Pokémon Pokopia, de quoi mener sa meilleure Poké-Vie – TEST

Par le 19 Mar 2026 à 15:00 - Temps de lecture : 7 minutes 30 sec

Il ne va pas sans dire que Pokémon Pokopia est le phénomène du moment : ce tout nouveau spin-off de la licence la plus lucrative du monde connaît un fort engouement sur les réseaux sociaux, que ce soit X (anciennement Twitter), TikTok, Twitch et tant d'autres. En même temps, allier le style du « cozy-game » (qui avait déjà fait sensation avec Animal Crossing: New Horizons en 2020) avec l'univers des monstres de poche, le succès était à prévoir. Pourtant, l'engouement est monté d'un coup, à quelques jours de sa sortie. Depuis, les fans ont pu y jouer, dévoilant son lot de surprises à travers un Kanto déchu, région dans laquelle il faudra tout mettre en œuvre, à l'aide d'autres créatures, pour lui raviver sa vivacité d'antan. Alors, est-ce si plaisant que ça de mener sa meilleure “Poké-Vie”

Métamorph, antagoniste atypique

La première chose qu'on remarque sur le jeu, c'est évidemment son propre personnage : un Métamorph, qui est capable de prendre une forme humanisée. C'est donc cette créature qui servira de protagoniste dans Pokémon Pokopia, pour le plus grand bonheur de certains, mais pour le malheur des autres aussi, au vu d'un chara-design qui fait clivage au sein de la communauté…

Mais au final, le plus important, c'est ce qu'est capable de faire Métamorph, non ? Pour donner vie à Kanto, il faudra donc aménager un tas d'endroits, en rendant la région plus verte, plus humide, mais aussi plus confortable pour les monstres de poche. Comme le protagoniste est capable de prendre la forme d'autres Pokémon, il est aussi capable de copier leurs capacités. Il faudra donc concevoir différents habitats en fonction des goûts de nos amis afin de les attirer et se lier d'amitié avec eux.

A défaut d'avoir des outils à disposition, c'est donc les capacités des Pokémon qui permettront de remodeler ce monde à notre goût. On peut, entre autres, citer Éclate-Roc, qui permet de casser des blocs en tout genre, Fertilisation pour rendre la terre… fertile, ou encore Pistolet à O, qui permet d'hydrater ce monde devenu trop sec. 

Toutes ces tâches ont un sens : attirer un maximum de Pokémon. Tout comme dans les jeux classiques de la licence, ces créatures ont des habitats propices à leurs goûts. Lorsque certains pourront être attirés en créant une zone d'herbe, d'autres attendront un coin proche de l'eau, pendant que certains, plus exigeants, seront attirés par un objet en particulier. Si c'était déjà amusant de compléter le Pokédex dans les jeux en tour par tour qu'on connaît tous, Pokémon Pokopia ne déroge pas à la règle.

Il est très amusant de concevoir une large diversité d'habitats, non pas pour “tous les attraper”, mais cette fois plutôt pour se lier d'amitié avec tout le monde. Heureusement, il ne faudra pas faire des habitats à l'aveuglette : des “traces” de Pokémon pourront être inspectées fréquemment, dans le but de connaître ce dont a besoin une créature en particulier. Ces indices seront à retrouver dans notre “Habitadex” présent sur le Pokédex de Métamorph.

En tout, il y a 300 monstres de poche à découvrir sur Pokémon Pokopia. Un chiffre bien moindre par rapport au nombre réel de Pokémon existant entre la 1ère et la 9e génération, mais il aurait été difficile de trouver la place pour tout ce bestiaire, bien que les îles soient assez grandes pour s'amuser de nombreuses heures. D'autant plus que ce spin-off semble promettre des évènements réguliers, comme “Des Aigrettes pour Granivol”, disponible quelques jours après la sortie du jeu.

Dans cet évènement limité dans le temps, il est possible de se lier d'amitié avec Granivol, Cotovol et Floravol en échangeant des aigrettes contre des objets spéciaux. Si jamais les développeurs prévoient de multiplier ces événements, cela permettrait d'une part de rajouter une raison de relancer le jeu régulièrement, mais aussi d’agrandir le bestiaire de Pokémon Pokopia

Vous n’auriez pas vu les étrumains ?

On l'a compris, le scénario s'articule autour du fait que Kanto est devenu une terre dénuée de vie. Plus aucun humain ne se balade à Jadielle, Bourg Palette ou Lavanville. C'est pour ça que Métamorph et le Professeur Bouldeneu ont un but : comprendre ce qu'il s'est passé ici en ravivant cette région ayant perdu son charme. Le joueur devra donc s'aventurer dans plusieurs zones pour améliorer la qualité de l'environnement. A chaque zone, il faudra résoudre plusieurs problèmes auxquels les Pokémon font face. A vrai dire, si le contexte est différent, chaque “intrigue” de zone aura le même schéma ; découvrir la zone, se lier d'amitié avec des Pokémon, découvrir leurs capacités puis aménager le lieu pour débloquer l'évènement de fin de zone.

