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Shing!, du neuf dans du vieux – TEST

Alors que l’on attend toujours des nouvelles de Bayonetta 3, de manière plus ou moins désespérée, n’oublions pas que d’autres jeux du même genre peuvent aider à patienter avant la sortie du Graal. Changeons même radicalement de style car je vais évoquer ici un jeu indépendant, Shing!, développé par Mass Creation, et même disponible en version physique chez PixelHeart. Avec ce titre s’opère un retour au défilement horizontal qui a fait les beaux jours du genre et qui permettra de combattre des vagues d’ennemis. Prenant place dans un Japon féodal, Shing! vous propose d’incarner un guerrier, ou plutôt une sorte de ninja, ayant pour but de récupérer un objet ayant été volé. Plusieurs techniques de combat vous sont proposées, permettant d’offrir une expérience un peu plus originale que d’autres beat’em all – ici, beat’em up – du genre. Un petit avertissement avant d’entrer dans le vif du sujet : le jeu n’est pas en français, mais en anglais (textes y compris).





Le système de jeu de Shing! repose sur les quatre combattants qu’il est possible d’incarner. En jouant en solo, si l’un d’entre eux venait à mourir, vous pouvez en choisir un autre jusqu’à ce qu’ils soient tous K-O, synonyme de game over. Notez toutefois que les corps de vos compagnons restent sur le champ de bataille et que contre une certaine quantité de votre propre vie, vous pouvez les ranimer et les renvoyer à l’abri pour les utiliser plus tard (mais avec une barre de vie réduite). Il est possible de jouer en multi local – pas en ligne – avec des amis ou de la famille, ce qui peut devenir encore plus agréable ou bien signifier encore plus de grand n’importe quoi à l’écran.

Un scénario peu reluisant, un level-design intéressant

Comme souvent avec les jeux du genre, Shing! est très loin de proposer une intrigue passionnante et remplie de suspense. L’aventure ne sera dictée que par un objectif : récupérer une perle dorée, volée par les terribles Yokai. En même temps, est-ce que la qualité du scénario est vraiment indispensable pour jouer à un beat’em up ? La réponse est généralement non, les attentes des joueurs se concentrant principalement sur le gameplay. Toutefois, il y a eu un certain travail sur les dialogues : les traits d’humour des personnages et les piques qu’ils se lancent entre eux peuvent sembler originales et comiques au départ. Malheureusement, ces discussions deviennent rapidement lourdingues tant leur contenu est semblable tout au long du jeu – et parfois assez osé, il faut le dire.

Il ne faudra donc pas mettre Shing! dans les mains de tout le monde, même si vous l’aviez sûrement déjà deviné, les beat’em up étant rarement adaptés au public plus jeune. Il ne s’agit dans ce jeu que de taillader les ennemis un par un, avec à la prime des giclées de sang et beaucoup de fureur destructrice. Le titre n’est toutefois pas dans le gore à la manière d’un DOOM Eternal, qui vous montrera lui les décapitations des ennemis dans le moindre détail, avec une violence inouïe et un plaisir égal. On finit d’ailleurs par rapidement oublier les détails visuels du jeu, tant le gameplay finit par nous accaparer entièrement et surtout, nous régaler.

Du côté du level-design de Shing!, on retrouve un univers assez particulier, qui se situe dans un Japon féodal. On retrouve plusieurs décors, qui vont de la ville à la forêt en passant même par le désert mais malheureusement, certains endroits sont plus soignés que d’autres. Là où on retrouve beaucoup de détails dans la ville et une bonne ambiance visuelle, il y aura peu de détails dans la forêt et l’ensemble s’avère surtout plutôt morne. Les personnages ne sont pas non plus très attachants – de plus, il n’y a pas de grande différence dans leurs performances – et leur style est somme toute assez classique. Même si le titre est majoritairement en 2D dans son approche, il y a un peu de profondeur, ce qui permet de s’attaquer à d’autres ennemis un peu en retrait pendant que celui que vous venez de mettre à terre essaye de se relever.

Un gameplay dynamique avec le stick droit

Shing! ne déroge pas à la règle, le gameplay fait partie intégrante de la qualité du titre et on pourrait presque dire que l’avis final ne repose que sur lui – je dis bien presque, car il faudra aussi parler de son contenu. En attendant, il convient d’expliquer les deux modes de fonctionnement que vous proposent le jeu dès le début : vous pouvez bien sûr utiliser les habituelles commandes par boutons, ce qui consistera souvent à spammer chacune des touches pour faire mouche et enchaîner les ennemis. Je ne m’attarderai pas dessus car même si l’ensemble fonctionne très bien, cela reste du classique déjà connu des joueurs. Ce qui est en revanche plus rare dans les jeux de nos jours, c’est la possibilité d’utiliser les commandes avec le stick droit, c’est-à-dire que vous contrôlez la direction et la hauteur du coup d’épée. Le stick droit ne servira alors qu’à ça : défilement horizontal oblige, il n’est pas utile pour contrôler la caméra.

