant bien que mal dans cette ville qui aurait pu s’appeler Silent Hill. De plus, les marqueurs d’objectifs ainsi que la carte sont légèrement floutés, ce qui rend l’orientation encore plus compliquée.

J’espère que vous n’êtes pas pressé d’ailleurs, car les temps de chargement sont très longs, plus longs presque que le temps que vous allez mettre pour parcourir une zone. Ces moments cassent le rythme des conversations, qui sont pourtant l’une des seules choses agréables à suivre. À tout cela s’additionne un framerate douteux, un bel aliasing et quelques micros-freezes çà et là. Le jeu a même crash une fois !

Vous pourrez me dire que la technique importe peu si la direction artistique fait son effet, mais même à ce niveau, le jeu reste très inégal ! Si les environnements et l’architecture de Nivalis ont leur charme et fonctionnent plutôt bien, c’est surtout dans le chara-design que la direction artistique pêche : l’aspect cubique du jeu fonctionne beaucoup moins bien sur les personnages et m’a personnellement fait sortir du jeu, le manque de mise en scène lors des dialogues hors véhicule n’y est pas pour rien non plus.


  • Une technique à des années lumières de la narration - 49%
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Une technique à des années lumières de la narration

Je suis frustré, car il est évident que sans ses erreurs techniques, CloudPunk est un autre jeu. Il profite d’une narration de qualité, d’un univers cohérent et de personnages bien écrits et attachants. Mais son framerate à la ramasse, sa distance d’affichage moindre et tous les autres aspects techniques rendent l’expérience indigeste et gâchent une grande partie de l’aventure. Un bon jeu sur PC, un jeu moyen sur Switch.

Les +

  • Les personnages très bien écrits
  • Un récit plaisant qui monte crescendo
  • La cohérence de Nivalis
  • Le doublage
  • L’ambiance sonore

Les -

  • Distance d’affichage scandaleuse
  • Framerate instable
  • Freezes fréquents
  • Temps de chargement bien trop longs
  • Direction artistique inégale
  • Beaucoup de mécaniques inutiles
  • Carte peu lisible
Sending
Note des lecteurs :
50.22% (9 votes)
Jilax

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Présentation : Plongé depuis ma plus tendre enfance dans le jeu-vidéo sans aucune envie de remonter à la surface. Une manette, une guitare et un match de foot du Stade Rennais suffisent à mon bonheur.

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