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Bioshock: The Collection, le meilleur des mondes – TEST

Imaginer ce que notre monde pourrait devenir dans le futur, ou ce qu’il aurait pu devenir, est un exercice qui a travaillé chacun d’entre nous d’une manière ou d’une autre. Certains ont donné corps à leurs réflexions ce qui se traduit aujourd’hui par diverses productions artistiques dont plusieurs restent solidement ancrées dans la culture contemporaine. Concernant les jeux-vidéo, plusieurs studios se sont déjà adonnés à la création de mondes utopiques et uchroniques : State of Mind présentait une société dominée par l’intelligence artificielle tandis que Wolfenstein explorait la terrifiante éventualité que l’Allemagne nazie remporte la Seconde Guerre Mondiale. Mais bien avant ces productions, Bioshock proposait sa propre vision d’un monde alternatif à travers trois jeux fortement plébiscités par la presse comme par les joueurs. Des années plus tard, la trilogie revient dans Bioshock: The Collection qui apporte la série pour la toute première fois sur consoles Nintendo avec une version remasterisée de chacun des titres. A l’heure où la Switch dispose de portages de qualité inégale, qu’en est-il dans le cas présent ?

Bioshock : entre ciel et mer

Tester trois jeux en un seul article n’est pas chose aisée, mais je tâcherai de vous présenter le mieux possible ces trois aventures uniques. Pour ma part, il s’agit de la toute première fois que je les expérimente. Commençons par en résumer le principe : Bioshock est une série de FPS où l’action prend place dans une société dystopique. Les deux premiers épisodes vous font explorer la cité sous-marine de Rapture tandis qu’Infinite vous emmène dans le ciel à la découverte de la ville aérienne qu’est Columbia. A noter que, chronologiquement parlant, Infinite vient en premier et est suivi par Bioshock 1 & 2.

S’il y a bien une chose qui m’aura marqué au cours de mes pérégrinations en Rapture et Columbia, c’est l’ambiance exceptionnelle qu’elles dégagent : j’ai rarement été aussi captivé par l’univers d’un jeu vidéo ! Que l’on soit au fond des océans ou à plusieurs milliers de pieds dans le ciel, Bioshock dégage cette aura à la fois malsaine et fascinante dont on intègre très vite les codes. Si les deux cités ont une architecture bien différente, elles partagent la caractéristique majeure qu’est leur glorification d’un monde où l’homme est libre d’accéder à un rang supérieur, tout en écrasant ceux qui en seraient jugés indignes. Rapture propose ainsi une société où la censure et l’éthique biomédicale sont les ennemies numéro 1, considérées comme des freins à la liberté et à l’évolution. De son côté, Columbia transpire l’opulence et la richesse en promettant un véritable paradis accessible aux vivants. Mais comme vous vous en doutez, ces belles promesses cachent une monstrueuse réalité : tandis que les citoyens de Rapture ont été rendus fous par les progrès de la biologie autorisés par la levée d’une quelconque forme de veille scientifique, Columbia présente une société revendiquant fièrement son amour du suprémacisme blanc. Sinistre coïncidence que ce test tombe au moment où les Etats-Unis s’embrasent après un énième meurtre raciste perpétré par les forces de l’ordre.

Bioshock toxique

Comment adhère-t-on aussi facilement à cet univers pourtant fort peu accueillant ? Pour commencer, je parlerai de la direction artistique qui est tout simplement exceptionnelle. Rapture et sa structure métallique steampunk créent une ambiance terriblement oppressante qui s’allège pourtant régulièrement quand on passe devant une baie vitrée donnant une vue directe sur le fond des océans. On est pris d’une irrésistible envie d’explorer les moindres recoins de cette Atlantide à l’abandon qui offre un rendu visuel à la fois sombre et coloré comme on n’en voit nul part ailleurs. Complètement à l’opposé, Columbia enchante par son ambiance estivale et sa lumière éclatante à mille lieues de l’atmosphère moite de Rapture. Avec ses imposants bâtiments immaculés et ses fleurs à profusion, la cité céleste a, en apparence, tout d’un véritable paradis. Mais Bioshock va au-delà du simple aspect visuel pour construire son univers : que l’on soit à Rapture ou à Columbia, on ne peut être qu’impressionné par le niveau de détail auquel ont pensé leurs architectes développeurs. A tout instant vous aurez l’occasion d’apercevoir des affiches, d’entendre des slogans et d’examiner des réclames pour les diverses merveilles promises par ces sociétés hors du temps, ce qui contribue grandement à l’immersion du joueur.

L’excellente VF des trois épisodes n’est pas non plus étrangère au plaisir que j’ai pris à y jouer. De manière générale, les dialogues fort bien écrits génèrent une ambiance où l’on a certes conscience de l’horreur qui se cache derrière Rapture et Columbia, mais où on peut également respirer tant la caricature est évidente. Bioshock 1 & 2 montrent une caricature de l’American Dream et de cette obsession de la liberté tandis qu’Infinite est plus sombre et plus violent avec cette société aux doux relents de nazisme. Le scénario de chacun des trois jeux propose ainsi une quête passionnante en bannissant le manichéisme de l’écriture : vous ne trouverez personne de fondamentalement bon, chacun trouvera ses intérêts dans la situation qui se présentera, pour le meilleur comme pour le pire.

Les Papas malins vont toujours au Jardin !