Il faudra un temps d’adaptation pour s’habituer à ce nouveau mode de fonctionnement : vous vous emmêlerez parfois les pinceaux au début, mais une fois maîtrisé, le contrôle au stick se révèle non seulement original mais aussi agréable. Il est possible de viser la tête, le corps ou bien les jambes selon les spécificités de l’ennemi, ce qui dit comme ça, ne paraît pas incroyable : cependant, certains ennemis ont par moments des parties de leur corps qui deviennent intouchables, il faut donc se rabattre sur les endroits atteignables. Ce n’est pas toujours facile, il faut savoir maîtriser la chose – ne parlons pas d’éventuels dysfonctionnements du stick qui rendent la chose impossible – mais cela fait indéniablement partie du charme de Shing!.

Les ennemis ne sont pas seulement coriaces, ils sont également assez variés : ils ont souvent la même dégaine mais leurs attaques sont différentes. Entre les adversaires basiques, ceux qui donnent des bombes à relancer sur le terrain, d’autres qui redonnent de la vie en les tuant et bien plus encore, les combats s’avèrent dynamiques et pas toujours identiques. Le tout pourrait paraître légèrement répétitif à la fin – “heureusement” qu’il ne faut que quelques heures pour boucler le jeu –, mais l’expérience est réellement grisante. Les combos favorisent ce sentiment, avec la possibilité d’enchaîner les ennemis dans les airs ou même au sol à toute vitesse et dans un plaisir sauvage qui ferait presque peur à voir.

Shing – Shang – Shung

Du côté des mécaniques autres que les affrontements contre les ennemis courants, on retrouve des combats de boss plutôt bien pensés, avec des systèmes différents pour chacun d’entre eux. Outre le matraquage des adversaires, il existe aussi des moments de répit très courts que l’on qualifiera de transitions entre deux combats, dans lesquels vous pourrez être amené à résoudre quelques énigmes, qui ne cassent tout de même pas trois pattes à un canard. En définitive, ces “pauses” servent uniquement à souffler deux secondes avant de retourner à l’assaut. Des salles spéciales peuvent aussi être trouvées dans les niveaux, où vous pourrez relever des défis en tout genre et parfois coriaces avec à la clé une récompense unique en son genre.

Concernant la rejouabilité de Shing!, rassurez-vous, elle est plutôt élevée. Les différents niveaux de difficulté vous permettent de refaire les niveaux et même parfois d’y prendre encore plus de plaisir : la difficulté maximale porte bien son nom, mais embrocher les ennemis s’avère encore plus jouissif. Les musiques sont plutôt bien adaptées à l’univers du titre, mais ne sont pas très marquantes et finissent par être répétitives de surcroît. La version Switch ne dispose d’aucun complexe vis-à-vis des autres consoles en matière technique : c’est propre, c’est fluide, c’est tout ce qu’on demande d’un jeu. Soyons pointilleux et admettons qu’il existe un léger flou en mode portable, qui amène un peu d’aliasing pour les éléments affichés au lointain. En dehors de ça, pas grand chose à reprocher à cette version hybride de Shing! : si vous hésitez entre acheter cette version sur Switch ou sur une autre console, ce ne sera pas sur l’aspect technique que votre avis sera tranché.

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Shing!, du neuf dans du vieux - TEST
  • Un gameplay au top, le reste un peu moins - 70%
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Un gameplay au top, le reste un peu moins

Shing! réussit très bien ce qu’on attend de lui en priorité : un gameplay nerveux et jouissif, avec quelques variétés dans son approche, une bonne rejouabilité qui garantit une durée de vie plus que correcte pour le genre. Dommage toutefois que le reste mélange le bon et le moins bon, avec des personnages pas très attachants et vite agaçants à cause de leurs dialogues répétitifs, un level-design inégal et des musiques qui ne font pas plus que le strict nécessaire. Il reste malgré cela une expérience solide et originale parmi ce que l’on peut trouver sur le marché.

Les +

  • Un gameplay bien ficelé et dynamique
  • Les commandes avec le stick droit, étonnamment agréables
  • Les défis et les quelques “énigmes”
  • Une difficulté adaptée pour tous
  • Une bonne durée de vie

Les -

  • Un level-design frustrant par ses différences de qualité
  • Des personnages vite oubliables…
  • …tout comme les musiques
Sending
Note des lecteurs :
59.36% (11 votes)
Leotendo23

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Présentation : Etudiant de 19 ans, joueur Switch passionné de jeux vidéo depuis l'inoubliable Super Mario Galaxy. Toujours présent en ce qui concerne Mario, Zelda ou encore Splatoon.

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