Ce n'est pas forcément l'extase au vu du côté répétitif que peut dégager cette recette, mais ce n'est pas non plus fastidieux : chaque découverte est stimulante puisque chaque zone regorge de surprises, toutes aussi intéressantes à découvrir que les autres. Personnellement, à chaque capacité apprise par Métamorph, j'étais impatient de découvrir ce que j'allais pouvoir en faire. Il ne faut pas non plus comprendre ici que le scénario de Pokopia est inintéressant : son message, enrobé de nostalgie et de mélancolie a son importance tout au long de la trame principale, avec des découvertes éparpillées qui permettent de comprendre les catastrophes qui s'abattent sur Kanto, avec d'anciennes lettres écrites par des humains, des photographies et des objets perdus dont Professeur Bouldeneu se fera une joie d'expertiser (ça me rappelle un certain hibou, tiens).

Il y a aussi de nombreuses références aux lieux mythiques de Kanto à retrouver sur chaque île, qui font d’ailleurs elles-mêmes penser fortement à d’anciennes villes de la région de la 1ère génération. En d’autres termes, Pokémon Pokopia n'est pas un simple jeu de création sans objectif primaire. Une vraie trame est à suivre au fil des zones. 

La vie en communauté

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a beaucoup à faire, alors heureusement, Métamorph ne sera pas le seul à œuvrer pour Kanto. Certaines tâches doivent être déléguées à nos amis, comme la coupe de bois, la construction de maisons préfabriquées ou le nettoyage de boues dans certaines zones. Lorsque certains Pokémon n'offrent pas de capacités à Métamorph et n'oeuvrent pas pour lui faciliter la tâche, ils lâcheront certains matériaux par terre comme du miel ou bien ils se rendront disponibles pour du troc.

Si les monstres de poche de votre île vous donnent accès à différents pouvoirs, la charité n'est pas à sens unique et le joueur devra lui aussi répondre à différentes demandes. Déjà, c'est une chose de raviver un endroit, mais il faut aussi le rendre plus agréable pour les individus qui y habitent. C'est pourquoi il faudra aussi faire en sorte d'améliorer le quotidien des Pokémon, en les questionnant sur la qualité de leur confort. Lorsque certains cherchent à vivre dans un endroit plus sombre (ou, a contrario, plus lumineux), d'autres souhaitent agrémenter leur lieu de vie d'objets en tout genre.

Par ailleurs, la variété d'objets mise à disposition du joueur est organisée en plusieurs catégories, à l'image des blocs qui seront, pour la plupart, classés comme “de quoi circuler facilement”, ou encore des objets conçus à base de fleurs classés comme “de quoi décorer”. Ces groupes d'objets répondent à plusieurs demandes et permettent aussi de savoir plus facilement ce dont a besoin un Pokémon pour améliorer son confort. Enfin, puisqu'il est possible de bâtir des maisons, pourquoi ne pas en profiter pour faire emménager nos amis dedans ? Les Pokémon pourront s'installer à plusieurs dans ces logements qu'ils ont eux-mêmes construits, permettant un gain de place, mais aussi d'améliorer leur confort plus rapidement en décorant l'intérieur de la maison. 

A part ça, nos amis nous sollicitent parfois pour participer à un jeu. Dans le lot, il y a des devinettes, de la corde à sauter avec Bulbizarre ou un cache-cache. Pour ce dernier jeu, l'intérêt est de pouvoir se transformer en un objet afin de mieux se camoufler.

Un jeu qui laisse place à l'imagination

On dit souvent qu'il ne faut pas trop se comparer aux autres, mais avec Pokémon Pokopia, c'est assez compliqué lorsqu'on voit un tas de créations toutes plus ingénieuses que les autres sur les réseaux sociaux, à l'instar des génies qui arrivent à recréer toute la région de Kanto sur leur partie. Parfois, on dirait même qu'on ne possède pas le même jeu… Mais revenons en au fait : tout ça, ça a un point positif, puisque ça montre le large champ des possibles que le joueur a à sa disposition pour concevoir son propre et unique havre de paix. Pour preuve, Métamorph et ses diverses transformations pourront être exploitées pour le meilleur : terraformer des montagnes pour en détruire d'autres, créer des cours d'eau, placer des meubles (dans une large gamme de couleurs) à notre guise, planter des fleurs, buissons et arbres en tout genre…

En bref, si certains en doutaient encore, Pokopia est clairement un cozy-game dans toute sa splendeur. L'avantage, c'est qu'un joueur qui déborde d'idées ne sera pas limité de sitôt, avec toutes les zones à sa disposition pour exprimer sa créativité. On peut même imaginer plusieurs thèmes sans avoir peur de ne pas pouvoir s'y essayer par manque de place, comme c'était le cas dans Animal Crossing New Horizons, où le joueur est malheureusement limité à une île par console. Mieux encore, avec toutes les maisons qu'il est possible de construire, le joueur est capable d'inventer une infinité d’intérieurs, dans lesquels les Pokémon seront ravis de loger.