Si Rapture et Columbia sont si dangereuses, c’est bien à cause de leurs habitants ! Qu’ils prennent la forme d’humains génétiquement modifiés, de robots titanesques ou d’une milice armée jusqu’aux dents, vos ennemis seront présents et vous poursuivront sans relâche pour servi leur leader. Fort heureusement, vous êtes loin d’êtres démunis face aux monstruosités qui vous attendent. Le gameplay des trois épisodes de Bioshock fonctionne sur le même principe à quelques distinctions près. Dans votre main droite se trouvent des armes à feu, classiques mais diablement efficaces, qui demanderont un certain sens de la parcimonie dans la mesure où les munitions se feront parfois bien rares, surtout dans les niveaux de difficulté les plus élevés. Rien de bien original jusque là me direz-vous ? Examinons alors la main gauche de votre personnage qui sera équipée de divers pouvoirs magiques. En s’injectant des Plasmides (dans Bioshock 1 & 2) ou en ingérant des Toniques (dans Infinite), votre héros obtiendra des facultés surnaturelles allant de la capacité d’électrocuter humains et machines à la possibilité d’envoyer des essaims d’abeilles tueuses ou des nuées de corbeaux bien agressifs. A vous de gérer votre jauge de “magie” et vos points de vie pour vous frayer un chemin à travers les groupes d’ennemis, humains et robotiques, qui vous attendent à chaque recoin et atteindre leur chef.

Entre la sauvagerie de vos adversaires, les munitions qui s’épuisent vite et la gestion de vos Plasmides/Toniques, Bioshock offre un défi de taille qui ravira les amateurs de sensations fortes. Il ne sera en effet pas rare de devoir affronter une dizaine d’ennemis en une seule fois, arrivant parfois par vagues successives ou carrément en bloc compact. Pas de panique cependant puisque vous pourrez régler la difficulté à tout moment si d’aventure le jeu vous donnait trop de fil à retordre (et inversement !). Dans l’ensemble, le challenge est plutôt équilibré mais exigera une certaine forme de prudence de votre part : alors qu’un Wolfenstein invite le joueur à bondir dans la bataille et dézinguer tout ce qu’il trouve, Bioshock invite à expérimenter d’autres approches en posant des pièges ou en attirant les ennemis dans un endroit plus favorable pour les abattre, tout en gardant cette ambiance de “joyeux bordel” tout à fait appréciable.

Bioshock sur Switch : un amour réussi ?

Parlons un peu technique pour clore cet article. À chaque fois qu’un jeu est porté sur Switch, l’attention est particulièrement portée sur la qualité graphique histoire de voir ce que la petite dernière de Nintendo a véritablement dans le ventre. Un débat sans fin étant donné que l’on peut passer d’un portage de qualité comme le fut celui de The Witcher 3 à des véritables désastres à l’image de Wolfenstein: Youngblood ou plus récemment, The Outer Worlds. Qu’en est-il de la trilogie Bioshock ? Globalement, le constat est positif. Si on aurait pu apprécier un framerate à 60fps, la fluidité du titre reste constante même dans les moments les plus intenses de vos affrontements. Le portage Switch retranscrit fidèlement l’incroyable direction artistique du titre, à Rapture comme à Columbia, malgré quelques horribles textures qui surgissent çà et là. En bref, découvrir Bioshock sur Switch est un choix tout à fait envisageable ! Un reproche que je fais cependant non pas aux jeux en eux-mêmes mais bien à leurs développeurs : la version physique de la Collection vous demandera pas moins de 31 Go de téléchargement, ce qui implique obligatoirement l’achat d’une carte micro-SD (en admettant que vous n’ne possédiez pas déjà une).


Une triple dose d'angoisse rondement menée
  • Une triple dose d'angoisse rondement administrée - 85%
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Résumé

Si vous n’avez encore jamais arpenté les tunnels de Rapture ou les rues de Columbia, saisissez votre chance ! Bioshock: The Collection rejoint la catégorie des portages de qualité sur Switch et vous permettra de faire connaissance avec trois grands jeux au succès critique bien mérité. Que ce soit leur direction artistique renversante, leur ambiance unique ou leur gameplay tout à fait grisant, les trois épisodes de Bioshock sont assurément une grande production de l’industrie du jeu vidéo qu’il convient d’essayer. Malgré quelques faiblesses au niveau des textures, la version Switch de la Collection s’en sort honorablement et vous promet des heures de fun et de suspens !

Les +

  • Trois grands jeux pour le prix d’un
  • Une direction artistique exceptionnelle
  • Un gameplay intelligent et très prenant
  • Un scénario qui bannit le manichéisme
  • Une excellente VF
  • Une bonne difficulté

Les -

  • Un gros téléchargement à prévoir
  • Quelques textures horribles
Sending
Note des lecteurs :
69.54% (48 votes)
LatoJuana

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Présentation : Otaku gamer avec un tropisme particulier pour Nintendo, les séries TV et les Boy’s Love romantiques.

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Guyoon

Je suis entrain de faire Bioshock Infinite et en effet, c’est un très bon portage et c’est toujours fluide même quand c’est le foutoir à l’écran !!

Mickaël

Excellent portage, je confirme ! Bioshock, premier du nom, a mal vieilli par contre.

Mickaël

Quelques plantages in game, en mode dock ça chauffe pas mal !