Cependant, lors d’une session de construction, il existe un problème qui peut vite devenir barbant pour le protagoniste. En effet, les matériaux utilisés lors d’une création sur un établi doivent être soit dans l’inventaire du joueur, soit dans un coffre à proximité. On se retrouve rapidement contraints d’enchaîner les allers-retours pour chercher ce qu’il nous faut. Pour pallier à cela, on peut tout de même noter que l’inventaire de Métamorph est assez développé pour pouvoir transporter bon nombre d’objets à la fois. Ce stockage s’augmente d’ailleurs avec le temps dans la boutique du Centre Pokémon.

Le mode en ligne étoffé et amusant

Si Pokémon Pokopia arrive déjà à allonger sa durée de vie sans aucune difficulté en solo, le multijoueur n’est pas à oublier tant il peut être bien exploité. Déjà, en plus des îles explorés dans la trame principale, le joueur possède une autre île, « Ville-Nouvelle ». Contrairement aux autres îles, celle-ci n’est pas dotée d’un écosystème particulier. C’est donc au joueur de modeler et de nommer sa ville à sa guise. Sur ce terrain, il sera possible d’inviter d’autres joueurs, dans le but de leur faire visiter les lieux, mais aussi de s’amuser ensemble.

C’est notamment sur cette île qu’il sera possible d’utiliser la fonctionnalité GameShare, qui permet de partager le jeu avec un invité ne le possédant pas, qu’il soit sur Nintendo Switch 1 ou Nintendo Switch 2. Une bonne fonctionnalité malheureusement entachée par les contraintes qui entourent l’invité. A titre d’exemple, ce dernier ne pourra pas concevoir des meubles à l’aide de l’établi, ni accéder à l’ordinateur du Centre Pokémon. A part ça, il y a un autre mode qui permettra de s’amuser davantage avec ses amis : les Iles Nuages. Ici, on fait face à une toute nouvelle ville générée dans le cloud, dans laquelle tout le monde pourra contribuer au paysagisme.

Mieux encore : le joueur ayant créé une Ile Nuage n’aura pas à être connecté dessus pour que les autres puissent y accéder. Il leur suffira d’entrer le code de ladite île et le tour sera joué. Enfin, à l’image des îles oniriques d’Animal Crossing New Horizons, il est ici possible de se rendre sur l’Ile Nuage d’un joueur de manière virtuelle par le biais des lunettes mystérieuses, dans le simple but de visiter le havre de paix d’un autre joueur. De quoi s’inspirer pour sa propre île lorsqu’on a le syndrome de la page blanche.

Conclusion - Minecraft, Animal Crossing, Dragon Quest Builders ou tout simplement… Pokémon Pokopia ?

90%

Souvent comparé à un tas de jeux similaires dans certains aspects comme Animal Crossing, Minecraft ou Dragon Quest Builders (par ailleurs développé par la même équipe), Pokémon Pokopia arrive finalement à se faire une place à part entière dans le style, et avec la manière. C'est simple : mener sa propre  » Poké-Vie « , c’est très rarement ennuyant, on trouve toujours quelque chose à faire pour occuper ses journées. A titre personnel, en 40 heures, je n'avais toujours pas vu les crédits, étant fasciné par toutes les possibilités qui nous étaient proposées au fil du jeu. Pourtant, en tant de temps, je ne pourrais même pas me vanter d'avoir déblayé et organisé à la perfection la première zone. En clair, si vous aimez le cozy-game et que vous êtes fasciné par l'univers Pokémon, il y a de très grandes chances que Pokopia et son aventure soient faits pour vous.  

 

Les +
  • Le GameShare, pour jouer avec des amis sur Switch 1…
  • Une durée de vie increvable
  • Un champ des possibles vertigineux
  • L’excitation à chaque compétence acquise
  • Les interactions utiles et agréables avec les Pokémon
  • L’inventaire de Métamorph est conséquent
  • La diversité des écosystèmes de chaque île
  • Les références à Kanto qui raviront les fans
  • Le mode photo, fourni pour montrer de beaux paysages
Les -
  • … Mais le joueur invité est trop limité
  • Les allers-retours incessants pour chercher ses matériaux
  • Une boucle de gameplay qui tend à être répétitive
Publié dans Tests, Tests de jeux
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DesBen

Ce jeu m’a volé mon âme.